LEBAS
Lâche ^ imite-moi.
(Il tire un pistolet de sa poche et se fait sauter la cervelle.) CRIS DU PEUPLE SUR LA PLACE.
Il faut entrer dans la salle ^ il faut les massacrer sur-le-champ !
ROBERSPIERRE JEUNE
Si l'on pouvait gagner les toits? (il sort par la fenêtre, se promène quelque temps sur la corniche et revient dans la salle. )
Il n'y a pas d'issue. Il faut mourir ici. Les voilà qui montent l'escalier.
(Il se précipite par la fenêtre. Roberspierre l'aîné prend un pistolet enveloppé dans un petit sac de peau , le sort tranquillement de cet étui , et, après l'avoir armé , se croise les bras dans l'attitude de la méditation.)
SAINT-JUST
Je suis perdu, ils vont m'égorger.
(Il approche le couteau de son cœur et le laisse échapper.) COFFINHAL.
Il n'y a plus d'espoir. Autant se laisser tuer par
eux que de se tuer soi-même. ( S'adressant à Henriot, avec l'accent de la fureur. ) Scélérat, c'cSt ta lâcheté qui
nous a perdus!
HENRIOT
Moi?
Oui, toi!
COFFINHAL. (Il le saisit et le jette par la fenêtre.)
4oo LA jMORT de ROBERSPIERRE.
VOIX DU DEHORS
Entrons! Vive la Convention 1
UN OFFICIER j entrant le sabre à la main.
Le voilà, le tyran.
ROBERSPIERRE
C'est fini.
(Il approche le pistolet de sa bouche. L'arme part, la balle lui brise les dents et sort par la joue.)
l'officier.
Il n'est pas mort. ( a Saint -Just, qui veut ôfer son écharpe pour s'échapper dans la foule. ) Le premier qui Ôte
son écharpe, je lui brûle la cervelle.
(Quelques membres de la Commune se cachent sous la table. On les saisit. Les soldats les emmènent.)