SCENE XII
{ Tel est l'intérieur du guichet où Maillard tient ses séances : deux hommes en chemise teinte de sang , le sabre à la main , gardent la porte ; un vieux guichetier a la main droite appuyée sur le verrou , un trousseau de clefs pend à sa main gauche. Dans le fond de la scène est une table sur laquelle on voit épars des papiers , une écritoire , des pipes et quelques bouteilles; celte table est entourée par dix juges assis ou debout , dont quelques-uns en veste ou en tablier ; au centre on voit le président Maillard debout et un sabre au côté ; à l'autre Extrémité, on découvre dans l'obscurité des gardes, des guichetiers, des homm'es du peuple séparés du tribunal. En face du président est un vieillard sexagénaire, c'est M. de Maillé, encore tout mutilé des blessures qu'il a reçues le 1 0 août au château des Tuileries. Deux hommes ayant chacun un pistolet à la main le tiennent de chaque côté, un troisième garde, placé en face de lui, appuie sur son cœur la pointe d'un large cimeterre. Un chirurgien en habit noir est placé à quelque distance des juges. Aux deux extrémités de la table, deux hommes, une torel^e à la main, éclairent ce tableau. )
LE PRÉSIDENT
Comment vous appelez-vous?... Vous refusez
de répondre? voulez-vous jurer haine au roi et à la
royauté ? (M. de Maillé lance sur Maillard un regard de mépris et
d'indignation.) Allons^ il y a de rentêtement. Monsieur le docteur, rép(kez-nous un peu ce que vous avez dit à la section.