TABLEAU DES VIBRATIONS
dont les effets ont été reconnus et étudiés.
Nombre de vibrations par seconde.
I" octave 2
X""" - 256 Son
20"" — 1.047.576' Inconnu
3""^ - '•073-/4--B24J É,g^„.i^ij^
Inconnu
47"« — 140.737.468.355.328 [ Chaleur
49"" - 562.949.953.421.312 j Lumière
50""^ - 1.125.899.906.842.624 j K. ..himiques
t Inconnu
ÎQ"' - 576. 460. 752. 303-423-488/ R3^,„„3X
6j"'' — (.6i 1 .686.018.427.389.QO4 ,
' Inconnu
2~j2 CHAPITRE IV.
L homme qui se contente du témoignage de ses sens pour apprécier ce qui se passe autour de lui est naturellement conduit à ramener le monde entier à deux entités essentielles : la Maiicre et ï Energie ;
La Matière inerte et l'Énergie qui la fait mouvoir.
Mais si, par la pensée, il cherche à aller plus au fond des choses, il ne tarde point à s'apercevoir que la première fuit, pour ainsi dire, devant lui. Quelque petit que soit l'atome auquel il la réduise, il peut concevoir un atome encore plus petit ; et cet atome, il peut, par l'imagination, le dépouiller successivement de toutes les propriétés qui constituent pour lui la matière telle qu il la perçoit tous les jours; il peut le supposer sans étendue, sans lumière, sans chaleur, sans poids, etc.
L'énergie, au contraire, se montre partout; aussi loin qu'on plonge ses regards dans l'infiniment grand comme dans linfiniment petit, son action s'atl^irme, évidente, pour soutenir les mondes et pour réunir les atomes.
De telle sorte qu'on est arrivé à se demander si la .Matière existait et s'il y avait autre chose que l'Énergie.
D'autre part, il n'est guère possible de comprendre que l'Energie n'ait pas pour support une entité différente servant à propager son action; du reste, une science positive, la mécanique rationnelle, parvient à expliquer non seulement le mouvement des astres, mais encore la plupart des phénomènes physiques que nous observons, à laide de rh3'pothèse d un milieu transmissif de la force, consistant en une substance à la fois très subtile et très élastique.
Dès lors, tous les corps seraient formés de particules matérielles infinitésimales animées chacune de mouvements propres extrêmement rapides dont telle
ACTION' DE I.A .\\rSi(,)UF. SCK' I.I-. (,ui<l'S ASTKAL. jyj
composante alfcctc tel ou tel de nos organes et non les autres, de manière à produire la sensation du toucher, de la vue, du son. de la chaleur, etc.
Voilà Ihypothèse à laquelle la science occidentale moderne n'a abouti que bien des siècles après les phikxsophes de l'Orient qui prétendent être arrivés, par un long entraînement physique et surtout moral, à alliner leur nature, à percevoir des vibrations inconnues aux" autres hommes et à développer en eux des facultés dont ils n'auraient pas même pu concevoir l'existence si leur esprit était resté emprisonné dans le vêtement grossier de la chair.
En 1898, à Bruxelles, le Brahme Chatterji disait dans une de ses conférences sur la Philosophie ésotérique de l'Inde :
« Jetons un coup d'œil autour de nous dans le monde extérieur : si nous considérons un objet quelconque, physique on hyperphysique, nous verrons que nous n en connaissons rien qui ne suit un effet du mouvement sur nous.
« Pour nous en rendre compte, prenons un objet, cette admirable fleur, par exemple. (Ju est-ce donc que cette fleur ?
(( Ce que nous appelons Flicir n'est qu'un arrangement, une agglomération d un certain nombre de qualités: couleur, odeur, douceur, contact, fraîcheur, poids, elc, : à tous ces effets groupés ensemble nous donnons le nom de Fleur. Or, l'analyse nous montrera que chacune de ces sensations ainsi groupées est le produit d'un mouvement. En premier lieu, ce que vous appelez Colliîlr n est que l'effet des vibrations agissant sur votre rétine, (^es vibrations sont transmises par le nerf optique au cerveau, et du cerveau à
votre corps astral. De l'astral, la transmission se fait au mental, et alors vous voyez l'objet. C'est donc cette action subtile sur la rétine, action transmise au nerf, au cerveau, ix l'astral, enfin au mental, c'est ce simple petit etïcl qui vous donne la sensation de la couleur...
« Passsons à I Odeur ; même raisonnement : l'odeur n'est que l'effet d'une vibration agissant sur le nerf olfactif. L'action se transmet comme dans le cas précédent. De même pour le Goût: ce que vous appelez goût n'est que l'effet d'un mouvement vibratoire sur les extrémités nerveuses de la langue.
« Ce raisonnement s'applique à toutes nos sensations, même hyperph3-siques : pour le clairaudient, cette fleur parle ; bien plus, elle est musicale, car c'est l'effet d'une vibration musicale qui lui donne sa forme. Ceux qui ont lu l'ouvrage de .M"'' Watts ' savent comment elle a pu produire, au moyen de notes musicales, des formes de fougères et de fleurs admirables. Ces expériences et d'autres encore tendent à montrer que les formes, dans la nature, résultent de vibrations rythmiques. C'est ce que les Maîtres de tout temps ont enseigné. »
Voici de quelle manière j'avais essa3'é, il y a quelques années, de faire concevoir la possibilité de ce processus.
J'ai mis un sujet dans l'état de somnambulisme, les yeux ouverts; et, en lui présentant ma montre, je lui ai donné la suggestion suivante :
« Au réveil, vous verrez sur cette table quatre montres semblables à celle-ci.
« La première, placée ici, vous la yerrez seulement;
' Voir la niUi.- D de \' Appendice.
ACTION DE LA iMI'SH.iUh M !■• I.K iJJRI'S AS'l'Iv'AL. 2~ ^
ce ne sera qu'une apparence; vous ne la sentirez pas quand vous essayerez de la prendre.
« La deuxième, placée ici, vous la verrez, vous la sentirez au toucher, mais elle n'aura pas de poids.
i( La troisième, ici, vous la verrez, vous sentirez son contact, son poids, mais vous n'entendrez pas son tictac, vous ne verrez pas marcher les aiguilles.
(( Laquatriéme, ici, vous la verrez, vous sentirez son contact, son poids; vous entendrez son tic-tac; vous verrez marcher les aiguilles : celle des secondes, celle des minutes et celle des heures, comme elles doivent marcher. »
En opérant sur plusieurs sujets, j'ai obtenu des résultats légèrement différents suivant la vivacité de leur imagination. Mais, pour tous, quand la suggestion avait été donnée avec la précision nécessaire et le degré d'énergie c|ui convenait à leur impressionnabilité , l'illusion était si complète qu'ils ne parvenaient pas à distinguer la montre numéro | de la montre véritable, lorsqu on les leur présentait à la fin de l'expérience.
L:i matière, telle qu'elle existe pour nous, avait été reconstituée pour eux par l'adjonction successive de ses diverses propriétés ; seulement au lieu de la percevoir comme nous à l'aide des vibrations communiquées aux extrémités extérieures des nerfs sensitifs par les vibrations des corps eux-mêmes, ils la percevaient à l'aide des vibrations communiquées aux extrémités intérieures de ces mêmes nerfs par la Pensée, c'est-à-dire par quelque chose que nous ne concevons pas comme Matière, mais comme Force.
Nos pensées seraient-elles donc aussi des mouvements vibratoires? Mais de quoi ?
On sait que les vibrations ont besoin pour se propager de milieux de plus en plus subtils à mesure qu'elles sont plus rapides. Ainsi le son se transmet plus facilement dans les solides que dans les liquides, dans les liquides que dans les gaz, et l'air atmosphôrique en est d'autant moins bon conducteur qu'il est plus raréfié; sur les hautes montagnes, deux hommes qui se touchent et qui causent à voix haute peuvent à peine s'entendre.
La lumière, au contraire, qui est interceptée par la plupart des corps solides, se propage à travers les espaces interplanétaires grâce à l'Éther que les physiciens supposent répandu dans l'univers entier et pénétrant tous les corps. L'électricité, dont les vibrations sont plus amples que celles de la lumière, se propagerait, d'après les théories actuelles, au moyen de l'éther condensé à la surface des corps conducteurs.
Pour les philosophes de l'Inde, il y aurait une matière encore plus subtile que l'éther luminifère. Ce serait la matière astrale, qui domine dans ce que nous avons appelé le corps astral. Non seulement elle pourrait transformer nos pensées en vibrations, mais encore elle serait susceptible de recevoir, sous l'influence de ces mêmes pensées, quand elles sont suffisamment énergiques, des groupements, des formes analogues à ceux que le son produit dans lair; la matière astrale se modèlerait sous l'action de la volonté comme la cire se modèle sous la main du sculpteur, j'ai fait à ce sujet des expériences qui paraissent concluantes.
L'enlèvement et les stratifications du corps astral de Lina déterminés par une musique qui l'exaltait, ne seraient c|ue des conséquences des théories précédentes.
Quelques personnes ont cru trouver, dans les expériences que nous avons exposées, des armes contre la doctrine de la liberté humaine.
Nous avons montré, en effet, que certains organismes très délicats pouvaient devenir momentanément de véritables automates, se mouvant sous l'influence exclusive d'agents extérieurs, et que, dans ces conditions , les gestes et les danses étaient liés aussi ctrf)itement à la musique que le son du piano est lié au mouvement des tnuches. avec cette différence que, chez les sujets, l'action est inverse et que c'est le son f|ui produit le mouvement.
Mais, de ce que le corps peut être exceptionnellement soustrait a l'influence de l'esprit qui lanimc. il ne s'ensuit nullement que, dans d'autres circonstances, cet esprit ne reprendra pas ses droits. Les membres d'un homme plongé dans le sommeil ordinaire ne sont-ils pas déplacés par un autre homme sans que le dormeur s'en aperçoive ?
On ne saurait nier, du reste, que, mcme dans la vie normale, notre liberté est constamment restreinte par
2~S CHAITIRE IV.
1 ambiance. Les phénomènes ph^'siques qui agissent sur le corps ont leur contre-coup sur l'esprit; notre caractère, nos résolutions sont modifiés par la température, par l'état de notre santé. Mais, ici encore, le principe du libre arbitre reste sauf. Quand l'fiumidité détend les cordes de son piano, le compositeur ne peut plus en tirer les effets qu'il conçoit : son génie n'en est cependant pas modifié.
L'extériorisation de la sensibilité et celle de la ?no/ncité sont aujourd'hui hors de doute ; il en sera vraisemblablement bientôt de même pour Va forme et la pensée. La possibilité de communiquer avec des intelligences invisibles est, en ce moment, l'objet de nouvelles enquêtes menées avec un soin scrupuleux par Flammarion en France et Hodgson en Angleterre. L'h3'pothèse liant , d'une façon indissoluble , la vie de l'esprit à celle du corps, s'afTaiblit de plus en plus devant les constatations faites depuis un demi-siècle par ceux qui, dédaigneux des railleries de la foule et des attaques des matérialistes, étudient les phénomènes psychiques sans autre souci que la recherche de la vérité. Aussi, en terminant ce livre, dirai-je avec mon vénérable ami AksaXioï {Animisme et Spiritisme^ Préface) :
« Sur le déclin de ma vie. je me demande parfois si j ai vraiment bien fait de consacrer tant de temps, de travail et d'argent à étudier et à faire connaître ces phénomènes. — N'ai-je pas fait fausse route ? N'ai-je pas poursuivi une illusion ? — .Alais je crois toujours entendre la même réponse : «( L'homme ne saurait trouver f( un emploi plus élevé de sa vie que de chercher à « prouver la nature supérieure de l'être humain appelé « à une destinée bien plus sublime que l'existence ter- « restre. »
ACTION OK LA .MUSIQUK SLK l.K CUKHS ASTRAL. 279
« je ne puis donc regretter de in'ètre, depuis tant d'années, voué à la poursuite de ce but par des voies impopulaires que la science orthodoxe qualifie d'illusoires, mais que je sais être plus infaillibles que cette science. Si j'ai réussi, pour ma part, à apporter ne fût-ce qu'une seule pierre à l'érection du temple de l'EspRrr, que l'Humanité fidèle à sa voix intérieure édifîe à travers les siècles avec tant de peines, cela sera pour moi la seule et la plus haute espérance à laquelle je puisse aspirer. »
APPENDICE
APPENDICE
NOTE A