‹ Les septembriseursChapitre 274 sur 300 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ROBERSPIERRE

C'est bien long.

(La charrette approche de l'échafaud.) CAMILLE-DESMOULINS.

O ma femme ! ô Lucile î je te re verrai un jour. La mort qui me délivre de la vue de tant de crimes est-elle un si grand malheur? Adieu ^ mon père , adieu!

DANTON

C'est moi qui ai contribué à l'établissement du tribunal révolutionnaire.

HÉRAULT-DE-SÉCHELLES ^ apercevant une personne de sa connaissance.

Bonjour. Pardonnez-moi si je ne descends pasj on m'attend là-bas.

CAMILLE-DESMOULINS

Lucile y ma chère Lucile ! mes mains liées t'embrassent, et ma tête séparée repose sur toi. Je vais mourir.

DANTON

Je laisse tout dans un gâchis épouvantable î

(Les condamnés descendent de la charrette.)

HÉRAULT-DE-SÉCHELLES

Danton ^ embrassons-nous.

DANTON

Monte donc , nos deux têtes auront le temps de s'embrasser dans le panier.

CAMILLE-DESMOULINS y se débattant contre les bourreaux.

Non, non! Peuple français à mon secours! Ne laissez pas égorger le premier apôtre de la liberté. Ah ! mon Dieu ! Ah !

LA FOULE

Vive la nation!

DANTON

Je vais mêler mon sang à celui de mon ami. ( Il monte sur Téchafaud. ) O ma femme , ô ma bienaimée^ ô mes enfants! je ne vous verrai donc plus... Eh bien , Danton ^ pas de faiblesse.

A la guillotine ! à la guillotine!

DANTON y promenant un regard de mépris sur !a foule.

Le peuple î ( s'adressam au bourreau. ) Tu leur montreras ma têle, elle en vaut bien la peine.

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