‹ Les septembriseursChapitre 31 sur 300 · SCÈNE XIH · texte numérisé non relu

SCÈNE XIH

collot-d'herbois.

Il ne s'ag^it pas ici de faire de l'attendrisse ment, c'était bon de jouer la comédie en chaire; mais ici il faut répondre au peuple.

l'abbé sicard.

La comédie, monsieur Collot! Je ne suis pas un histrion.

MERCIER

Allons, Royer, approchez.

LE CURÉ DE SAINT- JEAN

Me voilà prêt à vous répondre , messieurs. Je n'ai pas fait de mal ; j'ai quatre-vingt-trois ans ; j'ai fait pendant ma vie le plus de bien que j'ai pu ; je n'en ai pas fait beaucoup , mais enfin j'espère que notre Seigneur Jésus-Christ (il s'incline ) voudra bien oublier mes péchés en considération de ma bonne volonté , de ses mérites infinis et des maux que je suis disposé à souffrir pour notre sainte religion.

MARAT

Silence , vieil imposteur ! tu as quatre-vingttrois ans 5 dis- tu ; il y en a plus de soixante que tu trompes le peuple^

LE CURÉ DE SAINT-JEAN

Hélas! mon cher enfant , je n'ai jamais trompé

personne. Le peuple était cher à mon cœur ; ce que j'avais je le partageais avec lui, et quand je pouvais essuyer les larmes de quelques infortunés, je vous assure que c'était pour moi une joie bien douce j mais à présent je suis vieux, je ne suis pas bon à grand choses et les pauvres doivent être bien mécontents de moi.

MARAT

C'est bien , c'est bien ; nous savons ce que c'est que le patelinage sacerdotal.

HUGUENIN

Etiez-vous à votre domicile lorsque les agents de l'autorité vous ont saisi ?

LE CURÉ

Non, monsieur.

HUGUENIN

Où étiez-VOUS ? (le vieillard garde le silence.) HUGUENIN.

Mercier, où avez-vous arrête cet homme?

MERCIER

Dans une maison voisine de la paroisse Saint- Jean.

HUGUENIN

Etait-il seul ?

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