COMPOSITION DES ASSOCIATIONS PAR CONTIGUÏTÉ
nioin' (lu savant l'oroiL coiislanimoiit des sccouis de la iiiultiplicalion des liens d'associalioii, (fui j)areux-inômes, isolément, seraient trop faibles pour l'aire reparaître le souvenir de la subslanee absente. Dans l'invention, ou dans la reeberebe d'un nouveau moyen en vue d'ime lin, resî)rit a besoin de parcourir des ralalot;ues d'objets associés d'après les divers genres de contiguïté, y compris les relations les plus fortuites.
Vsuccessirms. Nous avons traité longuement dans un des chapitres précédents de l'association contiguë des successions de divers genres. Dans ce cas aussi, lorsque la mémoire est imparfaite, nous pouvons restaurer le souvenir à l'aide d'une association composée. J'ai constaté une série d'événements, en conséquence ils sont unis dans mon esprit. Quand je veux remémorer la série entière depuis le premier chaînon, et qu'un anneau manque, je ne puis la renouer que lorsqu'une autre association, un lieu, ou une personne vient m'en donner les moyens. NlParmi les successions, il y en a une qui contient toute notre expérience, c'est l'ordre du temps, ou la série des événements qui composent l'histoire de chacun de nous. Si tous les détails de cette succession étaient parfaitement associés dans l'esprit, nous pourrions toujours nous rappeler par leur moyen tout ce que nous avons fait, vu, connu. Mais si les opérations les plus importantes, les scènes les plus émouvantes de notre histoire personnelle, sont unies dans cet ordre avec une fermeté suffisante, les incidents moindres sont unis par un lien trop faible. Nous ne pouvons nous rappeler complètement la série de nos pensées de la veille, ni répéter mot à mot un discours de cinq minutes que nous avons prononcé ou entendu. Les choses rapportées dans l'ordre du temps n'ont, à parler rigoureusement, été éprouvées qu'une fois, et d'ordinaire nous avons besoin de répétition pour fixer un enchaînement d'idées. Aussi sommes-nous toujours en quête de quelque association qui renforce ce lien trop faible^ et qui nous aide à ressaisir le cours des événements, tel qu'il s'est déroulé dans l'ordre du temps. Nous cherchons d'autres conjonctions et d'autres successions qui nous permettent de recommencer après chaque interruption.
\ L'expérience nous enseigne que le seul moyen de compléter
"^ine association défectueuse c'est de faire entrer dans l'esprit
un autre rapport, ou bien d'arriver par une autre porte à l'objet
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qui nous échappe. Quand nous ne pouvons pas nous rappeler un terme d'une série, nous faisons de grands eflbrts de volonté, et l'esprit trouve sa vraie direction en s'engageant dans quelque autre série qui doit rencontrer la première près de l'endroit de la solution de continuité. \ A tout moment de la vie, chaque personne est engagée dans
J une scène compliquée, et chaque objet de cette scène peut devenir un point de départ pour une série de souvenirs. Tous les sentiments intérieurs du corps, tout ce qui nous entoure et frappe l'œil, le tact, le goût, l'odorat, toutes les idées, les émotions et les dessins qui occupent l'esprit, sont autant de premiers termes de séries d'associations qui se perdent dans les régions les plus éloignées de la mémoire et de la pensée; nous y puisons le pouvoir de changer la direction de nos pensées, quand il nous plaît. Partant de l'une de ces choses présentes, nous pouvons nous diriger vers celles qui sont absentes et éloignées, en marchant par une seule voie ou en recourant à l'action composée.
\ Langage. La remémoration des noms par les choses, et des choses par les noms, fournit une occasion spéciale de faire intervenir des chaînons additionnels pour renforcer un lien faible. Quand nous avons oublié le nom d'une personne, ou d'un objet, nous sommes obligés de nous reporter à la situation et aux circonstances où nous avons entendu le nom, pour voir si quelque autre lien d'association n'apparaîtra pas. Souvent il arrive que nous ne pouvons par aucun moyen, sur le moment, nous rappeler le son perdu, mais plus tard une circonstance nous vient en aide, et réveille l'effet demandé.
Un grand nombre de nos souvenirs, de nos pensées, de nos o conceptions, de nos imaginations, sont un mélange inextricable de langage et d'idées de choses. Les notions que nous acquérons par l'instruction orale, ou par les livres, se composent pour une partie du sujet proprement dit, et pour l'autre partie du langage qui l'exprime. Le souvenir d'une portion de l'histoire se compose de la série des mots avec la série des faits et des scènes historiques tels que j'aurais pu les voir de mes propres yeux. De môme, dans certaines sciences, il y a une combinaison de notions visuelles et tactiles avec le langage. La géométrie est un composé de figures visibles et de formules de délî-
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nitions, (raxiomcs et de (lémoiistt'alious. Oi-, dans tous ces cas le souvoiiii" peut (lépeiidrc soit des associations de mots, soit des conceplioiis visuelles cl aiilres, soit d\\u(\ corTd)inaisoii de ces deux élcinenls. (juand j'écoule une description ^éo^^rapliique, il y a eu i)reinier lieu une série de mots (jui frappent mon oreille et si je possédais une association verbale parfaite, j(; pourrais me raj)peler la description tout entière, et la réciter à une autre personne. En second lieu, il y a une série de vues d'objets de monlai;nes, de rivières, de plaines, de forôls, qui se peignent dans mon esprit et que je retiens indépendamment du langage usité pour les suggérer. Si ma mémoire des images était assez forte, je pourrais rappeler tous ces traits pour les concevoir dans leur ensemble, et laisser de côté le langage. Toutefois ce qui arrive communément c'est que le souvenir s'effectue par l'union des deux genres d'association; la série des images reçoit le secours de la série des mots et réciproquement.