‹ Les sept siéges de Lille, contenant les relations de ces siéges, appuyées des chartes, traites, capitulations et de tous les documents historiques que s'y rattachent, avec trois plans aux époques de 1667, 1708 et 1792Chapitre 10 sur 15 · LB 23 JUIN · texte numérisé non relu

LB 23 JUIN

RegUtret aux résolutions du magistrat, 9^*5* Fo 28.

roua LE DU>AHI.

PREMiBRBMEirT quc Mcssicurs du magistrat se tiendront assiduement, jour et nuict assamblez et pour plus de facilité, le pourront faire moittié par moittié, l'une enchangeant l'autre à telles heures qu'ils trouveront convenir pour sans perte de temps , délibérer^ résoudre et pourvoir k tout ce qui se présentera ;

Que tant le reward qu'aucuns autres leurs députes iront et viendront aux ramparts affin d'y recognoistre ce qui se passera en sa deffense , tenir la main à ce que le tout soit dans la régularité possible , et de temps à autre advertir tant le gouverneur que leurs principaux de ce qu*ilz jugeront le mériter ;

Qu'audit rampart chasque capitaine et compagnie treuvera se punctuellement a son poste , se répartissans et plachans en toutte son extendue particulière-

cnfQinÈBiB stÉGE* 207

ment es endroicts desquels les dehors àttacquex deb-» ifront tirer leur deffence , et y faire feu eu temps et à propos k la direction tant desdits rewarti députes et capitaines ( usans à cest effect d^inteliigence par ea«* samble ) que d'autres ayans cognoissance ou praticque du mestier , qui se répartiront par chacun desdits postes et compagnies ^ prennans surtoute guarde de gouverner leurs armes à feu et tirer en sorte que la milice et autres deffendans les dehors^ n^en soient offencez et quMIz ne des^chargent leurs coup à la voilée ains en couchant Tennemy en joue , et avecq asseu«> rance morale de le pouvoir toucher (1) ; . i

Que les confrères de la confrairie de Sainte Barbe ou canoniers se tiendront assiduement en nombre suffisant aux batteryes et chacque pièce de canon , pour le pouvoir gouverner , charger , poincter , et làscher bien à propos avecq la même certitude morale que dessus I le dernier néantmoins seulement lorsque le gouverneur ou officiers h ce commis de sa part l'ordonneront I et nullement autrement , ce que debvra estre tenu pour reigle d'observance nécessaire ;

Que tant h la mousqueterye que canoniers sera par personnes k ce commises tels que religieux ou autres de probité et de confiance portée et distribuée la

(t) Oo Terra dani la rdattoo diaprés , par le nombre et la qualité des français tués ou blessés, que nos bourgeois s^étaient péuétrés de cette instruction et que s*ils n*ataient pas toujours i'atsurance morale de toucher rennemi, ils viiaiemt àa moint aasea juste.

208 cmonÈiiE svtoKé

pouldre , savoir : aux premien en des sacq de cm pendant k leurs costex pilr ferme de malles ^ pour estre moinç facilement subjetes au feu de Meaeheff,: et aux autres en tonnelets ; >

Qu^autres personnes seront commises à la distribution des baltes ^ mesches , bouUets et grenades et endroicts et à ceux qu^il en sera besoing ;

Que les commis aux allarmes tant du nragisMi qu^autres se tiendront prets^ et les reKgienx, chartSÉi et chariots / tant de rÎTaige que de brasseurs apperceili en nombre conTenable pour en cas d'mcendie dé meschef ou autre faire les debvoirs k Taccoustumëe k Tassistence de la garde à ce destinée ;

Qu^esdits rampars ne seront soufferts aucunes mes y filles, enffÎBinSi hommes inhabiles ^ de pende service f suspectes ou embarassans et inutiles ;

Qu^es roagauns ou places esqudles les pouidrea seront retirées , il y aura bonne et seure gAfde quf ne donnera accès à qui que ce fust autres que ceux, en ayans charge , avecq sérieuse deffense soubs peine de chastoy rigoureu ausdits ayans charge i de quiqlle qualité ou estât ilz soient, de gaster , soustraire Wk emporter desdites pouldres, balles, mesches, |(re» nades ou autres munitions et danrées ailleurs qu^ea lieux et pour l'usage auquel elles seront destiotes ;

Que les pasteurs , prebtres séculiers , réguliers et autres bonnes personnes de ceste profession s^appUo* queront de tout leur pouvoir à consoler, encourqgirf

CINQ1TIÈ1IB SltiGE. âô9

et admonester oeux et celles qui recepvroient quelque subject d^afflîoiion pancheroient au maDcquement de courrage et de résolution à se deffendre i ou se por« teroient à des discours ou actions tumultueux ou aul- Irement contraires à Tunion requise en la bourgeoisie pour une bonne et généreuse deffence ;

Que lesdits du magistrat feront particulièrement et soigneusement veiller à ce que ne se fasse aucune assamblée ou conventicules de personnes suspectées de peu d^affeclion et au cas de bruicts ou murmures, les estaindre en leur origine ;

Qu^es clochers et beffroys ou autres lieux où sont des horologes et cloches le son régulier h certaines heures d-icelles soit absolument empesché de nuict ;

POini LB DEHORS.

Que le surplus des canonniers qui ne debyronf estre aux ramparts et les confrères des trois autres confrairies (1) seront repartys en chacune des demy lunes pour les deffendre ensemble la contrescarpe et faire feu sur les assiégeans lorsque Poccasion se présentera de leur pouvoir nuire sans intéresser ceux de ladite contrescarpe ;

Que les trouppes seront repartyes es contrescarpes , sçBToir : les Italiens depuis la porte du rivage , pa»sant et compris celle de la Magdeleine jusques à la

(1) Archers y arbalétriers et tirears d'armes.

demie lune derrière les enffans de la Grange , eiclusivement , les Wallons depuis et comprise la conlrescarpe de ladite demie lune jusques et comprise celles de la porte des Malades , les Ânglois depuis cesl endroict jusques à la porte de Notre-Dame et Icsesleus depuis le commencement de la nouvelle fortiffication jusques à la fin de ladite porte du rivage , tous néant* moins meslangez de paysans armés qui leur sèroni répartys (1) et ceux des manans de la ville qui voudront s y treuvcr ;

Que la cavallerie pendant qu^elIe fera faction k cheval sera répartie es endroicts qu^il conviendra pour estre à la main es sortyes k faire sur Pennemy et couvrir l'infanterie de la contrescarpe et travailleurs aux ouvrages advancés qui se derigeront et feront k mesure de la visée et de la forme des attacques de Tennemy ;

Que lorsqu'elle ne servira k cheval elle sera pied k terre répartye en chacun des quartiers de Tinfanterie en la manière et au nombre qu'il conviendra et donnez à ceux qui en auront de besoing des mousquets ou fusilz ;

Que les munitions tant de guerre que de bouche seront portées esdites contrescarpes où ladite infanterie demeurera assiduement en toutte diligence ^ sans

(1) Il cfli à f opposer qae c'étaient les paytani réfugiés dans la poar cause de la guerre , car le magistrat n'atait aucan droit de lai i«qaérir do dehors.

aNQUIÈME SIÈGE. 211

sicheté ny superfluylë , aussy par personnes en nombre suffissani à ce à commettre ; ,

Qu'à mesure que quelque mousquet ou fusilz cré- Teront ou seront rendus hors de service , ilz seront reprins pour estre radjustez et remplacés par dos bons ;

Que des religieux, Hibemois (1) ou autres personnes h ce propres se tiendront prêta et h la main pour , le malheur de blessé ou autres arrivant à quelqu^un , remporter adroittement , sans bniict , ou le moindre qu^il se pourra , Fadministrer ou autrement y assister;

Que les hôpitaux de la ville seront tous visitez , les moins malades renvoyez , et apprestée bonne place pour recepvoir les bourgeois , mannans et soldats que viendront à estre malade ou blessez.

Faisant pour conclusion à noter que la disposition des gens es rampars demy lunes et contrescarpes que dessus doibt estre observée depuis l'abord de Pennemy et investition de la place jusques tant qu'il ayt déclaré les endroicts de ses attaques , que lors ceux de la ville y faisans teste tant es rampars que dehors debvront estre bien guarnys « mais les autres lieux beau-» coup moins , de façon qu'il y aura lieu de se repartir d'autre manière et partager le travail en sorte que pour la bourgeoisie ^ il y aura des jours de relasche pour se reposer.

(1) Les HibemoU éUlent de paaTretoiraiifl Irkmchiif qtii ataîent à Lille un collège pour y dtre instniiU dunt la foi catboliqae. Ces enfkns ataîent le privilège de porter lit morts eft terre, ce qui fonurît tm des prîncipaQX retenus de leur maison*

212 cniQuiiiiE sviûÉ^

Journal du siège de la tille de Lille.

Imprimé par ordre da magistrat ( 1 }*

Cest une chose plus véritable qu'étonnante ({mf dans r assemblage des êtres n&atériels et visibles , les plus éminens en réputation et en dignité , aussi Ued que les plus relevés de corps et de situation sont les pkM en vue aux yeux et à Tesprit des hommes , pas seulement en ce qui les différencie du commun , mais mm et bien universellement lorsque par quelque accidenl, peu prévu , il survient un reverd qui leur fasse changer d'ancienne posture.

Jamais la cime d'une tour élevée n'attire à soi tant

d'attention que quand elle est nouvellement frappée

de la foudre , le soleil et la lune que quand ils sotif-

firent Téclipse » les royaumes , les étais , les provinces

et les villes que quand par une révolution surprenante,

il leur arrive de changer de maître ; mais avec celte

indignité de la malice ou de Tignoranoe des speda*

teurs , que bien que ces effets par-dessus feur cause

première et les décrets de la providence , en ayant des

secondes certaines , déterminées et véritables , ils co

produisent néanmoins des sentimens si bigarrés et men*

songers , que soit qu'ils parlent en historiens ou ta

philosophes , ils semblent prendre uniquement à

tÂche de déshonorer la vérité , jusqu'à la sacrifier k

l'invention et au mensonge » pour satisfaire à leur

( 1 ) Nom n'ai coaimitaona qa'aa leal eiemplaire, €pà apstftet à M. Fiiret , TÎce-présîdcnt da tribanal civil de Lille«

CIKQUlËliE SlI^GE. 213

sion , et tâcher de faire passer pour coupable et crim^ nelle rinnoceace même et la nertu de son objet.

Il est connu pour le moins k toute l'Europe à quel degré de réputation et d'estime la ville de Lille est parvenue , soit pour ce qu'elle est en sa consistance » soit pour Téclat du trafic et du commerce qu'elle tire et communique es endroits les plus reculés de la terre , soit par sa fidélité inviolable envers ses princes souverains , dont prés de trois siècles entiers leur en ont fourni des preuves irréprochables ; néanmoins , quelque vogue et quelque posture avantageuse elle se soit si dignement acquise , voici que tout-à-coup ( mais son honneur saulf ) elle vient d'être obligée de passer en d^autres mains. D'où ces deux génies , je dis de malice et d'ignorance , ne manqueront assurément à prendre occasion d^en traiter sur le pied de leur dérèglement , mais Fentende et y ajoute foi qui voudra , voici le véritable détail de ce qui s^est passé dans cette adventure.

Le maréchal d'Aumont avec son corps d'armée s' étant dès le commencement du mois de juillet de cet an 1667 , approché des voisinages de la ville de Lille , campant premièrement pendant quelques jours au Pont-&-Tressin et lieux voisins , et du depuis , aprè^ quelque éloignement à Frelenghem où il s'est fortifié et tenu aussi pendant plusieurs, jours , et finalement à Haubourdin , incommodant à son possible , et empêchant aux paysans et tpus autres avec leurs vivres et denrées l'accès de la ville ^ fuyant même, dès ledit commencement de juillet ( que de ses troupes s'appro-

214 CXJfQVltUE S1<GH.

chaQt d'icelle ayoient reçu quelque échec de son lerie ) fait mettre le feu et presque entièrement brûlé le grand nombre de mouHns Toisins avec une pert^ inconcerable aux bourgeois et aux habitans, le dixième d*aoAt en suiirant l'armée de Sa Majesté très-chrétienne retournant à grands pas d'aux euTirons de ta viffe de Tenremonde (pour le siège de laquelle, fût par feinte oib tout de bon , elle s^était avancée) , parut sur les dis heures du matin ( du moins la cayallerie ) tout aus environs de ladite TÎlIe de Lille , y prenant les p<»8tce et avenues » et l'infanterie et artillerie ayent suivi et le joint le lendemain , les quartiers furent marqués , cebi de la Cour au village de Los , ou Sa Majesté arriva sur le midi , ayant pris son logement en la maison du S' d* Ennequin , celui du maréchal de Tm*enne à Fivea , celui du marquis de Humières à HellemoKS , le» Suv* ses et les régimens des gardes s*étendant de là en peii moins d*un demi cercle jusques au quartier de la ceur» celui du marquis de Bellefonfe à Mens en Bareul et em dessus la Magdelaine , celui du Prince de Listebonne , avec les Lorains à Marquette , passant jusque» eft-deçà Lambersart , le tout à la portée du canon de la ville.

La garnison de la place , composée de la compagne ordinaire du seigneur comte de Bmay , peu plut de trois cens Espagnols , deux cens cinquante Italiens » trois cens Anglois , cent Irlandois , troi» ceM bommes du régiment du comte de Rache , cent quarante ékia d'Anvers , et de mille élus bits et entretenus troia 'mois auparavant par le magistrat à six patars par jotnr» les major , capitaines et autres officiers h raveoaol , revenant le tout à plus de quatorxe cens rations , bi-

ClNQUn&MB SliGfLé 215

^nl ensemble le nombi^ de deux mille c{ualre cens et quelques hommes d'infanterie , la plupart nouvelles levées , sanà y avoir aucun corps entier , ains étant toutes branches détachées , ni d'officier plus haut que major ; et environ neuf cens chevaux composés de la' personne du S^ marquis de Risbourg et son terce, celle du baron d^Herii>ay et son régiment» hormis une compagnie , du S' de Gavelens et son terce , du S' d'Ennetiéres et sa compagnie de Maitre de Camp , et du S* Massiette avec aussi son régiment , fut répartie ês-lieux ci-aprés touchés , et commandé que des dix huit compagnies bourgeoises , six monteroieut chaque jour en garde , pour occuper tant le rempart que les demi-lunes et portes , qui se trouvent depuis la porte de Notre-Dame , passant par celle de la Barre ^ jus* ques à celle de St-Maurice , et aux sermens de St- George , St-Sébastien et St-Michel d^occuper chacun à leur tour la grande demi-lune dite du Béquerel , celui :de la confrairie de Sainte-Barbe , communément des CanonnierSy ayant eu ordre de se tenir continuellement au rempart prés du canon pour y Caire ses fonctions.

Le onzième dudit mois les assiégeans ayant formé leur camp , commencèrent à lever terre , et faire leurs lignes de circonvallation , et contrevallation , la première contre le secours, et la seconde contre les assiégés , ayant assiduement travaillé, et bit travailler par quantité de paysans qu'ils ont à ce employés jusques au dix4iuitième dudit mois.

Cependant les assiégés tant de Ipur zèle ordinaire , qu'animés par les exhortations dudit S' comte de

216 ciNQUiKME %iiav.^

Briiay , depuis dotiie ans en ça goiïverneur et cUprî-^ laine général de la province dudit Lille , de taleur ef d'expérience connue et proportionnée au fustre des maisons de Spinola et d'Âremberg dont il est issu , n'oublièrent rien de leur cAtë pour se préparer à ud6 généreuse défense , te magistrat ayant fait divers édit» politique» tant pour mettre ordre, et empêcher le renchériswement de toutes sortes de vivres et dcfnréet , que pour prévenir tous accidefns sinistres qui survieii'^ nent le plus souvent es sièges ; particulièrement au feii qui pouvoit fort facilement arriver parmi fa grande quantité des moies de grains qu*il y avoir pat la ville et au murmure du pauvre peuple qui se trouvoit en grand nombre , ayant k cet efibt ordonné tant âe jour que de nuit des rondes et patrouilles continuelles par bourgeois de garde , religreux et prêtre» séculiers, pour y apporter le crime et les disposer à souffnr arvec patience tout ce d'incommodités et de fâcheries qui se présenteroit , ainsi qu'effectivement ils ont fait , puiv qu'ayant souffert plus de dix mnlle coups de cmioo { dont tout peu a porté il faute ) et grand ïDOQibre éc bombes qui ont rumé la plupsnrl de leurs maisons ( Il raison que Tattaque fut du cAlé 4e St-Sauveur où est ramassé le petit peuple ) il ne s-' est troavè personne qui en eut témoigné le moindre ressenliment , mais plutôt se trouvèrent-ils animés de désir ë'eii souffrir davantage , pourvu qu*ils eussent été seoooms. Aussi fut-ce ce qui fit dire audit S' Comte à des persatmes de confidence et de créance, qui du depuis en ont Aat rapport , que le cœur lui saignoit de voir un peuple si fidèle et si affectionné , en si peu apparence d*élie secouni.

ClRQUlËfllR siâois. 217

De plua Ton .fit «nfler le» eaux de. la haute Deûk du côté des portes de Notre-Dame , la Barre et St-Pierre , en sorte qu^elles couvrirent les prairies voisines rendant ces quartiers d*un accès plus difficile. L'on fit aussi quant et quant toucher la caisse ^ pour lever autant d*hommes agguerriés et de service que Ton eût pu trouver pour renforcer les Espagnols , Italiens et Wallons y et du surplus en composer des nouvelles compagnies , auxquels pour tant plus aisément les inciter à s^engager , le magistrat donnoit dix patars par jour et en furent levés jusques à plus de huit cens.

Fut en outre fajte et édictée une ordonnance à tous ceux ayant chevaux tant de carosse qu'autres , qu'ils auroieot à les tenir prêts avec leurs équipages , pour les faire monter par ceux que l'on eût trouvé à propos de commander, à moins qu'eux-mêmes Teussent fait ou leurs valets , pour à la première semonce se joindre à la cavalerie et en grossir la troupe <

L'on avoit de plus iiès auparavi^nt le siège , fait travailler incessamment aux fortifications de la ville, rér tablissant la vieille contrescarpe avec sa palissade , et mettant les ramparts et batteries en état d'une bonne défense, faisant provision de quantité de gabions^ mandelettes , claijcs , et choses semblables , sans j avoir épargné ni l'argent , ni le travail des bourgeois et religieux , ayant même dès un mois auparavant le siège fait venir d'Ostende vingt bombardiers avec un capitaine, pour employer à la direction de Tartillerie de quelque» batteries , auxquels on payoit par chaquç

218 nifQUifciiK sikcK.

jour, demi patagon par tête , et le double au capitaine «'étant en outre faite pareille précaution de quelque nombre de mineurs.

Et quoique leur magasin de poudre fut asses biea garni , ainsi qu'ils Tétoient du surplus ( mais le tout au cher coût de la yille) néanmoins pour ne rien omet* tre par lesdits du magistrat , ils enToyérent député de leur corps exprés en Hollande , pour y faire encore une nouvelle provision , ayant à ce employé une somme de vingt mille florins , donnant pardessus ce^ ordre de faire fabriquer dans la ville autant de poudre, que Ton pourroit avec les provisions de salpêtre el éo souffre qu*ils avoient , employant à cet effet tous les moulins à poudre et mortiers des apoticaires et épidera, en sorte que jour pour jour s*en fitisoit bonne quantité.

Et comme tant au sujet du manquement des eaux qu^on relenoit , que d'autres moulins à moudre grain , il étoit à craindre qu'il arrivAt des inconvéniens , fut réglé , que les moulins à bras se trouvant en nombre de plus de cinq cens , pardessus ceux à cheval que FhApital Comtesse est obligé de livrer en cas de nécessité , fussent proprement posés et employés à servir le public. Après que pour tant plus facilement subvenir aux délibérations et résolutions sur les néceisitéi du siège , le magistrat s' étoit réparti en trois chambres, dont la première fut ordonnée pour trouver les moyens de satisfaire aux frais , la seconde pour régler ce qui concernoit les vivres , et la troisième pour les muni-

CINQVIÉIUS SIÈGE. Sl^

lions de guerre et ce qu en dépendoil. Ledit S' Comte de Bruay de son côté ne manqua point aussi d'appor-^ 1er tous les soins imaginables , afin de s* apprêter une vigoureuse résistance , et laissant à part les travaux et les veillesinfatigablesque dés les premières apparences de siège il a essuyées et continuées jusques à son achèvement , le plus souvent en hasardaot et exposant aux coups sa personne et sa vie. Il fit d^abord abattre entièrement les maisons du faubourg de St. Maurice , qui nonobstant sa grandeur et belle structure fut en moins de deux jours mis rez pied rez terre , ceux de C€mrtnû , de Fives et des Malades Tayant été auparavant le siège , à la perte inestimable des pauvres bourgeois. Et comme les ouvrages de la nouvelle ville , que ledit S* Gouverneur par ordre de Cour avoit entrepris n^étoient encore achevés , ni les trois fau* bourgs de Notre Dame , de la Barre , et de St. Pierre y enclos , du tout assurés , quoique pour en hâter le plus nécessaire et dangereux , lesdits du magistral ( bien que n* ayant jamais voulu entreprendre ni con« sidérer cet agrandissement de ville ou fortification de faubourgs , que comme tout-à-fait préjudiciable à l'ancienne , à moins de Taccord des conditions que jusqu'alors la Cour n'avoit résolues ) s'étoient rendus aux pressantes instances dudit S' et avoient accordé une avance de huit mille florins, et qu'il y avoit crainte que Tennemi s'en fut emparé avec assez de facilité , et de là , à la faveur des bàtimens qui aboutissoient aux contrescarpes même de la vieille ville , eussent pu d'abord se loger es dites contrescarpes , ou grandement nuire à ceux y étante il a aussi Irouyé à propos de

2â0 ONQmiMB SIÉGB.

les faire démolir jusques k la portée du mousquet , ce qui fut exécuté aussi auT frais de lairille , avec la même promptitude que les précédens , et avant que Tennemi eut déclai^é ses attaques.

Il procura de plus des états de la ville et ChAtèUe^' nie , que fut donné à chaque soldat six patars de aiib^ sistancé outre le pain de munition par jour,* et plipr dessus ce le fourage convenable k la cavalerie cei^iÊfk* été effectué tout le long du siège et qu*a monté^'l' très notable sommes avancées par la même ville , puhr que par continuation d'un ancien désordre , on ftlt ,' pour un mieux , obligé de tes payer selon leur pied éÊr liste ; pardessus ce on ne manqua point de subiattiii-^ trer à ceux se trouvant aux attaques tous les jours âii' matin , quantité de tonnes de bière , brandevin cl' autres liqueurs , les bourgeois leur portant même lea autres vivres en abondance.

Pendant ce même temps le» Espagnols , Italiens ,*^ Anglois et Walons ne manquèrent de travailleras liem où ils avoient été postés : savoir depuis la porte des Malades allant vers celle de Fives passant t^elles de SfJ Maurice et de la Magdeleine jusques au RtvagCiv AJ^M h Timitalion de ceux de Valenciennes ( tnaiiT ^oiirt âfW^ le même succès ) fait des chaponnières à ûhacone ûêê principales pointes de la contrescarpe , avec des miiMi pour tant plus en offenser les assiégeans , et léur^cir

disputer la prise.

On n'oublia point aussi d'avoir iioours aux

CINQUtëMB 81BGE. 221

'et fut commandé par tous les doltres , d'en faire nuii et jour. Le jour de l'Assomption de là Vierge fut faite une procession générale , l'image de laquelle sous le titre de Notre Dame de la Treille (et doat un drapeau à la croix de Bourgogne, et l'image du mystère du jour, à elle par ci devant dédiée , fut arboré sur la croix du maitre clocher de la ville , où il a resté , ^ndant tout le siège) ayant le jour auparavant été exposée sur un autel dressée ce dessein au devant de sa cbapelle pour y être honorée aussi durant tout ledit siège , où s'y est rendu incessamment un nombre innom^ brable.de peuple pour y adresser leurs prières.

Les autres postes d'alentour tant de la nouvelle que de la vieille ville , furent aussi répartis au reste de la garnison , les premiers mille élus ayant été placés avec la cavalerie , à qui on faisoit mettre pied k terre toutes les nuits ( ainsi que dès les premiers officiers* jusques aux moindres soldats , ils ont du depuis fait à la défense de la vieille ville en aucuns des dehors du côté des attaques) et répartis pour la défense de la nouvelle jusques à la rivière de la Basse-Deûle , con* tenant en son étendue tout peu moins de circuit que' le reste de la ville , en sorte que combien que la garnison Gàt en apparence assez nombreuse , elle n'étoit cependant de beaucoup , voire de la moitié près suf-lisante pour bien et dûment garder et défendre tes dehors , ainsi qu on Tavoil représenté , qui fut la cause que depuis le commencement du siège jusque^ à la fin , la garnison lut contrainte d'être continuellement en garde , sans avoir eM une seule nuit de relâche , les.

222 CINQUIÈME SIÉGB.

alarmes , qui se faisoîent presque toutes les nuits ett divers endroits les obligeant li une continuelle Teille , et à se tenir assidûment sous les armes , qui ne les a pas peu harassé et accablé en Tespace de dix^neuf jours. ^

Enfin les assiègeans ayant achevé leurs lignes , le dix-huitiéme dudit mois pendant la nuit firent ouverture de la tranchée , et ce assez heureusement , à la faveur de certaine maison et petit château appelé la Phalecque ( au démolissement de laquelle lesdits du magistrat n'avoient oublié d*insister) et d*une petite rivière qu'ils laissèrent à gauche nommée la chaude rivière , qui descend du plat de Fives (situé derrière TégUse dudit Fives ) et vient grossir le fossé de la ville derrière le cloitre de TAbbiette , nourrissant toutes Ica fontaines d*icelle ville , s'étant les assiègeans pendant cette nuit (ait un assez grand logement nonobstant le feu continuel que firent les assiégés.

Cette même nuit ils ouvrirent une pareille tranchée un tire de mousquet k droite de cette autre , du cAlè de la porte des Malades , la première ayant en vue la porte de Fives , et la seconde le neuf bastion dit de la noble tour , les faisant néanmoins communicativea Tune à Tautre pour se mieux seconder , attaquer et défendre.

Le lendemain dix-neuvième au matin ledit Comte commanda une trentaine de chevaui et quelques fantassins pour aller reconnoitre les ouvrages des

CucQuiinE sitiGC. 223

geans , qui d*abord firent prendre la fuite à ceux s'y trouvant , mais la cavalerie de garde ( laquelle ëtoit et a été pendant tout le siège puissante et nombreuse comme s* attendait aUx sorties et aux irruptions) ve^ nant à seconder ceux de la tranchée obligèrent les nôtres à la retraite , avec perte seulement d'un alfer anglois tué , et Ton tient que si lors Ton eût fait une sortie de toute la cavalerie et bon nombre d*infanterie parmi lesquelles grande quantité de bourgeois aspiroient de se ranger ainsi qu'ils ont fait tant de la jeu>nesse; que d'autres , et des meilleures familles qui en nombre assez considérable pendant tout le siège se sont joints aux soldats, se tenus dans les dehors , et y fait également feu , l'on eût pu donner grand échec aux assiégeans et ruiner leurs ouvrages ; mais il fut trouvé par les militaires que le lieu n*étoit pas propre à semblables sorties principalement pour la cavalerie , que Ton disoit ne pouvoir agir à cause de la rivière avant dite et ruines du faubourg , non pourtant sans sujet de soupçon de songer li leur conservation un peu plus que la raison et Toccasion ne permettoit , de tant plus même que ledit S' Gouverneur n*étoit du tout de cet avis , aussi le même jour sur les cinq heures de Faprès midi ayant disposé une puissante sortie de cavalerie et d'infanterie toute prête à agir, elle ne fut suivie d'aucune exécution « soit par Tincommodité d'une grosse pluie survenante ou autrement. Ledit jour les assiégeans commencèrent à dresser deux batteries pour douze pièces de canon chacune , contigue Tune k l'autre y entre les deux tranchées cidessus , pour avoir eu mire lesdites porte et bastion , avec la courtine du ramparl et fortifications d'entre deux.

224 curauiÈBie sibse^

La tranchée ouverte et avancée en là manière avMt dite , manifestant ainsi les àssiégeans leurs iliaques , les forces des assiégés y furent aussi ramassées , et tas nations à Tenvi commencèrent à travailler pour aa couvrir et retrancher autant qu'il étoit possible , auipial effet ils demandèrent du magistrat grande quantité da pelles , hoyaux , louches , palissades , charpentiani^ et toule autre sorte d'ouvriers et matériaux , quiîkar furent subministrés en grande diligence et abondaae^ et aussi à grands' frais , à raison que plusieurs ooiila a'égaroient et se déroboient , en sorte que Ton était contraint à tout bout de champ d'en acheter et' Caire de nouveaux. Ledit S' Comte d'autre côté fil: vailler à Térection d'une fausse brate depuiè liufitè porte jusques audit bastion , et d'un autre retnmidM»* ment sur les langues de terre au milieu du lassé d^entia ladite porte et le demi bastion du Becquerel ; leaqûélkl furent faites avec la diligence possible , mais aussi avee le même excès de frais , puisque Ton fut obUgé da couvrir de planches ladite fausse braie , d^itn bout à Tautre , k raison que Tennemi ayant pris 4 tàdhe de ruiner avec son canon la muraille du rampari quiétoît au dessus , les débris en tomboient incessitaraent dans ladite fausse braie , en sorte que Ton ne pouvoR a*7 tenir en assurance. La nuit du dix-neuvième au wig^ tième les assiégés firent un feu continuel et si grande que les ennemis avouèrent n'en avoir vu de pareil ^ aussi n^avancérent ils guère leurs approches.

Le vingtième au matin cent maîtres des assiégés lAlèrent reconnoitre les àssiégeans , et sitôt quatre

ClNOCriÈME SIÉ6C. 225

drons de leur caTalerie vinrent fondre sur eux , qui les soutinrent asseï bien et n'eurent qu'un des leurs légèrement blessé , et des autres plusieurs tués , entre lesquels trois officiers au pied de la palissade , qui y furent dépouillés ^t ensevelis. L après midi du même jour ledit S' Gouverneur ayant fait marquer quelque ouvrage au dehors , entre ledit nouveau bastion et la porte des Malades , et pour ce commandé quelques cavaliers afin de couvrir les ouvriers , aucuns des assiégeans s'étant détachés pour les charger, le S' baron d^ André fils àiné dudit comte Gouverneur s'y retrou-^ vaut ( ainsi qu'il n'a manqué de faire en tout le service que la cavalerie a rendu , tant à pied qu*à cheval ) avec les S" marquis de Aisbourg , baron d^Herbay et colonel Massiette, s' avancèrent pour lés soutenir , et ce fut là que ledit baron fit paroitre qu^il ne dégénéroit pas de la générosité de son père , allait comme il avoit encore fait trots jours auparavant , d'une façon, bien vigoureuse et résolue porter son coup de mous-* queton et de pistolet sur les ennemis , non sans grand péril de sa pei^ohne , joignant laquelle son homme eut le col de son cheval percé d^un boulet de canon : il fut secondé du colonel Massiette , qui se trouvant dans la mêlée y reçut un coup de pistolet au côté , qui lui fut favorable , mais point assez pour ne l'empêcher d'agir le reste du siège.

La nuit du vingt au vingt-unième se passa avec pareil feu que la précédente , et fort peu d'avance des ennemis « qui pourtant ne cessoient de travailler , comme il a été vu en après pour faire leur logement

226 ONQUIKIIB SIBGK.

et places d'armed d*autant plut grandes , et fortifie^ leurs approches.

Le vingt-unième au point du jour les assi^ commencèrent à Caire jouer leurs batteries avec de furie , que les coups de canon se rèitéroient ^ue à régal de la mousqueterie , tirant tant sur ladile porte de Fives, que sur le nouveau bastion et rarapnl avant dit , faisant aussi voler quantité de coups ail Im* vers de la ville » dont le moindre boulet ne papoil moins de vingt-cinq livres , et la plupart trente aîx^ et quarante deux , et ladite porte en fut tellement (mn tragèe, que les ruines tombantes sur le pont levis ^ le mirent en pièces , et l'on fut obligé d*en rétablir iw nouveau ; le sieur Boussemart , capitaine d^mie cottH pagnie bourgeoise , étant avec icelle posté au baitioB de la Noble tour, s^acquittant des mieux de son devw^ y fut terrassé d'un coup d'éclat de boulet de canon i et blessé à la mort , mais s'en est du dqHiis guéri ^ avec la perte d*un ceil seulement ; un bourgeois de le confrérie des Canonniers , ayant eu la tète emportée^ de même que plusieurs autres en après ayant été toés et blessés dans la même fonction , et quekpiefunidei bombardiers aussi tués et blessés.

Beaucoup croient que les assiégeans tiroient de canon avec tant de rudesse et de furie pour se venger de ce que les assiégés les avoient à ce provoqués par grand nombre de coups , que dès le oommencomel du siège f ils avoient journellement lâchés sur leurs quartiers , les obligeant li ce moyen de les

ClNQUliMB SIÉGB. '22?

de la Tille , et les aboient fort incommodé , et enbfasssè et tué grande quantité , mais le plus apparent est , que leur dessein étoit d'iptimider la bourgeoisie et lui donner sujet de ne s'opinifttrer à une défense si dommageable , à quoi s^accorde ce que du depuis l'on a appris que Sa Majesté se trouvant presque assiduement aux approches et batteries , et par sa présence donnant aux attaquans la chaleur qu^il est aisé se figurer, étant l'un des premiers jours en une desdites batteries » et promettant récompense à qui de sa pièce tirerait le plus , il s*en troii^va un qui de la sienne en un seul jour lâcha cent et dix coups. Nonobstant quoi les assiégés ne laissèrent incessamment de faire feu de leurs batteries , que toutes les nuits ils étoient obligés de réparer, ruinées qu*elles étoient par celles des assiégeans , et ne pouvant plus tirer de celles allant de droit , donnèrent de telle furie des autres tirant de flanc , nommément de celle posée par ordre dudit S' Gouverneur , sur le bastion de la porte de la Magdeleine au pied d*un moulin enfilant les ouvrages des assiégeans , qu'ils ont avoué leur avoir causé plus de deux cens hommes de perte , et la plupart de personnes de marque. Une autre batterie fut encore élevée par le même ordre et avec assez d'eSTet , sur le bastion à droite de la porte .de Saint Maurice de huit pièces de canon , et ce à grands frais et travail , .à raison qu'elle se prenoit en la face dudit bastion , et que le terrain y manquant , on fut obligé d'en apporter avec force fascines, sommiers et autres matériaux , pour la rendre solide et suffisante.

D'ailleurs les nations avant dites voulant se précau-

2S8 aitQuiÈiiE siâOB.

iîonner d'un second retranchement , au cas quHls ïèâ^ sent obligés de quitter la contrescarpe , trouvèrent rinvention d*en former un an pied du fossré des ûetoilunes faisant firont aux attaques qn^ils palissadèréiil ; en sorte que Ton croyait le tout inaccessible aux asaiè* geans , à. quoi Ton fut contraint d'employer toua IbI charpentiers de la ville ^ qui y épuisèrent leurs prolFi^ fiions de bois à faire palissades, et causèrent paàf'^eë moyen tant de frais qu'il est mal aisé de le crofrèiHt demandèrent de plus quantité de faux , fléaux , taille^ bardes, peaux de bœuf pour Couvrir leurs munitioMi planches d'ormeaux semées de grands clous depdHBiéi pour jeter au-delà des contrescarpes à Teffei é'empèiilÊt l^accès k la cavalerie , des chevaux de frise pôtir rlra^ 1er au-devant des ouvertures que les canons font ftllt palissades , des feux d'artifice , fagots enterquéâ , bOÉiri et follots , et mille autres intentions qui leùf furent ponctuellement subministrés par le magistrat , dafib la croyance qu'assurément ils s'en serviroieùt à fiiirë une forte et généreuse défense , lorsque te ftiudrdit -venir aux mains , mais loin de là , l'on â^ en après ou que leur intention étoit bien autre , et que pfcilAl ils se portoient à demander tout ce qui leu^ tomboil te l'imagination , peut être pour voir si par une n proK digieuse dépense qu'il convenoit de faire pour j'mj^ venir^ ils n'eussent obligés le magislrt^t à un kfiÉi^; et en pris l'occasion de ne vouloir se défendit tHéib lâcher le pied , ainsi que la plupart ils ontfait; etqiie se verra par la suite de ce discours , et qu^én fèa ée temps elle étoit prodigieusement changée.

Le vingt-dieùiiéme les assiégeans continuèrent ayed isk même furie leurs batteries , tant contre les lieux avant dits qu'ils vouloient ruiner, qu*à travers la ville, et eoiHmeiicérént à jeter leurs bombes avec là suite de fracas , embrasemens et autres effets ordinaires de i^ette invention , sans que de la ville ( bien ({ue Ton eût ^ùelqueâ tnbrtiers et provisions de bombes) Ton ait pu s'en éei^ir ( ce que pourtant attendu la largeur et étendue des approches et places d'anties Tont eût fait très-utilement) à raison du manquement de toute personne à les pouvoir gouverner , et qu^en ayant été demandées à la cour , Ton n'en a envoyées ou sont été empêchées de passer.

La nuit du vingt-deux au vingt-troisième les assié* geans avancèrent leurs ouvrages à cent pas près de la palissade de la pointe de la contrescarpe de la porte de Fives , et de celle au devant du bastion de la Noble toui* , ils jetèrent aussi quantité de bombes et mirent le feu en quelques maisons , mais par le soin que le magistrat avoit apporté pOuf prétenir le progrés de tels incendies, dès le soir d'auparavant ayant fait mettre en garde quantité de bateliers , avec seaux , hauez, et autres ustensiles à ce propre pour surveiller et courir es lieux où ils verroient* tomber lesdites bombes, le remède y fut apporté sur le champ , tant ce jour là que les suivansès quels lesdites bombes furent jetées « Elles étoient d'une grandeur si prodigieuse , et d'une façon si extraordinaire , faites en forme de grand pot de fer , que les moindres de cette sorte pesoient plu^ de deux cents quarante livres , de manière que là oéi

S30 CINQUIÉIIE SIÉQE.

elles tomboient , les maisons étoient ruinées de tand^ en comble , et les voisines tout ébranlées.

Le Tingt-troisiéme les assiégeans dressèrent une troi-« sième batterie de quatre nouvelles pièces , apprpchani la demi-lune du Becquerel , et presque à Topposite , avec cet échec néanmoins que , comme le serment qui la défendoit faisoit un feu incroyable , ils y perdirent ^ selon que du depuis Ton a été informé , plus dç qua-; rante canonniers et autres à ce travaillant , lesquelles quatre pièces ils tirèrent incessamment le long du jour avec les autres, la plupart sur ladite demi-lune et mu* raille du rampart , qu*elle couvroit , continuant à jeter leurs bombes , dont aucunes firent de grands effets , tuant et écrasant diverses personnes.

La nuit du vingt-troisième au vingt-quatrième les assiégés continuèrent leur grand feu à Tordinaire ,. comme ils avoient (ait toutes les nuits précédentes , et cela n' empêcha point que les assiégeans s'approchassent de deux côtés à la portée du pistolet de la palissade.

On commença cette nuit à montrer le feu sur la tour de Saint Etienne aux dix heures devant et deux après minuit , signal auparavant le siège convenu par lettres entre ledit S' gouverneur et le S' comte de Marchin , signifiant qu'il falloit hâter le secours » et ce k raison de l'avoisinement des assiégeans de la coqtrescarpe , lequel feu fut continué es mêmes heures la «uit suivante , mé que les deux subséquentes , avoc

aNQUIÊME ^ SIÉGSS. Ô 3 i:

celte adjonction qu'à la pénultième on Ta aussi montré' sur la minuit , et à la dernière depuis la minuit jusque près du jour , signifiant Tun que le secours nècessitoit ,' et qu'on ne pouvoit plus tenir , et Tautre quVn étôît h la dernière extrémité , sans que pour tout Ce , de la' part dudit S' de Marchin fut répondu par semblable signal de feu au mont de Kemele , lieu pour ce aussi convenu et d'accès du tout libre à ceux de la tille dlpre , qui fit bien yoir aux assiégés que le secours

n'ètoit encore prêt.

Le yingt-quatrième on continua de part et d'autre à tirer grande quantité de coups de canon , et le soir à raison que c'étoit la Teille de St Louis , et que l'on s'attendoit à une attaque extraordinaire , l-on redoubla la garde des bourgeois , et pardessus les six compagnies qui' montoient ordinairement , on en fit monter six autres / s'en étant fait de même en la demi-lune du Becquerel / et d'un serment qu'il y avoit d^ordinaire , s'y en étant posté un deuxième. Et en effet les assiégeans à la' faveur de la nuit , qui étoit fort obscure et pluvieuse , et par ainsi tout à fait favorable à Texécution de leur dessein, vinrent à corps découvert assaillir la contrescarpe, sans y trouver de résistance autre que celle d'aucuns officiers et soldats , ayant le plus de cœur , mais aussi qui succombèrent , tout le reste abandonnant et prenant la fuite, et les assaillans les poussant . jusque s à aucuns s^avancer dans la demi-hme de ladite porVe (en laquelle même un capitaine anglôis reçut un coup d'épée à travers le corps , dont du depuis il est vetm à mourir) que les assiégés abandonnèrent {^éfrèilléttiêiit;

33ï ClNOtlÂMB SlÉQfL.

el que ces autres eussent vraisemblablement maintenue, s*ils fussent été plus puissamment secondés , et si ledit comte de Bruay par sa valeur et sa générosité ne se. fut résolument mis au devant des fuyards Tépée à la main , pour à force de coups , leur faire tourner tête et leur remettre le cœur au ventre , aussi courut-il grand risque d*étre par la foule précipité es fossets de la ville ainsi que furent quelques-uns des siens , tant étoit grande l'épouvante , le désordre et la fuite de» soldats ; mais enfin il fit en sorte que Tennemi abandonnant ladite demi-lune se contenta de se loger le long de la contrescarpe pendant que les militaires se remirent et serepostéreut es demi-lunes sansoser se tenir en Tarriére contrescarpe qu^ils avoient faîte à cet effet» quoique bien pallissadée comme a été dit ci-devant , ayant néanmoins perdu en cette occasion quatre capitaines tués , aucuns blessés à la mort , et plusieurs soldats , la plupart de ceux qui avoient eu asses de résolution pour (aire tête et s acquitter de leur devoir, et ce presque également de toutes les nations , et entre autres , le S' lieutenant-colonel réformé de TËpine , qui éloit entré pendant le siège , et a été tué de plusieurs coups de mousquets et de grenades , combattant valeureusement à la pointe de la contrescarpe couvrant ledit bastion et tâchant de seconder le desseia dudit S' Comte, ainsi que faisoient prés de sa personne, les S" maitre de camp réformé Carpentier , de Berquignies , major du Rondeau et Despassez , à contenir les soldats , et les obliger à tenir ferme n'ayant pour tout ce les assiégeans laissé de perdre en cette exécution plusieurs des leurs.

CINQUIÈMB SIÉGB. 233^

Le vingt-cinquième I^ Batteries continuèrent avea leurs furies ordinaires entremêlées de bombes , et sur Faprés midi le S"* dé la Tour , frère dadit comte de Rache , capitaine de son terce , étant dans la demîlune de la- dite porte en contenance d'une personne dé sa naissance et de sa valeur , y eut la tête emportée d'un boulet de canon. Le soir pour un surcroit du traitement ordinaire , à raison d^ la solemnité du jour, les assiégeans firent trois salves générales de toute leur grosse artillerie , qui consistoit en plus de soixante pièces , tirant au travers de la ville , tant du quartier de la cour, en ayant à cet effet avancé J es pièces jusques à dans le bas jardin , que de leurs batteries ordinaires.

La nuit ils se sont* contentés d^avancer leurs Ibgemens le long de la palissade pour venir rencontrer , et joindre les deux attaques et s'y fortifier. Les assiégés cependant ne laissèrent de faire grand feu à Tordinaire , et tel que jour pour jour se consommoit plus de dfx mille livres de poudre , boulets et balles U Tavenant , chose incroyable , mais pourtant véritable , et que dans la profusion avec laquelle le tout se distribuoit f on a découvert des soldats en faire trafic tachant de hi vendre , même en gâtant et en ayant jeté quantité dans Teau , et cherchant vraisemblablement toute occasion de refus, pour s'excuser et s'exempter de leur devoir , jusque là que quelque officier ( pas des moindres) importunant les commis aux munitions à Tui fournir delà nouvelle provision de poudre , fut trouvé en avoir quinxe à seize grands barils de réserve , quoiqu'il disoit en avoir besoin , h quelle intention on s'eh rapporte.

334 CINOCliME SIliGE^.

Le vingt-sixième les canonnades et bombes continuèrent à 1 ordinaire , mais plus particulièrement el tout à dessein sur la maison dudit S' gouverneur , laquelle percée de part en part en plusieurs endroits qu^elle étoit dés auparavant , acheva d'être du tout mal traitée par divers coups de canons et de bombes , signamment d'une qui donnant contre la muraille de. Tétage d'en haut , et de là perçant le portail , creva avec un fracas incroyable , sans pourtant autre incoa** vèniens au regard des personnes, sinon qu'un officier en fut favorablement blessé.

Sur le midi aucuns des assiégés furent commandée pour aller attaquer les assiégeans en leur logement Eût à la pointe de la contrescarpe de la porte , et «'étant chaudement entrechoqués , ils ont à force de grenadet chassé assez heureusement et ruiné partie de leurs travaux les plus voisins , même détruit une mine qu'ils avoient ja avancée au fossé de là demi-lune , les assied gés y perdirent environ trente hommes tant tués que blessés , les autres quelques deux cents , et si la sortie fut été plus nombreuse , assurément il s'y fut fait grand carnage et abattu plusieurs de leurs ouvrages , car les assiégeans au même temps étoient occupés dans ime. autre alarme , que quelque troupe de nos cavaliers étoit allé donner en leur camp du côté d'entre les portes de St Maurice et de la Magdelaine , sous le commandement du S' Massiette , major , qui résolument, poussa et chargea dans la distance des deux lignes,, et dont un des principaux officiers le serrant vigoureusement y fut tué , lesquels attirèrent sur eux uq.

(JiNQÙlÈllE SlAOB. S35

grand nombre dès aiasiégeans , et rescarniouche s'étant échaûfée de part et d*aùtre , plus de six cens bourgeois étant sortis pour soutenir la cavalerie , divers des ennemis y demeurèrent et fort peu des assiégés.

Vu lequel succès par ledit S' gouverneur, et d'ailleurs prévoyant que la nuit suivante alloit fournir sujet de nouvelle occupation aux soldats harassés et accablés comme est ci dessus repris , il procura desdits du magistrat , que fussent déisignées aux fantassins de cha- <;une desdites nations places convenables , pour avec un secours de bierre , et autres vivres , paille et bois , pouvoir Se délasser et reprendre des nouvelles forces , jusque sur le soir , pendant quoi toute la cavalerie & pied eût occupent défendu les postes des attaques , ce qu'a été effectué avec la même ponctualité que le surplus.

La nuit du vingt- six au vingt-septième , presqutl aussi favorable qu*av6it été celle de la veille de St Louis , à raison de la pluie et de robscurifé , les assiègeans animés ( comme l'on a su ) de la présence du roi , indigné de Téchec fait à ses travaux / sont de re« chef venus à corps perdu Tépée à la main , secondés de grand nombre de grenadiers se jeter sur les contrescarpes et demi-lunes de la porte de Fives et celle entre la noble Tour et ladite porte, avec tel succès^ qu'en moins d'un demi-quart d'heure ils se sont rendus mai-' très absolus des unes et des autres , n'ayant trouvé de résistance qu'en tout peu de plus courageux , dont la plupart ont payé de leur vie la couardise des autres^

f'236 ClKQUlillK 6liW.

'fignamment quelques capitaines et officiers de diffé*' rentes nations , les autres ayant lâché le pied au pre* .mier abord , sans avoir donné assez de temps audit comte de Bruay , qui étoit à Tembouchure de la porlf de les pouvoir joindre et rallier , s'étant la plupart jetés aux fossés du rampart, qui n'étant couvert que d^un pied ou deux d'eau , et d'un fond marleux e| dur , ils n'eurent guère de peine à le franchir , et aifr» cuns montèrent de là au rampart par les eadroits roinés , montrant le chemin aux assiégeans , qui les eussevil facilement suivis , s'ils n'eussent pas redouté davantafn la populace , qui par 1 alarme générale de la YiUe# donnée à la nouvelle de cette aventure, est venue tn foule au lieu de l'attaque , y faire feu du rampart , et du nouveau bastion , de même que les deux aermene iaisoient de la demi-lune du Becquerel , avec trlle furie que les assiégeans eurent bien de la peine à se logée esdites demi-lunes , et ne le firent qu'avec perte de leur noblesse qui y furent tués , comme se sant cet assaut particulièrement par personnes d^élite et de cette qualité , ainsi que ( comme dit est ) l'on a ijiu depuis appris. Il fut lors bien sensible à voir lee justes plaintes dudit S^ comte de Bruay , qui se voyant ainsi abandonné de ses soldats , ne souhaitoit rien plue que de rencontrer parmi la mêlée où il se rendit , ufl^ coup assez favorable qui lui fit perdre la vie , plutAi que d'être témoin d'un désordre si honteux. Qependaiit le jour venu favorisa grandement les assiégeai^ poivr achever leurs logemens esdites demi-lunes , car la eoiH, tinuelle grêle de leur canon avec celle de la mousquiK. tçrie empêchant que les bourgeois pussent plus se

ciNQiiniME ÈiioB. 237

es rampart (après néanmoins que ledit S' gouverneur, au sujet de la contenance ayant dite des soldats , en leur présence et celle des oificiers , avoit hautement déclaré que , par celle contraire que lesdits bourgeois avoient tenus à si bien s*acquitter de leur devoir , ils faisoient honte aux militaires ). Ayant de tout été fait rapport au Magistrat fut incontinent avisé ce que seroit question de faire , pourquoi ils appelèrent leurs ingéniaires afin d'en tirer leur sentiment , et apprendre quelle défense on pourroit ultérieurement se promettre, et s'il n^ avoit de danger que la nuit suivante , les ennemis avec fort peu de fascines de celles qu'ils avoient amassées en grand nombre , eussent pu combler les fossés et monter à Tassant , ou bien s'emparer de la porte ( quoique par ordre dudit S' gouverneur déjà bouchée tout autant qu'il s^étoit pu faire) fracassée et ruinée qu'elle étoit des coups de canon , se loger sous icelle es casemattes y étant et pouvant servir de mines toutes faites et prêtes à charger , et dont l'accès étoit d'autant plus facile aux assiégeans , que toute défense tant du rampart d'à droite et à gauche que dudit bastion lui étoit 6tée joint aussi que la muraille desdits ramparts n'étant qu'un restant d'antiquaille bâtie sur un talus de terre , étoit ouverte en divers parts , le reste menaçant de crouler , et ne laisser qu'une terrasse à franchir^ ce qu'en effet les dits ingéniaires ne trouvèrent sans grand péril , fondés , pardessus ce que dit est , sur le rebut des soldats éprouvé des deux occasions ci -dessus déduites , outre que les assiégeans , aiguillonnés du succès avoient d'une promptitude merveilleuse avancée une nouvelle batterie au pied de la

238 GiKQuiiMB snteB.'

contrescarpe avec laquelle ib ruînoielit eÉUèremenl lâ Setuase braie el empéchoient que' peraomïe fût a*j tenir. •• *l

Sur quoi le magistrat après une délibération gralifhi et mûre à Tavenant de Timportance du sujet, nM flans avoir mis en balance tout ce de raisons que pop^ voit faire pour et contre, résolut de aller trouver S* gouverneur par députés , et les lui représenterai .bien que le péril évident auquel la viUe se thMTM^ d'être emportée d^emblée, et de suite pillée et sacc^pfee^ rimpossibilité qu'il y avoit de se retrancher demèi!# les remparts (ainsi qu^il avoit proposé et témoigoi^it souhaiter) faute de terrain ; que le peuple ne poiiftil être ainsi abandonné au risque de perdre sa ine eltM| biens , après avoir déjà perdu partie notable de Fun^ et de Tautre , et en ayant , en nombre coosidénblcr de toute qualité et profession tués et blessés^ et que ler soldat se trouvoit entièrement abattu de coonigto» par les veilles et le travail continuel de tout le temps du siège, jointe la perte de neuf à dix capitaines* quantité* d'officiers subalternes , et grand nombre dé abldatar tués , et beaucoup hors de combat ; qu*étanf htÊ4il0 du magistrat les pères du peuple , ils ûe poiitciiea& attendre plus grande extrémité , ni se mettre tout mm moins en danger assuré d'une capitulation toatF44rife désavantageuse et honteuse, le priant et suppUantèf cette cause très-humblement de se porter à des piék positions d^accommodement lui faisant excuse, m h moins de ce , avec mille déplaisirs , ils se trou^ciieipl* dans l'obligation et dans l'intention dé Ceure la chamade.

ONQUIÉHE StiGE. 239

- Ce qu^entendu |)ar ledit S' gouverneur , témoignani d'être bien surpris de ce compliiiient jusque à dire , que c'étoit lui porter le poignard dans le sein que de lui parler d'une chose de cette nature , fit appeler les colonels , maîtres de camp , et autres principaux oificîers militaires pour en être auditeurs et témoins , et Payant fieût répéter en leur présence fit réponse qu'il ne poûvoit se résoudre à consentir à cette proposition , qu'il n'y avoit encore rien de pressé , et qu'avant le midi il espéroit de repretidre les deux demi-lunes perdues , et en chas^ ser l'ennemi , sur quoi par lesdits députés fut répliqué, qu'en eiïet si leur corps yoyoitces demi-luneis reprises, il pourroit aussi reprendre de nouveau courage , s'adressant lesdits députés de Faveu dudit comte , aux dits officiers , et leur proposant ladite reprise, demandant si effectivement ils étoient à ce disposés , les plus retenus se turent , mais aucuns ( et approchant le» principaux )£rent ingénument réponse qu'ayant reconnu lesdites demi-lunes , ils avoient vu que l'ennemi y étoit puissamment retranché par le milieu , que le fioldat étoit tout trempé et accablé de fatigue , et qu'il seroit bien difficile de réussir en cette entreprise; témoignant ouvertement qu'ils n'avoient assez de résolution

pour ce faire.

Sur quoi ledit S" gouverneur montant bien avant en colère , dit / que lui avec les officiers et la cavalerie' soutiendroit l'assaut , et qu'ils périroient plutôt tpusque' de se rendre de la sorte , qu'il lEalloit laisser ces Iftcbes , ei se résoudreà une meilleure (Ufense , qu'il étoitaverti' pajC lettres de M. ds^Mardiin comme il se préparoit'

S40 cm oiîiiiai si tes^

à DOU8 gecourir ; requérant dii surplus lesdiU dépulfi» de lui donner par écrit ce qu*ib venoient de lui pn^ poser, ainsi que lui a été accordé. Et après rapport fait de tout auxdits du magistrat, et diverses aUéërit Tenues de leur asseoiblée vers ledit comte , étant tour à Feutrée de la fausse braie de la perte de Firos , ûtt par lesdits députés pris sujet de demander et le pifOMT à pouvoir voir les lettres dudit S^ de Marchm pcMT les communiquer k leurs principaux , afin que ma^'nf contenu ils eussent ultérieurement pu prendre kMè mesures. Ce qu*après quelque retenue leur ayant aseéCRp dé , et de leur faire voir en son hôtel où il dit se de-là en un quart-d'heure , requérant lesdits du gistrat d'en faire de même ( ainsi qu'ils firent) il montra la dernière lettre (et qui sans doute était laptaÉ plausible ) qu^il venoit de recevoir dudit S'' penrlSPlA date du camp prés d'Alost du vingt-unième d*a6At,* reçue le vingt -sixième à sept heures du soir , et la leoif mit ès-mains, le contenu de laquelle ftit trouvé n'étw autre, sinon qu'il avait vu la méfiance dudit comtodif Bruay du secours d'Allemagne , cependant t|ue le gé»* néral major Kaiserstein était arrivé en Alsace avet quatre mille hommes , et son excellence le bisoHavMI»; cer, faisant de plus espérer quelques autres treapil^ des états voisins , ajoutant que l'on faisoit des levéei de peuples pour jeter dans les places pour en pouvoir tirer les troupes, qui dévoient être des^t mille hoél*.' mes de pied , et de mille cinq cents chevaux , déohfMt^^ qu'il seroit le dixième de septembre avant que iBiil pût être joint , que dans cinq ou six jours il seroil à* Yfire avec trois mille honunes de pîed et quatNMIh»!

aKQUiùnK snlGS. 24 f

cinq cents chevaux , et que le reste yiendroit filant , assurant qu il n*y perdroit pas un moment de temps. Mais le tout sans autre certitude ni mention de tenter ou faire aucun effort, laquelle lettre du depuis ayant été considérée en la maison échevinale, appelés et présens plusieurs des plus notables corps et communautés de la ville , ecclésiastiques et séculiers, nes*en put tirer aucune consolation, ni de la part du magistrat , sujet de changement de résolution , ains au contraire d'insister jusques en consuiyre Teffet ; de tant plus que lesdits du magistrat se voyant d*un côté destitués de tout espoir de secours , et de Fautre dans l'impossibilité absolute de pouvoir différer davantage de capi« tuler, ni même jusques au lendemain, puisque la nuit suivante le fossé alloit assurément être comblé ( si toutefois il en eût été de besoin ) et les assiégeans en état et en posture de faire un effort général , avec assurance morale d*emporter la place d*emblée, atten« due la contenance avant dite des officiers militaires , et qu'avec raison Ton soupçonnoit que ce qu*ils avançoient de soutenir Tassant n'étoit que par manière d'acquit , ni en tout évent qu'avec mijle périls d'être forcés ; considéré par-dessus ce que lesdits du magistrat ensemble la bourgeoisie avoient fait tout ce qu'hu* mainement les plus fidèles sujets de Sa Majesté catholique dévoient et pouvoient faire pour une bonne et signalée défense , sans y avoir épargné ni biens , ni sang , ni vie, par-dessus les frais excessifs et incroyables exposés tant pour munir en tout et fortifier la ville deux à trois mois avant le siège que durant icelui, sans aucune assistance de la^ part de.sadite Ma-

942 aKQUiiiiÈ ^jtoB.

jesté, autre que celle du peu de militaires ci*deaiii9 mentionnés, que Ton n'àvoit même pu obtenir qtt% force d'instances, de députations et deprotestatibasàl que des aides et subsides à elle accordés s'en toi/^fm tirer quoi que ce fut, pour être dés auparaTaalte siège entièrement épuisés et employés ailleurs eumlii d'ordonnance de cour, souffert la ruine de la ^ia» saine partie , voire de rues presque entières , deietvn maisons , églises , portes et remparts , et de ton lettni faubourgs, avec une patience sans exemple» 'fl9Mtf cru qu'ils soufiriroient un reproche éternel de la ^pwf* térité, s'ils différoient plus long-temps Texéputioafd^ leur résolution dinduire ledit S' gouverneur à iliM toucher la chamade, auquel effet ils renvoyèreiil4b rechef leurs députés vers lui pour Fen prier de jicni»< veau , lui remontrant toutes ces raisons très-jotbaitcl très-pregnantes , ajoutant qu^attendant encore ua j#i» seulement ( ainsi qu'il témoignoit désirer) o'eAlétèkft mettre en risque d'être forcés et mis à sac , ou pour le moins en état de ne pouvoir obtenir d'autres condiN tiens et capitulation que celle de se rendre k la diacre*» tion de Sa Majesté très-chrétienne ce qu'eût èbk ïàtk rude après avoir tant souffert et témoigné tant defidè*^ lité pour le service de Sa Majesté catholique » dontka généraux et les armes ne paraissoient en état de ffom voir en un jour de délai les secourir.

A tout quoi ledit comte enfin se rendant, «piè» avoir protesté au contraire et témoigné miUe fcgseW de cette nécessité , condescendit à leur demandé, ^Iék qaelle du depuis Fon sait il a déclarée

ciKQUiiME;. siiûiB. 243

juste et raisonnable , et ensuite fit toucher Tappel et proposer à Sa Majesté très -chrétienne de pouvoir avoir trois jours de temps pour avertir les généraux de l'état de la place y k quoi Sa Majesté ne voulant prêter Foreille^ trop assurée qu'elle étoit de s^en rendre avant ce temps-là le maitre , déclarant au contraire aux S' marquis de Risbourg qui en avoit fait l'ouverture , que son. intention étoit de prendre le gouverneur et toute la garnison prisonniers de guerre; sur autres propositions en après faites , et sa Majesté ayant dé* sirer traiter ensemble avec ceux de la ville , s'étant donné des otages de part et d'autre , Ton a capitulé à l'intervention des députés dudit S' gouverneur, du magistrat et de ceux des châtellenies , et chambre des comptes , s'étant ensuite accordés par Sadite Majesté , les articles repris en la capitulation , au contenu de laquelle on se remet , et au jugement de toute la terre, si ce déduit supposé véritable , ainsi qu*il Test^ Lille n'est absolument k couvert et exempte de tout juste sujet de reproche.

Extrait de la relation française publiée sous le titre de LA Campagne Royale , ou triomphe des armées DE Sa Majesté es années 1667 et 1668. Paris 1668.

Le Roy s' estant rendu le x aoust devant TMe qui avoit esté investie deux jours auparavant par le marquis d^ Humieres avec un corps de ç^ivallerie de rannée

244 CIUQUIÂM SîiQt.

de S« M. commandé par le comte de rilebontiè atM les troupes lorraines , et par le comte de Lorge avec UK ca¥allerie du mareschal d*Aumont ; S. M. pri( ton quartier au village de Loos , à une lieuê proche la dte ville de Tlsle.

En mesme temps elle fit travailler à la citconvaRa*? tion avec tant de diligence , que des le lendemMiii db se trouva en deffense*

Aussi-tost que le comte de Broûay goutremeor éé la place eut avis que S. M. estoit arrivée au caoïfly ayant bien jugé qu'il n'y avoit plus de feinte, il Si prester le serment de fidélité aux bourgeois de la pliO^ dont plus de dix mille protestèrent de périr tous iupâ» ravant de se rendre.

Il envoya ensuite taire une civilité à S. M« qui tût qu'il lui offroit te choix des plus belles maisons à une lieuê aux environs de Tlsle , mesme tout ice qu^eUa auroit besoin de dedans la ville pour sa maison pendant le siège ; et luy fit demander quel seroit Fendroil de son quartier , afin qu'il donnast ordre de n^y poini tirer ; mais il fit ajouter qu'il prioit S. M. de ne point trouver mauvais s'il defiîendoit cette place avec lader» niere vigueur pour le service du Roy cathc^que son maistre.

S. M. après avoir fait remercier le comte deBroSay de son compliment , luy fit dire pour toute renfpÎMe p que son quartier seroit dans tout son canq^, éi qjoê'

plus sa résistance seroit opiniastrèe pour s^opposer à cette confueste , plus le succéz en seroit glorieux à Sa Majesté.

En guerre aussi bien quen amo^r , Plus l'on trouve de résistance , Le triomphe en est à son tour , Couronné par la iouyssance*

S. M. donnant ses ordres pour le travail , il parut prés de la ville environ sept cens chevaux ; mais comme elle jugea , qu'ils n^avoient dessein que d'attirer les nostres par une prompte fuite sous le feu de leurs bastions , préférant le solide à la fausse gloire » elle né voulut pas que les fSscadrbns qui brusloient d'impatience de les pousser , montassent à cheval.

Le xf S. M. eut avis que le marquis de Vaubrun- Nogent, qui quelques jours auparavant estoit allé à la guerre avec trois cens maistres des garnisons de Chàrlcs-Roy, et de Philîppe-Ville , avoit rencontré le Prince de Ligne avec deux mille chevaux , et qu'après avoir enfoncé quatre escadrons ^ il avoit enfin esté contraint de céder au grand nombre , nonobstant lequel les ennemis perdirent plusieurs de leurs meilleurs hommes. Elle eut aussi nouvelle que ce Prince ensuite de cette rencontre marchoit pour venir joindre le comte de Màrcin qui s^avançoit vers Ypre , et que lés ennemis avoient résolu d'assembler un corps à Gambray , pour venir tenter le secours de la place assiégée , ou former quelque entreprise qiii pût faire diversion.

246 avoci&sts ««es.

Le mesme jour le comte de Duras atoil eu ordre de prendre une grosse redoute foasoyèe etyalliawdée k deux cens pas de la yille où il y ayoît qpiarante hommes , et on luy amena à cette fin deux pièces de canon ; mais ayant leur arrÎTèe elle fiit prise par les régimens de Champagne et de Castelnaut , ceux qui la gardoîent ayant esté faits prisonniers de guerre ; entre lesquels estoieût un capitaine , un lieutenant et un sergent.

Le Roy continuoit de passer les nuits au biTOûac , et de donner en personne tous les ordres nécessaires avec une application merveilleuse , qui servit beaucoup Il faire avancer les lignes de circonvallatioa et de contrevallation.

Le XVII , ces lignes ( auxquelles on s^étoit occupé depuis le X ) se trouvèrent dans Testât qu'on les pouvoit désirer par les soins continuels de S. M. qui après avoir esté à cheval la plus grande partie du jour et passé les nuits au bivouac accompagnée de Monsieur, visitoit encore les endroits où les lignes n'estoient pas dans leur perfection , avant que de se retirer au chasteau où S. M. estoit logée.

Le mesme jour xvii , sur les diz heures du soir le feu y prit, comme on croit, par quelques estincelles tombées dans la paille des escuries ; mais on y remédia si promptement et avec tant de succezque le dommage n^en fut pas considérable ; S. M. estoit à lors au bivouac , et tout ce qu^il y avoit de gens , et jusques aux

OKÛITlillB SliGJi* ^47

chevaux , à un ou deux prés , fureoit retirez. On sauva aussi la pluspart des bardes , ei tout For et l'argent monnoyé , que des particuliers avoient dans leurs cassettes , ou dans les coSBres de la chambre. Sa Majesté en ayant receu la nouvelle , elle demanda si Ton avoit sauvé ses papiers et ses chevaux; et comme on Ten eut a^seuré , on remarqua qu'elle ne parut aucunement émeuë de cet accident ; mais témoigna par un souris : cette fermeté , et cette grandeur d^ame qui lui sont si naturelles. Et comme il se trouva quelques curieux dans cette occasion, qui se souvinrent d'avoir leu , dans Nostradamus une autre centMrie , qui avoit un particulier rapport à cette avanture , laquelle estoit de bonne augure pour )a prochaine réduction de cette importante place , ainsi que la chpse arriva ensuite si heureusement , cette prédiction mérite bien d'estre rendue publique.

Quand des fleurs d'or ^ roy preus ei sane igal ^ JYun double cercle aura ceint rinsulaire , Chasteau flambant lors sera le signqly Qu'il sera temps qu*on luy soit tributaire.

En effet , la chose a si visiblement répondu à cette prédiction , que quand on auroit pris plaisir de composer ce quatrain après coup > on n'auront pas mieux rencontré.

Ce mesme jour xvn , on eut avis que les ennemis avoient paru en coq;>s d'armée devant Ouden^rde , mais soit qu^ils n'euasent pas a^sez de force ou dç cou^

248 aNQtriÈMB siéoc.

rage pour l'attaquer , ib en demeurèrent à la feinte ; et cette nouvelle n^eut pas de suite.

La nuit du xtiii au xix conformément à la résolution que S. M. ayoit prise de faire battre la Ville par deux attaques , et par des places d'armes , avec des lignes de communication de Tune à Tautre , la tranchée fut ouverte à 800 pas de la contrescarpe , à la droite par le premier bataillon des Gardes François , ^i k la gauche par les régimens de Picardie et d^Orleans. La garde de la cavalerie estoit composée des compagnies de Noûailles et d'Âumont , avec les premiers escadrons de la seconde compagnie des mousquetaires , du régiment des cuirassiers , sous le commandement du duc de Coàlin , en qualité de mestre de camp gênerai de la cavalerie , et du marquis de Villequier comme premier brigadier. Le marquis de Bellefons lieutenant gênerai estoit de jour accompagné à la tranchée du sieur le Bret mareschal de camp, et du comte du Lude comme ayde de camp. On travailla prés de trois heures sans aucune traverse des assiégez , soit qu^ils n* eussent point encore de bateries dressées , ou pource que la nuit estoit fort obscure , avec un grand vent qui venoit du costé de la place , mais enfin le bruit du travail les obligea de tirer quelques coups de mousquet , dont le sieur le Bret fut blessé au pied , le aeur de Caslellan au haut de la cuisse , le sieur de Montigny au dos , et le chevalier de RoncheroUes tué.

A la pointe du jour les assiégez sortirent avec cavalerie et infanterie , mais la première qui n*esloit que

^de 40 maistmfle relira aussilost , et Tautre ealaiii un peu plus nombreuse y fut âvigoiireusement sepoussée Tespëe à la main par les Gardes François , le sieur de Pradel à leur teste , en qualité de lieutenant colonel , quelle regagna la pallissade avec beaucoup de précipitation et de desordre.

Cependant quelques coups de canon ayant esté tires de la yille , emportèrent la teste du marquis de Baïkdeville , volontaire , qui es^oit à la tranckée ^ passèrent fort proche du comte du Lude » et cassèrent un fusil qui estoit porté par. un de ses pages ^ qui en fut dangereusement blessé, mais il n'y eut pas 12 soldats blessez n^ aucun tué sur la place ; de manière qu'il auroit esté difficile de^ouhaiter une nuit plus heureuse* La tranchée se troiivale matin du costé des gardes de plus de 600 pas > et du costé de la Picardie , quoy que moins avancée d'un travail seur et achevé.. ,

Le xa le premier bataillon des Suisses & ta droite, ayant le comte de Soissons à leur teste , et les regimens de Champagne et du Pkssis à la gauche , la relevèrent; la cavalerie estoit composée des compagnies, de Tres^ mes et de Charrost^ et des ehevauz-leg^rs-de* la Reine et de Monsieur , avec les regimens d'Enguien et de Monaco, sous te sieur d* Artaignan brigadier. Le comte de Duras lieutenant gênerai estoit de iour ; comme le sieur de Potdwits mareschal de camp à la tranchée, où le sieur de Biscarat releva le comte du Lude.

La nuit suivante . le travail dp la droite^ fut mis en

S50 cniQiniiiB siioi.

sa perfection , de menne que celuy de la gauche. Le chevalier du Pleana y receut lîn coup de mousquet à la leste , mais sans péril.

Le xz sur les neuf-heures du matin les assièges firent une seconde sortie d'environ SO chevaux qui se retirèrent en même temps qu'ils aperceurent nostre garde. En cette occasion on fit quelques prisonniers ; un des gardes du corps fut tué , et le chevalier de Foufbin blessé au col d'un coup de mousquet. S. M. passa encore la nuit au bivouac , estant toujours aussi inbtigable , que redoutable à ses ranemis , qui n^estoient pas peu surpris de l'ardeur avec laquelle ce grand monarque poursuit ses conquestes.

Le soir du mesme jour , le second bataillon des Gardes François à la droite^ et le régiment d'Auveigne et de Castelnau à la gauche montèrent la tranchée. La garde de cavalerie fut composée des gens-d'armes du Roy , et de monseigneur le Dauphin , avec les gardes et gens-d'armes de Monsieur , sous le marquis de Rochefort brigadier. Le marquis d*Humieres lieutenant gênerai estoit de jour , et le comte de Yivone ma«reschal de camp prit la place du sieur de Potdwits , de mesme que le comte de Chamilly ayde de camp, celle du sieur Biscarat. En ces deux attaques le travail fut poussé plus de cent pas , et parfaitement bien fait. Le duc de Chevrcuse mestre de camp du régiment d*Au> vergne y receut une mousquetade au visage, de mesme que le sieur Raymond enseigne aux gardes , une k la teste qui le mettoit en danger , et un page du oomie de Chamilly eut aussi une contusion à la teste.

d^QOlSMÈ SiÉÊiÉ. 25i

A la pointe da jdiir do xxi une bâferiè de ^piecM de gros canon commença de tirer contre la porte de Five , et sur les dehors de la place. Ce qui réjouit fort la tranchée et tout le camp , et jetta les assiégez daûs un profond silence.

La nuit suivante , le second bataillon des Suisses à la droite , el lès regimens de Turenne et de Gastelnau h la gauche /relevèrent la tranchée ; la garde de caya-' lerie esloit composée des cheraux-legers du Ro^ , et! des rumens de Fourille , d^Âuvergne , et dé Bouillon. Le sieur de Pradel releva le marquis dllumieres; de' mesme que le marquis de Pegùilain , le coiliite de Vi- Yoné , et le baron de la Gardé , le comte de Chamilly.

On agit encore aveé tant de vigueur cette mesme nuit , que le travail fut poussé jusques k cent pas du glacis de la contrescarpe , et avec tant de bonheur , qu*il n*y eut qu'un major des Gardes Suisses tué ; et le canon fit tant d'effet depuis la pointe du jour ,' qu'outre la ruine des dehors , et d'un espace considérable de la muraille du corps de la place , il démonta celuy des assiégez , à la reserve de quatre pièces de manière que dés lors il ne leur restoit presque plus que Tusage de leur mousqueterie.

Le xxci les regimens Lyonnois et de Louvigny , relevèrent la tranchée à la droite , et ceux de Sault et d'Harcourt à la gauche , avec leurs quatre colonels en teste. La garde de la cavalerie estoît composée des gens-d* armes Escossois /des chevaux-legers de monsei^

252 GHifiuiiiiB siian^

gneur le Dauphin , du re^ment de NogWl colond » elr^cs QbçTauxrlegers du4uq de Lprraipe , sous lesHpuur dcj ^eauTezë brigadier , et 4e marquis de .BeUefons leH le^fa le sieur de Bradel , le marquis de ft<CNrge Televu :I|^; marquis de Peguilain ; et le m&rquis^ cjle Yillitrt , lf|« le baron de la Garde.

, Le trayail fut poussé 4e mesme |d heureus^m^^im deux attaques qu'à celle des gardes on arrita à^^llPl; pas d\k glacis , et à celle de Picardie plus ayant eocQfipi^f quoy qu*on fut troublé cette nuit-là par dew#laipia|i de quelques gens sortis de la place , plutoslp^^r jr%^ connoistre que pour rien entreprendre , et qui luf^inlt

i promptement repoussez» qu'ils n'eurent pas leleqf^ d'exécuter leur dessein. Le marquis de Lorge reœol en cette occasion un, coup de mousquet au b^ul; ^ la cuisse ,, et le comte de CbamiUy un à Ja.jambe^i;. j

La mesme nuit deux officiers anglois s'eitani ffodiii, au camp , assurèrent que notre canon avoittué quatre ^ des meilleurs canonqiers de la ville , avec ^n des prii^. cipaux bourgeois » et que tous les habitais. CQCprpt, avoient sur cet accident déclaré au gouTjçrneur t Wà si dans le samedy xxvii il ne recevoient Iç secQui^ leur avoit fait espérer , ils feroient leur Ces deux officiers ajoutèrent qu*il y avoit quatre fotti^ neaux sous la contrescarpe du costé des attaquet^^el promirent lors qii^^il plairoit au Roy , de montrer kli endroits où ils estoient.

Cependant les bourgeois de la. place qui. an tpWH^

mencemeni du «egç , aToient par raillerie lût dresser devant rhostel de ville «m ^grand cheval de ix>ii » auprès duquel ils avoieiiimia une botte de foinavea cette inscription ;

Oest bien en «m», Françoiê, que wntt penses nome prendre, Encor que tout secoure noue manque au besoin : Vjous perde» vostre temps <, pluiosiiqu'on nous fipyerenirei Ce chevqt mangera cette boite de foin,

commencèrent à changer la raillerie en un ji^ effiroy, et à penser à leur salut. ,

n fut aussi fait un grand tableau , dans Içquel estoit peint le petit prince d'Espagne. On porta ce tableau dans toutes les rués , à quoy fut ajoustée une exhortation publique» de prendre la defiense de ce jeune prince y duquel (disoit-on) l'on vouloit envahir les estais»

Il fut pareillement fait des levées dans la ville d^enyiron 8000 hommes de toutes sortes de mestiers ; et la pluspart des femmes du petit peuple , dont les maris festoient soldats , furent enfermées dans des couuens et maisons particulières , pour éviter les clameurs et rémotion lors d^une défaite.

Enfin iamais la politique et la discipline militaire ne furent mieux pratiquées pour se bien defiendre , si le destin de cette place , et le bon-heur de nos armes , ne Teussent forcée à se rendre.

S54 aUQUi^affi siiofJ^

Dans ce même temps et le um m iMtiti 1è tàwf^ qiiii de Creqiiy arriTa au camp avec sa ca^élékîè'èi* set dragofis. Sr M. ayant eilVoyé la premiei^ sur 'lit rivière du Lys , pour observer la conlenanœ étéeùiàP mis ; elle luy ordonna de demeurer au siège , pour y

sertir comme les autres lieutéoana généraux. '^^ ^^ >

Le soir le régiment du Roy commandé par lëtiiir<^ quis d'Anjau , releva ceux de Lyonnois et dé hàkii^ii^gt!^^ et le régiment royal commandé par le marquis de Fias refile , et rinfanterie de Lorraine , relëTeiretit éebk'tte^ Saull et d'Harcourt. La première compagnie déTiiybilrf-^ quetaires , le régiment du Plessis , et un escadron des gardes du duc de Lorraitîe entrèrent aussi' en^ garae sous le chevalier de Fourille brigadier , et le comkiil^ Duras estoit de jour : le sieur le Bret entra i là IrsiÉh' chée , ainsi que le marquis d^Ârèi en qtililHé d'aidé et camp du Roy. Chacun s'acquitta si bien dé iion détbli^ aux deux attaques , qu'elles furent poussées à douM oit' treize pas du glacis , chacun vers un anf^e saillant ; celuy où arriva Tattaque de Picardie , eàààV tme cs^ponniere.

Les assiégez se relaschans un peu cette niiit-âk^da' W vigueur qu'ils avoient toujours témoigné» , lié firèlil' pas si grand feu qu'a l'ordinaire , et l'on y eut^iiéétè» ment quatre ou cinq officiers blessez , outre le diefâ» lier de Signac ingénieur qui y fut tué d^une tndyli|llô» lade au front. * ' '

Le XXIV sur les cinq heures du soir le premief 6ft-

tailfon des gardes rentra dans la Mndiée ; iel les rëgimens de Picardie eî d^Orlèans retoumereDt aussi dans la leur ; la garde -de cavalerie ayant este donnée au second escadron des royaux , aux regimens dé Gana-^ pies et de Choiseûil , et & un escadron de Lorraine , sous la conduite du marquis dé Renel brigadier. Le marquis d^Hiittiieres estoit de jour , et le sieur de Potd* wits entra à la tranchée avec le marquis de Saucburt ^ lequel estant arri?é depuis peu d*Oudenarde , où il estoit demeuré malade ^ 8*y troiiTa aussi comme ayde de camp de la part du Roy*

Sur le minuit au signal que le canon doiina , les gardes k la droite , et Picardie et Orléans à la gauche attaquèrent la contrescarpe avec tant de vigueur et dé succès , qu*ils firent chacun un loganent sur le haut de la palissade , et se servirent mesme de la caponniere , pour se loger dans le chemin couvert d'où ils voyoient entièrement k fossé du corps de la place. (1)

Les capitaines et officiers détachez de ces deux attaques , s^acquiterent tres-faien de leut* devoir en cette occasion ; où le chevalier d'Assigny , et les sieurs de

(t) Saîtant le baron de WoerdeD « la ooDJoDctore fat faTorable an\ » attaqaans , en pe qn'one pbye fort grosae et oonthraelle ayant atteint » toatet Ica meecbea ei ayant reodn toatcn lot annea à fin inatiloi » le^ t» asaiégét ne purent s'oppaaer anx François qa'à eoiipa de maint; éiaai M ces derniers se logèrent snr le cbemin coa?ert et en firent la descente » avec plas de facilité qu'ils n*anroient pa espérer dans un antre temps •• ionroal historiqne» tome 9, p. 345. Lille, 1686.

(QaToy y lieutenans aax gjBor^es , de Ville Diea ,M'éi I^rerigny-Ramboûillei çapitoipe» de Piciurdie ; ftninft ^ez en 8i|palao t leur courage ,» etr le rieur Dei^la ilieiir^ tenant aux gardes fut blessé au oolr Les Tolont^iletifui ne manquèrent pas de donner par tout des marqui^ de leur bravoure , s'y firent particuUeraBent ïïtamth quer : entr'mitres le chevalier de L<Mmkie » doi^ ilit avantages de la nature respondent ri digaçmmXkjomm de sa naissance. Le comte de saint Paul ,.1ci,|^biim^ GoujTtenay , le comte de.Fontaine r le marquis de^Bmh val , le comte de Mare , le rieur de la Mothc^i^dieloilb avec son fils ; les marquis de Bonneval et de llonine » le chevalier de la Frette , et le sieur de PidUeipip^ga de la grande écurie , de mesme que plurietirf,at||B|i|. Le marquis de Fourrille > et le rieur Caftiniil,t|l4i^iAl| camp de Pradel » voulurent estre du raitg.di^.iitliBNH laires en cette occasion. Le marquis de Bambwn %fm la marquis de Fontenille son neveu, qu9itie.€iPçpiQ9i| de son riment , et les sieurs d'E^pin^y #t-dft|lnplll \ dal aussi pages de la grande escurie , méritèrent particulièrement des louanges , pour avoir po>iiss6 juiqvea i la demy-lune , opposée k Tattaque des gardei i fl y avoir tué plurieurs des ennemis , dont le potable M les empescha pas de faire bravement leur retraite. Le marquis de Rambure y fut blessé de deux coupe de fléau à la teste , et un des officiers de son r^npeiit à demy enterré d'un fourneau , dont il se sai^ve pompe par miracle. Le marquis de Longueval volootaiieiairte en Tair d'un autre fourneau , le chevalier de Loiielii eut un éclat de grenade à la jambe, et le comte* de saint Paul un au bras. Le rieur de Cavoy ayde à^^fiÊ^

•^^^àÊ

aifQmim sdAt. 1ES7

fut aussi blessé aved le tiéurde Memomt^ el le ohet»lier de Clermont , page de la grande escoHe.'

Le xxv sur les dix heures du matin , le premier bataillon des Suisses alla par ordre du Roy relever celuy des gardes, qui se trouva fatigué de la pluye continuelle tombée pendant la nuit , outre que leurs mousquets eatoient hors d'estat de tirer , à cause du trop grand feu qu'ils aToiént fait : mais avec tout cela , ce corps fit toutes les difficultés imaginables de se retirer. Incontinent après , les regimens de Champagne et du PlessiSy eurent aussi ordre de relever ceux de Picardie et d'Or* leans ; mais il fut impossible de les fiedre sortir^ qu'ils n'eussent achevé leur logement sur le chemin couvert, tant il est viray que chacon se picquoit là généreusement , de ne céder k aucun autre en bravoure , sanè doute à l'exemple de S. M. qui prenoit part à toutes les fatigues de ses soldats , et qui leur montroit par sea glorieuses actions , de quelle manière il faut ouvrir le chemin à la victoire.

Ha ! qt^U est glorieux éP imiter eè grand prince , Et de suivre l'exemple du plue parfait des rois, . S'il a êoeu en iroiaimois gagner une province , Il êoûme^a bèen^toet des trànes sous ees lois.

Le soir du mesme jour xxv les Gardes Suisses , le comte de Soisëons àleur teste ; relevèrent les FVançois ; et les regimens de Champagne et du Plessis-Praslin ; relevèrent ceux de Picardie et d'Orléans. La garde dé cavalerie fiil aussi relevée .par le premier escadron chl

S$8 .GmQuiÈifB srkw.

régiment royal estranger ^ et les f^meossrdé BM, iclft Monglàs , et des Fourneaux , avec |in escadron des Lorrains sous le sieur de Bissi brigadier. Le sieur de Pradel lieutenant gênerai estoit de iour , avec leoutfe de Yiyone mareschal de camp , et le oomte dallait ayde de camp de la part de S« M. Sur les neuf hwNi !Û2 pièces de 24 livres n^ngées sous la contresdnp^» solemniserent la feste de saint Louis avec les demLlMfr» teries de la jUrancbée , par trois salves k baie aor ville. Ce qui inspira aux. nssiegetB une alamè ; effroy , à quoy ils ne s'estoient pas atteddus^n* pas accoustumez à ces sortes de cérémonies.

On avoit aussi disposé toutes choies , |>our.ielogir dans les demy-lunes opposées aux deux attaques^ mail un caveau s'estant rencontré dans le travaît desâiMMii ^'obscurité du lieu et de la nuit , fit pimdre la dfiis pour la gauche, et après avoir beaucoup tralniBlè^ on reconnut qu'pn avoit reculé au JÎMd^aianeer; ainsi Champagne et du Plessis-Praslia, Ht voyiual|ioiiit commencer les Suisses^ ne donnèrent pas à leur demy* lune ; mais il n*y eut rien de perdu^ car^ Içi di^if legemens s^y trouvèrent plus estendus, çt4*uiie mm^re qui facilitoit fort le succès de l'attaque deeea2 deoqr lunes , en laquelle un enseigne suisse et un jqfdaimgory furent dangereusement blessex.

Le x^i au matin le second balailloii>deÉ' pÊàm commandé par le sieur Magalotî , et lesvegHwas SkÊh ^rergne et de Caramini relevèrent la tranchée ; «» lediic de Qievreusft nonobstant sa l>le8Bi]re se 4isl k ki «ma

jde son bataillon ; mais quelqi^es supplication» qull fist au Roy pour obtenir de S. M. qu'Ole luy parmist de faire sa garde , elle luy ocmunanda de retourner en son quartier.

Cependant les gardes continuant de pousser et d'estendre leurs sapes , les assiégez leur opposèrent une si furieuse greçle de mousquetades et de grenades , qu'encore qu'ils les essuiassent avec la dernière valeur et fermeté , elle leur fit perdre quelque terrain^ outre que le sieur Magaloti se signalant à son oitlinaire y fut blessé d*un coup de mousquet au travers du oôrps , le sieur Godonin lieutenant tué d'un coup de grenade^ et le marquis de Biscarat qui avoit pris la place du

comte du Lude eut le bras cassé d'une mousqiietade.

Quelque temps après les assiégez sortirent arec eat vallerie et infanterie , mais après une légère escarmou-^ che ils se retirèrent en diUgence , de crainte d^estré coupez. Sur le minuit du mesme jour xxvi les deuit demy-lunes ayant esté attaquées , ks gardes donnèrent à la leur par deux endroits , et les deux compagnies des mousquetaires que le Roy a,Toit commandées ex-^ traordinairement , donnèrent aussi en mesme temps par deux endroits^ Le comte deMontbron » lieutenant de la seconde compagnie y entrant le premier > y rën^ contra deux cents espagnols^ et comme la aentmelle luy eut demandé par plusieurs fois , qui vive i^ il ré^ pondit tousiours , amy^ jusques à ce que to^^ànt sa troupe s'approcher , il cria , vive Louis , et chargea avec toute la vigueur imaginable^ Aloiji«haciiiiiiiottta

de son costé ^ et les Espagnols se jetterent dans le fessi^' où plusieurs fureot noyez ou tuez sur la place ,' 41 quelquefr4ins pris. Le sieur Bonyisî aide major dci gardes , y fui blessé à la bouche , le comte de Tonnée Gharante à la cuisse d'une mousquetade , et le marcpb de Bourbonne k l'œil d'un coup de piq[ue.

Entre les volontaires on y remarqua particnliMi»^ ment les deux jeunes Feuquieres, qui ayan^>veet|i plusieurs coups de mousquet , aussi^tôst àpréi: qjû^M eurent fait mettre un léger appareil k leurs blesliiM» retournèrent donner de nouTcUe preuves de Umâ tioiûk rage f de mesme que le sieur de la Perriefe« , :. 4

£n mesme temps les regimens d'Auve^giie^ Caramini , celuy cy commandé par son colond , portèrent Tautre demy-lune, où il y avoiteéiiilâmquante Walons ; le comte d'Auvergne avec tmiiiaiMpes volontaires y y monta des premiers Tespée^à la iaaiii^ et le due de Ghasteau-Thierry y signala partMaiKege* ment sa bravoure , de mesme que le prince d^ArcoiM qui eut deux coups dans ses armes , un À Tespauk^ et fit prisonnier un espagnol. ' : * h

Aussi-tost que les Lorrains eurent esté assiirflft^%#i| mitdes pièces en batterie sur la contrescarpe^^ pair*!! moyen desquelles on commençoit de rmner unsi^Si^ pece de fausse4>raye et le parapet de la ce«urllii#^ mmê les autres deflenses , comme aussi k faire des* taiBi| dans la muraille pour attacher le minew ^ etde pij^piaii rar4es iMaUea pour paaier le fossé. Mais ki|»oaqpM

de la place bien informez de V estât des c^^oses , se voyant pressez jusqu*à cette extteiftité, tinrent assem-^ blée à Phostei de Tifle a deux heures âpres minuit , oii il fut résolu de députer vers le comte de Broûày gouverneur , pour luy demander à voir tes dernières lettres tpi*\\ avoit receûes du marquis de Gastel Rodri-^ gue touchant le secours qu'il leur avoit fait espérer pour ce jour-'là , afin ensuite d^aviser à ce quMls au-* roient à faire i Le comte d'abord leur en donna verbalement toutes les espérances possibles , et les exhorta de nouveau à estre fidèles à leur Roy , mais ces deputels qui aVoient ordre de ne se point contenter de paroles ; le pressèrent si fort de leur faire voir ces lettres , qu*il ne se pût empescher de les leur monstrer , et comme par la dernière il ne leur faisoit espérer le secours que. dans le x septembre suivant^ et encore avec peu dé d*apparence ; ils luy représentèrent , qu'ils voyoieht bien qu'ils eitoient abandonnez du Roy Catholique, et qu'ainsi ils ne pouvoieùt pas préférer une fidélité inu^ tile à leur salut , et à leur ruine entière , où ils se Voyoient exposez. Que s^il y avoit 1% moindre appa* rence de recevoir du secours , non seulement dans dîjk: jours , mais dans vingt , ils feroieiU leurs derniers èf ^ forts pour conserver cette place h leur maistre; Mais qu'estant bien informez qu^il n'y aVoit point d^armée sur pied , qui pAst les délivrer ny' résister à celle de France , ils le prioie<it la larme à Tceil de trouver bon qu'ils fisSfAat leur capitulation dans le jour , poui* prévenir la désolation , dans laquelle ils alloient tomber. A cela le gouverneur leur fit responce. Je ne tous donne point ce conseil , tous fe^z ce que vous voudrez

262 anQuiiiu »<ait.

apréê ce ^ej0 viens de «om tûpteêenter, puis fiie/r

n'en euis pa$ le maietre. Aussitost après le rapport db

ces députez à rassemblée , qui alteodoit leufirelour ,

la capitulation ayant esté résolue , ils chargèrent les

mesmes députez d'aller sur le ramparl avertir de leur

resolution , où s'estant rendus , ils commencent à crier:

Ne tirez plus y nous voulons traiter. Ce qui ayant eslé

rapporté k S. M. elle ordonna qu on cessast de tirer ,

mais dans le mesme temps quelques Tolées du canon

de la batterie appelée du Meusnier , ayant été lasdbées

du costé des assiégez , peut estre sans sçavoir ce qui

se passoit , nostre batterie recommença à tirer et à

abatre plusieurs maisons. Cela obligea les bourgeois

de revenir encore sur le rempart crier , Qt^on ne tire

plus , nous vouions parler ; et dans le mesme tempe

le gouverneur ayant fait batre la chamade à Tattaque

de Picardie , Sa Majesté en ayant eu avis k son réveil ^

et qu*il faisoit sortir des officiers pour traiter des

conditions bous lesquelles il la vouloit remettra t elle

jugea que le comte de Marcin s* estant avancé le jour

précèdent aveç.4pute Tannée qu'il commandoit, il

ne seroit pèut-estre pas impossible de le joindre en

marchant avec diligence. Elle envoya aussi tost éveil*

1er le mareschal de camp gênerai pour lui oomnuini*

quer sa pensée , et résolut avec lui d*envo]rer ordre

au marquis de Crequy » lequel estoit campé avec ses

troupes depub Comines jusques à Vameton , de mar*

cher avec toute la promptitude possible vers saint Eioj

et Vives , qui est entre Courtray et Dainsse sur la

rivière du Lys , et de se fortifier de Tinlanterie dn

mareschal d'Aumont avec quatre mille chevaux dt m

cnfQniÈm siÉm^ 263

oavallerie qui estoit alors campez proche de Toumay. Pour cet effet S. M. donna aussi ordre au marquis de Peguilain mareschal de camp d'aller prendre des troupes à Toumay , et manda au mareschal d' Aumont de venir à Tlsle pour y commander jusques à son retour.

Cependant ayant envoyé ordre à la tranchée qu'on cessast de tirer , le gouverneur fit sortir le marquis de Richebourg frère du prince d^Espinoy , accompagné d'un capitaine espagnol , et d'un capitaine anglois, qui vinrent trouver le Roy , poor deiviander à Sa Majesté au pom du comte de Broûay, quatre jours pour donner avis au comte de Marcin de Testât où estoit la place, ' mais S. M. ayant fait réponce qu'elle s'estonnoit de cette proportion ; puis que pour peu qu'ils attendissent , il ne pouvoiènt éviter d'estre faits prisonniers de guerre , elle chargea en mesme tempt et en leur présence le marquis Darsi l'un des âydes de camp , d'aller k la titochée fsire tirer. 11 s'en retour^ nerent fort consternez.

Dans le mesme temps le comté de Grammont estant arrivé auprès de Sa Majesté , ayant sceu ce qui s' estoit passé , il luy témoigna son déplaisir de ce qu'il venoît d^apprendre, mesm6 représenta à S. M. que ce qui avoit eiQpesché un accottnnodement , estoit peut-estrè de ce qu'elle avoft para trop indifférente à recevoir des soumissions de la plus fiére nation du monde ^ et que dans telles occasions elle sçavoît bien qu'il fi'y alloit rien 4'un granid ôéiiqùéranl de 'traiter avec uni

264 ONOiniiiB suSge.

peu plus de complaisance des ennemis h demy tùa^ eus , k qui il ne resloit que cette seule consolalioa dans leur mal-heur , mais que comme il esidil ccttnii du marquis de Richebourg , si S. M. souhaitoil il a» rendroit auprès de luy, el tascheroit de ménager to choses en sorte que S. M. recevroit de la satis&MSliMt de son entremise.

. Sa Majesté qui est plus incline à la démence qii^à« la rigueur , qui estoit jalouse de la conservalîoa éb ces peuples qu'elles regardoit déjà comme des sujets reconquis , où le sort glorieux de ses avoit moins de part , que leur iustice , el qui d^nMWtewi estoit toute persuadée de la prudence et de radrjMp du comte de Grammont , dont il aToil déjà doué dat preuves signalées lors de la réduction de la Tflfedbi Doûay, elle receut favorablement son^vis , el Imf* permit de joindre le marquis de Richd>ourg* Au mÉir me temps estant party à toute bride il Talteigoil à l'entrée de la porte de la ville , et il sceut ii bien persuader à deux sentinelles qu'il rencontra , qu'il n'ealoil pas suspect , qu^elles le laissèrent passer, et Tajranl abordé après les civilités d'une ancienne connoiMaioey il luy représenta si judicieusement rimportanoa el lu nécessité qu'il y avoit de ne pas obliger S. M. à pouaiar les choses à bout , et que n'y ayant plua qu'à combler le fossé , pour entrer dans la place , ce qui poiniil estre le travail d'une nuit dans Testai auquel filiwmt les choses, il en pouvoit arriver de grands mal-lieini» qui seroient généraux , el qu'ainsi il estoil obligé le devoir de son amitié el par l'interesl qu*il

ONQUIÈIIS SlAêE. 265

en sa conservation de luy donner cet avis , afin qu*on apportast plus de temperammeiit aux propositions qu'il ayoit faites ; et qu*à h^ reserve de ce delay qu'on demandoit pour rendre la place , qui estoit une demande extraordinaire , dans Testât où estoient les choses , et & un Roy présent ; il Fassurbit de contribuer à ce que toutes les conditions faTOrables luy fussent accordées par S. M. Ce sage. conseil ayant esté secondé , de toute là force du raisonnement sur les maximes de la guerre , où il semble que ce comte ait yieiUy» bien que son âge ne luy ait pas encore permis d'en avoir de longues expériences , il sceut si bien persuader la vérité des choses k ee marquis , qu^aprés une petite conférence avec le eomte de Broûay , il revint avec les mesmes officiers demander à S. M. un généreux traitement , qu'elle leur promit , pourveu que dans le jour on lui remist une des portés de la place. Ils se retirèrent ensuitte pour revenir dans trois heures avec une réponce précise , en la manière qu'elle leur avoit esté prescrite. Ce qu'ayant exécuté , la capitulation fut signée; et après les seuretez ordinaires prises de part et d'autre pour l'exécution du traité; la ville fut remise entre les mains de Sa Majesté la nuit du samedy sxvii au xxviii que ses troupes y entrèrent.

Le mesme jour xxvii sur le minuit S. M. donna ordre que toutes ses troupes fussent prestes à marcher le lendemain xx viii au premier commandement qu'elles en recevroient et que la brigade d'inbnterie de Cham* pagne , et le régiment du Plessis-Praslin , avec ceUe de

266 cmoiîi&iiJB siiGE.

cavallerie de Renel eX de Bmi , qu*dle a^oil deslkitei pour camper dans la basse-yiHe de l'ble *trouTai^a[it & sept heures au matia , devant la porte appdlèè dcf Malades.

Sa Majesté n'y estant rendue à la mesme heure , en TÎd sortir la garnison en bon ordre , au nonibrt et neuf cens chevaux , et de deux mille (antassios , suw^ comprendre le régiment des Gurlins^, et ceuX'^Mla ville avoit levez pour sa seureté , qui s'estoieni iepirai dés le jour précèdent. • - J-' * '

Elle vid aussi entrer ses troupes dans ccftb ViHtt ^'iè elle alla ensuitte pour assister au Te Deum , qi#M devoit chanter dans l'église cathédrale. Ea liiëOè temps elle donna ordre au comte deLisleboanedi suivre le marquis de Grequy avec les LcMftaina ^fffk commandoit et de le soustenir en cas de beaoui. tSk Majesté fut rencontrée hors la ville parlecomlB de Broûay , qui se retiroit de la place avee sa ftMille » lequel fut accompagné jusques à la porte par une vingtaine de bourgeois qu'il avoit anùolilia , pmit quelques belles actions qu'ils avoient faiteÉV qitf lo^ firent leurs adieux d'une manière la plus totidMaitèdtt monde.

A rapproche de S. M. qui estoit au milieud^ime noBsbreuse troupe de seigneurs, dont elle ae aisément reconnoistre pour le chef, par cette dont le ciel et lé' nature Todt distingué du hommes ;

crNQiriÊin sttati fi67

Son port mmjoHueus , oeo fraeoê notnpèrMloM ^ Son auguêiô finiti el 90t^ atffict chtirnUmi^ Ne font qu'une partie de toute* le* merveille* ^ •Qui noue fo94 admira ce fmtéetês conquérant.

le comte de Broûay mit pied à terre , et vint au devant de S. M. pour la saluer , et lui faire son compliment. Mais il se trouva si interdit à la veûe de la majesté d*un si grand Monarque , dont la présence inspire le respect aux âmes les plus fieres ; qu'il ne pût dire un seul mot. Le Roy ayant reconnu son étonnement par son silence , S. M* avec sa fierté hénnque luy dit ces paroles ; JUr tay du déplaisir de voatre malheur, parce fue vous eues un galant homme qui avez fait votre devoir pour le service devostre Maistre, et je vous en estime davantage; Le comte estant un peu revenu à soy répondit : Sire , je remercie V , M. de ses bons sentimens , mais je tCay pas esté le maistre de la bourgeoisie : sans cela , f^ostre Majesté en parleroit encore plus avantageusement , et après une humble révérence il continua sa marche.

Il estoit suivy d'un cortège de plusieurs carosses attelles de six chevaux , et de plusieurs chariots, comme aussi de plusieurs chevaux de main des plus beaux qui se puissent voir, qu*il ofirit de fort bonne grâce à S. M. qui Ten remercia de mesme.

On remarqua deux choses dans cette occasion : La première que Ton croyoil que le comte* feroit saluer S. M. par une dame sa parente qui estoit de sa tuitte, comme il sembloit estre du devoir , de mesme qu'il fut

269 cisauiÈius siéoB,

fait à la sortie du gouverneur de Toumay , lequel pre-. Benta sa femme à S. M. qui luy fit rhonneur de la saluer.

La seconde , que les louanges avantageuses que S. M. donna au comte firent ( dit-on ) envier aux vainqueurs la glaire du vaincu.

Ensuitte S. M. estant entrée dans la ville , après avoir esté complimentée aux portes par le corps de ville ; elle fut d'abord visiter le rempart , et ensuitte elle assista au Te Deum , qui fut chanté dans Tèglisa de saint Pierre en action de grâce de cette glorieuse et importante conqueste. Elle fut receuê à la porte de cette église par leprevost assisté de son clergé, S. M. promit en la chapelle de Nostre-Dame de conserver les privilèges de la ville et les officiers prertdrent le serment de fidélité. S. M. ensuitte receut les respects de la Gouvernance y de la Chambre des Comptes el du Baillage.

Lettres patentes du Bai, pour Penregiitrûment et r exécution de la capitulation accordée à la Mie de Lille y aux Etats et à la Chambre des Campées*

DONNÉES A PARIS LE 1 1 AVRIL 1669. Regîstréef an conseil foavarain ût Touniar le 9 Mal sahwt

Louis , par la oracb de Dieu , Roi de Feàhcb et DE Navarre : A nos amés et féaux les gens laïaiis

notre conseil souTerain de Totimay , Sixur. Lorsque par la force et la justice de nos armes , la ville de Lille fui réduite en notre obéissance i il Nous fut présenté , tant par les députés de ladite ville , que par ceux des chàtellenies de Lille ,* Douay et Orchies , et par les officiers de la Chambre des Comptes de Lille , des articles de la capitulation pour la remise de ladite place , contenant 87 chefs , à côté desquels Nous fimes mettre les réponses que Nous jugeâmes à propos d'y donner, et voulans que ce que Nous avons accordé auxdits députés par nosdites réponses , sorte son plein et entier effet , et soit inviolableinent gardé et observé. A CES CAUSES , Nous VOUS maudous et ordonnons , par ces présentes signées de notre main , que lesdits articles , dont copie est ci attachée sous le contre^cel de notre chancellerie , avec les réponses que Nous avons fait mettre à côté de chacun d*iceux , vous ayez à faire enregistrer , et le contenu esdits articles et réponses , garder et faire garder , entretenir et observer inviolablement selon leur forme et teneur , sans permettre qu'il y soit contrevenu en aucune manière : Car tel est NOTRE PLAISIR. DoNNÉ à Paris Ic ouziémc d'Avril y Tan de grâce 1669, et de notre règne le vingt-sixième. Signé LOUIS. Et plus bas , par le Roi , le Tellibr, Et scellées du grand sceau de Sa Majesté en cire jaune.

270 axQmiiiB suîgb.

jérticlés propoiés au Uni fH»r les fUpmtéê de la vilh de Lille et ehâtellenie de Lille , Douety et Orehiee , manans et habittme d*icelles et enolmemems»

Répondu par Sa Ifijctté an camp devait Lille le 37 AoAt 1067.

Àecùrdé. L QuB toutes officDses et actes d*ho9tilitè commis devant et durant le siège , seront entièrement oubliés et pardonnes.

ÀeconU. IL Sa Majesté Très-Chrètienne est trés-humblement suppliée que tous prisomiiers faits de sa part , des villes et ehâtellenie de Lille » Douay et Orchies, el de quel état et condition qu'ib sont , seront relâchés et rendus libres sans aucune rançon moyennant payer leurs dépens.

jUcênU. UI* Q^^ 1a liberté de conscience ne sera jamais permisedans ladite ville, echevinage, taille et banb'eue, terres y enclavées et la ehâtellenie dudit Lille , Douay et Orchies , et aussi leurs enclavemeDS , aîns la Foi Catholique, Apostolique et Komaiue seule maintenue et conservée ; et le Roi est supplié de n*y établir aucun gouverneur, officier et soldat d*autre religion.

Accordé, IV. Quc le Goncile de Trente , publié et reçu dans les PayS'Bas , sera observé dans ladite ville et ehâtellenie et enclavemens , comme aussi Tédit perpétuel de 1611 et les ordonnances royaux observés jusqu*à présent dans ledit Pays-Bas.

Accordé pour V. Quc le peuple , manans et habitans de ladite JslMajeuéio^ ^^"^ ^^ ^^^^ ^* chàtcUenie, seront régis, gouvernés

aNOuiÊm snfGB. 271

'x, mais et administrés par les Etats aTec ceux de Douay et ii7m Orchies : ladite ville de Lille faisant un membre, celle par Sa de Douay un second , celle d'Orchies un troisième , ies îrou' ^^ '^^ châtellenies autre membre , en la même forme t est&tM et manière qu'ils ont été par avant le siège , et lors- ^'^jlgelâ ^"'*'8 étoient sous Tobèissance de Sa Majesté Catholipropos , que, avec observance de leurs droits, usages, privilèges^ ùre'iM' prérogatives, jurisdiction , justice et administration Elle ta' accoutumés y sans y pouvoir lever aucunes contribu-

Ho^^'turà *'^°' ^ ^^^^^ ^® guerre , et que , suivant ce , les aides , que le subsidcs ct autrcs subventions du Prince , se requere-

cZuan" ^^^^ ®* accorderont , ensemble les moyens pour y fournir , se pratiqueront en la même forme et manière que du temps de Sa Majesté Catholique , et ce , à propor^ tion des cottes et contingent assignés par les lettres de transport accordées par Sa Majesté Impériale de Tan 1553; lesquelles s'observeront aussi au regard de toutes autres dettes et charges par eux contractées communément.

i voira à VI. Voircs quc ladite ville et chAtellenie, en conmner Us sidératiou dcs grandes charges supportées , frais , mi-

4e lui de-

lesdiis seres et ruines des biens aux champs , seront exemptées t fidélité çi affranchies d'accord d'aides et subsides^ et autres 'êonser- tsiUes OU gabellcs de Sa Majesté , pour le terme de six ans.

Accordé. VII - Quc Icsdits états seront maintenus avec leurs mêmes députés , les juges qu'ils commettent de leurs impôts, et officiers, tels que pensionnaires, greffiers et receveurs , et autres , pour faire leurs fonctions et

272 cn^QCièME siiOE.

offices , aux mêmes droits , gages , émolutlieas , pritilëges , libertés et exemptions dont ils jouiflKût prèado^ lemeni , sans y rien changer ni altérer de la pan de Sa Majesté. * ^ *

A cet article eii VIII. Qu'il ne Sera mise aucune imposition ooiâirépondu en rar- pitation sur ledit pavs et inhabitans , que par oollfil-

tide ci-desiui, . * . t*. .. . , . » ^

cation et consentement desdits états , en la mttmere < accoutumée , et comme on en a usé jusqu*à ptèieÉEil.

Accordé en IX. Que tous les impôts et moyens courans aerriôs prenant des let- ^ acquitter les charces anciennes et nouvelles ^ wb kté^

très d^antoritO' * ° • -

tion pour les non- 'Ont pour être employés aux mêmes fins , et encaide velUt impositiom courteresse , que s'en lèveront d'autres pour ylburiw;

parmi Tautorisation qu'en donne Sa Majesté par celte.

^^^f»^' X. Que rassemblée desdits députés et ôffiden ie continuera avec le même nombre de persoDOf^ qp s'est fait jusqu'à présent , sans en adjoindre d'autres', ni les diminuer , devant iceux être tous naturels sujets des Pays-Bas , pourvu qu'ils soient habitués depuis longtemps ou nés dans les villes et lieux soumisàTobèiisance du Roi.

^^:^9^» XL Que les receveurs desdits états ne seront sojtis de rendre compte de leurs entremises , si ce n'est pardevant lesdits députés , et que ceux qui ont été pareils ci-devant rendus , ne seront sujets à aucune rttue, et que les ordonnances et décharges qui leur ont été et seront faites , demeureront valables , sans en Tuirél en l'autre cas , à l'occasion d'icelks , ou aul

ciKomiMS stÉm. 273

pour cause de leurdites entremises , pouvoir être aucunement molestés ou inquiétés.

fpouren ^'^ Q"® Icsdites viUe de Lille et châtellenie jouilaméme rout pleinement et paisiblement de tous privilèges , yw/ -^ coutumes , usages , immunités , droits , libertés , frantnt. chises , jurisdiction , justice , police et administration à eux accordés , tant par les* Rois de France par cidevant , que par les Princes Souverains de ce pays ; comme aussi de celui de non confisquer esdites villes de Lille , de Douay et Orchies , et châtellenie , pour quelle cause et crime que ce fut , même celui de lése- Majesté divine et humaine , même les bourgeois dudit Lille seront affranchis du droit de firancs-fieis et nouveaux acquêts.

Ucùrdé. XHI* D^ plus y que lesdites villes et châtellenie , communauté et habitans d'icelles , auront privilège de regnicols et de naturalité , en vertu duquel seront tenus % en tout et partout pour originaires sujets de Sa Majesté, exempts du droit d'aubaine , et de toutes autres choses à quoi les étrangers sont soumis , capables d'acquérir tous biens sous Tobéissance de Sa Majesté Très-Chrétienne , et d'y succéder , et en ordonner comme ils trouveront convenir , ensemble d*être habiles d'impétrer , avoir , jouir et tenir tous offices et bénéfices.

ccordé. ^ÏV. Et comme ladite ville et châtellenie a prêté son crédit aux Princes Souverains de cesdits pays, pour divers et notables sommes levées en rentes avec a£Fectation des boi9 de Nieppes , bois de Mormal ^ autres

274 CQIOIII&XK SléOE.

domaines et assennes , et des aides eisubsidet accofiép et à accorder par lesdils états , Sa Majesté Très^Glifè* tienne est très-humblement suppliée de consentir que lesdits de Lille et chAtellenie seront payés sur lésdfilea parties assignées , avec ordonnance et autres eipUà* tions nécessaires aux receveurs , tant pour les oanou échus f qu'à échoir ; en monnoie de telle râleur qat les rentes ont été créées et constituées , demeonusl néanmoins le choix auxdits de Lille et chAteUenied^an faire la déduction sur lesdits aides et accorda » 4ÉMi qu^est expressément conditionné par les lettres d*etty» gageres données à ce sujet , de quoi Sa Majesté 1^ aii^ torise dès maintenant pour lors , en parole de BjÊk% sans être besoin d'autre acte que le présent*. • - ':j

Aceordi pour XV. Que toutcs rentes d&es par ladite ville et ks énjomràPégard ^^^ d'icclle et châtellenic dudit Lille ^ Dooay «t .Or-

de Fauioruaium , . l l /

eniamamerepor' chies , tant conjomtemeot que séparémeol;^ seront téé par^iicU ^«^nservécs aux propriétaires , comme aussi de toutes

dettes créées durant et devant la présente guerre , pour Tacquit desquelles seront continués les impôts dsiir' très moyens y destinés et affectés ; et comme il y pjsiit ou pourra avoir ou survenir courteresse pour VêOffÊik d^icelle , Sadite Majesté est pareillement requise de les autoriser ( comme elle fait par les présens articles ^ SSM être néc^saire d'autre octroi ou entérineoBeal ) é^SA mettre sus de nouveaux pour y subvenir , en quoi seront aussi comprises toutes obligations dcsditsii tille et chàtellenie , ou sommes levées à intérêts sotts: crédit ou de leurs receveurs , sans qu'elles être débatues ni querellées , sous quelque couleiv^pe

aN(^iiini jnteB. 275

ce soit y et en aeroDt continués les cours annuels suivant qu'a été bài , jusqu*au rachat ourembours.

xordé, XVI. Que toutes autres dettes contractées ayant et durant le siège , et à contracter par le magistrat moderne de ladite ville et lesdits états , tant conjointement, que séparément et subséquens ; seront aussi payées , soit qu'elles soient liquidées ou à liquider , le tout sous brevet ou billet d'ordonnance à dépécher sous les noms et par lesdits magistrats et états ou députet d'iceux , en la manière accoutumée , et seront tenues pour légales , les autorisant niéme , Sa Majesté , déi; maintenant, pour y fournir , de pratiquer tels moyens qij^'ils trouveront convenir moins onéreux au peuple , même de les lever en rentes , comme il s'est fiiit du passé.

cartU^ XVII. Que toutes dettes et rentes déjà contractées avec les cours échues et à écheoir par et sur les communautés et particuliers » se paieront en monnoie, selon qu'elles ont été contractées , sans qu'icelles soient sujettes à aucune modération ni quittance sur le pied de la diversité des édits.

cordé. XVIII. Que les receveurs , argentiers , collecteurs et tous autres ayant eu maniance des deniers d'ioelle ville et états , ne pourront être inquiétés ni recherchés des deniers de leurs entremises par les officiers de Sa Majesté Trés-Chrétienne , pour quelle cause que ce soit , ni leurs comptes sujets à aucune revue ; mab toutes les mises qui leur sont évaluées jusqu'à présent , demeureront pour valablement allouées*

â76 GfNQUIÂME SitiGE.

Accordé. XIX. En oulre , que toutes quittances , modénn fions , donati£s , récompenses faites jusqu'à présent cf à faire , seront aussi tenues pour légitimes et dùement faites , sans être aussi sujettes à ultérieures recherditts et syndication.

Accordé. XX. Que les aliénations faites Jusqu'au jou^ de œ traité pour la nécessité de ladite ville , tiendront , nonobstant que seroit entrevenu défaut d'autoriiitioii oa autres solemnités requises. - -

Accordé. XXL Et psrdcssus cc que les résidus de belles dùei à Sa Majesté Catholique à cause des accorda k Elle fM|| demeureront éteints , soit qu'ils fussent acceptés ou «Mb

ff

Accordé. XXII. Que le renouvellement des rewart , majeur, échevins , ceux du conseil , voires-jurés ^ kuii |iiêiid'hommes , appaiseurs , gard-orphenes et «otrei siégaa subalternes de ladite ville , se fera toos^ les «M à fai Toussaint, conformément et précisément adbn les chartes et privilèges d'icelle ^ présentement obMrvée et usités , sans aucune diminution ni augmenlationdei personnes , ni des commissaires à dénommer par Se Majesté , et qu'au magistrat d'icelle ville, tous auirap ausquels jusques ores il a appartenu , sera difllaisifi à toujours le droit de conférer les offices et chargea ^*3i ont conféré jusqu^à présent.

Accordé. XXUI. Que ne seront créés aucuns magiatrala ni aucun en iceux , ni commis autres officiers de ji en icelle ville , taille , échevinage et banlieue que

turels du Pays-Bas^ et ayant les qualités requises par les coutumes et privilèges de ladite ville « et ne pourront être vendus , ni engagés aucuns offices non plus de justice que de ceux étant à la collation ordinaire du magistrat de ladite ville » ains leur sera ledit droit conservé et maintenu inviolablement pour les charges et offices qu'ils ont conservé jusqu'à présent.

wAf. XXIV. Que ceux de la loi créés au jour de Toussaint dernier seront continués dans leurs respectives charges de magistrature le temps et terme ordinaire*

\ té' XXY. Et aussi que les conseillers pensionnaires , ^ ^"! procureurs , greffiers et receveurs de ladite ville , et s né' bailli, prévôts, lieutenans, ores qu'aucuns fussent ^**' amobilés , conseillers assesseurs , avocat et procureur s iê fiscaux , dépositaires , tous greffiers et le prévôt de ^'^' campagne et tous autres officiers , même le receveur des aides et domaines , seront conservés en leurs états et offices leurs vies respectives durantes , ainsi qu'a toujours été fait , avec tous les mêmes droits , privilèges et émolumens dont ils ont toujours joui et jouissent à présent.

rdé. XXYI. Que les corps et communautés des métiers de ladite ville seront conservés et maintenus sous la jurisdiction , justice et police dudit magistrat , comme ils ont été du passée et que nuls desdits stiles , ni manans et habitans d'icelle^ ne pourront être transportés en autre ville par colonie ou enlèvement desdits artisans , ouvriers , ouvrières et gens de métiers , fut par

autorité ou incitation secrette.

27S ciUQUiimB si^gb.

Aeoftii. XXVII . Comme aussi que sera permis à tous ira* nans et inhabitans d'icelle ville , de hanter , fréquenter et conférer par ensemble , tant en bourse (pi^ailleim par les marchands et tous autres , sans leur être donné aucun destourbier et empêchement.

Àeeorié. XXVIII. Qu*au cas que Sa Majesté seroil senrie , ou trouveroit bon de réduire Tévaluation présente des monnoies pour Favenir au pied de celle de France » tputes dettes contractées auparavant telle rédudioii pour lettres de change , cédules , obligations , ratée héritières et viagères , tant en cours qu'en cas de m» chat , rendage de censés , louage de maisons , el géoi« ralement toutes autres devancea^ se payeront avec atig-t mentation à proportion du rehaussement d^icdlM; suppliant même trés-humblement , que pour le maUn tenement du commerce et trafic , et la meilleure éoIk sistance des manans et habitans de ladite ville , d# n'accorder ni permettre être accordé par ses offleieni aucuns états, surséances, atterminationt» ni lettrée d'induction que ce fut , empêchant le payeaient éeœ que dessus.

Accordé. XXIX. Quc toutcs marchandises qui viendront dee pays étrangers ou y seront envoyées parla Toie de Dunkerque , ou tel autre port et ville que Sa Majealé< pourra conquérir , ne seront chargées d^autrea jchofta. d'entrée et sortie que ceux qui se payent préseiitiBiMnt audit Dunkerque, sans qu'on les puisse ai sous tel prétexte ou cause que ce soit.

•wÊm

CmQUI&ME SIÉGB. 279

^ i»>w XXX. Pareillement que toutes denrées et marchan-

jfftg *

^^uutier^ ^^^^ veuans des villes et plats pays restans sous Pobéismi fcù^ sance d*&pagne et autres princes et états voisins ,

pourro

droits.

^ *^' pourront entrer en cette dite ville sans payer aucuns

Accoraé. XXXI. Quc tous marchands et négocians demeurons en cette ville pourront librement trofiquer et négocier avec les sujets de Sa Majesté Catholique , nonobstant la présente guerre*

a, pour- XXXII. Qu'à cet effet les messagers, chartiers et

uHe Sa hateliers , pourront aller et venir librement avec leurs

chevaux , charriots , batteaux et marchandises.

Accordé» XXXIII. Qu^cn cettc conjoncture de guerre avec l'Espagne , les effets , biens et marchandises qui se trouveront en cette ville appartenans aux sujets de Sa Majesté Catholique , ne pourront être saisis ni annotés à roison de ladite guerre.

Accordé. XXXrV. Que le même s* observera à Tégard des sujets des autres princes et états , avec lesquels Sa Majesté pourra entrer en guerre à Tavenir.

-dé pour XXXV. Que toutes marchandises chargées pour a ravemr ç^mp^ç jçg habitaus de celte ville pour tel lieu ou place que ce soit , ayant été prises ou arrêtées par les navires de Sa Majesté ou de ses sujets , seront rendues libres sur les attestations qu'en donneront les propriétaires sous le scel de ladite ville.

280 GuiQuiiia inioB.

AeeanU,pcÊir^ XXXVI. Qu'il sera permis aux habiUns de joJjuêqu'h pré- ^^^ ^c LiUc dc tirer du royaume de France par terre 9€mi, le nombre de 6000 pièces de ^in par chacun an » sani

pour ce payer aucuns droits de sortie ni autres» «

^/^corié. XXXVII. Que la place où s'assemblent les marchands y vulgairement nommée la Bourse , demeurera pour leur usage et assemblées journalières , sans pouvoir être employée à autre usage.

Lé Roi entrera XXXVIII. Que Toffice du maître des postes étant mimes ^tsquê ii^utilc en Cette ville , h raison qu'il n'y a point de u RoiiPEspaçHê posteric établie en ces quartiers , sera annulé ; si néan* ^ ^^" moins Sa Majesté trouve bon de le continuer , il sera

établi à la nomination des marchands et sujet aux ordonnances du magistrat pour la taxe des lettres , partement de couriers et toutes autres choses dépendantes de sa charge.

Accordé. XXXIX. Que ne seront établis en ladite ville de Lille , échevinage et banlieue , aucuns autres conseib, siège de justice , police , que ceux y étant , chambre de monnoie , des droits d'entrée et sortie sur toutes sortes de denrées et marchandises , ains que les bureaux d'entrée et sortie demeureront établis sur Pancienne frontière de France où ils sont présentement.

Accordé. XL. Quc tous officcs et droits engagés , tant royauz qu'autres , demeureront à ceux à qui ils sont engagés , aux charges et conditions apposées , ou inféodée par les engagemens et inféodations.

cnroiniia siégs. 29i

^^^^^» XLI. Que Sa Majesté très-Chrétienne , ni ses ofiSeiers , sous prétexte ou raison de quelque nécessité publique , ne pourront lever ni s'appliquer tes deniers d*icelle ville , états , fondations , ni aussi ceux dé|>osités en justice , ou y reposans , pour cause de litige ou autrement , ains demeureront es mains des dépositaires, pour être distribués à Fordonnance des magbtrats et autres juges.

Âeeùrdé. XLII. Que Tes chartes, titres , comptes , papiers et enseignemens concernant la ville , domaine d'icelle , et lesdits états et sièges de justice et police , hôpitaux , fondations pieuses et autres communautés , demeureront en leurs entiers et seront régis , gouvernés et conservés par les ofiSciers tels et ainsi que du passé ; ce qui aura aussi lieu au regard des archives des chapitres , abbayes , monastères et autres communautés de ladite ville de Lille et chàtellenie.

-^****^' XLIII. Que tous réfugiés et enfermés, de quelle qualité ils soient-, ecclésiastiques , nobles , lays , militaires ou autres officiers de Sa Majesté Cathoh'que , et leurs femmes et enfans , pourront continuer leur demeure Tespace de deux ans sans être inquiétés ni recherchés pour chose que ce soit , en prêtant serment de fidélité , se conformant aux ordonnances de Sa Majesté trés-Chrétienne , et après lesdits deux ans continuer leur demeure , ou se retirer , comme bon leur semblera.

-^^^0^' XLIV. Et audit cas , parmi la jouissance et pro-

Accordé.

282 €1NQritllE SIÈGE.

priété qu'ils auront de leurs biens, leur sera donné la liberté de vendre , changer et aliéner tous leurs biens et en disposer à leur volonté , les faire administrer par tels qu*ils voudront , et venans à mourir , succéderont aux héritiers ab intestat au cas qu ils n'aient taii autre testament ou disposition ; de quoi ils seront libres et sans sujétion aucune de droit d'Aubeine, n^aucuns autres empêchant la succession légitime ou testamentaire.

XLV. Les absens qui désireront rentrer en icelle ville dans un an , y seront reçus avec leurs meubles et autres bjens , à charge de prêter le serment de fidélité, et y vivre comme dessus , et pourront lesdits absens , durant ledit temps , disposer de leurs biens conmie ils trouveront bon , et que venans à mourir durant ledit temps , soit qu'ils soient rentrés ou non , leurs biens succéderont à leurs héritiers légitimes ou testamentaires.

XLYI. Et que s* il arrivoit que le munitionnaire gé* néral ou autres particuliers des armées de Sa Majesté auroit besoin de quelques quantités de grains , icelui ne le pourra prétendre qu'en payant comptant sa va« leur sur le prix des trois derniers marchés tenus en ladite ville avant le siège.

Accordé en dé' X L VII . El retiendront lesdites ville et chAtellenie et oj/ùden de Far- m&QCiDs susdits , sans aucune diftérence de qualité , UiUrie. commc dit est , ainsi que feront pareillement les égU*

ses , chapelles , mont-de-piété et toutes les fondations , olottres , hôpitaux , communautés, pauvretés générale

Accordé»

aNOUlÉME SIÉGI. 283

cl particulière^ maladrie, confréries, béguinage , et aussi les étrangers » tous leurs biens meubles, immeubles , droits , noms , actions , Taisselles , or et argent monnoyés et non monnoyés , cloches , cuiyre , étain , plomb et tous autres métaux trayaillés ou non travaillés, bagues, joyaux, ornemens, vases sacrés , reliques, fiertés, bibliothèques, et généralement tous leurs biens, offices et bénéfices , de quelle nature ou condition ils soient , et en quel lieu qu'ils soient situés et exigi* blés , sans en être tenus à aucun rachat , non plus envers les officiers de Fartillerie , qu'aucun autre qu*il soit , et rentreront aussi es biens confisqués ou annotés, si aucuns y en a , ou qu'ils soient situés dans le royaume , soit es pays conquis , ou ailleurs.

Accordé, XLYIII. Que ceux qui ont déposités des biens en cette dite ville et banlieue les pourront retirer ou vendre , en retirer les deniers , jaçoit qu*ils fussent sujets de Sa Majesté Catholique , et en tel lieu qu'ils soient placés , quand bon leur semblera , dans le terme d^un an.

Accordé. XLIX. Que tous bourgeois , manans et habitans de ladite ville , et géqêralement leurs biens situés et gissant sous le pouvoir de ladite ville , ne seront traitablés ni actionables en première instance , que par la loi et échevinage de ladite ville , et suivant le style et usage d'icelle, et que les sentences s'exécuteront comme d'arrêt , sans en pouvoir appeller , tant que Sa Majesté aura été servie d'établir un parlement pour ses pays conquis ; que lors , en cas d'appel , se mettront en

284 GSfQUIBME SIÈGE.

éxecution , nonobstant ledit appel , ensuite des léges accordés à icelle yille.

Accordé. L. Et au regard des sentences de la gouvemanoe «1 du bailliage , elles se mettront aussi en exécutioa comme arrêt , jusqu^k l'établissement dudit pariem^il.

Accordé. LI. Que les Tentes et subhastations , mises de fait et main -assises faites jusqu*k présent, en quelle jurisdio* tion qu'elles soient , seront tenues bonnes et valables ^ comme si elles ayoient été feûtes par les officiers du Roi;

Accordé. LII. Sa Majesté trés-Chrétienne est très-humblemenl suppliée de jurer robserrance des droits, styles « usa^ ges et anciens privilèges de ladite ville , et qu'iceux bourgeois , manans , habitans et leurs biens , ne seront traitables que par loi et échevinage , comme dessus , ainsi que tous les prédécesseurs Princes Souverains do ces pays Tout fait.

Accordé. LUI. Que les gouverneurs futurs de ladite ville

ront obligés de jurer et prêter le même serment, commo aussi leslieutenans de la gouvernance dudit Lille, sdon et ainsi qu'ont toujours été obligés lesdits gouverneurt jusqu'à présent , et lesdits lieutenans.

Accordé. LIV. Que la propriété et demeure de la maisoii échevinale sera conservée à ladite ville et au magisinit ; en la forme et manière qu'elle est occupée maintenaiil ^ sans pouvoir être distrait de Toccupation d'iceUe , tout ou en partie , pour quelle cause que ce fût. .

CIMQriÉlfE 8IÉ6E. 285

i,pour' LV. Que comme ainsi soit que ladite trille est et a <mrtou- ^HJ^"'* *** fondée principalement sur le négoce cl tpes que travail des artisans , et que les logemens effectifs es '^/»t ™^^^^°^ °^ sont aucunement compatibles avec lesdits (m. négoces et exercices des arts et manufactures , Sa Majesté est trés-humblement suppliée d'accorder et con* sentir que les soldats qu'Elle y mettra en garnison , seront logés es baraques ou casernes , et ce par autorité et disposition du magistrat , sans obligation de leur fournir autre chose que matelats et couvertes ; et au regard des officiers , jusques et compris les enseignes en pied , qu'iceux seront logés es auberges , hôtelleries et cabarets , en payant leurs simples gîtes.

u , pour LVI Qu'en tout ca» de logement à faire en ladite par tous yjue ^ ^ raison de l'arrivée de Sa Majesté , ou autres de u'à pté' sa part , ceux du magistrat et états , leurs conseillerspensionnaires , argentiers , procureurs^ greffiers , baillifis et prévôts , en seront exempts et affranchis et des frais en résultans , et que tels logemens se régleront et distribueront par échevins , comme s'est fait de tout temps , ainsi que seront aussi exempts ceux de la magistrature présente leurs vies durantes.

u , pour- L VU . Que tous les gentilshommes et officiers royaux et de ville , demeureront en la possession des armes convenantes à leur qualité , comme aussi de celles servantes à leur sûreté dans les voyages à la campagne , en la même manière qu'ils en ont joui sou» la domination du Roi Catholique , et que seront gardés aux ecclésiastiques , gentilshommes et nobles tous tels droits

te con

Un.

286 CINQUlâlUS SIÈGE.

çt privilèges dont ib ont joui , taat dans ladite ville , qu*à la campagpe , et que tous iceux nobles et autres possédans fieis , seront déchargés de ban et anriere4>an.

Accordé. LY III . Que les maisons ni biens des manans demeu* rans en ladite ville , ni de ceux qui en sortiront , lam pourront être visités en aucune façon , pour telle cause et prétexte que ce fût.

Accordé. LIX. Que sera permis à ceux y demeurans , d* aller et venir quand bon leur semblera en France , villes conquises et plat pays d'icelles , et qu*k ces fins pourw ront prendre passeport de Sa Majesté Catholique, pour n* encourir d'élre pris prisonniers de guerre et assujettis à quelque rançon.

Accotrdé. LX. Que tous canous , munitions de guerre étant dans les magazins et ramparts et ailleurs , demeureroni à icelle ville , et pour sa défense et service , comme k elle appartenans , et à la disposition desdits du magis* trat y comme de tout temps.

Accordé. LXI. Que la gabelle de sel , ni la taille des ayi

ne seront pratiqués dans ladite ville , pouvoir et ban* lieue d'icelle , ni dans ladite chAtellenie.

Accordé. LXII. Que sera pourvu aux abbayes , pricurés » prévotés y cloîtres , hôpitaux , bénéfices et fondations pieu* ses esdites villes et chAtellenies , après la mort des potsesseurs ou pourvus et de leurs successeurs , à toujours , en la même forme et manière qu'a été lait jusqo'i pefr» sent y sans les pouvoir ériger ou bailler en commande.

ciirQuiÈifB siiGE. 287

é,pour- LXIII. Que les religieux étant és.couvens desdites ien.^ villes et châtellenies , soient-ils naturels ou non des états du Roi Catholique , novices ou professes , y demeureront librement , et sous leurs mêmes supérieurs de Flandres ou autres provinciaux que jusqu'à présent, sans pouvoir être envoyés ailleurs que par Tordre des* dits supérieurs , ni obligés à autre serment que les manans particuliers , et qu'ils ne seront obligés de recevoir d'autres religieux de nations étrangères.

iccordé, LXiy . Que le Mont-de Piété érigé en cette ville par Bartholomé Masurel , avec tous les deniers que lui compétent , demeureront et seront maintenus et conservés au profit du public , l'exercice dudit Mont continué tout en la même forme et manière que jusqu'à présent , ensemble tous les meubles et l'argent y prêté, tels qu'ils soient y engagés , y seront conservés au profit de ce à qui ils appartiennent , pour leur être restitués ou vendus , et les deniers employés suivant l'institution dudit Mont.

iccordé, LXV. Q;ie le Mont-de-Piété que Venceslaus Cobergher a établi en ladite ville par Tautorité des Sérénissimes Archiducs , que Dieu ait en gloire , demeurera particulièrement affecté aux créditeurs d'icelui , avec tous ses bâtimens et généralement tout ce qui en dépend et y appartient , pour être régi , gouverné et administré par ceux présentement y établis ou autres à y établir par ceux du magistrat de ladite ville , les places des administrateurs y venans vacantes , au profit de leur communauté et recouvrement de leur dû

288 aMQuiin siiîgb.

indépendamment des autres de la même érection , nonobstant Punion d*iceux , selon les réglemens y établit et ceux à y donner par le magistrat , selon Texigenoe du cas , et que tous les meubles y engagés seront con* serves , pour être restitués à ceux qu*ils appartiennent , ou vendus , et les deniers employés selon lesdits réglemens.

Accordé. LXVI. Et que lesdiU MonU , ensemble les offidert d'iceux , seront entièrement sujets à la jurisdiction des mayeur et échevins dudit Lille , sans que le sur-intendant des Monts-de-Piété établis en France , y puisse prétendre aucune ni sur-intendance ou supériorité, ni en prendre aucune connoissance.

'^***'^- LXVII. Que Sa Majesté soit servie ne faire aucune citadelle , ou si pour son service elle le jugeoit convenir, que ce soit sans dépens d^icelle ville et chAtel** lenie , ni aux frais ni charges des particuliers , et qpie ladite citadelle , avec son esplanade , soient prises hors d^icelle ville, afin que les manans ou propriétaires des maisons du quartier où elle se feroit , ne soient in» téressés par la ruine et perte de leurs maisons.

Accordé. LXVIII. Et généralement leur consentir les avantages que Leurs Majestés Trés-Gbrétiennes ont été servies d^accorder à ceux d*Arras , Douay , Toumay el autres , à leurs renditions , qui seront tenus pour répétés , comme ^ils étoient ci-insérés.

Accordé. LXiX. Et d'accorder que tout ce que dessus sorte

GuiQUiiiCB snioE. 289

son pldln et entier effet ^ en dérogeant à ces fins à tout ce que pourroit Cure au contraire , sans que la généralité des clauses puisse préjudider à la spécialité d'aucunes , non plus que celle-ci à la généralité.

Fait an camp derant Lflle le 1t7 Août 1667. Ei était tigni VOUIS.

Articles proposés par les Chdtellenies.

«^. ^ LXX. Quant aux châtellenies de Lille , Douay et pituia- Orchies , représentées par les quatre seigneurs hauts ^àla justiciers d'icelles ou leurs baillifs , elles demeureront en tous les droits et privilèges dont elles ont joui jus* qu'à présent , et que ne s^ pourront mettre aucunes impositions , telles qu'elles fussent non plus la gabelle du sel qu'autres , sous quelque prétexte que ce puisse être , sans la convocation et consentement exprés des seigneurs ou leurs baillils , en la forme et manière toujours pratiquée.

LUm. LXXI. Que les aides et subsides seront demandés par Sa Majesté ou autre personne par Elle à ce commise , aussi en la forme dont en a usé jusqu'à présent Sa Majesté Catholique , et l'accord s'en étant ensuivi , lesdits seigneurs ou leurs baillifs , pour y fournir, pourront imposer et lever les mêmes moyens qu'ils ont toujours pratiqués , sans pouvoir être obb'gés à aucune autre cottisation ou capitation particulière ou générale.

U voie.

29(^ cmouiàn sisav^

Âocordé en la LXXII. Que lesdiU seigneurs ou leurs baillib pour--. m^HôH^^- ront annuellement et sans autres octrois , continuer la tion aeeoriét k mise et levéc dcs impôts qu'ils ont pratiqués jusqu*à

présent , pour des deniers à en procéder être payé lea. rentes héritières et à yie , et toutes autres charges et obligations contractées par lesdites chAtellenies , tant par avant, que pendant ce présent siège , qu*au iem« boursement des deniers levés à deposito sous le crédit desdits bailliis et de leurs officiers , en leurs noms privés , sans qu*à défaut d^autorisation ou telle autre cause que ce pourroit être, telles levées puissent être débatues , non plus que la mise des vingtièmes el autres moyens faits sur lesdites chAtellenies,

Idem. LXXIII. Que lesdites rentes et dettes seront payées en telle monnoie et évaluation qu^elles ont été con» tractées , sans pouvoir être modérées ni diminuées sur pied delà diversité des édits.

Idem. LXXIV. Lequel payement se fera par billet d*ordonnance à dépêcher en la manière présentement pnh tiquée.

Idem. LXXV . Que les restais des aides et subsides dôs par* lesdites chAtellenies jointement avec la ville de LiDe , à cause des accords faits à Sa Majesté y demeureront éteints.

Idem. LXXYI. Que lesdits baillib , leurs conseillers pensionnaires , greffier , receveur et tous autres leurs officiers et conmiis ^ seront maintenus en leurs états et

ONQUlillB SitiGE. 39 1

offices, ayec tous les mêmes droits , prÎTiléges et exemptions , profits et émolumens dont ils ont joui juscpi'à présent , sans aucune altération ni innovation.

^, ^ LXXVn. Que leur assemblée se continuera en la ,-/„^. même forme et avec le même nombre de personnes , ^* ^ qui entreviennent présentement sans en adjoindre d'autres , ni les diminuer , iceux devant être sujets naturels du Pays-Bas et nuls autres.

Idem. LXXVIII. Qu'auxdits baillifs sera continué le droit de conférer les offices et charges qu'ils ont conféré jusqu'à présent.

Idem. LXXIX. Que tout ce que lesdits baillifs , tant séparément que conjointement avec le magistrat de ladite ville , ont manié , géré et administré , ne sera sujet à aucune recherche , ni revision , soit que les ordonnances et acquis soient portés en compte ou non , qui devront être alloués audit receveur sans contredits, et ledit receveur ne pourra être tenu à rendre compte que pardevant lesdits baillifs.

Idem. LXXX. Que les titres et comptes , et tous autres papiers concernans lesdites chAtellenies , demeureront en leur entier et en leurs archives.

Fait au camp detant Lflla la 37 d'Aoèt 1667. Etoit êipU LOUIS.

292 cnromèn sntos^

Articles propoiés par la Chambre dee Comptée.

Aecorûi au» LXXXI. Que généralement tous et chacuiis letdiar« 22^ de Mwr^ *^ ' iiXTtB , comptes , papiers et enseignemens reposant thtr dam tm en la Chambre des Comptes du Roi Catholique établie

?^i^ifen<^at(- ^^ ^**® ^*''® > ayant toujours suivi les personnes des CMM papien, présidens et gens desdits comptes es lieux où à divert

temps ib ont été établis , pour être plus à la main eH voisins de leurs Souverains , dont ils sont domestiqiiM comptés par leurs escroez et suivans leurs personnes , les suivront tous encore maintenant , nuls resenrés , ni exceptés , et qu* ensuite ils pourront les faire transporter, où de par Sa Majesté Catholique leur sera ordonné} pourquoi pouvoir faire leur seront accordés six mois de temps , et des barques et charriots à suffisance , sans que durant que lesdits chartes , titres , comptes , pâ* piers et enseignemens resteront en cette ville , puissent être visités > non plus qu^en chemin lors de leur trant*' port^ pour quelque cause ou prétexte que ce pui être , leur accordant à cet effet sauf-conduit , ou corte s^il est besoin.

Accordé comme LXXXII . Que lesdits présidens et gens desdits cota^ u "il^iiMdê *®® * ^®"" huissiers et messagers , outre qu'ils sermil 4a viUc. compris es articles de Taccord présent qui peuvent kt

regarder , seront libres de continuer leur demeure ea cette ville l'espace de deux ans prochains venans , sans y être recherchés ni inquiétés en leurs personnes et biens pour chose que ce soit , pour pendant iesdile deux ans se résoudre s^ils veulent continuer leursdiles demeures , ou sortir , et en cas de départ , qu'ils le pourront faire librement quand bon leur semblera.

ONQUliMB snsGB. S|93

f, com- LXXXIII. Que durant lesdits deux ans , leur sera I ^h' ^^^^^^^ ^^ propriété et jouissance de tous leurs biens , vilie. meubles et immeubles 5 pour en disposer , les transporter, donner, vendre , aliéner , changer et engager comme ils trouveront à propos.

{^pour- LXXXIY. Que pendant lesdits deux ans, ou tel m aient autre moindre terme qu'ils seront à se résoudre pour sortir , ils seront continués dans tous les offices , leurs droits , libertés , franchises , exemptions de logemens de cour , et autres charges quelconques , dont ils ont joui jusqu'à présent de toute ancienneté, lesquels droits , libertés, franchises et exemptions demeureront et seront aussi continués toute leur vie durant à ceux des officiers et suppôts desdits comptes, qui pourroient choisirderester en cette ville,commeaussiàleursveuves«

'au ter- LXXXV. Quc lorsquc lesdits officiers et suppôts ««* «*- auront résolu , ou Tun d'eux de sortir , leur , ou lui „ ^^^^ sera baillé sauf-conduit ou escorte , si besoin est , avec barques , chevaux ou charriots k son choix pour le transport de sa personne , famille, biens et meubles, vers telle ville de Tobéissance de Sa Majesté Catholique qu'il désirera être conduit^ sans que lesdits biens meubles pourront être visités , tant dans cette ville , que dehors en aucune façon , ni soumis au payement , non plus que lesdites chartes , titres , comptes , papiers et enseignemens , reposant en ladite chambre , d'au* cuns droits d^entrée ou sortie, de passage ou autrement en manière quelconque , ni sous quelque prétexte que ce puisse être.

294 CINQUIÈME SlâGE.

Àceordi. LXXXVI. Qu*aux suppôts et officiers qui sontabsens , leur sera concédé liberté de retourner en cette ville avec leurs Cemmes et enfsftis durant un an , pour délibérer sur leur demeure , dispositions de biens , ou sortie , même aller, venir et séjourner pendant le court d'iceux , ainsi que les présens , sans que leur puisse être donné aucun empêchement , ni pour ce avoir besoin d* aucun passeport.

àceùfdK LXXXVII. Pourront aussi durant lesdits deux ans t et tout le temps que besoin sera , poursuivre les dettes

par procès intentés ou à intenter , à la charge de tout débiteurs demeurans sous Tobéissance du Roi très» Chrétien , pardevant le juge qu'il appartiendra » le tout jusqu'à sentence et exécution d'icelle.

Fait an camp detant Lille le 37 d'Août 1667, Signé LOUIS.

Capitulation militaire de la pille de Lille.

Premièrement que le comte de Bruay, tous offiden» mestre de camp , colonels , major de la place , ing^ nieurs , volontaires et aultres , tant de cavallerie ipie d'infanterie de quelque nation ilz soient , se trooram présentement audit Lille , pourront sortir avecq armci et bagages, enseignes déployées , tambours battant ^ mcsches allumez , es deux bouts y balles en bouché » et de mesme tous officiers de cavallerie avecq leim timballes et trompettes sonantes^ estandars déployées et seront conduits de bonne foy par le chemin le pha

OlfQUIÈlfe SliGE. 295

droîct k Ypre , et leur seront fumiz vivres et fouragea pendant leur marche en la manière ordinaire à chacun suivant sa qualité ;

Que leur sera donnée escorte nécessaire et Suffisante pour le retour de laquelle , et pour Tentiére exécution de ce que s'accordera seront laissez des officiers quy seront renvoyez en toute seuretë dans ladite ville d'Ypre après le retour de ladite escorte et entier accomplis* sèment de tout ce que dessus ;

Que Sa Majesté permettra audit comte de Bruay de mener avecq luy quattre pièces de canon de fonte telles qi4*il plaira à Sadite Majesté , et deux mortiers avecq des munitions pour tirer dix coups et les che*. vaulx nécessaires pour les trainer ;

Que tout ce générallement que sera treuvé deu en cette ville et gouvernement audit comte et aultres desdits militaires , soit par ordonnance de cour ou aultrement , à quel titre ce puisse estre leur debvra estre payé de bonne foy y sans qu'à aucun pretext y soit mis empcschemens ;

Que les officiers et soldats malades et blessez quy ne se trouveront en estât de sortir debvront rester es mai^ sons et hospitaux où ilz sont jusques à leur entière guérison , et estre nourris , pensez et alimentez aux des^ens des fondations ;

Que le commis des vivres de ladite garnison jouira des mesmes conditions qui s'accorderont à icelle que

296 cncQUiiMB siégb.

les prisonniers de part et d*aultre quy sont esté faicts pendant le siège seront rendus , et point les chevaulx ;

Qu'aux officiers et soldats de ladite garnison seront furniz tous les chariotz , cheraulx et barques nécessaires pour transporter les meubles et bagages audit Gand ou à Ypre à leur yolonté par le chemin le plus court , et aussy de bonne foy ;

Qu'à tous officiers et Soldats , leurs femmes , enfonft frères et sœurs, avecq leurs domesticques , quy ont en ceste ville et proyince quelques affaires ou intérestz de patrimoine , ou aultres subject d'arrester en ladite ville sera donné trois mois de temps pour y arrester et en disposer, pendant lequel temps ilz pourront librement aller et venir moiennant à leur entrée et sortie en advertir le gouverneur ;

Que les ostages avant mentionnez demeureront jus* ques à l'entier accomplissement de ce qui s'accordera, et que leur en sera donné deux de pareile qualités ;

Que le régiment levé à Lille , et chasques officiers et soldats d'iceluy pourront se tenir aux conditions des militaires et en debvront jouyr au cas qu'ils veuillent suivre lesdits militaires ;

Moyennant quoy ledit S' comte de Bruay remettra la porte des Mallades avant minuict au pouvoir des trouppes du Roy , et il sortira avecq les siennes demain 28 y à huict heure du matin et tous les hagajgei

cnxQuiÉME siioE. 29T

de ladite garnison et gouverneur quy ne pourra pas sortir avecq eulx resteront audit Lille en toutte seuretè et seront conduicts audit Ypre ou Gand à leur volonté ;

Et en cas que ledit gouverneur et la guamison aymassent mieux pour faire d'aultant mieux leurs affaires de rester dans la basse ville demain matin , pourveu partir après demain le 29* au matin , Sa Majesté le leur permettra volontiers.

Faict aa camp derant Lflle le 27* d'Août 1667. Estoit signé 1J)VïB.

Cette capilalation militaire est transcrite dans le registre aux' titres BB. po 287. Celles de la Tille, des cbàtellenies et de la chambre des comptes 'sont insérées dans le Recuàl dei éâitt , dédanUiont , e/c», enregûint tm parlement de Flandre,

SERMEmS.

Extrait du registre an cérémonial. A. (^ 5.

Serment preste à la ville de Lille , par Sa Majesté très-Chrestienne le XXVIII* d'Joust 1667 en la chapelle de Notre-Dame de la Treille.

Sire chy jurez-vous que vous le ville de Lille , le loy et le franchise de le ville , les usages et les coutumes , les corps et les cateux des bourgeois de la ville.

29S CUfQClfiME SIÈGE.

warderés et menerés par loy et par eBchevinage , et ainsi le jurez sour les saints évangiles et sour les saintes parolles que chy sont escriptes que vous les tenerès bien et loyalment.

Serment preste par le magistrat à Sa Majesté.

Sire nous fianchons vos corps et héritages de le comté de Flandres à warder , et ainsy nous le juront à tenir à nos sens et à nos pooirs.

IlfSCRIPTIONS DU BARON DE VuOERDEN RELATIVES À LiLLE,

Journal faistoriqoe, tome 3, p. 155. LiOe 1686.

Au frontispice d*un beau feu d'artifice tiré à Lille en 1680 y à l'occasion de l'arrivée du Roi.

LuDovico Magno

Terras , Oras , Urbes , Portas , Provincias

Jure proprias , Bello quœsiku , Pace vendicatas

Vt bellico olim et fulminante ,

Nunc triumphali Aulœ apparatu lustranti ,

S. P. Q. Insuletisis

In spectaculo ac igné ludicro

Civium sincerum amoretn testatur

CINQUIÈME SIIÎGB. 299

Autre inscription^ à l^occasion de la prise de Lille

par Louis XIV.

Joamal historique , t. 3. p. 359.

Quis urbem Insulas ,

Alterum Belgii CathoUci Emporium ,

In vetere aique novo orbe notissimum ,

Cive , Pedite , Equité , munimentis , fiducie ,

In longos Bellorum apparatuê et casus instructum

Diebus XVIII espugnatum credat 9

Credet , cùm resciet tnirabunda Poateriia»

LuDOVicoM Magnum

Castrorum eo obHdio metatorem ,

Celeberrimœ Urbis fttrenuissimum oppugnatorem ,

Ducem suorutn ac penè commilitonem ,

Proprio demùm Espugnatorem fuisse periculo.

Autre à l'occasion de la construction de la Citadelle

de Lille.

Ib. p. 260.

LuDOVicus M AGI* us

Pace démentis IX pont, mas. operd

In medio œtatis , ardoris , victoriœ cursu

Hostibus attritis concessâ ,

Hanc arcem perennis gloriœ

Atque operosœ celoritatis monumentum ,

Juris et imperii Gallici firmamentum ,

jEoi prœscntis prodigium , prœsidium futuri ,

Ab ipsis fnndamentis ad calcem

Toto biennio perduœit*

300 aNQUiim siiîgb.

La seconde de ces inscriptions a été traduite par La Fontaine de la manière suivante .

Lille , cette cité qui vaut une province , Par Teffort de Louis notre candeur accroist. Qu'en coûte la conqueste aux armes da ce Prinoe ? Dix jours. Qui le croira P celui qui le connoist.

Cette découverte bibliographique est due à M. le docteur Le Glay, qui l'a consignée dans les Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai , 1. 14. p. 337. avec quinze autres inscriptions par lesquelles le baron de Vuoerden voulut célébrer les conquêtes de Louis Xiy dans les Pays-Bas , et qui toutes furent traduites par notre immortel fabuliste à la demande d*un sieur du Frcsnoy, premier commis du marquis de Louvois. Ce n*eût pas été sans doute avec de pareils vers que le bonhomme se fût élevé si haut sur le Parnasse ; mais ils n'en ont pas moins un intérêt historique. Des grands hommes les moindres souvenirs sont précieux : témoin le petit chapeau de Napoléon.

'^■'*' nf T** -f * ^

302 SIllÂMB SIÉGB.

La guerre , dont ce siège était une des consé* quences , avait commencé en 1701 , à la mort de Charles d*Âutriche , deuxième du nom , roi d'Espagne ; la succession de ce Prince appartenait à Louis XIV , à cause de sa mère , fille aînée de Philippe III ; ou bien au Dauphin son fils , à cause de Marie-Thérèse d'Autriche , femme de Louis XIV et fille aînée de Philippe IV. Mais le roi Charles , dont l'intention n'était pas de réunir deux couronnes sur une même tète , avait , en mourant , désigné comme son successeur le jeune duc d'Anjou , petit fils de Louis XIV , au grand désappointement de la maison d'Autriche qui élevait aussi des prétentions à cet héritage, De là cette guerre sanglante , qui n'était pas encore éteinte à l'époque où nous sommes arrivés , et qui semblait au contraire redoubler avec une nouvelle furie.

Assailli de tous côtés par les diverses puissances qui s'étaient alliées aux Impériaux , Louis XIV fit mettre sur pied , au commencement de 1 708 , quatre armées : l'une sur le Rhin commandée par le maréchal de Berwick ; l'autre en Dauphiné par le maréchal de Villars , la troisième en Catalogne par le duc de Noailles , et la quatrième destinée à protéger la Flandre et à repousser les efforts de Marlborough , qui , à la tête des confédérés , cherchait à se ménager une entrée dans la Flandre française , fut confiée au jeune duc de Bourgogne»

SIXIÈME SléOB. 303

La conquête de Bruges par les Français signala le commencement de cette campagne et fut suivie à peu de jours de distance par celle de Gand . La prise de cette dernière place surtout mettait un obstacle insurmontable aux projets deMarlborough; aussi , après des efforts multipliés et toujours infructueux pour reprendre la capitale de la Flandre autrichienne , le général anglais résolut-il de ^'en venger en venant mettre le siège devant la capitale de la Flandre française. En conséquence , le vendredi 6 août 1708 y il fit partir de Bruxelles un convoi , composé de six mille chariots , chargés de munitions de guerre , de quatre-vingt-quatorze pièces de canon et de soixante mortiers du premier calibre, lequel arriva le lendemain à la vue de Lille. Le maréchal de Boufflers , qui , dès les premières apparences d'attaque , s'était jeté dans la place , commença dès-lors à mettre la ville en état de siège et à placer des avant-postes. Des proclamations engagèrent les bourgeois à mettre en lui toute leur confiance , et à seconder autant que possible les soldats de la garnison , dans les travaux nécessaires à la défense de la ville. Cependant les troupes alliées arrivaient successivement et se répandaient dans les environs ; le dimanche 12 , le prince de Nassau- Frise , pour conmiencer l'investissement, fit d'abord avancer jusqu'à l'abbaye de Marquette , trente-un bataillons et trente-quatre escadrons ; un corps de grenadiers anglais enleva à la bayonnette un poste

304 SIXIÈME SiéGE.

français que Boufflcrs y avait placé , et ils s'occupèrent à y dresser leurs tentes , tandis que la garnison mettait le feu aux maisons du faubourg de la Magdeleine ; tout fut réduit en cendres , les arbres abattus , et les murailles rasées , la maison du curé et l'église furent seules épargnées ; deux postes s'y établirent et s'entourèrent de retranchemecT,. La nuit suivante , à deux heures , le prince Eugène arrive à l'abbaye de Marquette , où il était attendu avec impatience ; il prend le commandement en chef de l'armée et fait à l'instant battre la générale. D'après ses ordres , les troupes comm^icèrent à quatre heures du matin à défiler du côté d'Hellemmes , du moulin de l'Arbrisseau, d'Esquermes et de Loos ; pendant ce temps une autre partie passait la Deûle au pont de Marquette , et s'étendait par Lambcrsart , la Maladerie du pont de Gant»leu I Sequedin et l'abbaye de Loos ; le Prince Eugène établit son quartier-général à Ilaubourdin , le Prince de Nassau à Marquette, et la ville se trouva ainsi entièrement investie. Cet immense réseau en l'enveloppant exactement ne laissait à la garnison aucun espoir d'être secourue ; il était impossible de prévoir sur quel point l'attaque serait plutôt dirigée, et les habitans se demandaient avec inquiétude si ces nombreux ennemis qu'ils voyaient se multiplier à chaque instant , allaient tous à-la-fois fondre sur leurs remparts , et les écraser dans une attaque générale. Boufflers de son côté , conti-

SIXIÈME SIÉ6B. 305

nuant son système de défense , fit brûler tout le faubourg de Fives , et démasquer ainsi les abords de la place ; quant aux précautions intérieures , il n'avait rien négligé pour qu'on n'eût pas à souffrir du manque de munitions , sa garnison était nombreuse , et il pouvait fonder quelque espérance sur le zèle et les talens militaires du jeune duc de Bourgogne dont tous les efforts tendaient à faire lever le siège. Ce Prince avait malheureusement de grands obstaclesà surmonter. Leduc dcMarlboroughy dont l'armée était campée à Helchin sur l'Escaut, était par sa position à même d'empêcher la jonction de son armée avec celle du maréchal de Berwick , et pouvait seconder les opérations des assiégeans , en favorisant les convois qui leur étaient destinés.

Le 14 août , le Prince Eugène commença à diriger ses efforts sur les ouvrages avancés du côté de la porte de la Barre ; l'inondation qui couvrait ce côté de la place faisait sa principale défense , de nombreux travailleurs furent chargés par lui de rompre la digue qui contient les eaux du côté de la ville , tandis qu'un corps d'élite de deux mille hommes devait s'emparer du petit fort de Ganteleu , sur la haute Deûle. Ces opérations , dont la réussite paraissait devoir entraîner la perte de la place , échouèrent toutes deux en même temps. La petite garnison du fort se maintint fermement à son poste malgré les attaques multipliées des alliés ; et ceux-

306 suliâmc sii£gb.

ci , dont les rangs éclaircis ponvaient attester la vigoareusc résistance des assiégés , se retirèrent enfin , fatigués , décimés , et rentrèrent an camp en môme-temps qae les travailleurs de la digue qui revenaient chassés par le canon de la place et rebutés par la difficulté du travail. Cet échec et la disette qu'on savait régner dans le camp , par le défaut d'organisation du service des subsistances, augmenta la confiance des Lillois ; cependant les assiégeans s'occupèrent à perfectionner leurs lignes , et peiH dant huit jours entiers, ils ne tentèrent aucune noiH velle attaque. Ce temps fut employé dans la ville à construire des palissades et à renforcer les moyens de défense qui existaient déjà. Chaque habitant s'empressait d'aider à ces travaux et d'y apporter des matériaux ; les jardins particuliers (qui garnissaient alors une grande partie de la ville) se dépouil-* laient de leurs arbres , les beaux ombrages de l'esplanade , si chéris des bourgeois , tombaient sous h coignée , les troncs se hérissaient de pointes de fer et étaient transportés hors des remparts où ils se formaient en palissades.

Les assiégeans » de leur c6té , mettaient la ploi . grande activité dans leurs dispositions ; le fourrage commençait à arriver au camp , les vivres deve* naient moins rares , et par suite l'ardeur des soldats se ranimait. Ds établirent leur parc d'artillerie entra la Marque et la Deûle , la droite appuyée an pont

SIXIKMB SIÈGE. 307

de Marquette , et la gauche à la rivière de la Marque , et le 17 , ils y placèrent 120 pièces de canon ^ 40 mortiers et 20 obusiers ; ils s'occupèrent aussi d'assurer leur position à Lambersart , car le canon de la citadelle les y incommodait beaucoup et ils ne pouvaient s'y maintenir qu'en construisant un épaulement considérable , qui , malgré le feu soutenu de la citadelle , fut achevé dans la même journée , et put protéger l'arrivée à Lambersart d'un grand convoi de vivres qui y était impatiemment attendu.

Tandis que les soldats se réjouissaient sous la tente , et fêtaient joyeusement l'arrivée de ce convoi , de grands préparatifs se faisaient à l'abbaye de Loos , où le prince Eugène avait établi son quartier général , et toute la valetaille en émoi se disposait à recevoir dignement deux illustres personnages qui venaient se joindre à l'armée déjà si nombreuse des confédérés ; le Landgrave de Hesse-Cassel et le Roi Auguste , que Charles XII venait de faire descendre du trône de Pologne pour y placer Stanislas , arrivèrent le 19 chez le prince Eugène ; après un repas magnifique que celui-ci trouva moyen de leur offrir ; malgré les horreurs de la guerre , ils passèrent en revue une partie des troupes , et le Roi Auguste fixa sa résidence à l'abbaye de Loos , qui lui semblait probablement mieux approvisionnée que celle de Marquette , dont le séjour lui était d'abord destiné , et qui , par suite de ce change ment , fut convertie en hôpital.

Le 21 août , Boufflers voulant démasquer les abords de la porte de la Magdelcine , donne Tordre de couper les arbres de quelques maisons situées vis-4-yis la chaussée de Menin , et envoie à cet effet une troupe de charpentiers escortée par deux bataillons et un détachement de dragons ; de son côté le Prince d*Orange qui , malgré ses ouvrages défensifs , ne pouvait plus se maintenir à Lambersart , que notre artillerie canonnait sans relâche , prend le parti d'abandonner ce poste , et d'établir ses lignes depuis le trou de I^Iarquette jusqu'au moulin de la porte de la Magdeleine ; il y arrive au moment où l'on procédait à l'abattis des arbres ; nos travailleurs surpris , essaient en vain de se défendre , ils sont forcés de se réfugier dans la ville et de laisser le Prince d'Orange prendre poste au moulin.

La tranchée fut enfin ouverte dans la nuit du 22 par trois bataillons Hcssois , trois Impériaux , quatre Palatins et quatre mille travailleurs ; ils purent , à la faveur de l'obscurité , avancer considérablement leur travail sans qu'on leur fit aucun mal , car on ne s'en aperçut qu'au point du jour , et la ligne qu'ib avaient tirée pendant la nuit « avait déjà près de cinq cents pas ; ils avaient aussi dressé une batterie de sept pièces de campagne , qui tirèrent sans discontinuer sur la censé de la Vacqucrie , où se défendait encore un poste de la garnison. .

Ce jour-là même , eut lieu la première sortie ,

SrXIÈMB SflÎGE» 309

qui avait pour but de chasser l'ennemi de plusieurs postes avancés qu'il occupait auprès de la porte de la Magdeleine , et de détruire ses ouvrages. Quelques bataillons avaient été commandés à cet effet ; mais à peine avaient-ils dépassés k chemin couvert, qu'ils furent chargés inopinément par les gardes danoises et forcés de rentrer dans la ville , sans pouvoir mettre à exécution la mission qui leur était confiée;

Tandis que noqs subissions cet échec , une av^n^ ture assez singulière se passait à la porte Saint- Maurice. Le comte de Bettendorff, général des troupes Palatines , se promenait avec son neveu , tout en lui donnant des leçons de stratégie » et ; la lunette en main , il était occupé à lui expliquer le système de fortifications qui défend ce côté de la place , et les différentes opérations qui pouvaient en assurer la conquête. Cinq à six paysans vêtus de toile grise , les suivaient à une distance respec-* tueuse , et loin de s'en défier , le brave Palatin se plaisait au contraire à étaler devant eux toute sa science militaire et sa profonde connaissance des ruses de la guerre , lorsque tout-à-coup les six paysans qui n'étaient autre chose que des soldats déguisés > se précipitent sur nos deux observateurs , les désar-^ ment , et , apr4s les avoir garottés , les ramènent en ville , aux acclamations moqueuses des habitans qui j du haut des remparts , avaient pu être témoin^

de ce plaisant épisode. Pendant ce temps, les assied

310 MXtKMR MKGC.

geans , dont les lignes se resserraient de pins efl plus , et qui commençaient à se piquer au jea « achevaient de dresser un pont de communication sur la Deûle , et élevaient de toutes parts de nouvelles batteries. Trois pièces de canon commencèrent d*a-* bord h battre Téglise de la Magdeleine (1), où 9*était retranché un petit poste qui ne laissait pas que d'entraver beaucoup les opérations du siège ; une antre batterie de sept pièces fut pointée contre une maison retranchée et environnée de marais , près de la rivière , où se maintenait encore un poste fraiH fais. Enfin une troisième de quarante-huit pièces de canon fut destinée à battre en brèche les mm de la place. Le 2 i « dès le point du jour, après plusieurs décharges des deux premières batteries , trcns cents grenadiers ennemis furent commandés pour emporter Téglise de la Magdeleine « et s*en rendirent maîtres après un combat opiniâtre ; de lenr côté , ceux qui gardaient la maison s'étant apef^ qu*on tirait une ligne pour les envelopper, prirent le parti de Tabandonner , avec d'autant plus de raison qu'une nouvelle batterie venait encore de s'établir le long de la chaussée de Menin ; ce qae pourtant les ennemis n'avaient pu opérer que très^ lentement , et en ponlant beaucoup de monde , in^ commodes qu*i1s étaient par la mousqueterie d*ini

(1 ) L*ésliM de la Magileleinr dont il eut ici qocstiOB, B*é«iiH q«*mc rkapellr iiitaée à Trotrér da Taobourg , prêt de Tnidrail o& k Tome an covde.

SIXIEME SiÉGt. 311

hioulin à vent fortifié ^ où nodg conservions encore nn dernier poste , et Contre lequel ils dirigèreiit sar-le-champ nne batterie de pièces de canon , nne autre de mortiers et une troisième d'ôbusiers. Le 26 9 sur les sept heures du soir » (^atre cents faommes qui avaient été choisis dans les compagnies d'élite 9 sortirent de la ville , conformément aux ordres de Boufflers , et s'avancèrent intrépidement sur la chaussée* de Mcnin , malgré le feu épouvantable vomi par les nombreuses batteries qui garnissaient ce côté ; ils arrivèrent sans se débander jusqu'à l'église de la Magdeleine, et là i après un combat des plus opiniâtres , ils se rendirent maîtres à leur tour de ce poste important ^ dont les défenseurs furent impitoyablement massacrés , malgré tous les efforts du prince d'Orange qui s'était mis sur-le-^ champ à la tête de deux bataillons , et qui fit des prodiges de valeur pour repousser cette sortie ^ comme il avait coutume d'agir chaque fois qu'une occasion se présentait.

Le lendemain il y etit parmi les habitans un mo« ment de terreur indicible ^ les femmes, les vieillards se précipitaient dans les églises en pleurant , les hommes s'empressaient de mettre en sûreté ce qu'ils avaient de plus précieux ; en nn mot , l'effroi était devenu général , et les Lillois voyant une grêle de boulets s'abattre sur leurs toits , et entendant le tapage infernal produit par 72 pièces de 24 qui tonnaient à la fois , avaient perdu pour un instant

312 «nOÂMB SliGB.

cette confiance que Bonfllers avait si bien sa leur inspirer, et ne voyaient plus déjà que meurtre et que carnage ; d'un autre côté les ouvrages de la porte de la Magdeleine et de la porte d'Eau étaient considérable* ment endommagés , et les ingénieurs reconnurent que plusieurs brècbes étaient devenues praticables.

Le 28 , à trois heures du matin , deux centg grenadiers ennemis ayant été commandés pour s'emparer du second moulin retranché qui se trouvait hors de la porte St-Ândré , vis-à-vis de la seconde parallèle , Boufflers fit sortir du chemin couvert quelques bataillons qui arrivèrent au moment même où nos gens , après s'être défendus en désespérés f allaient être obligés d'abandonner leur poste ; le combat recommença alors avec une nouvelle furie , et après trois attaques successives ^ dans lesquelleg l'ennemi perdit cent vingt hommes , tant tués qu« blessés , nos troupes restèrent maîtresses du poste , et les Impériaux , forcés de renoncer à leur espoir, se retirèrent en désordre , et songèrent seulement à faire avancer une ligne pour couper les communications avec la contrescarpe. On s'en aperçut à temps, et l'on jugea qu'il était plus prudent d'abandonner le poste , ce qu'on exécuta , après y avoir mis le ffea comme on avait déjà fait à un autre moulin sur la chaussée d'Ypres. La journée suivante fut plus calme et permit aux assiégés de respirer un peu , le Prince d'Orange étant uniquement occupé à changer qneW

SniÂME SIÉGB. 313

quesdispositions, et à faireaTancerlesbatteriesdeTat* taqae de gauche vers la droite , afin de pouvoir mettre obstacle à nos sorties qui étaient toujours si meurtrières pour eux. L'artillerie des remparts profitant de cet instant de tranquillité fit toute la journée un feu des plus violens , et ne fut pas même arrêtée par la nuit ; un beau clair de hme nous permit de continuer à porter le ravage dans les rangs ennemis , qui furent singulièrement éclaircis. Mais le lendemain fut marqué par de terribles représailles , et nous eûmes à notre tour des morts à enlever et des incendies à éteindre , surtout dans le quartier Saint-Maurice que foudroyait incessamilnent une batterie dressée di| côté dq, moulin de la Màgdeleine,

Les ennemis commencèrent aussi ce jour-là une trobiéme par^èle k la gauche de leur attaque.

Le 3t août leur feu ne se ralentit pas un seul instant ; les bond>es se succédaient avec une eflnrayante rapidité , et avec elles lés incendies que Ton était alors assez inhabile à arrêter , entr'autres sur le Rivage auprès de la Magdeleine , une bombe mit le feu à une immense meule de paille et de fagots , et pensa embraser tout ce côté de la ville. Non seulement Tartitlerie des alKés nous faisait beaueoupsouffrir, mais elle devait encore leur être funeste à euxmêmes , on apprit par des déserteurs que , soil par la maladresse des canonnien , ou par suite d^ lei»

314 81Xlill£ SI^K.

propre iinprudeacc , un capitaine impérial et mk grenadier suisse avaient été tués par le canon de^ assiôgeans. Ce même jour le Prince Eugène fit commencer la sape , et 1* ouvrage fut poussé jusqu'à quatre-vingts pas de la palissade de l'ouvrage à cor-* nés de la droite ; le lendemain il n'était plus qu'à vingt-cinq pas de la contrescarpe à- droite , et à cinquante environ à gauche. Les désastres continuels des assiégeants ne ralentissaient en rien leur ardeur, et les travailleurs continuaient à pousser vigoureur sèment la sape , au milieu du fracas épouvantable de deux magasins à poudre que nos bombes avaient fait sauter auprès du parc de Lambersart. Cet événement avait beaucoup réjoui la population , et 80i| allégresse s'accrut encore lorsque BoufQers fit annoncer au peuple la réception d'une lettre que le duc de Bourgogne lui adressait , et par laquelle il lui mandait que son armée était enfin réunie à celle de Berwick , qu'il était en train de lui faire passer l'Escaut auprès de Tournai , et qu'il ne tarderait pas à arriver au secours dé la place. Ce fut une véritable fête pour les pauvres assiégés , mais ainsi que les fêtes napolitaines quelquefois interrompues par le Vésuve f les réjouissances du peuple lillois ne devaient pas être de longue durée , et les bombes des Impériaux ne lui laissèrent pas le temps de s'énerver dans les plaisirs ; un incendie considérable se manifesta tout-à-coup dans une petite maison près du Mont-de-piété , qui fut lui-même réduit en cendres

SIXIÈME svk(k%. 315

ainsi que les maisons voisines • Mais ce malheur fut bien vengé par une bombe qui alla tomber dans le camp ennemi entre deux chariots chargés de poudre et qui les fit sauter avec les chevaux » les conducteurs et les hommies de Tescorte.

Les assiégés eurent èi déplorer de leur côté la perte de M. de St-Pol , ingénieur fort estimé , et dont le courage égalait le talent. Cet officier fut tué au moment où il examinait les ravages qu'avaient essuyés les ouvrages de la porte d'Eau et le bastion de la Magdeleine , que le feu des assiégeans battait sans relâche , et dont le délabrement était presque complet. Des fascines et des gabions y furent portés en toute hâte et purent remédier un peu à cet inconvénient. De son côté le duc de Bourgogne , qui était venu camper le 4 septembre à la vue de LiUe , s'était approché de l'armée des confédérés , et avait reconnu qu'il fallait renoncer à les attaquer dans leurs retranchemens. Leur front était en effet inabordable , couvert par les marais de Seclin et de Tressin , défendu par des fossés de quatorze pieds de largeur sur huit de profondeur , c'eût été ruiner infailliblement l'armée que de persister, dans le premier plan d'attaque qui avait été adopté , et quoique le duc de Vendôme pré^ tendit que l'armée Française était nombreuse , ei qu'après que les ennemis auraient tué assez de soldats pour combler les fossés , il en resterait

316 fliXiillK SIÉGR.

encore plus qu'il n*en faudrait pour aller à hk victoire sur le corps de ceux qui se seraient dé^, voués les premiers , le duc de Bourgogne refusa de se rendre à cet avis inhumfiin : Mon cousin j, répondit-il , s'il faut qu'une ville soit emportée ou (p/une arxnée périsse , sauvons V armée , nous retrouverons des villes. Il écrivit cependant au Roi pour Tinformer de l'état des choses , et en attendant une répopse , il s'attacha à faire battre le^ retranchemens des cnuemis par soa artillerie , et tous les pionniers de l'armée furent employés à applanir les chemins et à former huit chaussées dans le marais qui couvrait l'aile gauche des confédérés.

Le 4 septembre , dès le point du jour , le feu de la place redoubla avec une nouvelle furie et fut dirigé sur les %apes des assiégeans. On lança une quantité de pots à fèu et de grenades qui embrasèrent plusieurs gabions , tuèrent un grand nombre de travailleurs , et mirent toute la droite des lignes dans le plus grand désordre. U est à remarquer que, quoique les assiégeans eussent d'abord investi la ville complètement , et eussent fait craindre une attaque générale , tous leurs efforts s'étaient ensuite portés sur un seul point , entre la haute et la basst Deûle jusqu'à la chaussée de Menin ; quant aux autres quartiers , du côté des portes de Fives , des Malades , de Notre-Dame et de la Barre , tout y était parfaitement tranquille , et il n'y paraissait pas

SmiME 8IÉGE. 3t7

que la ville fut assiégée ; les avennes de la porte St-Matirice étaient même assez libres , et il y entrait à toute heure une assez grande quantité de paysans et d'espions. Du reste » malgré l'horrible feu des ennemis , la garnison allait aux palissades avec une ardeur et une bravoure inconcevables , suivant l'exemple de son gouverneur , du maréchal de BoufQers , qui passait les nuits entières au chemin couvert , ainsi que les principaux officiers , et dont l'active sollicitude s'étendait avec un soin égal sur les nombreux détails dont il avait la direction. On comptait qu'il était alors tombé dans la ville epvlroii 10,000 boulets , presque tous de vingt-quatre ; beaucoup de maisons étaient considérablement endommagées , et les assiégeans étaient parvenus à pousser la sape jusqu'au pied de la palissade. U était temps qu'un secours arrivât ; aussi ce fut avec des transports d'allégresse que , le 5 à quatre heures du soir , on vit flotter au haut du clocher de Saint- Sauveur un pavillon qui i^nnonçait aux habitans que l'on venait de découvrir auprès de Mons-en-Pévèle l'armée du duc de Bourgogne , qui y établissait son camp , et dont on avait appris l'approche ce jour-là par une dépêche. L'espoir rentra dans tous les cœurs y et chacun s'empressa joyeusement de travailler à la défense de la place , et surtout à réparer les brèches du bastion de la Magdeleine.

Le 7 y dès le matin , on apprit par des déserteurs que l'assaut de la contrescarpe avait été enfin résolu

318 SIXliUE SI£G£.

par les assîégeans , et que l'attaque du chemii^ couvert devait avoir lieu le soir môme. L'artillerie des remparts est aussitôt renforcée par de nouvellea pièces de canon , que des milliers d'habitans s'empressent de traîner à grand'peine le long des rann pes escarpées ; la poudre est entassée dans les caissons , les boulets s'empilent derrière les affûts ; et tout annonce qu'une résistance vigoureuse est réservée aux confédérés , quoique ceux-<i aient des munitions considérables , et que , la veille encore , ils aient découvert dans un caveau de la chapelle de la Magdeleine quarante<-trois tonneaux de poudre de cent livres chacun , que nos soldats avaient été for* ces d'y abandonner. A sept heures du soir les assied geans entrent dans la tranchée , après un signal de trois coups de canon parti de leur grande batterie , et suivi d'une décharge générale de toute leur artillerie y tant canons que mortiers et obusiers ; on y répond avec non moins de violence , et l'on attend avec intrépidité l'ennemi qui se déroule dans la tranchée comme un immense serpent, et marche droit à la palissade afin d'en chasser nos soldats et de s'y loger. Il y eut alors non plus un combat» mais une véritable boucherie, que rendaient encore plus horrible les ténèbres de la nuit ; chacun ne cherchant qu'à s'ouvrir un passage , et frappant à droite et à gauche , sans pouvoir souvent distinguer si ses coups atteignaient des amis ou des ennemis. De leur côté , nos soldats ne lâchent pas pied , et

SlXliMfi SI^QB. 319

opposent une constance inébranlable à Timpétaosité de cette attaque. E|nfin , après trois quarts d'heure d'un semblable carnage , les forces s'épuisent de part et d'autre , et les Impériaux , qui avaient espéré emporter ce jour là cet important ouvrage , se bornent à établir leur logement sur quelquesj angles saillans , où ils avaient pu parvenir , ce qu'ils exécutèrent avec une peine infinie, leurs tra*-; yailleurs ayant été mis en déroute dès le commence^ ment de l'action , et n'ayant à leur portée ni ga-^ bions ni fascines. Cette attaque était composée de deux mille quatre cents grenadiers , deux mille quatre cents fusiliers , quatre colonels , quatre lieutepans-Colonels , quatre majors , trente capitaines , et de quatre mille travailleurs avec deux lieulenan»^ colonels , deux majors , vingt capitaines , et autant de lieutenans et d'enseignes ; le tout commandé par le lieutenantr-général Wilkens qui était de tranchée. La perte qu'ils essuyèrent dans cet engagement est portée par les Impériaux eux-mêmes à trois mille, cent hommes , tant tués que blessés.

Cette aflaire qui leur fut si funeste leur permît cependant le lendemain d'élever sur la palissade, à la pointe de l'ouvrage à cornes de la droite , une batterie qui fut dirigée sur la face gauche de cet ouvrage. Ils avancèrent leur logement le long de la rivière et poussèrent une ligne jusque sur l'angle saillant du chemin couvert de la contre-garde , vers

320 SIXIÈME SlliGK.

Fattaqae gauche. D'un autre côté, ils tirèrent une ligne depuis la chaussée de Menin jusqu'à cinquante pas de la face du ravelin contre-gardé. Hais ils fo-^ rent brusquement arrêtés dans leurs travaux. Le dimanche 9 septembre , une sortie fut ordonnée et le commandement en fut confié à monsieur Resmangle et à monsieur Maillebois , colonel du régiment de Touraine , qui , se jetant avec impétuosité sur les travailleurs et sur le petit nombre d'hommes qui avaient pu s'établir sur les angles saillans de l'ouvrage à cornes , les culbutèrent entièrement , comblèrent leurs tranchées , enclouèrent leur batterie , et revinrent en ville , traînant après eux quarante prisonniers et rapportant plus de deux cents outils.

« Le lendemain , suivant le journal des assié* T^ geans , la ligne de communication fut continuée » par eux depuis Touvrage à cornes et le ravelin. iK Deux batteries furent commencées , Tune de cinq x) pièces de canon , et l'autre de quatre morticfs ; » la première pour tirer au front de l'ouvrage à » cornes , et l'autre à la contre-garde. A la gauche, » on avança la ligne jusqu'au chemin couvert de la » contre-garde , de môme que les logemens des x» angles saillans et la descente du fossé des contrex> gardes. Deux batteries furent aussi commencées , x> l'une de trois pièces , afin de battre en brèche la » face droite de la contre-garde , et l'autre de six

» mortiers , tant pour tirer à Cet ouvfage , qu'au » ravelio contre-gardé. »

Toutes ces précautions et ces démonstrations me-» naçantes ne purent empêcher les braves habitans de courir aux remparts aider les travailleurs à réparer les brèches , et malgré la grêle de boulet^ qui tom-^ bait autour d'eux , ils parvinrent , avant la fin de la journée , à rétablir presqu' entièrement les murailles du bastion de la Magdeleine , encouragés qu'ils étaient par le bruit du canon qu'ils entendaient bien distinctement du côté de Fretin , Ennevelin et âecliû et qui leur annonçait clairement la coopération du duc de Bourgogne ^ qu'ils attendaient avec tant d'impatience. Ce Priiïce avait en effet commencé ce jour-là à canonner le quartier duduc de MarlboroUgh, et l'on avait été forcé , pour repousser cette attaque, de détacher de l'armée des assiégeans des forces assez nombreuses commandées par le Prince d'Orange^ Le lendemain dès trois heures du matin , la canonnade recommença , et le duc de Vendôme alla attaquer un poste de trois cents hommes que les confédérés avaient établi à Seelin , et qui ^ après s'être défenda un instant , se retira en mettant le feu au botirg^ On poursuivit l'ennemi pendant quelque temps , puis on continua à le canonner sÀns relâche et avec encore plus de vigueur qu'auparavant , tandis que des travailleurs étaient occupés à retrancher la gauche de l'armée Française. Pendant ce temps , la garni»

son de Lille tentait une nouvelle sortie composée de deux cents grenadiers et commandée par M. de la Freslière ; ils parvinrent à force d*audace à conn bler quelques ouvrages , mais Tennemi était déjà trop bien établi dans ses logeméns, et ils furent oMh gés de se retirer en laissant beaucoiip de monde mP leterfain.

Du 13 au 30 septembre, le temps fut employa par les assiégeans à construire dent mines ou sapoai pour faire sauter la muraille extérieure du fosaé 4 lorsqu'on voudrait 7 prendre poste. Hs en commeiH cèrent une troisième sur la gauche , entre l'ouvmg* à cornes et le ravelin , achevèrent leurs batteries 4 continuèrent jusqu'au bord du fossé vers la pointi de l'ouvrage à cornes la ligne qui s'étendait devait l'ouvrage contre^gardé , et poussèrent encore lèl boyau vers les btèches de la Ville* A la droite déi ouvrages , ils continuèrent leur ligne jusqu'à bi ri-» Vière , et afin de se frayer un chemin pour inentar à l'assaut , ils firent avancer une dernière sape t U long de la muraiUe extérieure du fossé , vem It pointe du fossé de la contre-gafde , et vis-à-^^ la brèche^ *

Quand leurs dispositions furent bien priieit «( qoe leurs batteries eurent long->tenips batttt Mi murailles à demî^minées et surtout le baaiioo érait du corps de la plaee, quand ils eurtut adMfék«M

SIXIEME SliGE. 323

galeries couvertes , leur digue et leur pont sur le fossé , ils songèrent à profiter enfin de leurs travaux, et mille grenadiers furent commandés pour attaquer les deux contre-gardes du ravelin , entre les deux ouvrages à cornes et les deux bastions du corps de la place ; mais on était en mesure de les arrêter. Les grenades , les pots à feu , les morceau! de corde gou-^ dronnée qu'on n'avait cessé de leur lancer du haut des remparts et qui avaient considérablement entravé leurs opérations , redoublèrent alors avec une nouvelle activité , et au moment où Tennemi espérait enfin recueillir le fruit de ses peines , le pont sur le fossé i la digue , une partie de la galerie furent embrasés , bouleversés , ruinés de fond en comble , et la partie remisé forcément à un autre jour. Un des deux ingénieurs ennemis qui avaient la direction générale du siège , fut tué dans cette affaire , et Ton espérait que les pertes essuyées par l'ennemi pen-* dant cette journée le forcerait à laisser aux assiégés un moment de repos ; mais on fut bientôt détrompé par des déserteurs qui déclarèrent qu'une nouvelle attaque devait avoir lieu le lendemain. Pour surcroit de malheur, les botnbes et les grenades ne cessaient de tomber dans la ville , et des quartiers entiers de^ venaient la proie des flammes ; puis on apprit que l'armée du duc de Bourgogne , n'ayant pu pénétrer dans les retranchemehs ennemis , avait pris le parti de décamper et était allée se poster entre Pottes et Audenafde, pouf fermer le passage mix mmiicîoo»

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que les ennemie pouvaient faire venir de BraxeUes* En&n le vendredi 21 septembre, jour de StrMatiiîeat toutes les troupes du Prince Edgëné furent rtMeat^ blées f on y joignit cinq mille hommes d'élite éb Tannée de Marlborough, et ils furent chargés d'attt-* quer pour la seconde fois les deux contre-gardes et de tâdier eiifin de s'y loger. Â six heures du soir îb commencèrent à entrer dans la trandiée ^ à huit heures , au signal d'une déchargé générale de toute l'artillerie , ils en sortirent et l'attaque commença avec plus de fureur que jamais. Â la droite , aftèe trois assauts consécutifs et des plus meurtriers , ib parvinrent à se loger dans un coin sur la hrè(ihe de là contre-garde; mais cela fut de peu de cônséquenee ^ car il ne pouvait pas y tenir plus de vingt honuùei» Quant au côté gauche de Fattaque , leur édhec jMt complet , et , malgré tous leurs efforts , lés aarié» geans furent constamment repoussés par le feu âm ravelin et du bastion ; ils fuyaient pour ééhapper êêùl foudres qui partaient des remparts , et se prédfi* tant dans la galerie couverte, ils allaient y iri^ufer un autre genre de mort , écrasés les uns par lete»très dans ce boyau , où il ne pouvait pass^ qde desE hommes de front , iïs ne craignaient pas de t'égorgtr pour se faire place, et le tumulte le plus époufanke* j>le régnait de ce côté IcNrsque la galerie rllii mêmffi\ embrasée enfin par les pots à feu que l'on ne teMfit d'y jeter en quantité , et s'abtmant sur les Hudkett-^ ireux soldats , mit le comble à la déroute im

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geans qui furent contraints de se retirer en laissant la terre couverte de leurs morts. On raconte que le Prince Eugène ^ ayant fait demander une suspension d'armes de vingt-quatre heures , pour enterrer les victimes de cette sanglante affaire , Boufflérs répondit au parlementaire : -— « Non , il n'est pas temps » encore « tu diras au Prince Eugène , que quand » il y en aura le double , je me chargerai de leur » sépulture. » Et le lendemain cinq mille cadavres impériaux furent entassés dans la tranchée , et servirent à la combler* Le colonel Sébéga qui commandait l'attaque fut obligé de se retirer dès le commencement , blessé par un coup de mousquet. Onze ingénieurs et plus de quarante capitaines restèrent sur la place ) et le Prince Eugène lui-^méme, qui se trouvait entre le Prince d'Orange et le Prince héréditaire de Hesse , reçut à la tête une mousquetàde , qui fut , il est vrai , peu dangereuse , amortie par le chapeau de castor dont le Prince était coiffé dans cet instant.

De son côté le duc de Bourgogne , qui jusque-là avait entretenu une correspondance active avec le maréchal de Boufflérs » voyait tout d'un coup les moindres communications rigoureusement intercep-^ tées , et il commençait k désespérer d'être informé de ce qui se passait dans la place , lorsqu'un capitaine du régiment de Beauvoisis , nommé Dubois , se chargea des instructions du Prince.. Cet intrépide ofGcier partit seul , pénéti^a dans les marais qui avoi'if

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