‹ Les septembriseursChapitre 163 sur 300 · SCÈNE V. an · texte numérisé non relu

SCÈNE V. an

UN GUICHETIER

Nous avons des armes dans la salle Sainl-Vincent j il faut les distribuer.

LE CONCIERGE

Mais à qui? A des fous et des malades?

UN FOU y dansant devant le concierge,

Tra la la , li dera la la : en avant deux, un entrechat. Aimez-vous mieux un menuet? ah, le menuet c'est plus beau; danse donc toi, rêveur.

LE CONCIERGE, au guichetier.

Entendez-vous le canon du Pont-Neuf? C'est peut-être la commune qui vient à notre secours.

LE FOU-ROI 5 au concierge.

Je vous comprends, monsieur; et je vois toute l'horreur de notre position; ces coquins-là viennent pour nous ég^orger.

LE CONCIERGE , à part.

Il paraît que la raison lui est revenue. (Haut.) Hélas ! oui , mon ami , nous n'avons plus de ressource que dans notre courage.

LE FOU-ROI

Mes soldats m'ont abandonné. N'importe^ je veux combattre corps à corps avec l'Empereur.

:2i2 BICÈTRE.

LE CONCIERGE

Allons, il divague. Et celui-là, en quel état est sa tête?

LE GUICHETIER

Toujours malade.

LE CONCIERGE

Pauvre comte de Saint-Jules! Ah! s'il n'était pas aliéné , il nous serait bien utile : la personne qui Fa amené me disait qu'en Amérique il avait battu ^ avec cinquante hommes, tout un régiment de cavalerie.

LE COMTE DE SAINT-JULES

Sophie ! Sophie ! on nous a séparés. Si tu savais que je m'ennuie, <î^g je souffre loin de toi! Je ne me trompe pas, c'est elle , à cette fenêtre j regarde-moi , Sophie -y abaisse tes beaux yeux sur ton ami j me vois-tu? Comme elle est grande et belle ! — Que je souffre ! ces fantômes me fatiguent!...

LE CONCIERGE

Il n'est ici que depuis deux jours. C'est la douleur d'avoir vu enfermer sa jeune femme qui l'a rendu fou,

LE GUICHETIER

Hier soir j'ai cru qu'il était guéri.

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