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LA MEMBRANE DU TYMPAN

ovale qui, dirigée à l'intérieur, s'appuie sur la fenêtre ovale de la cavité tympanique.

La cavité tympanique est une cavité assez étroite qui dépasse le bord supérieur de la membrane tympanique. On peut la •comparer à un tambour recouvert d'un côté seulement par une membrane : Isunembrane tympanique. La cavité tympanique diffère cependant de la forme ordinaire du tambour, parce qu'elle se relie inférieurement et du côté interne et antérieur, à la trompe d'Eustache.

Mais à quoi sert ce canal qui s'abouche dans la cavité de l'arrière-bouche ? — La cavité tympanique est un espace rempli d'air situé au milieu d'un os. Cet air, s'il était complètement séparé de l'air atmosphérique , changerait bientôt de composition, serait ensuite probablement absorbé par le sang et remplacé par un liquide excrété, s'il ne pouvait être renouvelé d'une manière permanente. Ce renouvellement a lieu par la trompe d'Eustache qui permet de temps en temps un échange d'air. Il y a même plus qu'un simple échange d'air, car la trompe égalise la pression entre l'air extérieur et celui de la ■cavité tympanique et ce phénomène est très-important pour le fonctionnement de la membrane tympanique. Car dès que la pression extérieure devient plus forte, la membrane tympanique est refoulée à l'intérieur ; dès que la pression devient au contraire moins forte, cette membrane est forcée de se voûter «n dehors. Dans les deux cas les mouvements de la membrane seraient entravés et c'est alors que la trompe d'Eustache intervient en laissant entrer ou sortir de l'air. Mais la trompe n'est point toujours béante, elle est au contraire habituellement fermée et ne s'ouvre que lorsque nous faisons des mouvements de déglutition, mouvements que nous n'exécutons pas seulement quand nous mangeons mais que nous pratiquons assez fréquemment pour avaler la salive sécrétée : la trompe remplit donc suffisamment sa tâche de servante de l'oreille.

Valsalva, anatomiste très-distingué du xvii^ siècle, a montré, par l'expérience suivante, de quelle manière la trompe s'ouvre au moment de la déglutition. On se bouche le nez, et on gonfle

les joues en tenant la Louche fermée ; si en ce moment on exécute un mouvement de déglutition sans laisser échapper l'air par la bouche, ce que l'on peut facilement exécuter après quelques tentatives, on sentira une pression particulière dans les deux oreilles. Cette pression est produite par une condensation de l'air dans la cavité tympanique, condensation faite à travers la trompe et qui repousse la membrane tympanique à l'extérieur. Cette sensation de pression continue jusqu'à ce que nous passions à un nouveau mouvement de déglutition, pendant lequel l'air pourra s'échapper de nouveau.

On peut aussi, d'une manière analogue, raréfier l'air de la cavité tympanique. Fermons la bouche et le nez; raréfions l'air dans la cavité palatine par une forte inspiration et exécutons en même temps un mouvement de déglutition. Nous exerçons ainsi une espèce de succion sur l'air de la cavité tympanique, la membrane tympanique est alors refoulée à l'intérieur et nous éprouvons le même sentiment de tension dont nous serons débarrassés par le prochain mouvement de déglutition. Pendant ces expériences de Vasalva nos sensations auditives sont confuses et affaiblies, d'où il résulte que la membrane du tympan ne peut remplir ses fonctions ordinaires, lorsqu'elle est dans un état de tension anormale.

L'ouverture de la trompe d'Eustache est produite par des muscles qui s'insèrent à ses parois cartilagineuses et qui se contractent pendant les mouvements de déglutition. Mais on peut se demander pourquoi la trompe n'est point .toujours ouverte, pourquoi elle est habituellement fermée et pourquoi elle ne s'ouvre que momentanément pour se refermer de nouveau rapidement ? Si ce canal est destiné à l'échange de l'air, il serait beaucoup plus simple qu'il fût toujours ouvert.

On peut résoudre cette question d'une manière à peu près certaine. Et d'abord si la trompe était ouverte elle pourrait conduire directement des sons dans la cavité tympanique. On peut s'assurer de cette possibilité en introduisant dans la trompe une canule par laquelle on dirige un son. Nous entendrions donc, si la trompe était habituellement ouverte, notre

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propre voix avec une force retentissante, et quoiqu'il y ait des gens qui idolâtrent leur propre voix, un renforcement de cette nature finirait cependant probablement par les fatiguer à la longue.

En outre, si la trompe était ouverte, l'entrée et la sortie de l'air pendant la respiration, auraient pour résultat un mouvement de l'air de la cavité tympaniqne et produiraient par conséquent une courbure en dedans ou en dehors de la membrane tympanique. En un mot, nous reconnaissons que la fermeture de ce canal est d'une importance pratique évidente et qu'il faut nécessairement un mécanisme particulier pour l'ouvrir de temps en temps.

Il serait encore possible que la trompe ouverte modifiât les vibrations de la membrane du tympan et la résonnance de l'air contenu dans la cavité tympanique. Car le ton d'un tambour change du moment qu'on pratique une ouverture à la caisse. Il faut cependant encore entreprendre des recherches théoriques et pratiques pour prouver une influence de ce genre de la part de la trompe.

Ce canal constitue aussi un tuyau d'écoulement pour les sécrétions de la muqueuse qui tapisse la cavité tympanique. Le passage vers la cavité palatine est beaucoup plus facile qu'en sens opposé puisque les parois se contractent dans ce dernier sens comme des soupapes. Lorsque la muqueuse de la trompe est atteinte de catarrhe, ce conduit peut devenir imperméable à l'air et alors il se produit un degré plus ou moins fort de surdité provoqué par le manque de renouvellement d'air dans la cavité tympanique et par l'accumulation des mucosités. C'est pour ce motif que les médecins introduisent, dans les affections de ce genre, de petits tubes en caoutchouc dans la trompe.

Parmi les corps solides dont les vibrations sont capables de produire un ton, nous trouvons les membranes tendues dont la percussion fait naître le ton, comme le tambour par exemple. Les vibrations qui s'y manifestent sont transversales et nous pouvons nous imaginer que chaque diamètre d'une mem-

brane circulaire exécute des vibrations analogues à celles d'une corde. Mais pour un tambour il faut aussi un espace cylindrique clos et rempli d'air qui augmente considérablement le ton par résonnance lorsque son ton propre correspond à celui de la membrane. Une membrane librement tendue sur un cercle mince et sans caisse ne donne qu'un ton de moyenne force.

La membrane tympanique de l'oreille n'est point mise en vibration par une percussion mais par les ondes sonores de l'air. Le phénomène se j^roduit donc pour l'oreille d'une façon opposée à ce qui a lieu pour le tambour. Dans cet instrument ce sont les baguettes qui provoquent les vibrations de la membrane, celle-ci fait naître les vibrations dans l'air du tympan et dans l'air ambiant ; dans l'oreille au contraire l'onde sonore vient frapper contre une membrane tendue et celle-ci contre des baguettes d'une merveilleuse structure , les osselets de l'ouïe, qui à leur tour transmettent les vibrations plus loin.

Il est très-nécessaire de savoir d'abord de quelle manière le système des osselets de l'ouïe, relié d'une part à la membrane du tympan et d'autre part à la membrane de la fenêtre ovale, exécute ses vibrations. Il est hors de doute que la membrane du tympan, grâce à son élasticité, n'exécute que des vibrations' transversales lorsqu'elle est mise en mouvement par une onde sonore. Des vibrations de la membrane tympanique ne sont cependant pas aussi simples que celles d'une membrane plane et tendue ainsi qae nous le verrons plus tard, mais prises d'une manière générale elles correspondent à celle-ci dans leur forme.

Il en est tout autrement pour les osselets de l'ouïe. Ce sont de petits corps en partie irréguliers, en partie conformés comme des baguettes et dont les vibrations devraient être considérées comme très-irrégulières. Un bâton fixé par un bout peut exécuter des vibrations transversales lorsque nous l'attirons d'un côté par son bout libre et que nous le lâchons ensuite. Il peut aussi exécuter dos vi])rations longitudinales lorsque nous le

frottons dans le sens de sa longueur. On a en outre observé que le son se transmet parfaitement bien à travers les corps solides et rigides. Lorsque nous appliquons, par exemple, notre oreille contre un tronc d'arbre couché horizontalement ou contre une muraille et que nous faisons frapper très-légèrement ces corps à une distance assez éloignée, nous percevons parfaitement bien le son, tandis que nous ne le percevons pas du tout à travers l'air. Chacun sait d'ailleurs qu'on perçoit bien mieux le trot éloigné des chevaux par le sol que par l'air. Toutes les vibrations sonores qui se propagent par des corps solides se composent principalement de vibrations longitudinales. Dans le tronc d'arbre, par exemple, il ne se forme pas de vibrations de toute sa masse dans un sens ou dans l'autre, l'arbre ne se courbe pas d'un côté ou de l'autre comme un ressort fixe et vibrant, mais la vibration se fait dans son intérieur et dans ses plus petites particules qui vibrent de côté et d'autre mais principalement dans le sens longitudinal. Les vibrations longitudinales pures des particules les plus fixes ne se font habituellement que dans des baguettes minces que l'on frotte dans le sens de la longueur.

On pourrait croire d'après cela que des vibrations longitudinales se produiront dans la masse des osselets de l'ouïe, puisque la substance osseuse est particuUèrement propre à propager des vibrations de ce genre, comme nous l'avons déjà dit en parlant de la conductibilité par les os. Cette opinion a eu un grand nombre de partisans, mais, comme l'a fait remarquer Helmholtz, les osselets sont de dimensions si restreintes comparativement à la longueur d'une onde sonore, qu'on ne peut en aucune façon admettre une propagation de ce genre . Les ondes sonores des tons moyens ont, dans l'air, une longueur d'un demi-mètre à un mètre et elles sont encore plus longues dans les corps solides, parce que le son s'y propage avec plus de rapidité. En outre, les osselets ne sont nulle part fixés d'une manière immobile, et ils sont extraordinairement légers à cause de leur faible masse, en sorte qu'un choc qui agit à l'une de leurs extrémités mettra de suite en mouvement toute la chaîne.

Par conséquent, lorsqu'une onde sonore agit sur le marteau, on ne peut croire que ce mouvement se propage par ondulations jusqu'à l'étrier, comme cela se fait dans la lourde masse d'un tronc d'arbre. Une onde sonore est en effet si longue que les trois osselets se trouvent presque en môme temps au même point de l'onde et sont par conséquent forcés de faire un mouvement commun dans le même sens.

Nous sommes donc obligés d'admettre l'unique résultat possible, à savoir, que les osselets exécutent des vibrations transversales. Un examen exact de leur liaison réciproque nous apprendra de quelle façon ces vibrations peuvent s'exécuter.

Le manche du marteau est soudé dans toute son étendue avec la membrane du tympan, sa tête au contraire dépasse le bord de cette membrane et fait saillie dans la cavité tympanique. Le col du marteau, sa longue et sa courte apophyse sont attachés à des points osseux au moyen de ligaments élastiques, et ces ligaments constituent une espèce d'axe, le ligament axilé, autour duquel le marteau peut exécuter des vibrations Ce ligament axile passe de l'avant à l'arrière à travers le col du marteau; le point a de la figure 66 indique la place où il devrait passer. Tous les points du marteau situés au dessous du ligament axile sont portés vers l'intérieur lorsque la membrane du tympan exécute une vibration vers l'intérieur, tandis que tous les points situés au dessus de ce ligament sont portés vers l'extérieur. Pendant que le manche du marteau vibre du côté interne et la tête du côté externe, l'enclume est mise en mouvement par l'articulation qui existe entre les deux os et comme si cette articulation était complètement solide. Cette articulation possède en effet une forme particulière que les recherches de Helmholtz ont fait comparer, quant à son action mécanique, à celle des dents d'arrêt. Elles sont tellement emboîtées que le corps de l'enclume et la tête du marteau se dirigent en arrière, tandis que la longue racine de l'enclume et le manche du marteau sont tournés du côté supérieur et interne. De cette façon l'étrier reçoit à son tour un choc dirigé vers l'intérieur et vient

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