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DES GERMES INSTINCTIFS DE LA VOLITION

impression du drliors, on sans ;ivoii' été précédés (raucun sc^iitiinent. Nous considérons ce l'ait d'activité spontanée, comme le prélude de la volonté, comme l'un des éléiTionls delà volilion. En il'auti'es termes, nous pensons que; la volilion se compose d'un lait d'activité spontanée et de (luelque chose de plus.

Aucun psychologue n'a. (jue nous sachions, soutenu la doctrine des actions spontanées, ni des rapports essentiels de ces actions avec celles qu'on appelle volontaires; toutefois un physiologiste, Millier, a ressenti rinfluence de ces deux idées.

c( Il est évident, dit-il, que l'origine première du mouvement volontaire ne dépend point de la conception de son objet, car le l'œtus accomplit des mouvements volontaires (nous dirions spontanés) avant qu'aucun objet puisse affecter son esprit, avant que l'idée de ce qui est accompli par le mouvement volontaire soit possible. Il faut donc concevoir la question d'une façon plus simple. Quelle est la cause des premiers mouvements volontaires tlu fœtus? Nous n'y retrouvons aucune des conditions qui donnent naissance aux mouvements volontaires chez l'adulte. Le propre corps du fœtus est le seul monde d'oij il tire des idées confuses, et sur lequel il réagit. 11 ne meut pas d'abord ses membres pour atteindre un but extérieur ; il les meut uniquement parce qu'il peut les mouvoir. Cependant comme, dans cette supposition, il n'y a aucun motif de mouvoir une partie plutôt qu'une autre, et qu'au contraire le fœtus en aurait pour faire mouvoir tous ses muscles en même temps, il doit y avoir quelque chose qui le détermine à exécuter tel mouvement plutôt que tel autre, qui le pousse à retirer tantôt un bras, tantôt un(^ jambe. »

Nous croyons que Millier a forrnulé en termes trop absolus la supposition d'une tendance égale de tous les muscles à entrer en jeu par l'effet de l'activité spontanée des centres nerveux. On a peine à comprendre l'existence d'un équiUbre si parfait dans la charge des centres qui les mettrait tous en état de lancer un stimulus égal sur les muscles soumis à leur commandement. Il arrive toujours que quelqu'un des centres est plus disposé que d'autres à agir, en vertu de la vigueur qu'il doit à sa constitution ou à la nutrition, et lorsque l'un s'est épuisé, on peut attendre la décharge de l'autre. Nous avons vu qu'un arrangement particulier dispose les membres à se mouvoir tour à tour, en sorte que lorsque par une raison quelconque les jambes ont com-

mencé à se mouvoir, le mouvement continue et suit un cours régulier d'alternances.

«La connaissance des changements de situation, continue Millier, qui sont produits par des mouvements donnés, ne s'arquiert que peu à peu et par le fait des mouvements eux-mêmes. Le premier jeu de la volonté sur certains groupes de racines de fibres motrices dans la moelle allongée ne peut évidemment avoir pour but un changement de situation : c'est un simple jeu devolition sans aucune conception des effets qu'il produira dans les membres. Cette excitation volontaire (disons, plutôt, spontanée) des origines des fibres, sans but, amène des mouvements déterminés, des changements de position, des sensations de ces mouvements. Ainsi se forme dans V esprit encore vide une liaison entre certaines sensations et certains mouvements. Lorsque ensuite une partie du corps quelconque vient à recevoir une impression du dehors, dans une partie quelconque du corps, l'esprit sait déjà que le mouvement volontaire provoqué par cette impression convertie en sensation, se manifestera dans le membre qui est le siège de la sensation; le fœtus mettra en mouvement le membre affecté et non tous les autres en même temps. C'est de cette manière aussi qu'il faut se représenter les mouvements volontaires chez les animaux. L'oiseau commencera à chanter pour obéir à un instinct qui stimule les nerfs de de ses muscles laryngés; de là naissent des notes musicales. Par la répétition de cet effort aveugle de volition, l'oiseau apprend à la longue à relier la cause avec le caractère de relfet produit.

» Nous avons déjà vu d'après beaucoup d'autres faits que le principe nerveux qui agit dans la moelle allongée possède un degré extraordinaire de tension, ou de penchant à l'action ; que le plus léger changement de cet état excite une décharge de force nerveuse, qui se manifeste par le rire, l'élernument, le hoquet, etc. Tant que la tension du principe nerveux n'est pas troublée, nous sommes également prêts à des mouvements volontaires dans toutes les parties du corps, et c'est là ce qui constitue l'étal de repos, ou d'inaction. Toute impulsion au mouvement qui vientde l'esprit, dérange l'équilibre de la tension, et amène une décharge dans une direction déterminée, c'est-à-dire excite à l'action un certain nombre de fibres de l'appareil nerveux moteur. » (Physiologie de Millier.)

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Voilà, selon nous, uiierormulc exacte de l.i nature delà forec nerveuse. Ou peut (•()ui|)arer U\ système nerveux ;\ un orj^uedont les Foufllels sont eonslanunenl tendus et prcHs à se décharger dans tous les sens suivant les touches ([ue frappe Tor^aniste. Le sliinulus de nos sensations et de nos sentiments ne donne pas la lorce inleiue, mais détermine le point où se; fera la décharge et comment-elleselera. (Juand les centres nerveux du langage et du chant, par exemple, sont en hon état, ilsdéhordent de manière à entamer Faction d'une façon purement spontanée, ou ils restent chargés jusqu'à ce qu'une irritation venue du dehors, le son d'une autre voix, si l'on veut, les fasse partir. Un oiseau dont le chant ne s'est pas fait entendre depuis longtemps, n'a besoin pour se remettre à chanter que du stimulus de la voix d'un autre chanteur.

Qu'y a-t-il dans la volition de plus que l'impulsion active qui stimule les divers organes de mouvement, les membres, la voix, la langue, les yeux, etc., sous l'influence d'une décharge spontanée? En l'examinant de près, nous voyons que cette impulsion est insuffisante pour expliquer la volition, parce qu'elle est irrégulière, imprévue. Gomme elle dépend de l'état des divers centres nerveux, la décharge obéit à des conditions physiques, et non aux fins, aux buts que l'animal poursuit. Quand les centres de la locomotion sont bien réparés et exubérants, chez un chien par exemple, au moment où on le détache le matin, l'animal part de toute sa vitesse; puis quand la force est épuisée, il revient au repos par la même tendance spontanée, comme une montre qui s'arrête. Mais ce moment d'épuisement est le moment même où l'animal doit être actif pour se procurer l'aliment qui doit refaire son organisme; il faut qu*il trouve dans son épuisement même un stimulus qui le fasse agir, comme une montre qui au moment de s'arrêter ferait connaître au moyen d'un certain mécanisme qu'elle a besoin d'être remontée. La pure spontanéité ne parvient pas à faire ce que la volonté doit accomplir pour assurer notre conservation ; une force qui meurt quand l'action est le plus nécessaire ne peut être le véritable soutien de notre existence.

Mùller n'a pas fait du mot volontaire un usage correct en rappliquant aux mouvements initiaux provoqués par l'état de tension des centres nerveux ; ces mouvements ne sont qu'un

des termes du couple qui compose l'acte de volition. Le sentiment et le mouvement en sont les éléments nécessaires. Un morceau d'un aliment place sur la langue stimule le mouvement delà mastication; il y a là un effort volontaire, un effort provoqué et réglé par un sentiment, à savoir la sensation du goût ou de la saveur. Les actes qui s'accomplissent indépendamment de tout stimulus tiré du sentiment sont habituellement des actes involontaires, tels sont les spasmes et beaucoup de mouvements réflexes.

L'animal arrivé à son plein développement possède dans certains sentiments, certaines émotions, la faculté de produire des mouvements dans ses divers organes actifs. Il y a entre nos états émotionnels et nos états actifs, une connexion qui suffit à constituer un lien de cause à effet entre l'un et l'autre. La questionest de savoir si ce lien est originel ou s'il est le produit d'une acquisition.

Reid n'a pas hésité à classer le commandement de la volonté auquel obéissent nos organes, c'est-à-dire la séquence du sentiment et de l'action, qui se retrouve dans tous les actes de la volonté, parmi les instincts. (Voyez le chapitre sur les Instincts, Essayson the Active Powers.) Le pouvoir de porter un morceau à la bouche est, suivant lui, une conjonction instinctive ou préétablie du désir et de l'acte ; c'est-à-dire que l'état émotionnel de la faim accouplée avec la vue d'un morceau de pain, par exemple, s'associe par l'efTet d'une faculté originelle de l'esprit avec les divers mouvements de la main, du bras et de la bouche, qui jouent un rôle dans l'acte de manger.

Pour réfuter cette opinion de Reid, il n'y a qu'à faire appel aux faits. Il n'est pas vrai que les hommes possèdent au moment de la naissance, la faculté de commander à leurs membres par la volonté. Un enfant de deux mois ne peut se servir de ses mains selon ses désirs; il ne saisit rien, ne tient rien, et peut à peine fixer ses yeux sur quelque chose. Reid aurait pu soutenir tout aussi bien que les mouvements d'un danseur de ballet sont instinctifs, ou que nous apportons en naissant dans notre esprit, un lien de cause à effet entre le désir de peindre un paysage et les mouvements que doit faire le bras d'un peintre. Si la perfection de l'empire de la volonté sur les mouvements est l'effet d'une faculté acquise , cet empire sera le moins parfait durant la première année de la vie. Au

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Mioinont (le l;i naissance, l'aclion volonlaiic n'est ({u'iiiic non- •'iilité.

Va\ cons6(iu(Mn'(', il laul (|U(* r6tal)lisseni(Mil de ces liens qui unissent le sentiment à l'action, liens (jue la voliîion implique, soient l'elfet do quelcjne i)\)(iVdinn\(irquisitive. Mais l'aeciiiisition i(*pose elle-même sur (juelque tait primordial, sur un instinct. La question qu'il s'agit de résoudre consiste dans la constatation de la nature, au début de la vie, de ce lien qui unit nos sentiments à nos mouvements, et qui se change eu volitions mûries par l'éducation et l'expérience.

Quoique dans la volonté arrivée à son complet développement, un plaisir puisse provoquer les actions qui sont nécessaires pour le prolonger, comme nous en voyons un exemple dans la foule qui se presse sur les pas d'une musique militaire, nous voyons que dans Tenfance le plaisir peut bien provoquer quelque genre d'action, mais non pas nécessairement le genre qu'il faut.

Les mouvements de l'enfant surexcités par l'influence du plaisir, ne sont pas de ceux, et n'ont pas non plus la direction qu'il faut pour soutenir ou accroître ce plaisir, comme nous le voyons chez l'homme à un âge plus avancé. Il y a pourtant un effet d'amélioration dans le jeu des forces, quand un sentiment agréable s'empare soudainement de l'esprit. Nous avons vu qu'un accroissement de la force vitale est une des suites du plaisir, ce qui s'explique même dans la théorie qui rapporte les effets des sentiments à la stimulation ; cet accroissement s'étend quelquefois aux fonctions organiques sans les dépasser, et quelquefois aussi il gagne l'action des muscles, il n'est pas rare même qu'il se généralise dans tout le système musculaire, surtout à cette première époque oîi la vie est dans toute sa fraîcheur. Or, ce qui importe dans la question de la volonté c'est que cet accroissement gagne les muscles. Si l'organisme est au repos, il y aura une décharge de force ; s'il était déjà en action, l'action sera accrue. Nous n'avons pas encore de détermination dans un sens ni dans l'autre ; il n'y a pas de préférence, et par conséquent pas de volition.

Supposez maintenant que les mouvements qui proviennent simplement de l'exubérance des forces, soient accidentellement de nature à accroître le sentiment agréable du moment ;

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le fait même de cet accroissement de plaisir impliquerait l'autre fait de l'accroissement des forces de l'organisme, et des '//louvements qui sont enjeu au moment même. Le plaisir s'entretiendrait de la sorte lui-môme, et nous aurions là un fait équivalent en substance à une volition. La spontanéité, ou l'accident, a mis en jeu certains mouvements ; l'effet de ces mouvements c'est la production d'un nouveau plaisir ; mais nous ne pouvons produire du plaisir sans produire une force nouvelle dans l'organisme, par conséquent dans les membres qui agissent en ce moment. Tant que les mouvements ajoutent au plaisir, ils ajoutent à la stimulation qui les met eux-mêmes en jeu. Qu'ils cessent d'apporter du plaisir et nous verrons linir l'accélération de leur mouvement qui est la conséquence (le l'accroissement des forces.

Avant de donner des exemples concrets, complétons l'exposé général de la doctrine par l'examen de la peine. Prenons des mouvements qui commencent, comme dans le cas précédent, en vertu de la force spontanée d'un organisme en bon état, mais avec cette différence que ces mouvements occasionnent un sentiment subit de peine. En agissant ainsi, ils occasionnent aussi, d'après le principe que nous avons fait connaître, une dépression des forces vitales, qui, en s'étendant aux mouvements, en diminue l'effort et les ramène au repos. (Pour éviter toute complication, nous supposerons que la douleur n'a pas le caractère aigu qui irriterait les nerfs et provoquerait des mouvements spasmodiques de douleur ; nul doute que cet effet ne soit bien réellement naturel, mais comme il n'arrive pas d'une façon] constante, nous pouvons supposer en ce moment qu'il n'a pas lieu. La dépression des forces est le principal, l'inévitable effet de la peine.) Mais cet effet est justement ce qu'il faut pour faire échec aux mouvements qui sont la cause de la souffrance, et le but est pour le moment aussi bien atteint par la production de la dépression des forces, qu'il le sera plus tard quand la volonté aura acquis tout son développement. Si le remède qui convient à un état de souffrance, est la cessation du jeu d'une force, le remède consiste dans le fait lui-même, car la soufïmnce et la dépression de la force vont de pair. Nous voyons parfaitement l'application de ce fait chez l'homme et les animaux. Si nous voulons réprimer un excès d'activité chez

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un ôlrc vivant, la peine est un moyen sur. Une peine Iéf;ère. j)enl avoir un elïel opposé par les iiiisons ([ue nous avons données, mais une peine einelle rénssiia cerlainemenl. L'ellet naturel, direel, d'une peine est de déj)rimer les loices, y compris l'aelion innseulaire. Un choc ménn^ léger a souvent pour conséquence instantanée d'ariéler poui' un moment l'acîtivité. Ainsi donc, nous voyons que lorsque le mouvement et la peine se rencontrent, la peine arrête le mouvement par ses cfï'ets déprimants, comme aussi, })ar contre, un mouvement qui produit du plaisir, est soutenu et prolongé par l'exaltation des l'orccs qui est un effet de ce plaisir.

Prenons, par exemple, l'acte de sucer que l'enfant ou le jeune animal ont besoin d'exécuter dès leur naissance. Au début, il doit y avoir une opération réflexe, en vertu de laquelle, dès que le mamelon a été saisi par les lèvres, les mouvements de la langue commencent. La période où la volonté apparaît commence quand le sentiment du plaisir peut entrer enjeu pour soutenir l'action une fois qu'elle a commencé. Mais comment ce sentiment possède-t-il le pouvoir de provoquer la continuation de l'acte et peut-être d'en élever l'énergie ? Nous croyons que c'est par le contact de la substance nutritive sur l'estomac, qui excite toutes les propriétés vitales, y compris celle des organes du mouvement qui sont en jeu au moment même, c'est-à-dire la poitrine, la langue et la bouche. L'acte de manifester une force nouvelle en mâchant, en avalant, etc., quand l'aliment nous est agréable, est volontaire à toutes les époques de la vie. Supposons maintenant le point de satiété dépassé, admettons que l'enfant a franchi de lui-même ce point. Il en résulte que le contact du liquide sur l'estomac rempli, n'a plus le pouvoir de stimuler les forces de la vie ; que, si l'estomac continuait à s'emplir, il s'ensuivrait un effet contraire ; l'onde de force qui vient se répandre dans les organes de la succion disparaît, ces organes tombent dans l'inaction ; en d'autres termes, l'enfant s'arrête quand il juge qu'il en a assez; en réalité, l'état mental pénible appelé satiété s'accompagne d'une dépression des organes actifs, laquelle arrête enfin le mouvement qui a produit la satiété ; non pas, toutefois, comme plus tard, en supprimant de la force à cette partie, mais par un moyen détourné qui consiste à faire cesser le mouvement partout. La force primordiale

de la volonté ne sait pas isoler un membre du reste du corps; cette faculté se forme par une série d'efforts et d'essais. Le plaisir peut élever la force partout. La peine la déprime partout, dès l'origine; la faculté de choisir avec discernement le point qui doit agir n'est pas innée, il faut en faire l'apprentissage.

Nous avons supposé un plaisir qui^se rencontre avec le mouvement qui l'entretient, et une peine qui se rencontre avec un mouvement qui l'occasionne ; et nous en avons montré les résultats naturels. Voici un troisième cas aussi, si non plus fréquent: un animal souffre, son esprit est déprimé, en conséquence, et naturellement, ses forces sont tombées; néanmoins il fait encore des mouvements inconcertés ; la spontanéité n'est peut-être pas épuisée; et peut-être aussi la peine a-t-elle produit un autre eflét, l'irritation spasmodique des nerfs. En |tous cas il y a des mouvements, les membres sont jetés de côté et d'autre, la tête se tourne à droite puis à gauche* etc. Tout d'un coup, la peine cesse. Au point de vue mental, le résultat est une grande réaction, un transport de plaisir ; au point de vue physique, le résultat est une hausse de l'intensité des forces, y compris celles des organes du mouvement. Les mouvements qui étaient en jeu quand la peine a cessé, ont reçu une nouvelle ration de force tirée du fonds général, et sont devenu> plus énergiques. Appliquons cette théorie à un fait concret. Un animal nouvellement né gît souffrant sur le soL II ne sait pas ce qui cause son malaise, il n'en connaît pas davantage le remède. En supposant qu'il n'y ait aucune stimulation aiguë des nerfs, les suites physiques de cet état sont une faiblesse générale des membres. Pourtant les forces motrices ne sont pas entièrement domptées; par les efforts spontanés qu'il fait tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, il parvient enfin à se dresser sur ses pattes et commence un mouvement de locomotion en avant. Avec la locomotion l'agitation diminue sensiblement. Supposons que cette locomotion ait éloigné l'animal d'une position trop près du feu. A chaque degré d'apaisement de la sensation, l'animal ressent un élan déplaisir, et la stimulation habituelle augmente. 11 en résulte nécessairement que les mouvements locomoteurs qui ont commencé accidentellement, participent de l'accroissement de la force impartie à tout l'organisme, à la suite du soulagement de la peine, et qu'ils s'accélèrent. Si le soulage-

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iliciil conliniic, la sliiiinI.Mlion ;ni;j;nuMîlc encore, jusqu'à ce que I(! malaise se soil ed'acé même de la mémoire ; alors il n'y a plus d'accroissemenl, et l'animal, après avoir donné issue ;\ touU; la force (ju'il avail à sa disposilion, reprend l'allitude du repos. Toulelois, si pour éviter Seylla l'animal tombait dansCharybde, le cours des j)liénomènes serait renversé : une nouvelle peine produirai! son effet normal en arrêtant l'action; une augmentation graduelle de peine accélérerait la dépression, jusqu'à ce que le mouvement ne lïit plus possible.

Prenons un autre exemple, un enfant couché dans un lil éprouve la sensation pénible du frisson. Cette sensation a ses suites habituelles, elle cause ©u ne cause pas l'explosion convulsive que nous pouvons appeler l'expression émotionnelle caractéristique du frisson. En tout cas, que ce soit par suite du bon état de l'organisme, ou d'une irritation des nerfs, ilyades mouvements spontanés. Au cours de ces mouvements, il y en a im qui rapproche l'enfant de sa nourrice couchée à côté de lui ; à ce contact, il sent instantanément de la chaleur, il a un élan de plaisir, et un stimulus qui s'applique à l'organisme. Ce mouvement heureux se soutient, se renouvelle, devient plus énergique, et le contact est continué. Telle doit être l'opération naturelle de la loi qui rattache le soulagement d'oii résulte une sensation agréable, à un accroissement de force. L'enfant de douze mois peut accomplir cet acte en vertu d'un choix qui dirige sa volonté, l'enfant de trois jours ne peut le faire qu'au hasard, et par le secours du principe que nous avons expliqué. Dans l'intervalle il y a eu un apprentissage, dont nous parlerons plus loin (contiguïté, associations de la volition), et plus longuement encore, dans un autre ouvrage, Les émotions et la

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