SCÈNE II
ROBERSPIERRE
Ah ! ma chëre enfant, mes ennemis prennent le dessus; la Convention montre une insolence...
LA JEUNE FILLE
Tu ne peux donc pas la faire mettre en prison ?
ROBERSPIERRE, souriant.
Chère amie... tu as bien raison.. .
LA JEUNE FILLE
Avec tous leurs discours ils te feront tourner la tête.
ROBERSPIERRE
Laissons cela , ma toute belle ; laisse l'ambition et l'envie ; ne pensons qu'au bonheur d'être ensemble ; je ne suis heureux que seul avec toi , c'est là, c'est sur ton cœur que je suis bien... Viens dans mes bras...
(On frappe à la porte. La jeune fille se lève avec précipitation.) ROBERSPIERRE.
Bis que je suis occupé.
LA JEUNE FILLE , ouvraûl la porte.
Que veux-tu , citoyen ?
VOIX DU DEHORS
IN'est-ce pas ici la demeure de Fincorruptible Roberspierre?
LÀ JEUNE FILLE
Oui, citoyen, mais il est accablé de travail aujourd'hui ; tâche de revenir un autre jour.
VOIX DU DEHORS
Dis-lui que je viens de la part de Saint- Just.
ROBERSPIERRE, accourant à la porte.
Qu'est-ce ? ah ! c'est toi. Eh bien?
VOIX DU DEHORS
Suis-moi , tu ii'as pas un instant à perdre. Collot-d'Herbois vient de nous attaquer à la Convention, les tribunes ont applaudi.
(Roberspierre sort.) LA JEUNE FILLE.
Mon Dieu! quelle vie que ia sienne! Il vaut encore mieux être menuisier que représentant.