LILLE
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On Ta déjà dit , et nous ne pouvons nous lasser de le répéter : il faut épier , il faut sai-. fiir les besoins de notre époque et tâcher de les satisfaire ; or, le penchant le plus prononcé de ce siècle , en fait de travaux d'esprit , c^est l'étude de Thistoire. On réclame avec urgence des renseignemens , des documens certains ; il faut donc s'efforcer d'en amasser le plus possible , de mettre en commun tous ces ëlémens divers ; et peut-être il en surgira quelque jour un monument qui sera digne de son objet. Mais pour atteindre ce noblei
but , il ne suffit pas de reproduire ce que d^autres ont écrit , de faire des livres avec des livres; cVst dans les chroniques, dans les <:hartes , dans les mémoires les plus cachés sous la poussière des archives et des anciennes bibliothèques , qu^on doit chercher les élémens d'un si grand travail pour lui donner un caractère de certitude.
Il se rencontre parfois des amateurs d'archéologie, qui font des collections de manuscrits comme on fait des collections de Tnédailles , des cabinets d'antiquités , de curiosités , et qui ne voient dans de précieux monumens historiques , que la rareté de tel ou tel ouvrage, la beauté du parchemin , le fini des vignettes , les caractères plus ou moins bien formés. On se réjouit surtout , on se félicite si Ton est seul possesseur de ce trésor , alors on serre soigneusement le cher manuscrit , on l'entoure de respect et d amour ; on le mettrait volontiers dans une châsse , on ne le montre qu'à un petit nombre d'élus , et Ton se croirait ruiné si quelque indiscret venait à publier cet objet de prédilection.
Mais il est aussi des hommes généreux qui ne craignent ni dépenses, ni fatigues,ni veilles pour explorer cette partie de la science. Ceux-
)à , guidés t>ar ild noble sentiment , ne voient que rintérêt public dans leurs recherches , et nous enrichissent tous les jours de nouvelles découvertes. Nous leur devons un éloge pour leur désintéressement, une vive reconnaissance pour leur bienfait. Faisons-nous un devoir de suivre leur exemple , de chercher dans les anciens écrits , ce *qui peut être utile ou intéressant aux histoires locales, et surtout de rendre publiques les moindres trouvailles faites sut ce terrain , où , à chaque pas , on découvre une nouvelle mine à exploiter .Voilà quel est notre but constant , quelles sont nos intentions et ce que nous nous efforcerons d^accompHr.-Nousnous sommes surtout attachés à ce qui concerne notre pays. L^histoire de Lille est plus qu^on ne pense riche en souvenirs poétiques , et en évènemens instructifs; une des gloires de notre cité est sans contredit la valeur indomptable , le courage opiniâtre avec lequel on Ta vue soutenir les attaques et lés sièges dirigés contre elle. Il existe sur ce sujet tine foule de documens très- curieux; Iriais ce qui i*egarde les premières époques £St etifoui dans de vieilles chroniques et dans des titres indéchiffrables pour presque tous les leifteurs; le reste est épars dans une infinité d'ouvrages dîfTérens. Nous avons pensé qu'il serait utile de réunir ces élémens
divers et de former un recueil de tout ce qui a trait aux diflérens sièges que Lille a soutenus ; nous avons pensé qu^on comparerait avec plaisir ces récits d^époques différentes où Lille , du reste , s'est toujours montrée la même, grande et courageuse contre les attaques les plus fortes et les plus multipliées. Nous nous estimerons trop heureux si l'on veut bien accueillir avec quelque peu d'in^ térét un travail entrepris dans le seul but de divulguer et de rendre populaires notre gloire nationale et les principales particularités de notre histoire.
Nous donnons pour chaque siège un récit plus ou moins circonstancié (suivant les documens qui nous en restent) des évènemens qui Tout marqué et des causes auxquelles ils se rattachent. Puis nous indiquons les sources où nous avons puisé , en transcrivant les textes originaux soit par extrait , soit en entier. Nous donnons aussi textuellement les capitulations , conventions ou traités qui se rapportent au sujet, et nous ne craignons pas d^affirmer que sous ce rapport notre livre sera aussi complet , aussi exact qu'il est possible de le désirer , ayant tous les jours h notre disposition les titres , pour la plupart inédits , qui doivent Iç composer.
PBEMIEB SIEGE.
C'ÉTAIT alors dans notre Flandre une époque de {Tuerres et de troubles , alors toutes les questions se jugeaient à la pointe de Tépée, et la politique avec SCS délais et ses sages lenteurs , n^était pas là pour arrêter la furie des peuples et faire évanouir en fumée leurs désirs et leurs projets. Un prince , un gouyemeur déplaisait , il était chassé par ses sujets; les rois irrités se réunissaient , faisaient cause commune et marchaient de concert à la vengeancede leurs affronts; les habitans des villes, bourgeois et manans, s'enfermaient alors dans leurs places fortes , s'y dé- , fendaient jusqu'à la dernière extrémité et se faisaient
(I) Ce liège eut Ueo dam le mois de Mai, Gualberi , de Bruget , aate«r contemporain» te borne à dire que le 31 Mai on reçnt la nouvelk que le roi de France c'était enfni de Lilif , après y avtir assiégé peadhiat quatre joars le comte Thierry.
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plutôt enterrer sous les décombres de leurs remparts que de renoncer au moindre de leurs droits. Il est impossible de dire le nombre de dévoués défenseurs , de héros qui dans ces circonstances se levaient du milieu de ces peuples qu'on nous a souvent dépeints comme des esclaves , ne sachant que courber la tète à la dîme , et le dos à la verge : Oh ! ces poitrines nues et haletantes sous la charge de ramée qu'on portait avec plaisir au seigneur bienveillant et affectueux , savaient au besoin , contre le maître insolent et exacteur , revêtir la cotte de mailles , et sous leur armure ces cœurs battaient alors aussi nobles que celui d'un haut baron , aussi libres que ceux des trois cents Spartiates. Comme eux ils savaientmourir, et l'on ne songeait pas à graver leurs noms sur le marbre , à donner des distinctions à ceux qui sur<« vivaient , on trouvait leur dévouement tout naturel .
Or, quelque chose de semblable advint en la cité de Lille , l'année de notre rédemption 1128; mais pour l'intelligence de ce récit, nous devons faire part de quelques évènemens antérieurs et remonter à la famine de 1126.
Ce terrible fléau décimait la Flandre , et plongeait des villes entières dans le deuil et l'affliction ; mais Charles de Danemarck, alors comte de Flandre, s'efforçait d'en diminuer Tintensité par ses soins et sa prévoyance. Ce prince recherchait avec zèle tous
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les moyens de porter remède à ces malheurs , et il s'empressait de mettre en usage ceux qu*il décoitvrait ; il empêchait de faire de la cervoise , faisait tuer les chiens dans toute la Flandre , ordonnait à ceux qui avaient des approvisionnemens de grains d*en vendre à ceux qui leur en offraient des prix raisonnables , et lui-même enfin donnait chaque jour aux riches l'exemple de la charité en faisant au peuple des aumônes considérables. On voit par les chroniques du temps que dans une seule journée il fit transporter sept mille huit cents pains à Ypres dont les habitans étaient dans la plus grande disette. Cependant , malgré ces soins et ces bienfaits multi-^ plies, la famine prenait chaque jour plus de gravité > et Ton avait toujours à déplorer de nouvelles pertes ; lorsque Charles-le-Bon apprit à Bruges, qu'au mi«lieu de la désolation générale il y avait des hommes dont les greniers regorgeaient de grains , et qui affichant chaque jour un luxe insolent dans de somptueux banquets, refusaient avec barbarie ^e vendre une partie de leurs provisions. Ces hommes , c'étaient Bertulphe, prévôt de S. -Donatien et chancelier de Flandre , et ses frères Lambert et Bossart , connus sous le nom de Vanderstraet , et dont les nombreux parens et alliés s'étendaient dans toute la Flandre. A cette nouvelle , sans craindre leur puissance ^ Charles-le-Bon leur envoie Tangmar , gouverneur de Bourbourg , avec ordre d'ouvrir tous leurs greniers , et , ne leur laissant que ce qui était nécessaire
Il PBBMIBR SIÉGB.
k leur subsistance , de vendre une partie des grains et de donner le reste aux pauvres. Cette mesure de justice mit la fureur des Vanderstraet h son comble ; ils s'emportèrent en blasphèmes contre le comte de Flandre , et il ne se passait pas de jour que quelque attaque ne fût tentée contre Tangmar , ou son neveu Gualtère et ses domestiques , surtout par Burchard , neveu du prévôt Bertulphe ; et , de part et d'autre des combattans restaient toujours sur le champ de bataille ; enfin ce mécontentement prenant chaque jour un nouvel accroissement , ils en vinrent h se déclarer en pleine révolte , organisèrent une armée , allèrent assiéger Tangmardans son château, et celuici ayant été forcé de l'abandonner pour se sauver, ils y mirent le feu. De là , les conjurés ayant Burchard à leur tète , courent à l'église de S.-Donatien , oii Charles-le-Bon entendait alors les psaumes de la pénitence ; ils assassinent ce prince infortuné , et poursuivant leurs forfaits , ils immolent Tangmar et ses deux fils , Gauthier de Wavrin , panetier de Flandre , et toute sa famille ; ils mettent au pillage le palais et les richesses de Charles et de Tangmar , et finissent par s'emparer de la citadelle de Bruges ; mais ils n'y furent pas long-temps tranquilles ; assiégés dans cette forteresse , troublés par leurs remords et la frayeur naturelle aux criminels , les uns prirent la fuite et renoncèrent à leurs projets , d'autres se laissèrent prendre dans la citadélie , et subirent le châtiment de leurs crimes ;
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mais, par an arrêt de la providence « aucun d*eux n'échappa au supplice. Bertulphe» chef de la famille des Vanderstraet fut arrêté trois semaines après sa fuite à Wametonoù il s'était réfugié, et conduit à Ypres pour y être puni du supplice de la roue ; Burchard fut pris et exécuté à Lille,
A la mort de Gharles-le-Bon , toute digue étant rompue , le brigandage , les incendies ^ le piQage , en un mot , toutes les horreurs de Tanarchie vinrent fondre sur la Flandre , et Guillaume d*Ypres crut dans ces conjonctures devoir prendre le titre de comte de Flandre , en apparence dans le seul but de mettre un terme aux troubles qui désolaient ce pays; mais au fond ce prince attendait depuis long-temps l'occasion de s'emparer d'un poste , auquel , quoique bâtard , il prétendait , par son père Philippe , frère de Baudouin à la Hache , et fils de Robert de Jérusalem. Mais Louis-le-Gros , roi de France , favorisait Guillaume de Normandie , fik de Robert-^ Courteheuse » que les Anglais venaient de chasser de ses états , et malgré les prétentions de Guillaume d*Ypres , de Baudouin , comte de Hainaut , d'Arr nould , neveu de Charles-le-Bon , de Thierry , fils du prince d'Alsace , et de quelques autres encore , |juilIaume-le-Normand fut proclamé comte de Flandre, à Arras. Cette nomination irrita Guillaume d'Ypres et Baudouin de Hainaut qui se retirèrent ^ans leurs états pour se préparer à la guerre ; mais
Louis VI voulant déjouer leurs projets , conduisît ^'abord Guillaume-le-Normand à Lille , avec une escorte nombreuse et des forces imposantes ; et , quoique les Lillois eussent préféré recevoir tout autre compétiteur que celui-*ci , cependant la présence du roi et de ses troupes , leur fit une loi d*agir avec prudence et de déguiser leur mécontentement. De Lille , Guillaume-le-Normand alla visiter Gand , Bruges , Béthune , Thérouane , St-Omer; il assiégea dans sa ville Guillaume d* Ypres qui refusait de reconnaître son autorité ; s* empara de cette ville, y mit le feu et fit emprisonner, à Lille, son rival qu'il mit cependant en liberté par la suite , quand il fut sûr de n'avoir plus rien à en craindre* Puis , sous les auspices du roi de France , il songea h reconquérir sa Normandie et à se venger des Anglais; mais pour y parvenir il ne craignit pas d'écraser ses sujets sous les impôts et les exactions de toute espèce , ce ne fut plus alors le brigandage de Fanarchie , ce fut celui de la tyrannie ; et les Flamands se trouvèrent enfin si malheureux , si maltraités par les agens du Comte , que le mécontentement éclata de toutes parts sous les formes les plus redoutables (1).
(1) Gaalbert raconte ainii la première cause du mécooteotement des Lilloii : « Après le mois d*Ao6t , à la fête de Saint-Pîerre , il y eut une foire à « Lille • le Comte voulut dans celte même foire s'emparer d*nii de ses serfs , » et il ordonna de le prendre ; les citoyens de la ^iile courorenl aux ari> mes et chassèrent hors du faubourg le Comte et les siens. Ils frappèrfol » des hommes de la suite du Comte, précipitèrent les Normands dans Isa
PREMIEE SUtGB. 1&
L*iniérèt public confondit les opinions les plus opposées , on se réunit et Ton chercha un remède à ces malheurs. Â la tête de cette grande association des peuples contre le pouvoir, étaient les habitans de Lille , de Gand , de Bruges ; l^avis qui prévalut parmi tous ceux qui s'ouvrirent à cette occasion , fut celui de Daniel de Tenremonde qui proposait de remettre le gouvernement à Thierry d'Alsace. Ce prince était généralement estimé par ses vertus et sa modération , aussi cette proposition fut-elle accueillie avec transport « et quand Guillaume4e- Normand se présenta pour entrer à Lille avec son escorte habituelle de brigands et d'hommes dépravés , le pont-levis se dressa , les portes se fermèrent à ses yeux étonnés; à ses menaces et à ses imprécations, on répondit du haut des murs que les Lillois avaient besoin d'un prince qui leur servit de père , et non d'un homme gorgé de vols et de rapines; que Thierry d'Alsace prendrait le gouvernement de la Flandre , et qu'ils n'ouvriraient leurs portes qu'à ce prince vertueux et brave. Guillaume sentit que ses forces n'étaient pas suffisantes pour entrer dans la place ; il se retira plein de rage , et alla implorer le secours de Louis-le-Gros qui lui promit un renfort considé-
» marais , et en accablàreni plusieurs de difrérenies blessures. Aussitôt, >» le Comte assiégea Lille de tontes parts, et força les citoyens, pour obtenir » la paix , de lai donner mille quatre cents marcs d'argent. De là il s*éleva » entre ces citoyens et le Comte, une forte haine, en raison de laquella » ils demeurèrent suspects les uns aux autres » . Jlitt. de France , colL d$ M. Guizot, tome VIII, p, 898.
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Table de cavalerie et d'infanterie. Godefroi de Louvain se rangea aussi de son côté , et son appui n'était pas à dédaigner ; mais pendant ce temps , Thierry d'Alsace entrait à Lille avec des troupes nombreuses, il y était re(u avec les plus vifs témoignages d'allégresse et d'amour ; et fort de Tappui des habitans , il refusait de se rendra à une citation que lui avait envoyée l'évèque d'Arras , de la part du roi de France , pour qu'il eût à rendre compte de sa conduite.Toutela Flandre fut excommuniée, et en particulier Thierry et ceux qui lui prêteraient secours; on leur interdit le feu et l'eau , on les menaça des foudres célestes ; mais tout cela ne fit que fortifier les Lillois dans leur dessein : ils méprisèrent les menaces et ne songèrent plus qu'à se préparer à soutenir le siège que Guillaume et Louis-le-Gros ne tardèrent pas à Venir mettre devant cette ville. Le roi de France avait réuni, pour ce siège, tout ce que l'art militaire à cette époque possédait de machines de guerre , les galeries couverteii , les béliers s*approehaient des remparts ; mais à peine un pan de muraille s*écroulait-il , qu'un nouveau mur se levait derrière lui , mur vivant et agissant , hérissé de dards et de lances impénétrables au fer des ennemis ; les échelles plantées contre le mur étaient à l'instant renversées et écrasées par d'énormes pierres. Enfin partout où l'attaque se dirigeait on rencontrait une résistance opiniâtre , et partout Tintrépide Thierry se faisait remarquer dans le danger, donnant
t^HSMIER SniGS, il
à ses soldats l'exemple de la yaleur et du déyouement. Après bien des attaques, toujours yaines et partout honteusement repoussées, Louis, fatigué, eut recours à la corruption ; il fit faire de brillantes promesses à quelques habitans , s'engagea envers les autres à les traiter avec douceur et à oublier leur offense ; mais tout cela fut inutile y les Lillois répondirent que Guillaume n'avait pas été pour eux un prince , mais un tyran ; que ses crimes et ses injustices avaient motivé son expulsion ; qu'ils avaient fait choix de Thierry d'Alsace , et qu'ils ai-< maient mieux souffrir et mourir pour ce prince que de vivre avec Guillaume-Ie-I^rmand. Ces paroles firent une profonde impression sur Louis , il apprécia seulement alors la conduite du 4«c de Normandie , et peu de temps après il prit le parti de lever le siège et de retourner en France. Guillaume , abandonné à lui-même , ne tarda pas à en faire autant pour aller rejoindre Godefroi de Louvain au siège d' Alost , où il finit p«r trouver la mort , laissant ainsi son rival paisible possesseur du comté de Flandre qui lui était si unanimement offert.
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Hocam^nt A Tappiil*
Après que le Roy Loys eut mis en son pays de Flan^ dres le Conte , et que tout fut en son obéissapce, le Roy repaira en son pais. Mais , quand le Conte Guillaumede-Nonnandie eut tout le pais en sa subjection , il les commencea à formener et à tollir leurs loix et leurs coustumes anciennes : en sorte que tantost ceux de Flandres commencèrent à murmurer , et à faire conspiration contre le Conte : et disaient qu'ils aimeroient mieux mourir , que demourer en tel servage : et estoient ceux de Tlsle les premiers de celle émeute. En ce temps , mandèren^ceux de Flandre , k Thierry (qui fut fils du duc d' Aussay ( 1 ) et de Gerlrude , qui fut fille de Robert-le-FiAK>n , et tante du prince Charles ) qu'il TÎnst calenger Théritage de son cousin comme plus prochain hoir : et y allèrent aulcuns de Tlsle. Aussi tost que Thierry ouit le message , moult en fut lié : et vint avec mille chevaliers en Flandres : et le receurcnt ceux du pais à grand^liesse. Quand le Conte Guillaume intendit que Thierry estoit venu à Tlsle « et que le paîs commenceoit k rebeller encontre luy , tantost le manda au Roy de France : lequel vint à Arras : et amena Tarchevesque de Reims avec luy : et excommunièrent ledict Thierry et defiendirent le chanter en la ville de Tlsle. Or estoit ce Thierry (2) cousain germain du Roy Loys mais néantmoins il s'appareilla
(1) D'Aussay, d'Alice.
(2) Leurs deai mères estoye soMr de mère seulement et nom pas de père.