CHAPITRE PREMIER
STRUCTURE DE L OEIL. — REFRACTION DE LA LUMIERE PAR UNE LENTILLE, MARCHE DES RAYONS LUMINEUX DANS l'oeiL,
Nous ne pouvons, par lo moyen du sens du toucher, q,cquénr des notions sur l'existence des corps qu'on mettant- ceux-ci en contact direct avec la surface de notre peau, tandis qu'avec l'œil nous pouvons percevoir les corps à de grandes distances, par l'entremise d'une force que nous appelons la lumière. Il semblerait presque, que dans l'espace il n'existe point de limites à la propagation de cette force. Des sphères les plus éloignées de l'univers, dont nous ne pourrons jamais mesurer la distance, les astres nous envoient des rayons lumineux qui nous annoncent leur existence. Nous sommes même actuellement en état de connaître leur composition chimique au moyen de l'analyse spectrale. Tant qu'un rayon lumineux traverse l'espace et qu'il possède encore une certaine puissance, il est capable d'agir sur le sens de la vue et celui-ci nous découvre ainsi un monde de connaissances dont les limites s'étendent infiniment plus loin que celles qui bornent l'activité des autres
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La physique nous cnseigno quo la lumière est propagée par Véther, substance d'une ténuité extraordinaire répandue dans tout l'univers, pénétrant tous les corps et existant môme dans le vide. La lumière est produite par des vibrations cxtraordinairement rapides de cet éther. Ces vibrations, en pénétrant dans notre œil à travers ses parties transparentes, y produisent la sensation de lumière et, grâce à la structure merveilleuse de
Fig. 7. — m n, coi-néft opaque. — h li, oornée transparenlc. — g, choroïde. — p p, iris, ly, humeur aqueuse. — L, cnstalliu. — G, liumeur vitrée. — i, rétine. — s, tache jaune. — d, nerf oplique. — /", muscle tenseur de la choroïde. — c, ligament ciliaire,
l'œil, nous ne sommes point seulement capables de sentir la lumière que les corps nous envoient, en tant que lumière, mais nous pouvons encore apprécier la forme, la grandeur et la structure de ces corps.
Mais tâchons, au préalable, de connaître les parties les plus importantes de l'œil.
La figure 7 nous représente une coupe transversale et horizontale de l'œil droit , d'après Helmholtz : cette figure va nous
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permettre d'étudier les parties essentielles d'an organe que la nature a doué d'une structure si délicate. Nous voyons que le globe oculaire est entouré d'une membrane dense m n que l'on appelle la cornée opaque, et qui, sur l'homme vivant, est à découvert par sa partie antérieure et a reçu le nom de blanc de l'œil. Cette membrane est assez dense et assez solide pour protéger suffisamment l'œil contre les influences nuisibles de l'extérieur : elle n'est point transparente , mais seulement translucide à une lumière très-intense. A son bord antérieur, elle passe directement à la cornée transparente h h qui est presque aussi épaisse mais qui s'en distingue par une transparence vitrée parfaite. Cette membrane se bombe plus fortement en avant comme un verre de montre, et forme pour ainsi dire la couverture transparente de l'œil, à travers laquelle la lumière peut pénétrer.
Plus à l'intérieur et recouvrant la cornée opaque se trouve une membrane beaucoup plus mince, plus délicate et fortement colorée en noir g, qu'on a nommée la choroïde.
Sa couleur noire provient d'un nombre très-considéraljle de cellules pigmentaires situées, à la façon d'une mosaïque, sur sa face interne. Cette membrane se continue sans interruption avec Viris pp qui est visible sur tout œil vivant et qui est percé à son centre d'une ouverture obscure, la pupille. C'est par cette ouverture que la lumière pénètre dans l'intérieur de l'œil et parvient jusqu'à sa paroi postérieure. La coloration noire de la choroïde est d'une utilité capitale pour la vision. Si elle n'existait point, la lumière qui tombe sur le fond de l'œil serait réfléchie, comme par toute surface claire; une immense quantité de rayons se disperserait irrégulièrement dans l'œil et x3roduirait non-seulement de l'éblouissement mais aurait encore une influence extraordinairement préjudiciable pour la netteté des images.
L'iris est aussi enduit de ce pigment et prend une coloration plus ou moin? foncée d'après l'abondance du pigment. Dans les yeux bleus l'iris ne présente qu'une couche minc«î de pigment à sa partie postérieure et paraît alors bleu par transpa-
rence. Plus la pigmentation est abondante, plus l'œil paraît foncé et c'est de cette façon que naissent les diverses nuances des yeux depuis le brun le plus foncé jusqu'au bleu ou au gris le plus clair. Dans toutes les races humaines il se trouve des individus qui manquent de pigment non-seulement aux yeux mais généralement à toutes les parties du corps, aux cheveux et à la peau : on appelle ces individus Albinos onKaherlaks. Ce manque de pigment occasionne un grand trouble dans la vision : l'iris paraît d'un blanc rougeâtre, la pupille est le plus souvent d'un rouge clair et l'effet éblouissant de la lumière du jour force les individus à rapprocher leurs paupières pour remplacer l'effet protecteur du pigment. On rencontre aussi fréquemment des albinos parmi les animaux, par exemple des lapins blancs avec les yeux desquels on peut entreprendre des expériences très-variées et très-intéressantes. L'on voit, par exemple, sur l'œil récemment extirpé de ces animaux une petite image renversée des objets peinte sur sa paroi postérieure ; cette image apparaît très-claire à cause de la transparence des membranes, tandis qu'on ne peut l'apercevoir sur les yeux fortement colorés des autres animaux.
Plus intérieurement et tapissant la choroïde, on trouve une membrane délicate nommée rétine, i. Elle forme la continuation et l'expansion du nerf optique, qui, comme le pédicule d'une pomme, pénètre un peu obliquement à partir dil nez, dans l'œil, traverse la cornée opaque et la choroïde et étale alors ses fibres dans tous les sens. Ces fibres présentent un mode de terminaison tout à fait spécial et forment une espèce de tapis nerveux qui constitue certainement l'organe des sens le plus délicat que la nature ait créé. La rétine touche par son bord antérieur à l'iris et est libre sur toute sa face antérieure, tournée contre les milieux transparents do l'ceil, de sorte que les rayons lumineux qui pénètrent dans l'œil to'mbént ensuite sur cette membrane et y produisent une impression lumineuse. Mais avant d'y arriver les rayons luminéux*traversdnt une série d'organes transparents situés dans la cavité du globe oculaire : ces organes sont artistoment agencés comme dans un