‹ Les septembriseursChapitre 260 sur 300 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MOMORO

Camille a osé demander dans son journal un comité de clémence.

DANTON

Cest un comité de justice.

HÉBERT

Les aristocrates dévorent les écrits de Camille , qu'ils considèrent comme leur plus zélé défenseur. Ils ont acheté jusqu'à cinquante et soixante mille de chacun des numéros de son Vieux Cordelier.

UNE VOIX

Camille a insulté de très-bons patriotes.

LA FOULE

Oui ! oui !

UN SANS-CULOTTE

Les gens d'esprit sont de la canaille.

Il est vrai que Camille a laissé entrevoir un mouvement de sensibilité en faveur des Girondins. Il a aimé Mirabeau ^ Lameth^ Dillon -, mais il a brisé ses idoles aussitôt qu'il a été détrompé j il est faible et confiant , mais il a toujours été repu-

blicairij son caractère est excellent : toutefois ce caractère connu ne lui donne pas le droit d'écrire contre les patriotes. Il a traduit Tacite sans l'entendre. (Camille fait un signe d'impatience.) Il faut le traiter

comme un enfant étourdi qui a touché à des armes à feu sans en connaître le danger. Il faut l'engager à quitter les aristocrates et les mauvaises sociétés qui le corrompent, il faut lui pardonner et brûler son journal.

CAMILLE- DESMOULINS ^ avec vivacité.

Brûler n'est pas répondre.

UN JACOBIN j bas à sou voisin.

Camille et ses amis sont perdus.

ROBERSPIERRE , souriant avec aigreur.

Eh bien ! qu'on ne brûle pas , mais qu'on ré- ^ponde.

CAMILLE-DESMOULINS , d'un air effrayé.

Je demande à m'expliquer. Je prie Roberspierre...

ROBERSPIERRE

Camille me laiss€ra-t-il parler ?

(Profond silence dans le club.)

Puisqu'il le veut^ qu'il soit couvert d'ignominie. L'homme qui tient fortement à des écrits perfides

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