‹ Les septembriseursChapitre 259 sur 300 · SCÈNE III. · texte numérisé non relu

SCÈNE III.

nous ne sommes pas dupes de cette ruse -, et, d'ici à quelques jours , je démontrerai à la société la conspiration tramée contre la république par Fabre d'Eglantine , Phéiippeaux , Camille-Desmoulins et d'autres que je ne puis encore nommer. Moi, je ne dîne pas avec des aristocrates, entendezvous ?

PHÉLIPPEAUX

Toi y tu dînes avec la Rocliechouart.

CAMILLE-DESMOULINS

IN'en rougis pas, Hébert : il y a six ans, tu vendais des contre-marques à la porte de la Montansier, et maintenant tu dînes, si plus ne passe, avec une grande dame : tu ne t'es pas mésallié, surtout après avoir été chassé du théâtre pour vol ! Tu as beau à enfoncer ton bonnet rouge sur tes yeux ; c'est inutile j ôte-le plutôt, car tu es né coiffé. Oui, Hébert, tu es né avec du bonheur: Bouchotte , t'ayant ramassé un jour dans le ruisseau, t'a mis cent vingt mille francs dans la poche.

Il est vrai que tu fais un journal , un journal qu'on lit dans toute l'Europe; car lorsque les rois veulent faire croire à leurs esclaves que Paris est peuplé de Vandales et couvert des ténèbres de la barbarie, malheureux! ce sont des lambeaux de tes feuilles qu'ils insèrent dans leurs gazettes,

comme si tes saletés étaient celles de la nation comme si un égout de Paris était la Seine.

LA FOULE

Oh ! oh î c'est trop fort.

UNE VOIX

A bas Camille ! A bas l'aristocrate !

HÉBERT

On m'accuse d'avoir volé! c'est une fausseté atroce.

CAMILLE-DESMOULINS

J'ai les pièces en main.

(Rumeur.) HÉBERT.

Je n'ai rien à me reprocher. Du reste , qu'on nomme une commission, et quand j'aurai démontré les concussions de Lacroix ^ la vénalité de Fabre non moins coupable que Bazire et Chabot, quand j'aurai fait voir que Camille n'est qu'un défenseur des Girondins , que Phélippeaux n'est qu'un calomniateur, je me justifierai moi-même.

DANTON

Camille est mon ami ; je le défendrai , et c'est moi-même qu'on attaque dans sa personne.

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