‹ Les septembriseursChapitre 225 sur 300 · SA FILLE · texte numérisé non relu

SA FILLE

LUCRECE , essayant un pas de danse.

Quelle pièce incommode ! A peine si l'on peut se retourner.

LE PORTIER

Saute toujours : il viendra des circonstances plus favorites , et les patriotes ne feront pas toujours dans le vieux.

LA PORTIÈRE

En attendant, on y va toujours de son butin. V'ià un manteau de matrone que me fait la petite couturière du cinquième, je suis bien sûr qu'il faudra encore parler d'une pièce de douze francs avec la façon.

LE PORTIER

C'est pas l'embarras , les matrones on pourrait

igS LA MORT DE MARAT.

s'en passer dans les fêtes j car c'est pas beau. Les jeunesses, passe; c'est gentil, ça chante, ça danse, ça divertit le monde. Mais les matrones, des vieilles édentées qu'ont pas plus de ça que rien du

tout. Laisse-nous donc tranquille.

LA PORTIÈRE

Tiens, et les vieillards donc^ y sont beaux, par ma foi ! avec leur barbe d'étoupe?

LUCRÈCE

Oh ! je trouve que les plus gentils, ce sont les jemies guerriers.

LE PORTIER

Dame le chœur des épouses est agréable aussi : il y en a parmi qui sont assez séditieuses. M'est avis que la petite citoyenne du premier , tu sais, la citoyenne Corday? m'est avis que cette petite femme-là est venue à Paris pour figurer dans la procession du dix août.

LUCRÈCE

Ça serait possible qu elle fit quelque déesse.

LA FEMME DU PORTIER

Cette citoyenne-là ? allons donc, elle a l'air trop honnête pour ça.

LUCRÈCE

J'entends fermer sa porte , je crois que c'est elle qui sort : oui la voilà qui vient.

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