BESOINS DE MASTICATION, DE DÉGLUTITION, ETC
conserver ainsi dans la bouche ; nous ressentons un besoin impérieux de les avaler ; le bol alimentaire est alors poussé par les contractions simultanées du plancher buccal, de la langue et du palais vers l'isthme du gosier et le mouvement réflexe de déglutition commence, mouvement qui, une l'ois commencé, ne peut plus s'arrêter.
A l'acte pathologique du vomisse?nent se rattache une sensation interne qu'on peut ranger dans la catégorie des besoins, celte de la nausée. C'est une sensation à peu près indéfinissable que chacun du reste connaît par expérience et cjui peut être déterminée par des causes bien différentes, titillation de la luette, contact de corps plus ou moins durs avec la base de la langue ou le pharynx, ingestion de certaines substances (vomitifs); elle se montre aussi dans certaines affections de l'estomac ou des centres nerveux, dans certains mouvements (rotations, valse, etc.), et surtout quand il y a désaccord entre les sensations optiques ; ainsi Mach l'a vue se produire en essayant de combiner deux images stéréoscopiques trop différentes; par l'impression de certaines odeurs ou de certaines saveurs, etc.
Il est assez difficile de dire en quoi consiste au juste et à quoi est due cette sensation de la nausée. Il est très probable qu'il y entre plusieurs éléments et que les sensations musculaires en particulier jouent un certain rôle dans sa production.
Les actes qui se passent clans toute la longueur du tube digestif depuis le pharynx jusqu'à la partie inférieure de l'intestin ne sont précédés d'aucune sensation particulière qui mérite le nom de besoin et pour en rencontrer il faut arriver au rectum et à l'expulsion des fèces. Cette expulsion est précédée d'un besoin, besoin de défécation ou d'exonération.
Ce besoin, dû à la distension du rectum par les matières fécales, débute par un sentiment de pesanteur dans la région anale ou sacro-coccygiennc. Puis à mesure que la distension du rectum augmente, cette sensation de pesanteur remonte, devient plus obtuse, plus profonde et la sensation rectale ['ail. place à une sensation abdominale de eéplétion d'un caractère différent. Tandis que la sensation rectale est assez uniforme et consiste plutôt en une sorte de tension à laquelle viennent se mélanger des sensations do cuisson intérieure et de conslriction à l'anus, la sensation abdominale est plus nette, moins sourde, moins volumineuse, pour employer un mol qui peut paraître étrange, mais qui rend bien ma pensée; au lieu d'être uniforme, elle rappelle L'idée d'une sensation de courant ou mieux d'une
infinité de petits mouvements très légers dans une masse mobile ; elle varie aussi d'intensité et présente des redoublements et des exacerba tions sous forme de coliques peu intenses. Ces sensations augmentent peu à peu en s'irradiant dans la région lombosacrée et le périnée , j usqu a ce que le besoin devien n e irrésistib] e . Dans certains cas pathologiques les douleurs qui accompagnent le besoin de défécation deviennent intolérables, d'autan t plus que très souvent dans ces cas les envies d'aller à la garde-robe se représentent à chaque instant à cause de l'inflammation ou de l'excitabilité de la muqueuse. Ces douleurs constituent les épreintes ou le tênesme et sont dues en partie à une sorte de spasme convulsif des fibres musculaires du sphincter anal, comme clans la dysenterie par exemple. Les deux formes de sensation qui constituent essentiellement le besoin de défécation, la sensation rectale et la sensation abdominale, correspondent évidemment la première à la réplétion du rectum par les matières et à leur poussée vers le sphincter de l'anus, la seconde à la réplétion de l'S iliaque et au refoulemement des matières par les contractions du sphincter de l'anus et de la partie inférieure du rectum. Quant à ces sensations elles-mêmes, il est bien certain que les muscles de l'intestin interviennent tout autant que la muqueuse et qu'ils jouent môme peut-être le rôle prépondérant.
Je rapprocherai du besoin de défécation le besoin spécial qui se produit avant la miction.
Le besoin d'uriner se produit quand la vessie est distendue par l'urine. On sait que ce liquide, sécrété d'une façon continue par les reins, s'écoule goutte à goutte dans la vessie par les orifices des uretères. A mesure que l'urine s'accumule dans la vessie, ce réservoir se dilate peu à peu et ses parois se trouvent par suite soumises à une distension croissante. Quand cette distension atteint un certain degré, les nerfs sensitifs de la muqueuse sont excités et il se produit par action réflexe une contraction légère des fibres musculaires de la vessie. Cette contraction surmonte la résistance des muscles lisses qui maintiennent fermés le col de la vessie et la région prostatique de l'urèthre et chassent quelques gouttes d'urine dans cette région prostatique. C'est le contact de l'urine avec la muqueuse de la région prostatique qui, d'après Kiiss et Duval, déterminerait le besoin d'uriner. Ce besoin est d'abord assez faible et nous pouvons y résister. Dans ce cas les fibres striées de la partie prostatique et de la partie membraneuse del'urèthrc, qui constituent