SCENE IV
DANTON^ tenant d'une main Eoberspierre et de l'autre Marat.
La fortune nous est fidèle : enchaînons-la dans les liens de notre amitiéj formons un indivisible
ï6 LA MAIRIE.
triumvirat, contre lequel vienne se briser toute la haine de nos ennemis ; sacrifions à ce triple intérêt nos intérêts particuliers. Le vaisseau de la révolution, mes amis, souvenez-vous-en bien, ne peut entrer dans le port qu'à travers une mer de sang. Changer la face du monde , voilà notre tâche.
ROBERSPIERRE
Elle est grande et pénible j mais on est bien fort quandon combat pourlavertu,pourla liberté.
MARAT
Et pour la vengeance!. . . (il quitte la main de Danton et s'approche de la porte, en disant à demi- voix : ) J'ai loug- temps
souffert de la faim, du mépris, et de la haine des hommes : je me vengerai.
Mon cher Danton, je prends FEtre-Suprême à témoin de ma fidélité et de mon dévouement.
MARAT
Moi, Danton, j'ai promis et je fais. L'Etre-Suprême...! Vous croyez donc au bon Dieu, Roberspierre? Qu'il vous bénisse ! mais qu'il ne se montre pas à Paris, votre Etre-Suprême, et qu'il reste caché, ou sinon je le fais déclarer suspect.
Bonjour : je vais jeter un coup d'œil à l'imprimerie, et je suis à vous.