STRUCTURE DE LA RÉTINE
figure 24 d'après les travaux les plus récents de Max Schultze. Tout à fait à l'intérieur se trouve une membrane limite trèsdélicate 1 , puis viennent vers l'intérieur : d'abord la couche des fibres nerveuses 2, puis la couche des cellules Qcinglionnaires 3, couche composée de cellules analogues aux cellules ganglionnaires du cerveau. A celle-ci succède la couche à granulations fines 4 , composée d'une masse grisâtre indéterminée et contenant des granulations fines, puis vient la couche granulée interne 5, formée de cellules arrondies. Entre celle-ci et la couche granulée externe on rencontre la couche granulée intermédiaii^e 6 , composée d'une masse finement granulée mélangée de fibrilles. La couche granulée externe 7 ressemble absolument à la couche granulée interne. Enfin , après une seconde membrane limitante trèsdélicate 8, on rencontre tout à fait à l'extérieur la couche des bâtonnets et des cônes 9 qui présentent une structure singulièrement remarquable. Elle consiste pour la majeure partie en bâtonnets libres et
Fig. 24. — 1. Membrane limite. — 2. Couche des fibres nerveuses. — 3. Couche de cellules ganglionnaires. — 4. Couche à granulations fines. — 5. Couche granulée interne. — 6. Couche granulée intermédiaire. — 7. Couche granulée externe. — 8. Membrane limitante. — 9. Couche des bâtonnets et des cônes. — 10. Pigment de la choroïde.
transparents , qui sont rangés comme des palissades perpendiculairement à la rétine et serrées les unes contre les autres. De temps en temps on rencontre cependant entre ces bâtonnets un petit corpuscule devenant plus épais à la base et auquel on a donné le nom de cône (Zapfen). Au milieu de la tache jaune qui présente une pçtite concavité, la fossette de la rétine, on rencontre exclusivement de ces cônes très-serrés les uns contre les autres. Dans le reste de cette tache ils sont encore très-fréquents, mais leur nombre diminue graduellement lorsqu'on se rapproche du bord de la rétine.
C'est la couche des bâtonnets et des cônes qui, par la régularité de sa structure, a donné naissance à des conjectures sur le phénomène de la vision. La lumière qui pénètre dans l'œil est obligée de passer nécessairement à travers toutes les couches de la rétine pour arriver finalement à la couche des bâtonnets et des cônes, couche qui, elle, est recouverte extérieurement par le pigment noir, 10, de la choroïde. La lumière ne peut pas pénétrer plus loin, puisqu'elle est alors absorbée par le pigment.
Les bâtonnets et les cônes ont, d'après leur apparence, tous les caractères qui les font reconnaître comme organes d'un sens. Ils forment à la superficie de la rétine un tapis continu, qui ressemble à une mosaïque très-délicate et très-régulière, et chaque point de la rétine paraît à cause de cela être doué d'une sensibilité séparée qui lui est communiquée par un bâtonnet ou par un cône, tandis que d'un autre côté ils sont reliés entre eux d'une manière intime et géométriquement déterminée. Ces propriétés s'accordent très-bien avec la pénétration mathématique de notre vue et l'on se voit pour ainsi dire forcé d'admettre l'hypothèse que c'est cette mosaïque qui sert au phénomène de la sensation visuelle. Ainsi, lorsque nous tirons une ligne, d'un point quelconque du champ visuel à travers le point nodal de l'œil, cette ligne, en atteignant la rétine, touchera un bâtonnet ou im cône. Le point fera son image sur ce petit champ et sera perçu isolément par celui-ci. Nous pouvons ainsi supposer que tout le champ visuel se peindra sur notre rétine comme une mosaïque très-fine analogue à l'image d'une broderie.