‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 130 sur 146 · IMAGINATION DE REPRÉSENTATION OU DESCRIPTION · texte numérisé non relu

IMAGINATION DE REPRÉSENTATION OU DESCRIPTION

L(* moyen le plus iiuivcrselkMiKMil oinployé poiii- communi- (|iH>r à l'c^pi il (l('s idées ri des coinljinaisons nouvolles, c'est la descriplion Ncrhale; raiiditeur et le lerteur doivent exercer leur liicullé de eonslruclion pour iina{;iiier l'image en question. La seule niélhode ((n'emploie l'anleni'de la description consiste ù composer rincounn avec le connu ; il tant (juc l'auditeur complète l'opcrahon de Ini-nièine avec les ressources de son propre esprit, qu'il rassend)le les détails suj^gérés en un total combiné, en ajoulanl et en retranchant suivant les exif^ences du plan. Le lan^a^e sert d'intermédiaire pour in(li([uer les choses (pii sont unies ensemble dans la rormalion du nouveau composé.

Comme l'art de décrire en général s'applique à tons les cas où un objet complexe, une scène par exemple, doit être représenté à l'esprit, la règle à suivre est de combiner un concret ou un type de l'ensemble, avec une énumération de parties. Cette formule est d'accord avec celle que nous avons déjà posée en indiquant la meilleure méthode de faire naître une incarnation concrète d'éléments abstraits. La description ne peut se passer de quelque désignation compréhensive qui étende les principaux traits de l'objet, de sorte qu'on puisse y arranger les détails d'après le plan et dans la forme qui convient. Nous empruntons pour exemple à Milton un passage très-simple, qui semble ne pouvoir s'exprimer autrement; mais l'art se révèle dans l'application à des cas compliqués de méthodes qui semblent tout à l'ait naturelles dans les cas faciles. Les mots en italique, marquent la désignation compréhensive, le type; le reste de la description marque les détails :

« ils arrachaient les montagnes j^lantées dans le sol, avec leur faix de rochers, de ruisseaux, de forêts, et les soulevant par leurs sommets hérissés d'arbres^ ils les portaient à la main. »

La faculté d'incarner ou de réaliser ce que le langage décrit est aussi une des formes de la conception dans les nomenclatures des facultés de l'esprit, d'après certains auteurs. On lui donne aussi le nom d'imagination, bien qu'elle ne donne pas tout ce que signifie le nom de cette faculté. Il y a trois opérations intellectuelles fondées toutes sur les perceptions des sens : la mémoire ou reproduction littérale de quelque chose qui a été éprouvé, la conception ou la représentation de ce qui est décrit par une opé-

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ration constructive, et l'imagination proprement dite, qui implique la construction de quelque chose que nous n'avons pas éprouvé, et dont nous n'avons jamais vu de description. Quoique ces opérations augmentent progressivement en difficulté, elles reposent toutes sur une même aptitude. Celui qui possède la mémoire des images la plus vive possédera une faculté aussi vive de conception, et l'imagination la plus puissante.

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