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PERCEPTION DE PARTIES INTERNES DE L OEIL. — L OPHTHALMOSCOPE

La rétine forme la limite où les phénomènes physiques de la Tision font place aux phénomènes physiologiques. La lumière qui pénètre dans l'œil ne subit que des modifications iphysiques consistant principalement dans la réfraction, et le .dernier résultat visible de ces modifications consiste dans la formation de la petite image sur la rétine. Mais à partir de là les phénomènes se soustraient à notre observation directe et il • devient de plus en plus difficile d'en pénétrer l'essence .

L'image rétinienne est renversée et cependant nous voyons tous les objets droits. Ce redressement est le résultat de l'expérience que nous avons acquise, à partir de notre enfance, dans la vision. Le point A (fig. 10), situé à droite, fait son image en a sur la portion gauche de la rétine : nous savons par conséquent que suivant notre expérience, un rayon parti de droite produit nécessairement son image sur la partie gauche de la rétine, et piuisque nous projetons dans le monde extéi'ieur tout ce que nous voyons, nous faisons involontairement passer le rayon visuel a A par le point nodal k. De cette façon, Toeil projette au dehors un champ visuel plan, que nous obtenons en tirant de chaque point de la rétine vers l'extérieur, des lignes ■droites qui se termineraient sur une surface sphérique.

C'est en réalité de cette façon, que l'œil comprend toutes sessensations. Car il y a des phénomènes où nous ne percevonspoint d'objets extérieurs mais des parties de l'œil lui-môme ou des excitations internes, et cependant ces perceptions sont projetées par les mômes voies dans le monde extérieur.

Lorsque nous fermons l'œil et qu'avec la tôte d'une épinglenous pressons un peu le globe oculaire sur son bord externe, nous apercevons, dans un champ obscur, un petit cercle clair ou un peu coloré, Vimage de pression, et cette image se forme au bord gauche, si nous pressons à droite ; en haut, si nous^ pressons en bas et réciproquement. La rétine se" prolonge en effet jusqu'au segment de l'œil saillant hors de l'orbite et elleest irritable par pression. On sait que l'on voit des étincelleslorsqu'on reçoit un coup sur l'œil ; ce phénomène lumineux est produit par un ébranlement mécanique de la rétine. L'image produite par la pression n'est qu'une transformation scientifique de cet accident qui nous arrive parfois involontairement, et nous pouvons observer sur elle quelle est la relation entre le lieu excité et le lieu où se produit la sensation lumineuse. Nous transférons un point du bord gauche de la rétine à la droite de notre champ visuel, parce que nous nous imaginons qu'un rayon lumineux veiiu de droite a pénétré dans notre œil et a, par conséquent, touché la rétine à gauche.

Nous apercevons aussi quelquefois dans l'intérieur de l'œil de petits corpuscules qui se trouvent dans les milieux transparents . Beaucoup de personnes remarquent, môme dans la vision ordinaire, de petits corpuscules ronds ou de petits filaments qui semblent nager dans le champ visuel et que l'on a nommé « mouches volantes. » On les aperçoit plus distinctement lorsqu'on regarde une surface éclairée comme le ciel, ou que l'on fait des observations microscopiques. Elles changent de place quand l'œil se meut, mais elles ont aussi des mouvements propres. Les corpuscules consistent en filaments ou en cellules, situés entre la membrane du corps vitré et la rétine et qui nagent dans cet espace rétréci. Ils jettent leur ombre di-

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