‹ Les sensations internesChapitre 39 sur 145 · NERFS SENSITIFS DES MUSCLES J · texte numérisé non relu

NERFS SENSITIFS DES MUSCLES J

voies centripètes du phénomène passent donc par le muscle, le nerf crural et les racines postérieures pour arriver à la moelle, d'où l'excitation se propage aux nerfs moteurs. Ces filets centripètes musculo-tendineux sont très délicats et très susceptibles, car la moindre distension du nerf crural abolit le réflexe tendineux, tandis que la motricité volontaire, l'excitabilité réflexe cutanée et l'excitabilité faradique ne sont pas atteintes (Westpbal) ; les nerfs tendineux sont donc plus sensibles aux lésions que les nerfs sensitifs cutanés et les nerfs moteurs.

Voies de transmission des impressions musculaires sensitives.

Les impressions sensitives musculaires passent, comme on Fa vu à propos des réflexes tendineux, par les racines postérieures; après la section de ces racines, non seulement le réflexe tendineux disparaît, mais les mouvements se font avec moins de régularité, par exemple les mouvements de la marche chez le chien. Cependant Arnold avait cru voir que ces troubles du mouvement n'existaient pas après la section des racines postérieures. En divisant, sur une grenouille, d'un côté les racines postérieures et de l'autre côté en arrachant la peau de la patte, il n'avait pas trouvé de différence dans les mouvements des deux pattes et en concluait que les nerfs sensitifs des muscles passaient par les racines antérieures. Mais les expériences de Cl. Bernard contredisent celles d'Arnold.

Les expériences de Cl. Bernard ont porté principalement sur les grenouilles et sur les chiens. Si, sur une grenouille, on divise les racines postérieures de la patte d'un côté, cette patte a perdu sa sensibilité et elle reste flasque et étendue quand la grenouille est suspendue ; mais le membre a conservé sa mobilité. Si l'on remet la grenouille en liberté, elle saute et nage en apparence aussi bien avec ses deux membres postérieurs. La patte, quoique insensible, ne paraît avoir rien perdu de l'agilité de ses mouvements. Lorsqu'on maintient la grenouille par la tête et qu'on la maintient suspendue, elle cherche à accrocher avec ses pattes postérieures les doigts qui la tiennent et essaie de s'en débarrasser. Mais ce qui est remarquable, c'est qu'elle n'atteint les doigts qu'avec le membre postérieur qui possède ses racines de sentiment bien que l'autre membre se meuve et s'agite, mais sans but bien déterminé. Sur cette môme grenouille, on divise les racines postérieures de l'autre côté. Aussitôt la faculté motrice se montre beaucoup plus affaiblie dans ces deux membres posté-

rieurs. Il semble ne plus y avoir d'harmonie clans leurs mouvements. Dans l'eau, lesmouvements de natation sont irréguliers; à terre, l'animal rampe en quelque sorte avec les membres postérieurs et saute difficilement. Sur une autre grenouille, il coupeles racines postérieures des quatre membres. Dans l'eau, l'animal reste immobile et ne se meut pas spontanément. Quand onl'excite en piquant la tête qui est restée sensible, l'animal fait des mouvements désordonnés de ses quatre membres, mais ces mouvements ne sont pas en harmonie les uns avec les autres pour déterminer un mouvement commun, celui de la natation, par exemple.

Pour voir si ces troubles du mouvement ne tiendraient pas à la perte de la sensibilité tactile, Cl. Bernard arrache la peau des quatre membres sur une grenouille bien vivace en laissant le tronc revêtu de sa peau. L'animal, remis dans l'eau, n'a rien perdu de l'agilité de ses mouvements et nage comme à l'ordinaire. Les troubles de mouvement sont donc bien dus à des nerfs sensitifs musculaires et non aux nerfs sensitifs de la peau. Les expériences sur le chien lui donnèrent les mômes résultats. La section des racines postérieures des nerfs des pattes de derrière et môme d'une seule patte amène des troubles considérables dans les mouvements de la marche, tandis qu'après la section des nerfs cutanés des quatre pattes, ces mouvements s'exécutent parfaitement malgré la perte de sensibilité de la peau. Ces expériences prouvent donc que les filets nerveux sensitifs des muscles passent par les racines postérieures, fait confirmé depuis par les recherches de Tschiriew sur les réflexes tendineux.

Dans la moelle, la transmission des impressions musculaires paraît se faire surtout par les cordons postérieurs et peut-être aussi par une partie des cordons latéraux. Claus, dans dix-neuf cas d'affection de la moelle, observa trois fois l'absence du réflexe tendineux rotulien. Dans ces trois cas, il constata à l'autopsie une dégénérescence descendante des cordons postérieurs jusque dans la moelle lombaire; la portion interne qui avoisine le sillon médian était seule épargnée. Dans les autres cas, la dégénérescence des cordons postérieurs était moins prononcée et se combinait avec une dégénérescence des cordons latéraux et elle manquait môme absolument dans sept cas dans lesquels le réflexe tendineux était exagéré.

Les voies de transmission clans le bulbe et la protubérance sont inconnues. Il en est de môme clans la capsule interne. Cependant, si l'on réfléchit que les cas d'hémianesthésie cérébrale

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