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CHAPITRE CINQUIÈME

LES COULEURS DU SPECTRE. — MELANGE DES COULEURS. — LES TROIS COULEURS FONDAMENTALES. — LA CÉCITÉ POUR CERTAINES COULEURS.

La lumière que nous remarquons dans la nature n'est point homogène ; nous distinguons au contraire un certain nombre de lumières diverses que nous désignons par le nom de couleurs. Les objets que nous voyons possèdent tous une certaine couleur qui provient de la lumière qu'ils réfléchissent ou qu'ils réfractent. C'est pour cela que nous parlons souvent de lumière colorée, quoique nous sachions par la physique, que la couleur ne peut se séparer de la lumière, comme les couleurs de la peinture qui sont appliquées sur les corps. L'espèce de lumière que nous appelons blanche, est décomposée artificiellement par un prisme en un certain nombre de couleurs, qui comprennent toutes les couleurs simples, et qui produisent par leur mélange toutes les couleurs de la nature. Lorsque nous faisons tomber un rayon solaire sur un prisme, comme l'indique la figure 27, ce rayon est décomposé en un certain nombre de couleurs dont l'ensemble se nomme spectre.

Un rayon lumineux passant par l'ouverture b tombe sur le prisme 8. Si ce rayon traversait le prisme sans être réfracté il produirait sur l'écran opposé un cercle éclairé cl. Mais par la réfraction le rayon est dévié et comme les rayons colorés qui le

composent ont une réfraction différente, il en résulte une bande colorée rv, un spectre, où le rouge se trouve en r, c'est-à-dire qu'il est le moins réfracté, tandis que le violet v est le plus réfracté.

Fig. 27.

La figure 28 représente la position des couleurs visibles du spectre dans Tordre de leur position. On y remarque en outre des lignes foncées, les lignes de Frauenhofer, qui sont spéciales à la lumière solaire et qui proviennent de l'absorption exercée par les gaz répandus à la surface du soleil. Le spectre débute par le rouge qui passe insensiblement à Vorange^ puis

H G FL DCBA

Fig.

vient une bande étroite de jaune pur, près de la ligne D, puis le vert en E. Le bleu qui vient ensuite est assez étendu et on le distingue pour ce motif en bleu cyanique^ qui se trouve derrière la ligne F, et en bleu indigo, qui se trouve en G. Enfin nous voyons le spectre se terminer par le violet.

Les couleurs ne sont point nettement délimitées dans le spectre, elles passent au contraire insensiblement de l'une à l'autre. Nous pouvons distinguer comme couleurs tout à fait pures le rouge, le jaune, le vert, le bleu et le violet dont chacune produit une sensation qui n'a point d'analogie avec les autres.

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