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LES COULEURS DU SPECTRE

Mais plus deux couleurs sont rapprochées Tune de l'autre dans le spectre, plus elles ont d'alTinités entre elles ; ainsi Ip rouge a plus d'affinités avec le jaune qu'avec le vert ou le bleu; l'irpipression que font sur nous le jaune et le vert nous paraît plus rapprochée que celle que produit le jaune avec le hleu ou le violet, etc. Un passage direct entre le rouge et le vert, quelque graduel qu'il fût, ne nous paraîtrait pas naturel, tandis que le jaune qui est situé entre eux produit une liaison naturelle entre le rouge et le vert.

La physique nous apprend que les rayons d'un spectre sont composés de vibrations lumineuses de différentes longueurs d'onde, diminuant depuis le rouge jusqu'au violet. Comme la lumière se propage avec la même vitesse, le violet fera plus de vibrations, dans le même temps, que le rouge : le premier à peu près 667 billions, le second environ 456 billions de vibrations par seconde. La physique nous apprend encore que tous les rayons d'un spectre se distinguent uniquement par la longueur d'onde de leurs vibrations et qu'elles n'ont point d'autres caractères particuliers, rien par exemple qui ressemble le moins du monde à la couleur que nous percevons. Supposons des ondul^itions plus ou moins longues se propageant à la surface de l'eau, cette apparition serait à peu près analogue aux ondulations des rayons rouges et des rayons violets. Mais les flots de différentes longueurs sont, d'après l'impression qu'elles font sur nous, tout à fait analogues, tandis que les ondes lumineuses de diverses longueurs qui pénètrent dans notre œil, y font naître des sensations dont la qualité est essentiellement différente. Car il y a une immense différence entre le rouge et le bleu ou le vert.

Le spectre n'a point de limites nettes à ses extrémités; il passe insensiblement au noir, plus insensiblement encore du côté violet que du côté rouge. Cependant on remarque encore dans ces limites invisibles des actions physiques et chimiques. Le rouge invisible, l'ultra-rouge, est remarquablement chaud et la chaleur y atteint même le maximum de tout le spectre : elle diminue au contraire graduellement dans le spectre visible.

L'extrémité violette du spectre produit des effets chimiques puissants sur certaines combinaisons comme l'iodure et le chlorure d'argent et c'est pour cela que l'image photographique du spectre nous paraît considérablement prolongée au delà de l'extrémité violette. Mais Helmholtz a montré que nous pouvons apercevoir à l'œil les rayons ultra-violets du spectre en les soumettant à de certaines conditions. Lorsque l'on sépare la partie ultra-violette d'un spectre, formé dans une chambre obscure, en la faisant passer à travers la fente d'un écran, et qu'on la fait tomber sur un second prisme, afin de la débarrasser par une nouvelle réfraction de tous ses éléments étrangers, l'œil alors l'aperçoit sous l'apparence d'une luear de couleur gris lavande.

L'œil, comme cet exemple nous le montre, n'est donc sensible aux ondes lumineuses que jusqu'à une certaine limite. La physique admet que tous les rayons du spectre, aussi bien les visibles que les invisibles qui se trouvent au delà du rouge et du violet, consistent en vibrations de l'éther lumineux, vibrations se distinguant par leur longueur d'onde, mais complètement identiques quant à leur forme. Mais ce ne sont que les vibrations de moyenne longueur qui agissent sur la rétine et celle-ci est insensible aux vibrations de l'éther dont la longueur d'onde est très-grande ou très-petite. Ce que nous appelons en général lumière et couleur, repose donc uniquement sur une propriété subjective de notre rétine, en tant qu'elle ne réagit que sur certaines vibrations de l'éther, et l'on pourrait s'imaginer l'existence d'yeux qui ne seraient point sensibles comme les nôtres aux vibrations moyennes de l'éther lumineux, mais qui le seraient aux vibrations extrêmes. De tels yeux verraient le monde sous un tout autre aspect que nous le voyons.

Toutes les couleurs que nous rencontrons dans la nature ou que nous produisons artificiellement, ''qu'elles soient simples ou composées, peuvent être obtenues au ^moyen des couleurs du spectre. En outre, le mélange de toutes les couleurs spectrales (âans la proportion où elles se trouvent dans le spectre, produit la lumière blanche. Le spectre contient donc les parties

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