BESOINS EN RAPPORT AVEC LES FONCTIONS RESPIRATOIRES H
le sphincter uréthral volontaire, se contractent et repoussent l'urine dans la vessie. Puis au bout de quelque temps les mêmes phénomènes se reproduisent et, l'urine arrivant de nouveau dans la région prostatique, le besoin d'uriner reparaît avec plus de violence. Le liquide urinaire n'est pas le seul corps qui puisse déterminer le besoin d'uriner ; ce besoin se produit quand un corps quelconque, le bec d'une sonde, par exemple dans le cathétérisme, vient au contact delà muqueuse de la région prostatique. Guyon, qui repousse la théorie de Kûss et Duval, admet que l'envie d'uriner est causée par la distension des fibres lisses du col vésical ; mais sans nier la part qui peut revenir à cette distension, la théorie des deux auteurs que je viens de nommer me paraît concorder beaucoup mieux avec les faits.
Au degré le plus faible, le besoin d'uriner consiste en une sorte de titillation ou de prurit léger dont le siège correspond au col vésical et qui s'accompagne ordinairement d'une sensation analogue très peu marquée à l'orifice de l'urèthre. Si la distension vésicale est plus forte et le besoin plus impérieux, il s'ajoute une sensation de tension dans la région hypogastrique, de pesanteur au périnée. A un degré plus intense, si par exemple des obstacles mécaniques s'opposent à rémission de l'urine, cette tension et cette pesanteur augmentent ; la peau du ventre participe à cette tension ; des douleurs très vives s'irradient vers les organes génitaux et les lombes; les douleurs gagnent les uretères et les reins, la distension exagérée de la vessie amenant l'occlusion des uretères et par suite l'accumulation de l'urine dans ces conduits ; peu à peu toutes ces douleurs s'exaspèrent et acquièrent une violence extrême ; il y a de l'agitation, de l'anxiété, du délire môme, en un mot tout le cortège habituel des douleurs intenses et prolongées.
Besoins en rapport avec les fondions respiratoires.
Le besoin de respirer dont chacun peut se rendre compte par soi-même en retenant sa respiration pendant un certain temps, soit en inspiration, soit en expiration, se traduit par un sentiment de géne qui se localise principalement, quoique très vaguement, dans la région sternalc. Si l'arrêt de la respiration se prolonge pendant vingt secondes et plus après une inspiration ordinaire ou quarante à cinquante secondes après une inspiration profonde, la gêne devient considérable, et il s'y joint une sensation très pénible de conslriclion tboracique et un sentiment
d'anxiété et d'angoisse qui ne permettent pas de prolonger l'expérience. Dans ses recherches sur la composition de l'air des poumons, Vierordt a pu retenir sa respiration pendant cent secondes, mais à ce chiffre, l'angoisse était extrême et le besoin de respirer irrésistible. Cependant par l'exercice la suspension de la respiration peut se prolonger plus longtemps, jusqu'à deux minutes et demie, par exemple, chez les plongeurs de profession. Ce besoin de respirer prend dans certaines maladies un caractère particulier, comme clans la dyspnée, et l'angoisse qui l'accompagne atteint son maximum dans les accès de suffocation qui se présentent dans l'asthme et les affections du cœur.
A quoi tient ce besoin de respirer et quelle est son origine ? II paraît dû, d'après toutes les données physiologiques, à l'accumulation d'acide carbonique dans le sang et peut-être à l'insuffisance d'oxygène. Sien effet par un procédé quelconque, on sature le sang d'oxygène, la respiration peut s'arrêter sans que le besoin de respirer se fasse sentir. Si, sur un animal, comme l'ont fait Hook et plus tard Rosenthal, on pratique l'insufflation pulmonaire (respiration artificielle) en diminuant de plus en plus l'intervalle de deux insufflations successives, les mouvements respiratoires se ralentissent et finissent par cesser tout à fait. Dans cet état connu en physiologie sous le nom (['apnée, l'animal ne ressent plus le besoin de respirer. On peut du reste faire soimême l'expérience confirma tive suivante; si on fait coup sur coup plusieurs respirations très profondes et qu'on retienne ensuite sa respiration, on voit que la suspension de la respiration peut durer plus longtemps que clans les conditions ordinaires avant que le besoin de respirer ne devienne impérieux et irrésistible.
Comment maintenant agit le sang chargé d'acide carbonique oudésoxygéné pour déterminer les sensations qui consignent ce que nous appelons besoin de respirer ? De quels éléments sensitifs se compose ce besoin ? L'influence du sang porte-t-elle sur les muscles inspirateurs, sur les poumons, sur les terminaisons périphériques des nerfs pulmonaires et diaphragmatiques ou sur *es centres sensitifs auxquels aboutissent ces filets nerveux ? Il est assez difficile de résoudre la question et il est probable que ces divers éléments sensitifs interviennent chacun dans la sensation complexe du besoin de respirer. Il est à noter cependant que cette sensation et les phénomènes dyspnéiques qui l'accompagnent quand elle est intense peuvent se montrer en dehors de tout défaut d'oxygénation du sang et parla simple excitation de