‹ Les septembriseursChapitre 104 sur 300 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

HENRIOT, TROUPE d'Égorgeurs.

HENRIOT

Eh bien! mes amis?

MAMIN

Sacredieu! nous avons eu bien de la peine; mais enfin elle n'a pas été perdue.

VALLÉE

Moi y j'ai soif.

GARDEMBAS.

Ce jean-f. de Tallien ^ il semblerait qu'on

lui demande son argent quand on lui demande une signature.

HENRIOT

Ce n'est cependant pas bien difficile à donner. C'est bientôt fait.

RETOU.

Ils mériteraient ^ quand ils ont l'air de lésiner^ qu'on les plante là, et qu'on leur laisse faire la besogne eux-mêmes.

i36 LES CARMES.

HENRIOT

Combien Tallien vous a-t-il signé de bons?

RETOU.

Trois pour aujourd'hui et cinq pour demain. Panis m'en a remis un de quarante pots de vin pour le Coin-d'Or de la rue Cassette ; il n'y a qu'à les faire apporter icij d'autant plus qu'il y a de la besogne dans cette église, et qu'on aura besoin de se rafraîchir de temps à autre.

VALLÉE

Pour moi, je ne fais rien de bon à sec.

TOUS LES ÉGORGEURS

A boire 1 à boire î

(Ou apporte une table couverte de pots et de verres. Les égorgeurs boivent avec une atroce gaieté. Plusieurs d'entre eux s'enivrent.)

VALLÉE, chancelant, et un sabre nu à la main.

Il faut que j'en tue Je veux en tuer. . . .

HENRIOT

Tiens-toi donc sur tes jambes, ivrogne. Il ne peut pas se divertir un moment sans se soûler. A quoi es-tu bon, maintenant?

VALLÉE

Je te dis que je veux en tuer; je veux boire le

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