‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 55 sur 146 · DES APPETITS · texte numérisé non relu

DES APPETITS

sultatd'un long jeune, et un senlimenL général de l'organisnie. La sollicitation impérieuse de la faim devrait coincïder avec le manque de nourriture; souvent il en est tout autrement. « Elle est augmentée par des bains froids, la friction de la peau, surtout de la peau de l'abdomen, par le mouvement qui se transmet aux viscères abdominaux pendantrexercice du cheval, aussi bien que par l'exercice musculaire. » Les influences nauséeuses la diminuent en même temps sans doute qu'elles affaiblissent la digestion. « Les sensations locales de la faim, dit Millier, qui sont limitées aux organes digestifs, et paraissent avoir leur siège dans le nerf vague, sont des sensations de pression, de mouvement, de contraction, de mal de cœur, accompagnées de borborygmes,et finalement de douleur.»

Dans la faim, comme dans la plupart des appétits, il y a une double excitation à prendre de la nourriture; d'abord le stimulus du malaise, et ensuite celui du plaisir de manger. Ce sont «leux choses bien différentes, et sur leur différence repose tout l'art d'une cuisine raffinée. Une nourriture sans apprêts pourrait satisfaire l'appétit pour les aliments; mais nous avons aussi à pourvoir à la satisfaction du plaisir de manger. L'un est un appétit au sens propre, tel que nous le rencontrons chez les animaux; l'autre pourrait s'appeler un désir, parce qu'il suppose le souvenir et l'avant-goût d'un plaisir positif, comme le désir d'entendre de la musique, ou d'apprendre.

Les actes de prendre de la nourriture et de boire sont les exemples les plus frappants où nous voyons l'activité jaillir des sensations de la faim et de la soif. L'apaisement du malaise produit une sensation agréable intense qui met enjeu les mouvements les plus vigoureux pour se continuer, s'accroître ; en outre les organes du mouvement qui reprennent des forces font spontanément des efforts dans ce but. L'union de la sensation qui apaise la faim, avec les actes de succion^ de préhension, de mastication et de déglutition, est peut-être le premier chaînon de la volition dans Torganisme animal. C'est la première action en vue d'une fin, ou sous l'impulsion et la direction d'une sensation, dont l'enfant nouveau-né se montre capable.

Outre l'appétit naturel pour les éléments nutritifs que réclament les tissus, nous acquérons d'autres appétits artificiels par l'usage habituel de certains aliments et de certains condiments, tels que le poivre par exemple, etc. Nous avons l'appétit

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pour l'alcool, poiiila noiiiiiluro animale, poiii- le (lie, le cale, le tabac, lie.

L'appcHil (|iu rai)pi'o('he les sexes a son ])oiiil de déjjail dans eertaines sécrétions i)ai'licnlières qui s'accuninlen L périodiquement en quelque point de l'organisme, et y causent une sensation de ^ône, juscju'à ce qu'elles soient expulsées ou absorbées. L'émission de ces sécrétions pour les fins de la reproduction s'accompagne d'un plaisir intense. 11 faudrait pour ces impressions une classe à part parmi les sensations, ou une place dans la première classe que nous avons décrite sous le nom de sensations organiques. II est mieux d'y voir une sensation organique qui donne naissance à une émotion spéciale. Nous y trouvons, comme dans la faim, à la fois un appétit et un désir; mais ce qui n'existe pas au même degré dans la faim, le désir prend feu de tous les côtés, par les sens, par le cours même de la pensée, et par d'autres émotions de divers genres.

Les habitudes invétérées donnent lieu à une tendance qui ressemble à un appétit. Quand le temps revient auquel on a l'habitude de se livrer à une occupation habituelle, on éprouve une tendance à s'y engager et un malaise si l'on en est empêché. C'est ainsi que nos appétits proprement dits reviennent aux moments déterminés par les périodes où nous avons l'habitude de les satisfaire.

'l'ous les appétits peuvent être pervertis, et devenir des sources de fausses indications relativement aux besoins de l'organisme. Ils sont de même susceptibles de s'enflammer d'une manière artificielle et hors de saison par la présence des choses qui les stimulent et les satisfont. Cîhez les animaux inférieurs, dit-on, nous ne savons sur quel témoignage, l'appétit se trompe rarement; chez l'homme l'erreur est très-commune. Nous sommes capables de désirer la chaleur quand la fraîcheur nous serait plus salutaire ; nous prenons des aliments et des boissons bien au delà du nécessaire; nous nous laissons aller à ce qui nous excite à l'action quand nous devrions rechercher le repos, ou bien nous nous abandonnons au repos jusqu'à y perdre nos forces. L'appétit pour le sommeil est si incertain que l'on n'a

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