XXXIV BU FAKTASTIQOE EH LITTÉRATURE
côté du nid de l'aigle? Avez-vous des- joies à rendre aux frères que vous repousser, qui puissent les dédommager de là perte d'une seule erreur consolante, et vous croyez-vous assez sûrs des vérités que vous faites payer si cher aux nations, pour estimer leur aride amertume au prix de la douce et inoffensive rêverie du*malheureux qui se rendort sur un songe heureux? Cependant tout jouit chez vous, il faut le dire, d'une liberté sans limites, si ce n'est la conscience et le génie. Et vous ne savez pas que votre marche triomphante à travers les idées d'une génération vaincue n'a toutefois pas tellement enveloppé le genre humain qu'il ne reste autour de vous quelques hommes qui ont besoin de s'occuper d'autre chose que de vos théories, d'exercer leur pensée sur une progression imaginaire, sans doute, mais qui ne l'est peutêtre pas plus que votre progression matérielle, et dont la prévision n'est pas moins placée que celle Ses tentatives de votre perfectionnement social sous la protection des libertés que vous invoquez 1 Vous oubliez que tout le monde a reçu comme vous, dans l'Europe vivante, l'éducation d'Achille, et que vous n'êtes pas les seuls qui ayez rompu l'os et les veines du lion pour en sucer la moelle et pour en boire le sang ! Que le monde positif vous appartienne irrévocablement, c'est un fait, et sans doute un bien; mais brisez, bri- ' sez cette chaîne honteuse du monde intellectuel, dont vous vous obstinez à garrotter la pensée du poëte. Il y a longtemps que nous avons eu, chacun à notre tour, notre bataille de Philippes; et plusieurs ne l'ont pas attendue, je vous jure, pour se convaincre que la vérité n'étoit qu'un sophisme et que la vertu n'étoit qu'un nom. Il faut à ceux-là une région inaccessible aux mouvements tumultueux de la