‹ Les septembriseursChapitre 258 sur 300 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

ROBERSPIERRE

El qui est^ non pas l'orateur du peuple français, mais du genre humain. ( On rit. ) M. Clootz^ en amenant l'cvêque Gobel, croyait que nous serions dupes de ses farces impies.

Tout philosophe , tout individu peut adopter sur l'athéisme l'opinion qui lui conviendra. Quiconque voudra lui en faire un crime est un insensé; mais l'homme public , mais le législateur serait cent fois plus insensé qui adopterait un pareil système. La convention nationale l'abhorre. L'athéisme est aristocratique. L'idée d'un grand être qui veille sur l'innocence opprimée et qui punit le crime triomphant est toute populaire. Le peuple , les malheureux m'applaudissent, et si je trouvais des censeurs , ce serait parmi les riches et parmi les coupables.

Si Dieu n'existait pas il faudrait l'inventer.

(Les cris, les applaudissements, durent plus d'un quart d'heure. Roberspierre est descendu de la tribune, et a reçu les embrassements de Danton, de Camille-Desmoulins , et de tous les montagnards jacobins.)

LA FOULE

A la porte, Clootz ! à la porte l

UNE VOIX

Il y a long-temps qu'il est parti.

, (On applaudit )

PHÉLIPPEAUX

Je viens appeler l'attention des jacobins sur un scélérat dont Fineptie ^ non moins que la méchanceté , a compromis la république. Je veux parler du cordelier Ronsin. Qu'a-t-il fait jusqu'à présent? Beaucoup intrigué , beaucoup volé , beaucoup menti. Sa seule expédition , c'est celle du i8 septembre , où , tandis qu'il faisait accabler quarantecinq mille patriotes par trois mille brig;ands^ il se tenait caché dans une étable comme un lâche coquin , à deux lieues du champ de bataille.

CAMILLE-DESMOULINS

C'est très-joli ! très-bien , Phéhppeaux,

PHÉLIPPEAUX

Il était payé par Pitt et le comte d'Artois. J'ai horreur de le dire : ses canons étaient disposés de manière qu'il tirait sur ses propres soldats. Hébert et Momoro vont dire que non : je le sais bien , et cela ne m'étonne pasj car l'or des Anglais est bon , et ces messieurs ont fait de la Commune une commimauté.

UNE VOIX

Il faut prouver ces accusations.

HÉBERT

On nous accuse pour n'être pas accusé ; mais

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