‹ Les septembriseursChapitre 275 sur 300 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

(La scène représente la })Outique d'un menuisier. Une jeune fille occupée d'ouvrage de lingerie est assise sur le premier plan ; non loin d'elle , un ouvrier travaille sur un établi. Dans le fond de h boutique est une porte qui communique à un escalier.)

LA JEUNE FILLE

Il est près de neuf heures, on ne voit plus clair^ papa; ne travaille donc plus, tu te fatigues trop.

LE MENUISIER

Je me fatigue trop ? Ah ! ah ! il faut bien travailler pour avoir du pain. Qui est-ce qui dirait que nous logeons chez nous l'homme le plus puissant de la république , et que nous dînons tous les jours avec lui !

LA JEUNE FILLE

Que veux-tu , tel est son caractère ; il dit qu'il ne resterait pas chez nous si nous étions plus à notre aise.

LE MENUISIER

C'est une raison de plus pour me faire désirer l'aisance que je n'ai pas.

LA JEUNE FILLE

Que veux-tu dire?

LE MENUISIER

Tu le sais bien y ce que je veux dire..*

LA JEUNE FILLE

Non ; je...

LE MENUISIER

Crois-tu donc que j'ignore...

LA JEUNE FILLE

Il aime la pauvreté.

LE MENUISIER

Il aime encore autre chose .. J'ai des yeux...

LA JEUNE FILLE

Je t'assure que...

LE MENUISIER

Tais-toi, ma fille; ne mens pas. Tu n'as pas osé lui résister.

LA JEUNE FILLE

Prends garde , s'il t'entendait, nous serions perdus.

LE MENUISIER

Puisqu'il me laisse ma pauvreté, qu'il me laisse aussi l'honneur de mon enfant.

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