L'OEIL ET LES RAYONS LUMINEUX
un tel système un point que les rayons traversent sans être sensiblement réfractés, et ce point que l'on appelle point nodal de l'œil se trouve à l'intérieur du cristallin, non pas au centre, mais entre celui-ci et la face postérieure. Si d'un point lumineux on trace un rayon jusqu'à ce point, ce rayon arrivera sans être réfracté jusqu'à la rétine : à vrai dire, il subit une réfraction mais tellement légère qu'on peut, en réalité, la ]iégliger. Sur la figure 10, la lettre K désigne le point nodal de l'œil : soit A B un objet ; le rayon A K a. arrivera à la rétine sans être réfracté, il en sera de même du rayon B il 6. La grandeur de l'œil- est
pour ainsi dire calculée, par rapport aux milieux réfringents, pour que, dans le champ de la vision distincte, l'image se forme à peu près à la distance de la rétine : l'œil possède en outre la propriété de s'accommoder pour la vision à diverses distances. Lorsque l'œil s'est, par exemple, accommodé pour l'objet A B, tous les rayons venus du point A, se réuniront en a sur la rétine, ceux qui viennent de B se réuniront en b : et c'est ainsi que se forme, sur la rétine, une petite image renversée a b. On voit, sur la figure, que tous les rayons qui ne passent pas par le point nodal sont régulièrement réfractés de façon qu'ils se rencontrent sur la rétine pour former l'image ^ . C'est de cette manière qu'il se produit sur la réfine des images de tous les objets. L'iris joue un grand rôle dans cette production, car son existence augmente la netteté de l'image. Elle sert, en effet, de diaphragme à l'œil en couvrant le bord du cristallin et en empêchant ainsi les rayons excentriques de pénétrer. Ces rayons, comme l'on sait, rendent les images confuses pour toutes les lentilles, parce que leur foyer n'est
1. Lorsqu'on veut représenter exactement la marche d'un rayon dans l'œil, il faut admettre deux points nodaux, démontrés par le calcul, tirer une ligne du point lumineux au premier point nodal, et une parallèle depuis le second point nodal jusqu'à la rétine. Ces deux points nodaux sont très-rapprocbés et peuvent être confondus dans la pratique.
point tout à fait le même que celui des rayons centraux. On applique des diaphragmes semblables à tous les appareils optiques, télescopes, microscopes, chambre obscure, car, sans eux, les images n'ont point de bords nets. Mais l'iris est un diaphragme de nature si parfaite que l'art n'est point parvenu à l'imiter pour l'appliquer aux instruments. Il n'arrête point seulement les rayons excentriques mais il règle encore la quantité de lumière convenable et nécessaire à l'œil. Si nous dirigeons l'œil sur un objet éclairé, vers le ciel, par exemple, ou vers une lumière, la pupille se contracte; si nous regardons dans l'obscurité, la pupille se dilate au contraire très-fortement. On peut très-bien observer la contraction de la pupille en plaçant une personne devant une fenêtre éclairée, lui couvrant les yeux de la main et la retirant alors subitement. Les pupilles sont beaucoup plus dilatées dans le crépuscule que pendant le jour. C'est de cette façon que l'admission de la lumière est réglée, car j)! us la pupille est étroite et moins le nombre de rayons admis dans l'œil est grand, plus la pupille est large et plus les rayons admis sont nombreux. Les animaux nocturnes iomme le hibou, le grand duc, etc., se distinguent par des pupilles très-larges qui les mettent à môme de bien voir dans l'obscurité : ces animaux redoutent au contraire la clarté d jour parce qu'elle les éblouit.
Si nous reprenons encore une fois la comparaison de l'œil et de la chambre obscure, nous remarquerons une nouvelle supériorité de l'œil. Cette supériorité consiste dans la forme sphérique de la paroi postérieure de l'œil, tandis que dans la chambre obscure le verre dépoli qui reçoit l'image, est plan. L'œil reçoit, par cette disposition, deux perfectionnements essentiels qui frapperont facilement les personnes qui ont une fois vu une image dans la chambre obscure.
L'image d'un corps linéaire droit formée par une lentille biconvexe, n'est point tout à fait droite ; elle est un peu courbe et l'on peut assez exactement construire une image de ce genre, en traçant un arc du centre de la lentille avec un rayon égal à la distance de l'image. Si l'on se représente tout le champ de