IMAGES CONSÉCUTIVES
observer des images consécutives à la suite de la vision de toutes sortes d'objets, pourvu que les objets soient assez éclairés et l'œil assez sensible. Une fenêtre éclairée, par exemple, en produit très-facilement lorsqu'on ouvre et qu'on ferme rapidement l'œil devant elle. On voit alors, pendant quelques secondes encore, une image faiblement éclairée de la fenêtre disparaissant peu à peu. Nous avons déjà tacitement admis l'existence des images consécutives en parlant do la toupie colorée qui est composée de secteurs noirs et blancs ou colorés. Pendant une rotation suffisamment rapide nous ne percevons plus les secteurs isolément, mais un mélange homogpne des couleurs dont ils sont teints. Nous avons affaire dans cette expérience à des images consécutives ; car si un secteur blanc s'est d'abord peint sur la rétine et qu'un secteur noir lui succède assez rapidement sur le môme organe, l'image consécutive du premier secteur n'a point encore disparu et se combine par conséquent avec l'image noire pour produire un gris homogène. La rotation doit par conséquent atteindre une certaine rapidité, et c'est lorsque le noir et le blanc se remplacent à peu près trente fois par seconde que l'on perçoit un gris homogène. Lorsque la rotation est au contraire moindre , on perçoit une espèce de scintillement du noir au blanc qui produit sur l'œil une sensation désagréable et trouble. Cette impression devient encore plus fatigante lorsque nous regardons le scintillement d'un flambeau, ce qui provient de ce que l'œil se repose un instant, chaque fois que l'obscurité alterne avec la lumière, mais qu'il est ensuite excité avec une plus grande violence lorsque la lumière reparaît de nouveau.
C'est sur le principe des images consécutives qu'on a construit l'instrument si connu sous le nom de stroboscope. On y remarque des figures variées en mouvement, des danseurs, des cavaliers, des gymnastes, etc. La figure 32 nous expliquera très-facilement la cause de cette apparition.
Sur le disque on a représenté un pendule dans différentes positions de son parcours. On regarde à travers une des ouvertures 1-12 dans un miroir et l'on fait tourner modérément le
disque. On voit alors le pendule échanger rapidement les positions 1, 2, 3, etc., jusqu'à 12 et il semble que ce pendule exécute une oscillation. L'image consécutive du pendule persiste jusqu'à son remplacement par la position suivante du pendule.
il y a d'autres images consécutives différentes de celles dont nous venons de parler, et qui se produisent lorsqu'on a considéré pendant un temps assez long un objet éclairé. Quand nous regardons, sans remuer les yeux, pendant une demi- minute ou une minute, un ciel très-clair, à travers une croisée, de façon que la croisée se peigne en un endroit précis de la rétine, et qu'alors nous tournons rapidement notre vue sur un mur ou sur un papier blanc, nous apercevons une fenêtre foncée avec une croisée claire. Dans cette forme d'image consécutive, tous les clairs de l'image primitive paraissent foncés, et toutes les parties foncées paraissent claires : on leur a, pour ce motif, donné le nom d'images consécutives négatives^ tandis qu'on appelle images consécutives positives celles qui présentent la coloration de l'image primitive.
Les images négatives sont produites par la fatigue des places de la rétine où la lumière a agi avec le plus de vigueur. La surface claire de la fenêtre a excité pendant un certain temps la rétine, et l'a par conséquent fatiguée sur une certaine étendue, tandis que l'endroit où la croisée obscure s'était;dessinée n'est point fatigué. Lorsque l'œil se porte alors sur une autre surface, les endroits fatigués seront plus faiblement excités, et l'on verra, par conséquent, surgir une fenêtre foncée avec , croisée claire. On peut faire une très-jolie expérience de ce genre, en procédant de la manière suivante. On [place un petit carré de papier noir sur une feuille de papier blanc, et on le regarde pendant assez longtemps avec un seul œil Lorsqu'on jette alors
Fig. 32.