L'ŒIL ET LES RAYONS LUMINEUX
iion tout à fait semblable que l'on peut suivre sur la figure, on voit que l'image de la base de la flèche se formera en a ; il se produit ainsi une image renversée de l'objet, qui est d'autant plus petite que Tobjet est plus éloigné et si celui-ci est à l'infini, comme le soleil par exemple, l'image se rapetissera en un point situé au foyer.
La figure 9 représente une chambre obscure dans la forme usitée par les photographes. La lentille se trouve dans le tuyau Gu laiton hi, g est le verre dépoli qui reçoit l'image :
la boîte ab est formée de deux portions, qu'on peut faire glisser l'une dans l'autre, afin de pouvoir re- -chercher la place où se forme l'image d'objets situés à des distances va- ^'°' ^■ riées. Le tube en laiton est en outre muni d'une vis qui permet de faire avancer ou reculer la lentille et d'obtenir ainsi une image bien nette. Nous verrons que l'œil présente aussi une disposition qui a pour but de rendre les images très-nettes, mais ^e but est atteint d'une manière tout à fait différente.
La réfraction de la lumière est beaucoup plus compliquée dans l'œil que dans une simple lentille convexe : car le rayon lumineux traverse dans l'œil des milieux divers et il se produit une réfraction à chaque face de contact de deux de ces subsances. Mais l'effet total que produisent tous les milieux réringents de l'œil est absolument égal à celui que produit une simple lentille convexe; il se forme sur la rétine une petite image renversée des objets extérieurs, que l'on peut facilement apercevoir par transparence, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, sur l'œil extirpé d'un lapin blanc. Ce sont surtout trois surfaces qui produisent ces réfractions, d'abord la surface externe de la cornée transparente, puis la surface antérieure du cristallin, enfin la surface postérieure du même organe. La réfraction la plus forte se fait à la superficie de l'œil, parce que
le rayon lumineux passe, à cet -endroit, d'un milieu très-peu dense, l'air, en un milieu beaucoup plus dense, la cornée transparente et l'humeur aqueuse, qui possèdent toutes deux à peu près le même pouvoir réfringent. Le cristallin a une puissance réfringente plus grande que l'humeur aqueuse et que l'humeur vitrée, aussi rassemble-t-il plus les rayons lumineux qui ont pénétré dans l'œil. Son effet est encore augmenté par sa structure particulière, puisqu'il est composé de couches concentriques dont chacune est plus réfringente que celle qui la précède extérieurement. On a calculé que par ce mode de structure l'effet produit est plus considérable que si le cristallin était composé d'une substance également réfringente dans toute son étendue et qui posséderait le pouvoir réfringent du noyau central du cristalhn.
On doit comprendi-e maintenant que la réfraction qui se fait dans l'œil est différente de celle qui se fait dans la chambre obscure. Dans ce dernier instrument il n'y a qu'un seul corps réfringent en contact des deux côtés avec de l'air. Dans l'œil, au contraire, le rayon lumineux passe de l'air dans un certain nombre de miheux réfringents, sans repasser par l'air, et l'image se forme au contraire à la limite postérieure du corps vitré, sur la rétine. La réfraction et la représentation graphique de la marche des rayons sont par conséquent beaucoup jjlus com.pliquées que pour une lentille en verre. On peut cependant poursuivre la marche des rayons d'une manière simple et assez approximative.
Le centre d'une lentille convexe (fîg. 8), se distingue, comme nous l'avons vu. parce que tous les rayons qui y passent ne sont point réfractés. On appelle aussi, au point de vue optique, ce point point nodal, et dans une lentille dont les faces sont de courbure égale, ce point se confond avec le centre géométrique de la lentille. Il n'en est pas de môme pour une lentille dont les faces présentent des courbures inégales, et les rapports se comjjliquent encore davantage dans un système de corps réfringents comme l'œil nous les présente. Le calcul mathématique, exécuté par Listing, a prouvé qu'il existe aussi pour