DU FANTASTIQUE EH LITTÉRATURE. IX
De l'Inde, cette muse capricieuse, à la riante parure, aux voiles [embaumés , aux chants magiques, aux éblouissantes apparitions, arrêta son premier vol sur .
la Grèce naissante. Le premier âge de la poésie finissoit avec ses inventions mystiques. Le ciel mythologique étoit peuplé par Orphée, par Linus, par Hésiode. V Iliade avoit complété cette chaîne merveilleuse du monde sublime en rattachant à son dernier anneau les héros et les demi-dieux, dans une histoire sans modèle jusque-là , où l'Olympe communiquoit pour la première fois avec la terre, par des sentiments, des passions, des alliances et des combats. V Odyssée, seconde partie de cette grande bilogie poétique, et il ne me faut point d'autre preuve qu'elle fut conçue par le génie sans rival qui avoit conçu la première, nous montra l'homme en rapport avec le monde imaginaire et le monde positif, dans les voyages aventureux et fantastiques d'Ulysse. Là, tout se ressent du système d'invention des Orientaux ; tout manifeste l'exubérance de ce principe créateur qui venoit d'enfanter les théogonies, et qui répandoit abondamment le superflu dé sa polygénésie féconde sur le vaste champ de la poésie, semblable à l'habile sculpteur qui, des restes de l'argile dont il a formé la statue d'un Jupiter ou d'un Apollon, se délasse à pétrir sous ses doigts les formes bizarres