UN JEUNE SOLDAT SUISSE
Je passe le premier, je vais donner l'exemple. (Avec calme et dignité.) Par où faut-il aller? montrez-lcmoidonc?
(Il s'avance au milieu des égorgeurs qui ouvrent une haie sur son passagt n'osant l'allaquer par-devant. Le jeune Suisse s'arrête , fait deux pa; en arrière , croise ses bras sur sa poitrine, et, auprès avoir promené un tranquille regard autour de lui, il se précipite sur les sabres et les baïonnettes , en s'écriant : )
Puisqu'il le faut.... adieu. ( On déchire ses membres. ) LES SUISSES. (De la prison. )
Grâce ! grâce! pardonnez-nous, Français, pardonnez-nous!
MAILLARD
A un autre .
(Les égorgeurs vont chercher tous les Suisses l'un après l'autre ; et les
massacrent.)
UN ÉGORGETJR.
Ah ! les c. . . î il y en avait six de cachés sous un tas de paille.
(Dans ce moment Manuel, accompagné de Billaud-Varennes , paraît dans la rue Sainte-Marguerite devant la porte de la prison.)
MANUEL
Français ! au milieu des veng;eances que vous exercez , que votre hache ne frappe pas indistinctement toutes les têtes ; tous les criminels que renferment ces cachots ne sont pas également coupables.
UN ÉGORGEUR
C'est une f. . . bête, le procureur de la Commune.
BILLAUD-VARENNES
Peuple! tu immoles tes ennemis, tu fais ton devoir.
( Manuel et Billaud se retirent.) MAILLARD, prenant place au milieu des juges.
Quand je dirai à la Forcer cela voudra dire....
(Il fait un geste sanguinaire.) LES JUGES ET LES ÉGORGEURS.
Oui , on comprend.
MAILLARD
Amenez M. Maillé. Il me semble voir là, au mi-