SCENE m
(La scène représente l'enceinte de la Convention. La plus grande agitation règne dans l'assemblée. Les tribunes immobiles et silencieuses contemplent ce spectacle avec anxiété.
BILLAUD-VARENNES
... Roberspierre s'est retiré du comité de salut public , parce qu'il y rencontrait des obstacles à ses caprices. Il est infâme de parier de vertu et de justice, quand on les brave chaque jour.
(Applaudissements.) TALLIEN.
J'ai VU la séance des jacobins que l'on sait entièrement dévoués à Roberspierre : j'ai frémi pour la patrie; j'ai vu se former rarmée du nouveau Cromwell, et je me suis armé d'un poignard pour lui percer le sein, si la Convention nationale n'avait pas le courage de le décréter d'accusation. (Ap-
plaudissementSjRoberspierre paraît impassible.) C^OmmC il CSt de
la dernière importance que, dans les dangers qui environnentlapatrie, les chefs de la force armée ne puissent pas entraver nos mesures, je commence par demander l'arrestation d'Henriot etde son étatmajor.
(L'assemblée se lève en masse et vote la proposition.)
38o LA MORT DE ROBERSPIERRE.
VADIÉR.
Jusqu'alors je n'avais pas ouvert les yeux sur ce personnage astucieux qui a su prendre tous les masques , et qui a envoyé ses créatures à la g^uillotine. Tandis qu'il défendait ouvertement Bazire, Chabot et Camille-Desmoulins, il préparait en secret leur mort dans le comité de salut public...
(Roberspierre quitte sa place et s'avance à la tribune.) X.A CONVENTION.
A bas le tyran ! à bas le tyran !
ROBERSPIERRE
Je demande la parole !
LA CONVENTION
A bas le tyran!
ROBERSPIERRE ^ avec fureur.
Vous êtes une bande de brigands, jaloux de ma vertu.
LA CONVENTION
Ah! ah 1 ah!
ROBERSPIERRE
De nia popularité.
LA CONVENTION
A bas l'hypocrite !