‹ Les septembriseursChapitre 121 sur 300 · SCENE VIII. t · texte numérisé non relu

SCENE VIII. t

LE SANS-CULOTTE

Qu'est-ce qu'il y a clans ton panier?

LE MÊME HOMME DU PEUPLE

Parbleu, citoyen, c'est du pain pour mon frère, avec un morceau de quelque chose ; c'est qu'il est bien cher le pain, camarade ! Savez-vous que ces brigands d'aristocrates accaparent les farines , et que le peuple a bien du mal à vivre.

LE SANS-CULOTTE

Allons , je vois que tu es un bon patriote : tu peux entrer.

(On ouvre la porle de l'église, et l'homme^ntre avec son panier.) UN GARDE NATIONAL.

Le peuple demande à entrer dans la cour.

RETOU.

Pas du tout! pas du tout; il y a déjà trop de monde ici. On avait recommandé de ne laisser entrer que les ouvriers. Ce sont les traîtres qui demandent à faire entrer la foule pour sauver les calotins. On n'entrera pas.

VALLÉE

En attendant, on pourrait boire un petit coup.

i6o LES CARMES.

il n^e semble. Je n'aime pas à rester sans rien faire : je m'ennuie.

MAMIN

Tiens-toi donc sur tes jambes. Si Maillard te voyait, tu es bien sûr qu'il ne t'emploierait plus.

VALLÉE

Est-ce que tu crois que je suis soûl ^ Mamin? moi je ne suis pas soûl; embrasse-moi; Mamin, tu es bon enfant, je t'estime; tu n'es pas un calotin, un scélérat de calotin; je vois clair, et vive

la nation, f 1 Ah ça, les amis, est-ce qu'on ne

se rafraîchit pas?

RETOU.

Il a raison , j'ai assez couru dans le jardin pour boire un verre de vin.

GARDÊMBAS.

Et moi aussi.

DUCHESNE

Allons, buvons. Ilfaut offrir à boire à ces dames.

MAMIN

Sans doute, et la carmagnole en avant. Ce n'est pas tous les jours fête, il faut se divertir quand on y est.

(On dislribue du vin aux personnes qui sont entrées. Les femmes , les gendarmes et les égorgeurs , boivent à l'entour de la table que l'on a dressée dans la cour.)

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