XXXII DU FA^TAST1QIJE EK LITTÉRATURE
chaîué aussi par des souvenirs, des études et des affections,^ placé un peu plus loin, mais non avec plus de solidité eli puissance, les bases de sa renommée à venir entre les sociétés. C'est un phare qui jette indistinctement queh lueurs sur le port, quelques lueurs sur Tabime. L*abi Byron s'y est perdu à toutes voiles , et nul regard d'hoi n'a pu Ty suivre.
Le fantastique de TAUemagne est plus populaire, et s'explique, je le répète, par une longue fidélité à des me de tradition, à des institutions sorties du pays, et soui défendues et sauvées au prix du sang des citoyens ; à to^ système d'études plus général, mieux entendu, mieux ap»^ proprié aux besoins du temps. Cela s'explique surtout pi-\ une répugnance prononcée pour les innovations puremeol matérielles, et dans lesquelles le principe intelligent et DMh rai des nations n'a rien à gagner. Ce peuple, qui a touché aux bornes de toutes les sciences, qui a produit presque toutes les inventions essentielles dont i'impulsiop a complété la civilisation de l'Europe, et qui s* occupe délicieusement, dans la douce possession d'une liberté sans faste, aux contemplations sédentaires de l'astronomie et à l'enrichissement des nomenclatures naturelles, méritoit de conserver longtemps le goût innocent et sensé des contes d'enfant. Grâces soient rendues à Husœus, à Tieck, à Hoffmann, dont les heureux caprices, tour à tour mystiques ou familiers, pathétiques ou bouffons, simples jusqu'à la trivialité, exaltes jusqu'à l'extravagance, mais remplis partout d'originalité, de sensibilité et de grâce, renouvellent pour les vieux jours de notre décrépitude les fraîches et brillantes illusions de notre berceau. Leur lecture produit, sur une âme fatiguée