SCENE XIV
LES PRÉCÉDENTS. Un ENFANT.
HUGUENIN, montrant le curé.
Mon enfant^ connaissez-vous ce vieux monsieur? l'enfant.
Oui, tnonsieur.
HUGTJENIN.
Vient-il souvent chez vous?
l'enfant.
Oui , monsieur.
huguenin.
Combien y a-t-il de temps que vous ne l'y avez vu ?
l'enfant.
Hier, monsieur.
Qu'est-ce qu'il a fait chez vous ?
l'enfant.
Il a parlé avec papa qui est bien malade.
huguenin.
Est-ce tout? dites-bien la vérité.
l'enfant.
Et puis papa lui embrassait les mains.
HUGUENIN
En entrant chez vous , n'avait-il pas quelque chose sous son manteau * ?
l'enfant.
Oui, monsieur, mais maman ne veut pas qu'on dise ça.
LA FOULE
Ah ! ah î voilà ; écoutez , chut , chut !
HUGUENIN
Pourquoi votre maman ne veut-elle pas qu'on dise cela?
l'enfant.
Elle dit qu'il ne faut pas qu'on sache ce que M. le curé vient faire chez nous.
HUGUENIN
Dites-le-moi , mon enfant , votre maman ne le
* On assure que la bienfaisance du curé de Saint- Jean nourrissait plus de trois cents pauvres honteux. Réflexion déchirante ! le vieillard en reconnut quelques-uns parmi ses assassins. Cela rappelle un trait de la trop célèbre catastrophe de Rhodez , où la victime put apercevoir sur la table oii on regorgeait les paias qu'elle avait envoyés la veille au misérable Bancal.