‹ Les septembriseursChapitre 53 sur 300 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

UN EGORGEUR , apercevant le jeune ecclésiastique.

Ah! ah! voici cV abord un de ceux que nous cherchons^ voyez -vous, il a déjà reçu un àcompte.

UN AUTRE EGORGEUR.

Ah^ briffa nd! (il lui enfonce sa pique dans la poitrine; le jeune ecclésiastique tombe mort aux pieds de Vabbé Sicard , qui recule en poussant un cri d'effroi.)

UN EGORGEUR, saisissant l'abbé Sicard. Voici l'autre, (il lève sa pique.)

MONOT y s'élançant entre l'égorgeur et l'abbé Sicard.

Arrêtez, malheureux! voilà la poitrine par où il faut passer pour aller à celle-là. C'est l'abbé Sicard, un des hommes les plus utiles à son pays, le père des sourds-muets : oui, il faut passer sur mon corps pour aller jusqu'à lui.

C'est un réfractaire, il faut qu'il meure.

l'abbé sicard.

Ayant de mourir je demande à parler au peuple, (il s'élance à la croisée qui donne sur la cour, j Mes amis,

je suis innocent, me ferez-vous mourir sans m'avoir entendu...?

LA FOULE

Vous étiez avec les autres, avec les ennemis du peuple.

UNE VOIX

A mort le curé! à mort le calotin !

l'abbé sicard.

(La fenêtre est ouverte. L'abbé Sicard , qui est monté dessus , est élevé de la hauteur de quatre à cinq pieds au - dessus de la foule. Il est tourné du côté de la cour où se trouve le peuple. Quelques égorgeurs sont placés derrière lui dans la salle du comité.)

Ecoutez-moi un instant. Si, après m'avoir entendu, vous décidez ma mort, je ne m'en plaindrai pas. Ma vie est à vous. Apprenez plutôt qui je suis, ce que je fais, et puis vous prononcerez sur mon sort... Je suis l'abbé Sicard...

PLUSIEURS VOIX

Ah! c'est l'abbé Sicard; tiens, c'est lui! c'est Sicard! Voyons, laissez-le parler, laissez-le parler!

Page 1