SCÈNE I
COUTHON
Mais^ ouij à quoi bon?
ROBERSPIERRE
Cela fait qu'on nous craint.
MARAT
Oui, oui j la considération y ga(j;nora beaucoup.
BILLATJD-VARENNES.
Nous ferons, maintenant, tout ce que nous voudrons.
collot-d'herbois.
C'est é(^al : l'entreprise est très - dangereuse ; car enfin quelle explication donner?
MARAT y avec vivacilé.
Est-ce qu'on leur en donnera^ des explications. Mais^ mon ami, ce sont des sots^ mous comme des tripes. Laissez donc faire , nous sommes eu belle position avec eux.
Et puis, il faut tout dire, nous n'avions pas le projet d'aller si loin.
MARAT
Sans doute ; mais il n'y a pas de mal.
25o UN SOUPER CHEZ VÉNUA.
ROBERSPIERRE
Une fois lâchés^ on n'a pas pu les retenir. Savezvous que c'est un beau spectacle qu'un peuple en action : quelle force imposante ! quelle énergie ! Sacristi, je crois que ça renverserait des montagnes.
collot-d'herbois.
Sans doute ^ c'est fort beau, dramatiquement parlant , mais^ dans Fintérêt d'un état, c'est toujours une chose fâcheuse que la réunion d'un grand nombre de citoyens sur un même point. Je n'aime pas les grandes villes ; et si j'étais le maître , je ferais abattre les deux tiers de Paris.
cou THON.
Avez-vous remarqué quelle tranquillité régnait hier ? personne dans les rues, pas une voiture.
BILLAUD-VARENNES
Ces pauvres bourgeois de Paris ont une peur de tous les diables.
]\IARAT.
Oh? l'idée était bonne.
Rien de tel que la peur pour gouverner.