I. — Du Mysfèiiic musculaire
Tissu musculaire. — Sensibilité musculaire. — Irritabilité et conlraclililé des muscles. — Tonicité ou contraction tonique du muscle.
Le tissu musculaire est celui qui a pour fonction les mouvements du corps. Il se compose de fibres fines qui sont pour la plupart réunies en organes distincts, appelés muscles ; d'autres sont disposées sur les côtés des cavilés et entre les tuniques
des viscères creux où elles forment des couches plus ou moins épaisses. Les libres musculaires sont douées de contractilité, propriété remarquable, en vertu de laquelle elles se contractent plus ou moins rapidement sous l'influence de certaines causes susceptibles de mettre en jeu cette propriété, et qu'on appelle stimuli. Une nombreuse classe de muscles, y compris ceux de la respiration, de la locomotion, de l'expression et quelques autres, sont excités par le stimulus de la volonté agissant par l'intermédiaire des nerfs; par suite, on les appelle muscles volontaires, quoique quelques-uns d'entre eux agissent aussi sous la pression d'autres stimuli. D'autres muscles ou collections de fibres musculaires sont complètement soustraits à l'empire de la volonté, comme ceux du cœur ou du canal intestinal, aussi les appelle-t-on involontaires. Ces deux classas de muscles diffèrent non-seulement par la nature des causes qui les mettent en action, mais jusqu'à un certain point par leurs caractères anatomiques.
Structure des muscles volontaires. — Les fibres musculaires volontaires sont pour la plupart rassemblées en masses distinctes ou muscles de volume et de forme variables, mais la plupart de forme oblongue, et garnis de tendons à leurs deux extrémités paroii ils s'attachent aux os.
Les fibres sont réunies en paquets ou faisceaux plus ou moins épais; les fibres elles-mêmes se composent de filaments visibles au microscope, qu'on appelle fibrilles.
Bien que les fibres diffèrent quelquepeu parleur volume, elles ont en moyenne le même diamètre, à savoir environ 0'",011. Suivant Bowman leur volume moyen est plus grand chez le mâle que chez la femelle.
On a constaté que chaque fibre se compose d'un nombre considérable de fibrilles extrêmement fines enfermées dans une tunique tubuleuse. Chaque fibrille paraît formée de petites masses d'une substance pellucide présentant un contour rectangulaire et une partie centrale sombre. Bowman estime que la longueur de ces parties est de ^^{^^^, de pouce, et il a trouvé qu'elles avaient un volume uniforme chez les mamnifères, les oiseaux, les reptiles, les poissons et les insectes.
Nerf des muscles volontaires. Les nerfs d'un muscle volontaire
SYSTÈME MUSCULAIR*:. A 7
ont un volume considérable. Leurs branches passent entre les faisceaux musculaires et s'unissent fréquemment pour former un plexus qui, la plupart du temps, se distribue seulement à la portion du muscle où il se trouve. D'un ou de plusieurs plexus primaires, de nombreuses branches naissent pour aboutir à des plexus terminaux formés de petits rubans, composés de deux ou trois tubes primitifs, dont quelques-uns se séparent des autres.
A Taide du microscope on peut voir ces tubes passer entre les fibres musculaires et après une course plus ou moins longue revenir au plexus. Elles croisent la direction des fibres musculaires perpendiculairement ou obliquement, en formant de larges anses ; elles rejoignent les faisceaux larges d'où elles sont parties, ou elles pénètrent dans d'autres divisions du plexus. Mais les filaments nerveux ne se terminent pas dans le muscle; ils forment des anses.
Notre sujet nous dispense de nous occuper des muscles involontaires.
Sensibilité. — Cette propriété se manifeste quand un muscle est coupé ou déchiré, ou lésé, ou saisi de spasme. Dans ces cas, comme dans tous les autres, la sensibilité proprement dite appartient aux nerfs qui se distribuent dans le tissu, et en conséquence quand les nerfs qui se rendent à un muscle sont coupés, il devient aussitôt insensible. C'est par cette propriété, appelée parfois le sens musculaire, que nous percevons l'état des muscles soumis à la volonté, et c'est sur elle que nous nous guidons pour diriger nos mouvements volontaires vers la fin proposée. En conséquence, quand le sens musculaire est perdu, tandis que la faculté de mouvement reste, ce qui arrive, bien que rarement, on ne peut diriger les mouvements des membres paralysés sans le secours de l'œil.
Il faut remarquer que ces deux sortes de sensibilités diffèrent beaucoup. La sensibilité pour les lésions est distincte de celle qui nous instruit de l'état des muscles volontaires qui servent à guider les mouvements en vue d'une fin. Celle-là est passive, celle-ci est active.
Irritabilité ou contractilité . — Pour que la contraction ait lieu, il faut que le muscle soit excité par un stimulus. Le stimulus
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peut être appliqué immédiatement au tissu musculaire, comme lorsque les fibres sont irritées par une pointe aiguë, ou aux nerfs qui se rendent au muscle ; dans le premier cas il est dit immédiat, dans le second, médiat. Le nerf ne se contracte pas, mais il a la propriété, quand il est stimulé, d'exciter des contractions dans les fibres musculaires auxquelles il se distribue, et cette propriété, appelée force nerveuse, se distingue de la contractilité qui est une propriété exclusivement musculaire. Un stimulus peut être appliqué directement au nerf du muscle, comme lorsque ce nerf est lui-même irrité mécaniquement ou galvanisé; ou bien il se peut qu'il agisse sur d'autres nerfs par lesquels son influence est pour ainsi dire conduite d'abord au cerveau ou à la moelle épinière, ou peut-être à quelque centre secondaire, et de là transportée ou réfléchie sur le nerf musculaire.
Les stimuli auxquels les muscles obéissent sont de diverses espèces; voici les mieux constatés: 1° l'irritation mécanique de toute nature, y compris l'extension subite des fibres nerveuses ; 2° les stimuli chimiques, comme l'application de sel ou de substances acres; 3" l'excitation électrique imprimée ordinairement par un courant galvanique qui traverse les fibres musculaires ou le nerf; h° la chaleur ou le froid subit. Ces quatre classes peuvent être réunies sous le nom de stimuli physiques. Viennent ensuite les stimuli méritais^ à savoir: 1" l'opération de la volonté, ou voli.tion; 2° les émotions et certains autres états involontaires de l'esprit. Enfin il reste encore les causes excitantes des mouvements musculaires dans l'économie, qui bien qu'elles finissent probablement par une action physique, ne sont pas parfaitement bien analysées; on peut sans impropriété de langage les appeler stimuli organiques ; c'est à ce groupe qu'on peut rapporter au moins provisoirement, quelques-uns des stimuli qui excitent des convulsions et d'autres mouvements involontaires qui se présentent durant certains états morbides.
Les stimuli qui nous intéressent le plus sont les mentais. On en connaît deux sortes : les émotions ou influences des sensations, et la volonté. Il y en a une troisième, la force spontanée, dont nous allons nous occuper.
Tomcité ou contraction tonique. — Bien que dans les muscles en
PREUVES DE l'activité SPONTANÉE. U9
général, la conlraction soiL remplacée par un relâchement complet, il y a divers muscles qui après avoir paru cesser de se contracter restent dans un état de tension et conservent encore une certaine tendance à rai)procher leurs attaches ; mais cette tendance est contre-balancée par des muscles antagonistes qui sont dans la môme condition, et le membre reste dans le repos. Cet état musculaire s'appelle /on/aVe; c'est incontestablement une espèce de contraction, aussi bien que l'action plus puissante et plus manifeste qu'elle remplace; mais elle sert à maintenir l'équilibre, non à causer du mouvement; elle n'est pas temporaire mais persistante; elle continue durant le sommeil quand la volonté est ellacée, et n'occasionne aucune fatigue. Elle paraît l'effet de l'action nerveuse, indépendamment de la volonté; en effet, quand les nerfs sont coupés elle cesse, et les muscles deviennent flasques. On ignore quel stimulus agit sur les nerfs pour produire la tonicité.