‹ Les sept siéges de Lille, contenant les relations de ces siéges, appuyées des chartes, traites, capitulations et de tous les documents historiques que s'y rattachent, avec trois plans aux époques de 1667, 1708 et 1792Chapitre 11 sur 15 · sixiion nteB · texte numérisé non relu

sixiion nteB

sinent la Bairte-Deûle , «t parcounit k la nage lei canaux qni coadaisent jusqu'à Lille, sana être aperça des postes ennemis qui gardaient toutes les issues, n eut au retour le même succès et revint au eamp avec une lettre du maréchal de Boufflers au duc de Bourgogne , qui portait : et que tout allait bien dans » la ville ; que sa garnison , affaiblie partant d*as- » sauts soutenus et tant de sorties meurtrières, venait » d'être recrutée par une multitude de jeunes gens » de métier qui s'étaient enrôlés volontairement ; » que les bourgeois lui avaient offert leurs enfons,. » s'il en avait besoin ; que tout le monde , jusqu'aux » dames , comme autrefois à ^ Gartbage , voulait » avoir part au service du siège ; que les plus quali* » fiées d'entre elles servaient ses malades et ses a blessés dans les hôpitaux; que la citadelle enfin p était munie d'artillerie , d'armes et de vivres en » quantité suffisante pour soutenir un long siège. »

Le duc de Bourgogne , sur ces nouvelles , fît repasser la Marque à une partie de son armée et la fit camper à Mons-en-Pevèle , tandis qu'un corps de troupes , commandé par le comte de la Mothe , était chargé d'arrêter un convoi que les Impériaux atten-* daient d'Ostende. Malheureusement cet officier, par une négligence inconcevable , ayant omis de faire fouiller un bois le long duquel il devait passer, tomba dans une embuscade et fut forcé d'engager, auprès de Wynendale , un combat désavantageux

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qui dura deux heures , et après lecjuel il resta sur là place près de trois mille hommes. Notre perte ne fut pas beaucoup plus grande que celle des ennemis , • mais une partie du conToi passa et le reste put re^' tourner à Ostende.

Les Impériaux , ranimés par le nouveau renfort qu'ils venaient de recevoir , firent pendant plu»eurs jours consécutifs un feu des plus terribles , et lancèrent dans la ville une quantité prodigieuse de bombes et de pots à feu , qui y causèrent beaucoup de dommages. Ils résolurent cependant d'abandon-ner la pointe du tenaillon gauche , et se contentèrent de disposer une batterie de huit pièces pour battre en brèche la demi-lune de Touvrage à cornés de la Magdeleine. De son eôté le duc de Bourgogne, qui avait à cœur la faute que M. de la Mothe avait commise à Wynendale , conçut le dessein dé faire entrer dans la ville quelques secours de poudre et ' de munitions de guerre dont les assiégeistns avaient grand besoin , et il confia réxécntiou de ce projet au chevalier de Luxembourg , qui fut dans la suite maréchal de Montmorency. C'était bien l'homme qu'il fallait pour une entreprise aussi hardie; son' courage intrépide , son caractère chevaleresque lui ' faisaient rechercher les dangers avec passion , aussi • accepta-t-il avec empressement les ordres qui liu' étaient donnés; et certes* jamais coup de main ptas^ périlleux ne fut èxécirté a(vee:plus d'audace. Le

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28 septembre , le chevalier de Luxembourg , après avoir pris la précaution de faire fermer les portes de Douai ^ annonce aux magistrats que le duc de Bourgogne Ta chargé d'emporter de cette ville un convoi de poudres et de le faire entrer dans Lille ; et le jour même dans l'après-midi , il part avec un détachement de deux mille cinq cents chevaux , cent carabiniers , la compagnie des sauvegardes du Roi , deux compagnies de grenadiers , et une compagnie franche de cent hommes. Les cava* liers avaient en croupe chacun soixante livres de poudre dans un sac ; les dragons et les carabiniers étaient chargés d'armes à feu et de pierres à fusil. Tout était parfaitement disposé pour éviter les surprises , et l'on serait arrivé sans le moindre acci* dent f si un cavalier qui avait eu l'imprudence de fumer en route n'avait pas mis le feu à sa poudre et causé la mort de plusieurs hommes. La crainte qu'eut monsieur de Luxembourg que le bruit de cette explosion n'eût découvert son dessein aux ennemis f le fit hésiter à le suivre ; cependant après avoir demandé l'avis des officiers , on continua la marche par Mons-en-Pevèle ^ et sur les dix heures du soir étant arrivé à Fâches où était la barrière des lignes des ennemis , on se présenta pour la passer. Sur le qui vive de la sentinelle , un officier, hollandais de naissance , qui servait dans l'armée française répond : HolUmde ! et il explique dans sa langue au commandant du poste qui était venu reconnaître

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la troupe , qae ce sont des monitioiis qii*on apporte , qu'il ait à ouvrir sur le champ , «ttendu qu'ils sont poursuivis de très-prëir par les Français , et que le convoi court les plus grands dangers 9 s'il reste plus long-temps hors du camp* On se décide enfin à ouvrir la barrière , et les escadrons commencent à défiler avec le plus grand sang-froid devant le poste sous les armes. Cependant la longueur de ce convoi et la quantité d'hommes qui pass»ent sous leurs yeux commençaient à inquiéter un peu les Impériaux \ et à leur faire soupçonner qu'il pouvait bien y avoir là dessous quelque ruse de guerre ,. lorsqu'un offider français ayant crié étourdiment serre ! serre ! Ce mot leur ouvrit les yeux tout à fait , ils comprirent qu'ils étaient joués 9 et fermèrent aussitôt labarriëre; mais dix-huit cents hommes étaient déjà entrés dans le camp avec environ quatre-vingts milliers de pou^ dre. On eut beau leur crier d^arréter , ils partirent au grand trot , et passant à travers les tentes des en^ nemis , ils seraient arrivés heureusement , sans un fâcheux accident , dont celui qui était arrivé en sop^tant de Douai n'était que le prélude. Le trot du che^ val ayant fait délier un des sacs que les cavaliers portaient en croupe , la poudre s^épandit sur te pavé et fit une longue traînée. La cavalerie cependant allait son train , mais le fer d'un cheval ayant fait feu 9 la poudre prit et fit sauter avec grand bruit seize cavaliers. La mousqueterie des ennemis se mèlà à cet horrible fracas , et jeta te désordre et ta con^ fusion dans la troupe franç(ûse ; quelques-uns pèn^

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saut que le feu ayait pris derrière les hommes et non pas sur le pavé détachèrent aussitôt leurs sacs , et les jetèrent en bas , ce qui augmenta encore la force de l'explosion. On compte qu'il y eut en tout près de soixante hommes de tués et quatre-vingts chevaux ; le major du régiment de St-Aignan fut fait prisonnier. Quoi qu'il en soit, et malgré la poursuite du Prince de Hesse , le convoi put entrer dans la ville par la porte de Notre-Dame , et du haut des murailles on cria aux Impériaux : il est trop tard , BOUS nous verrons demain. Quant à ceux qui n'avaient pu entrer dans le camp ils retournèrent la même nuit à Douai.

Le lendemain sur les sept heures du soir , les assiégeans attaquèrent le tenaiUon droit ; ils perdirent beaucoup de monde , et le maréchal de Boufilcrs jugea à propos de faire retirer ses troupes derrière .une traverse que l'on avait £aite à ce tenaillon , en abandonnant vingt pieds de terrain où l'on ne pouvait plus se tenir. Le lundi premier octobre les ennemis ont attaqué pour la quatrième fois la place d'armes du chemin couvert du côté du tenaillon gauche , et après trois attaques successives ils se retirèrent devant la courageuse défense des assiégés ; It quantité de morts qu'ils laissèrent dans cet engagement qui dura depuis sept heures du soir jusqu'à neuf, dut leur Caire regretter de n'avoir pas acquiescé à la prière de ceux qui gardaient cet ouvrage» et qui, le matin , leur avaient demandé la permission de

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rabandonner. On comptait alors quarante-un joars de tranchée ouyerte , trente-six jours de canonnade , cinquante-deux jours de commencement de siège, et cinquante de plein investissement. Aussi de part et d'autre les forces commençaient à s'épuiser , et l'on sentait qu'une affaire décisive ne tarderait pas à avoir lieu ; les assiégeans , à la faveur d'un feu terrible qui empêchait de rien voir de leurs opérations « avaient repris leurs préparatifs pour un grand assaut ; ce ne fut que dans un moment où leur feit se ralentit un peu que l'on put s'apercevoir que leur galerie était presqu' entièrement terminée et qu'ils commençaient à établir un pont de communication ; les batteries furent aussitôt dirigées sur ce point , et le désordre se mit parmi les travailleurs qui durent attendre la nuit pour achever leurs dispositions. Mais le lendemain , 3 octobre , ils se mirent en marche sans bruit , sans signal , pour attaquer la tête du tenaillon droit , et la demi-lune qui était derrière , et donner l'assaut au ravelin. La petite garnison , renfermée dans cet ouvrage sous les ordres du chevalier d'Ognon , avait demandé comme une faveur de n'être point relevée et soutenait depuis dix-sept jours , avec une constance héroïque , les attaques de l'ennemi ; mais ce jour-là , nos soldats s'étaient livrés un moment au repos , sur l'ordre de leur chef à qui le maréchal , trompé lui-même par un espion , avait fait dire qu'il ne serait assailli que dans la soirée. Surpris dans le plus grand désordre, ils prirent l'épouvante en voyant les ennemis aa

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milieu d'eux et ne purent que se retirer vers la ville, en se sauvant les uns dans une petite bar^e , les autres à la nage. Cette victoire coftta cependùit asses cher aux assiégeans , les batteries des ouvrages voîsinsredoublërent leurs coups, et suivantle rapport des Impériaux eux-mêmes , jamais on ne vit un feu plus terrible que celui qui les foudroya quand ils eurent £ait leur logement , et qui dura près de deux heures* Leur position n'était plus tenable , aussi chacun cherchait-il à se sauver et à regagner le pont pour rentrer dans la contre-garde ; en un mot , ils auraient infailliblement perdu l'avantage qu'ils venaient de remporter , si les fuyards n'avaient pas été arrêtés par le colonel du régiment de Dennof et par le lieutenant-colonel du régiment de Vander* beck qui venait cependant de recevoir quatre coups de mousquet , deux au bras droit , un à la tête , et un qui avait traversé ses habits à la ceinture ; ces deux officiers se jetèrent au-devant d'eux et leur barrèrent le passage , secondés par une bombe qui était tombée sur leur souterrain et en avait boudié le passage ; ils furent donc forcés de se maintenir à leur poste , et finirent par s'y retrancher et par y établir une batterie , après avoir eu environ trois cent cinquante hommes hors de combat. Quant à nous 9 les bombes que les assiégeans nous envoyèrent ne nous furent pas aussi avantageuses que celles qu'ils reçurent de nous ; l'une d'elles , qui était tombée sur la courtine du bastion de la gauche , mit le feu à quarante tonneaux de poudre et à seiie

tents grenades , et produisit une explosion épouvant2d)le qui rendit notre perte presque égale à celle des ennemis. On eut surtout à déplorer dans cette journée la mort du chevalier de Valory, qui depuis le commencement du siège n'avait cessé de donner des marques d'intrépidité et de talent. Cinq pièces de canon de bronze , dont trois étaient en état de servir, restèrent au pouvoir des Impériaux ; toute la nuit suivante fut employée par eux à mettre leur galerie en état , afin de pouvoir aller au ravelin avec moins de danger. Ceux qui étaient dans le bout des contregardes l'abandonnèrent , et ils se mirent à perfectionner à la gauche la mine qui devait faire sauter l'angle saillant de la contrescarpe , vis-à-vis de la brèche. A la droite, ils continuèrent la sape, et à une place d'armes près , les assiégeans étaient maîtres de toute la contrescarpe depuis le ravelin de l'ouvrage à cornes jusqu'à la contre-garde. Le 5 octobre , vers les cinq heures du soir , les ennemis assaillirent pour la cinquième fois le chemin couvert , mais on y était préparé sur l'avis donné par un déserteur , aussi furent-ils vigoureusement reçus , malgré toute la violence de leur attaque. Us commencèrent par faire sauter trois mines qui enlevèrent six toises de palissades; puis ils voulurent se loger sur les mines sautées , mais ils furent repoussés par trois fois avec une valeur indomptable ; et lorsque nos batteries masquées et notre mousqueterie eurent entamé les rangs ennemis , BoufSers , profitant de leur trouble , fit faire une sortie dans

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laquelle son infanterie reprit le poste , démonta la batterie et combla mie partie de la tranchée , tandis que Luxembourg , à la tête de ses dix**huit cents chevaux, pénétrait dans le camp jusqu'au parc d'artillerie , enclouait des canons et faisait des prisonniers.

Les Impériaux s'efforcèrent pendant plusieurs jours de s'emparer de la contrescarpe ; ils com^ mencèrent par faire un parapet au cavalier , pour faire feu à revers sur ceux qui occupaient cet ou* vrage , puis ils firent avancer une centaine de grenadiers y dont les efforts devaient être secondés par l'explosion d'une mine, qui, n'étant pas assez longue» ne leur fut d'aucun secours , et les força d'abandonner leur premier dessein ; ils se bornèrent donc à perfectionner leurs logemens ; tandis que ceux de la gauche , qui se disposaient à attaquer le reste des traverses du chemin couvert , étaient obligés aussi de remettre cette attaque , leurs mineurs ayant découvert deux de nos mines dont l'une était chargie. Le 8 octobre , ils en reconnur.ent encore une àl^^, ' gauche , et un magasin de grenades dans un endroit du ravelin ; le même jour, à six heures du soir , ib, attaquent pour la sixième fois la place d'armes dn chemin couvert , et commencent par Caire sauter une mine qui enlève une quantité de palissades et leur permet d'entrer à découvert ; mais Boofflors arrive à la tête de sa brave garnison , il s'élanee sw la brèche , parcourt les rangs , encourage les,^iii

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timides , commande en général et se bat en grenadier; les ennemis sont repousses par deux fois , mais à la faveur de leurs gainons et fascines , ils commencent à se loger dans un angle de la droite de la place d'armes , mais ils sont chassés de ce poste par cent dragons et deux compagnies de grenadiers qui montrèrent un courage admirable ^ et après un carnage des plus sanglans ^ forcèrent les assiégeans à se retirer pour la troisième fois, sans qu'ils aient pu gagner un pouce de terrain. Pendant ce temps le duc de Vendôme qui avait été chargé d'intercepter un convoi que les Impériaux attendaient d'Ostende , et qui avait trouvé pour adversaire le duc delibrlborough lui-même, se voyait sur le point d'échouer dans son entreprise , et avait fini , en désespoir de cause , par faire couper une digne qui retenait les eaux près de Nieuport , en sorte que tout le pays fut inondé et que le convoi fut obligé de retourner sur ses pas. Les assiégeans commençaient àmanquer de poudre , et pendant plusieurs jours ils ne s'occupèrent que d'avancer . leurs sapes et d'élargir leurs boyaux , mais leur travail avançait très lentement il cause du feu continuel qui partait de nos rem-^ parts ; ajoutez à cela les sorties qui avaient lieu de temps en temps , et pendant lesquelles les gabions étaient renversés , les tranchées comblées , et le travail de plusieurs jours détruit en un instant ; cependant un ingénieur prussien s'étant chargé de chasser la garnison de la place d'armes , la sape fi^ poussée à plus de trente pas , et il aurait peut-être

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réussi , s'il n'eût pts été blessé , et si les asÉiégéf n'avaient fait une sortie qin força les ennemis de renoncer à leur projet ^ et à la soite de laqneHé ils songèrent à dresser nne batterie snr le glâds|. Pendant tout ce temps le fen de Temiemi s'était ralenti sensiblement ; de notre côté, au contraiie; il avait redoublé d'énergie et d'activité , et not bouches à feu ne cessaient de vomir nne qaaalilé de pierres et de grenades dont l'effet était des jtm terrible.

Le vendredi 12 octobre, suivant le rSeit êÉ» assiégeans , le lieutenant-général Danihimy'iftf était de tranchée , demanda quelques voIâMdi|à pour chasser la garnison de la place d'armes dt 11 gauche. Six hommes et un sergent se présenterait mais le sergent ne fit pas ce qu'il avait proniSf S n'y eut qu'un soldat anglais qui marcha droit^â l'ennemi , tira son coup sur ceux qui étaient émê la place d'armes , et les mit en fuite , parée fi*8i crurent qu'il n'était pas seul ; le général Im émm deux pistoles ; les Français y revinrent ajattl itt que ce n'était rien. De son c6té , BoufDers gligeait aucun moyen de remédier aux brèches que le canon avait pratiquées dans net il fit abattre tous les gros arbres qui reatairat les remparts et sur l'esplanade , les fit lier ble afin d'en former des palissades , 0tveidittt.|ii hérisser de pointes de fer poor en rendre' V^kÊii plus inaccessible, fl fit pubUeE»dansh.fiHè''frfll

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avait besoin d'ane quantité de fer ; aussitôt tous les bourgeois s'empressèrent d'arracher les barreaux de leurs fenêtres , et les intentions duCrouyemeur furent si bien secondées qae non-seulement il put garnir ses palissades , mais (ju'il lui resta encore de quoi renforcer ce premier retranchement par une grille de fer , capable de résister long-temps aux attaques les plus violentes. Chaque instant du jour démontrait la nécessité d'une défense opiniâtre , l'ennemi gagnait toujours du terrain quoique trèslentement et en faisant d'énormes sacrifices; il avait fini par s'emparer de la place d'armes tant disputée du chemin couvert de l'attaque gauche ; mais dans cette affaire soixante^x hommes et quatre de leurs officiers étaient tombés sous les coups redoublés de trois pièces de canon placées dans le ravelin de l'ouvrage à cornes ; pendant ce temps le. diemin couvert derrière la contre-garde de la gauche tombait au pouvoir des assiégeans , et les soldats de la garnison qui gardaient cet ouvrage périrent tous en voulant se sauver dans un petit bateau , à l'exception de trois ou quatre qui parvinrent à se sauver à la nage.

Le lundi 15 octobre , entre cinq et six heures du matin , le chevalier de Luxembourg dirigea une sortie sur la gauche des tenaillons ; les ennemis , qui étaient dans la sape furent repoussés bien avant dans leur retranchement , on leur fit une quantité de prisonniers , on s'empara de leurs armes et de leurs outils . et nresoue tous leurs nbions et fasdiies

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forent brûlés ûu renverséd , tandis qo'iine bonbe partie de nos remparts fesait sauter dans lâor ]^iie un magasin de cinq cents grenades , et ijoatre tèa-^ neaux de poudre. Pendant les trois joui» qu^tiiifi^ rent cet échec , il y eut danis la yille un ctàm&i'wtitt tranqpiillité auxquels on n*était plus habitué ; léfêÊ des assiégeans avait presque entièrement cessé ^ él Ton eût pu croire que Ta- ville n'était jiaÉ àssiégéëy mm les pauvres bourgeois ne se laissaient paa iMii^ per par ce sommeil apparôat » ils savaient paifiM»-^ ment que les confédérés s'étaient concentrés ÉÊêêê des préparatifs d'attaques formidables, qUetMlii^ leurs batteries étaient presque entièrement AMÉfflÉ et qu'elles se composaient de cinquante-cinqîj^MiÉ^ de canon 9 trente-six mortiers et dix obusieMi'Si^ n'ignoraient pas qu'on avait trouvé le mo|IIÉ'ii^ faire écouler les eaux du grand fossé entre lét ÊtÊi contre-gardes , en y pratiquant une saignée ^* if qu'une quantité de fascines et trente nà&e fUûêH de firazon avaient été entassées afin de le ooiÂier;

. Le 20 , dès le matin toutes les boucbei^i assiégeans commencèrent à tonner à la fois et à Ittl» tre sans relâche la face , le fianc et lâeMvÉhnis bastion de l'attaque droite et les retfancb«ii«ai ïèm bastion de l'attaque gauche. On émût qM efeMe^ journée pouvait être décisive et Tdn s'enqMssi ifi mettre en œuvre tous les n^oyens de détoseyiiiMii à retarder la mardie de Veuietai^ BoeHwiiti|hit posée im:aiMis detfe«« di'ari^ves^ifiit Akft^^

sniiHE sii£ge. 339

de fer , que l'on devait ronler sur eenx qui entreprendraient de monter à la brèche. Des chaudiëreé^ posées sur des trépieds , de distance en distance , devaient être remplies d'huile toujours bouillante. On prépara desartificesde toutes les espèces connues, on en inventa de nouveaux. Un bourgeois en avait imaginé un dont on se promettait le plus grand succès , d*après l'essai qu'on en lit sur quelques travailleurs qui s'étaient approchés trop près de la brèche: il se composait de rouleaux de toile souffrée et goudronnée , tellement disposés dans une boîte de fer-blanc , qu'en lançant la botte , les toiles s'enflammaient en se développant , tombaient comme des nattes de feu , s'attachaient à la chair et aux habits 9 sans qu'il fût possible ni de les détacher, ni de les éteindre. Un grand feu fut allumé aussi au pied de la brèche du bastion de la Magdeleine afin d'en rendre l'abord plus inaccessible , ce feu bien entretenu pouvait durer deux mois sans relâche ; il était composé de fagots goudronnés mêlés de toutes sortes de matières combustibles. Le lendemain les assiégeans continuèrent leurs préparatifs pour un assaut général , ils contruisirent des ponts de communication 9 et terminèrent leurs mines , malgré le feu soutenu qui partait de nos remparts , et qui leur tua cent vingt-huit hommes et cinq officiers ; enfin le 22 , leur feu redoubla avec une nouvelle furie , et le Magistrat , voyant la place tout ouverte de brèches , supplia le Maréchal de ne pas exposer les habitans à tontes les horreurs d'une ville prise d^as-»

saat , celui-ci ne put résister à leurs prières ; à quatre heures du soir il envoya le brigadier Bialboit faire battre la cbamade , et , pour se ménager une capitulation honorable , il écrivit au Prince Eugène: « Qu'il n'était pas encore réduit à l'extrémité , et x> qu'il recevrait volontiers dans la place tel officier » qu'il jugerait à propos d'y envoyer» pour s'assii- » rer de l'état où elle se trouvait. » Le Prince Eugène lui répondit : « Qu'il l'en croyait sur sa » parole , qu'il le laissait maître de dresser loi- » même le projet de la capitulation , et qu'il poui> vait compter qu'il ne se refuserait à aucune des » conditions auxquelles son devoir lui permettnit » de souscrire. »

Le général de Spar , que le Prince Eugène avait chargé des négociations , amena comme ôtagea à la porte de la Magdeleine » le brigadier du Groussel « le colonel de Schendorf , le major Mau» qui furent reçus par le marquis de Surville , lieutenant-général ; celuici livra en échange le brigadier Malbois , le comte de Belle-Ile , colonel , et monsieur de Chatean*- Neuf , lieutenant-colonel , qui furent conduits à l'abbaye de Marquette par un officier. Enfin le mardi 23 octobre , la capitulation fut signée après deux mois de tranchée ouverte , et ce n'est pas une des moindres gloires de BoufQers , d'avoir pu amener l'ennemi à accorder une capitulation qui portait entre autres articles que les assiégés auraient trois jours pour Caire part au duc de Bourgogne de Félat

sixiàiiB si£gb^ 341

des choses , et recevoir ses ordres , que , si le I^rince ratifiait la capitulation , la garnison se retirerait le 25 dans là citadelle ; (jae la place ne serait pas assiégée ayant le 26 ; qu'elle ne serait pas attaquée par un endroit qui fut désigné , et que Ton n'eût pu défendre , sans elposer au feu un quartier de la yille; que les assiégeans fourniraient des voitures pour faire transporter à Douai les malades et les blessés ; qu'il serait permis au chevalier de Luiiem^ bourg de se retirer avec la cavalerie qu'il avait in^ troduite dans la ville ; que les bourgeois, tant qu'ils resteraient sous la domination des alliés , seraient maintenus dans tous leurs droits et privilèges* Ce jour même » la. porte de la Magdeleine fut livrée , et pendant que le maréchal de BoufQers se retirait dans la citadelle avec quatre mille cinq cents hommes , y compris les dragons du comte de Belle-Ile , de la Reine et de Ranes , le Prince Eugène faisait entrer dans la ville vingt cinq bataillons corajnandés par le duc de Holsteinbeck qu'il avait nommé gouverneur de la place. On évalue notre perte pendant ce siège à sept mille hommes , tant tués que blessés , parmi lesquels il faut' compter deux colonels ; le rapport des assiégeans porte la leur à onze mille neuf cent

quarante-six hommes.

Ici recommença pour les Impériaux une suite de

travaux aussi pénibles que ceux qui avaient enfin

amené la prise de la ville. Bouftters enfermé dans la

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citadelle semblait disposé k résister long^temps ; en vain le Prince Eugène cherchait-il tons les moyens d'amener le maréchal à une prompte et honoraUe soumission » en vain il Texhortait k ne pas s'exposer» lui et sa garnison , aux dernières extrémités , pour la défense d'une place qu'il lui était impossible de conserver sans un secours étranger, sur lequel il ne pouvait pas compter. « Si vous attendez , disait-il » i> que nous vous ayons réduit k Timpoissance de » vous défendre , il me sera très douloureux de ne D pouvoir vous accorder toutes les marques d'hon« » neur que méritent un aussi grand capitaine et une » aussi brave garnison que la votre ». Boufflers répondit : que sa place et sa garnison étaient encore en trop bon état « pour qu'il pensât k capituler , et qu'il était persuadé qu'il mériterait d'autant plus son estime que sa défense serait plus longue , et l'espérance d'être secouru plus incertaine. En effet, pen« dant quarante-un jours que dura ce second siège , on vit mettre en usage , de part et d'autre , tout ce que la science militaire et le courage le mien aguerri offrent de ressources pour attaquer et poor se défendre. Les assiégeants , par une nouvelle tactique dont le motif ne nous est pas bien connu 9 s'abstinrent de faire usage de leur artillerie et 8*a* vancèrcnt par la sape en sillonnant toute Tesplanade ds leurs boyaux. Les assiégés , presque totalement dépourvus de munitions , ménagèrent le pen qn'ilf en avaient et attendirent leurs ennemis pour lee

sixi]ÈifE si^. 343

comlMiUre corps à corps d^ns le^ 4®u^,<^l^^^^ ^^^ verts qui enyirQDnaient alors la citadelle. Ce fut là surtout que se renouvelèrent 4;es exemples de bra-^ youre individuelle si commune avant Tinvention funeste de Fartillerie. Chaque soldat , éleetrisé par rexetnple du gouverneur , ' défendait son poste en héros , retardant au prix de tou^^^on sang l'instant d'une reddition reconnue inévitable ,. mais qu'il s'agissait de reculer le plus possible afin d'ôter aux ennemis l'occasion et les moyens de faire d autres conquêtes.

Enfin le 8 décembre , manquant de vivres et de munitions , voyant complètement achevée sur la crête de la contrescarpe une formidable batterie prête à ouvrir son feu contre 1^ corps de place , le brave gouverneur se déci4li , à faire battre la chamade ; et lef 9 il envoya au Prince Eugène son projet dç capitulation qui portait entre autres conditions : que la ehapellie de la citadelle ne pour-* rait être ouverte que pour le culte de la religion catholique* que 1a gl^rnison sortirait avec chevaux , armes et bagages ;. qu'elle traverserait la ville et le camp ennemi , tambour battant , baUe en bouche , mèche allumée parles deni^' bouts, suivie de six pièces de canon ; qde chaque soldat aurait des munitions pour tiret doMEe coups p, et qu'enfin les n)^lades et lès Uésséjs seriôept co^duitrliDouai, nux frais des assiégeans. L'article qui concernait la chapelle

3ïl stniHE stim.

fat bien tontesté on instant , mais le Prince finit par y conseiltir , et la capitulation fat enfin signée. Le Prince Eagène et le Prince de Nassan s'empressèrent d'aller visiter le maréchal de Boofflers ; celui-ci leur ayant offert de partager son souper , et ayant fait servir un repas splendide , les Princes se récrièrent et témoignèrent qu'ils auraient désiré avoir me idée de son ordinaire pendant ce siège , le maréchal ordonna donc qu'on servit ce qu'on lui préparait: on apporta deux morceaux de cheval , les illustres convives voulurent en goûter, mais il est probable qu'ils préférèrent le premier festin k ce mets obsidional.

Il faudrait maintenant une plume bien éloquente pour peindre les douleurs , la misère des habitana « pendant le siège de la citadelle. Épuisés par la plus horrible famine , écrasés par l'oppression des étrangers , ne sachant à quelle nation ils appartenaient , fls souffraient sans oser se plaindre , tandis que le Prince Eugène faisait chanter des Te Deum , assistait aux spectacles , donnait des bals et des festins magnifiques aux dames de la ville , qui en sortant de ces fêtes où elles s'efforçaient encore de paraître belles et gracieuses , ne retrouvaient chez elles qu'une affreuse misère ; mais nous pensons , que pour se faire une idée de la position des habitans dans ces conjonctures , il suffira de lire le récit que neos insérons à la suite. (Voyez pièce jusUficative n*IV.)

ftlXliUB «lÉGB. 345

Une relation dci siège de Ltltese troaye dansl^HiSTOiRS DU Dauphir , pkBE DE Louis XY , par l'abbé Protart. Ce livre notant pas rare y nous croyons inutile d'en extraire le texte qui nous a serri , comme nous le faisons ponr le« autres ouvrages qu'on se procure plus difficilement.

Une autre relation est insérée dans Talmanaob de Lille , intitulé Renouvellement de la Loi , année 1784. Elle ne> eontient rien de plus que ce que nous axons inséré ici*.

Extrait du livre intitulé : La CàMPAGifE de LuiLb^ contenant un journal de ce qui s^estpané au siégO: de cette importante place , et à V occasion de fVynenn dael; comme aussi le fameux passage de V Escaut « dédié au Prince d* Orange. La ffaye 1709»

Le samedi 11 août 1708 on détacha de T armée de milord duc de M arlborough , campée prés de Menin , dix-sept bataillons , savoir cinq angloia , quatre prus* siens , trois danois » trois d'Hanovre , et deux hoUandois : il y avoit aussi vingt-cinq escadrons , tout cela devoit être joint par six bataillons impériaux ; neuf palatins , cinq hessoîs , et treize hoUandois ; et par soixante et cinq escadrons , tant impériaux y palatins , hessois , que boUandois. On commença à marcher du camp de la grande armée , à quatre heures du soir ,. r infanterie défila par Menin , et la cavalerie passa la Lis sur un pont qu*on avoit dressé pour cela. Son bU Jesse sérénissime le Prince d'Orange commandoit If Âètachement , aîant sous lui deux lieutenana-généraux^

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quatre généraux-majors , et cinq brigadiers ; cependant , comme nous nous étions mis en marche un peu tard , et qu^il avoit fallu traverser Menin , la nuit nous surprit près de Ronck sur la chaussée , ce qui nous obligea à camper ; il y eut ordre de se tenir prêts à marcher à cinq heures du matin.

Le 12 on se remit en marche comme il avoit été or* donné , et à huit heures nous arrivâmes à la Marque et nous passâmes la rivière sur un pont de pierres qui se trouve sur la chaussée de Lille à Menin ; après qu*oii eut passé, son altesse sérénissime le Prince d* Orange fil attaquer en sa présence un poste que Tennemi avoit au pont de Tabbaïe de Marquette oit passe la Deule ; cela fut fait par des grenadiers anglois qui se trouvèrent à la léte , et au moment que les François virent que trois hommes se jcttoient à la nage pour passer la rivière , ils se retirèrent , et abandonnèrent le poste sans nous avoir fait d'autre mal que d^avoir blessé ua grenadier; ce poste étoit cependant très bon, bien palissade , et entre deux branches d'eau que la rivière forme ; peut-être qu*ils crûrent qu on vouloit les amu7 ser afin de les couper , ou qu'ils avoient ordre de te retirer : cela fait , les grenadiers anglois passèrent la Deule et furent postez dans une prairie pendant que le reste du détachement fit halte , aîant sa droite au pont de Marquette , et sa gauche au delà de la chaussée. Deux cens hommes furent commandez pour prendre poste k des maisons qui se trouvent sur la chaussée , pendant que le régiment de dragons de Colin-Lambert , et quatre autres escadrons se mirent en bataille vis-à-vis d'un moulin où Tenncmi étoit ^ qui fil le

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coup de pistolet avec les nôtres. Son altesse sérénissime le Prince d'Orange aiant eu avis que son altesse sérénissime le Prince Eugène ne pouveit joindre » ordonna qu'on camperoit sur le terrain qu'on occupoil sur deux lignes, afin que comme on u'étoit qu'un petit corps de dix-sept bataillons et de six escadrons , nôtre cavalerie n'aîant pu joindre , au moins on fût en état de se prêter la main en cas que l'ennemi vou-^ lût tomber sur nous. Son altesse sérénissime commanda aussi qu'on relevât les deux cens hommes par trois autres cens , ce qui fut fait par monsieur de Warignére lieutenant colonel du régiment d'Anhalt-Zerbts.

Le 13, sur ce qu'on apprit que son altesse sérénissime le Prince foigéne étoit à portée d*investir la Place , on commanda de passer la Deule , et l'on marcha du côté de Tabbaïe de Loos , où l'on avoit marqué le quartier du Prince Eugène ; cependant le tems s'étoit écoulé sans qu'on eût marqué le camp : on n'eut point d'ordre de camper que vers le soir. On apprit alors , avec plaisir , que son altesse sérénisâime étoit arrivée à son quartier.

Le 14 il fut ordonné que les quartiers-maîtres se trouveroient k Fabbaiede Marquette^ ce qui se fit; mais il n'y fut encore rien résolu , et l'on coucha sur le même terrain.

Le 15 on marcha : les uns passèrent de l'abbaïede Loos , à Marquette , et même jusqu'à Fiers , quartier de son altesse sérénissime le Prince héréditaire de liesse-

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Cassel, les autres d'au-delà de Marquette , allèrent prés de Loos , ce fut monsieur de Woltrosovent , majiMr général des troupes Palatines , qui marqua le camp , aîant déjà servi en Hollande en qualité de lieutenantgénéral quartier-mattre.

Le 16 cela se fit pour transporter le fourrage du quar* lier qu*on avoit quitté , à celui qu*on alloit occuper. Effectivement chacun pensa à en faire provision , et d'autant plus qu'il étoit abondant dans le camp ; le 17 nos ingénieurs reconnurent la Place , et choisirent celle d* entre la Marque et la Deule , pour mettre le parc de notre artillerie , et en faire notre magazin , aîant sa droite au pont de Marquette , et sa gauche à la Marque. Une partie de Fartillerie arriva de Menin , et fut rangée comme j'ai dit. L'on devoit avoir cent vingt pièces de canon , quarante mortiers , vingt aubiserta , et quatre cens chariots de toute sorte de munitions.

Le 18 il fut ordonné que chaque bataillon feroit mille facines, et cens gabions. Quelques rumens firent aussi divers mouvemens.

Le 19 le Roi Auguste et le Landgrave de Hease-Ga»< sel arrivèrent à Tannée de son altesse sérénissime Milord Duc , et la première Ugne passa en rev&ê devant eux.

Le 20 son altesse sérénissime Milord Duc leurfil voir la seconde : ensuite ils partirent, et arrivèrent au siège» aîant mis pied à terre à Tabbaîe de Loos chex toa altesse sérénissime le Prince Eugène , qui lef r%ala

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magnifiquement. L^abbaîe de Marquette avoit été cependant conservée pour Sa Majesté ; mais le Roi aima mieux être à celle de Loos , auprès du Prince Eugène. Ainsi celle de Marquette fut pour un hôpital , et Fon garda un quartier pour monsieur de Schoulenbourg général en chef de Tinfanterie de Sa Majesté le Roi Auguste , et lequel a fait des merveilles pendant toute la campagne.

Le 21 , aiant apperçû que Fennemi avoit fait avancer deux bataillons et quelques dragons , avec des charpentiers pour couper les arbres de quelques maisons vis à vis de la chaussée de Menin, le Prince d'Orange marcha avec six bataillons de ceux qui se trouvèrent le plus à portée , afin non seulement de chasser Fennemi , mais d*y prendre poste ; ce qui fut exécuté , Fennemi aïant d^abord cédé. L*on travailla cependant à Marquette à la manière dont on vouloit diriger Fattaque ; savoir que , comme nous avions au siège cinquante bataillons , il y en auroit toujours dix à la tranchée ; que les Impériaux , Palatins , et Hessois , auroient deux jours de suite » et les Anglois , et HoUandois , y compris les troupes auxiliaires , auroient trois jours aussi de suite ; que lesbataillons qui entreroient en la tranchée ne seroient point obligez de donner des travailleurs. Que ce seroit aux autres bataillons à fournir pour ceux qui seroient de tranchée. Que sûr ce pied-là les Impériaux ouvriroient la tranchée , mêlez avec les Palatins , et les Hessois , faisant en tout dix bataillons, un lieutenant-général , deux généraux-majors et quatre mille travailleurs , qu*on renvoiroit dès le matin ,

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