‹ Les septembriseursChapitre 7 sur 300 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

exerçons sur le... les prêtres exercent sur le peuple une bien grande influence.

DANTON

Qu'importe : le peuple n'est qu'un mot. Les prêtres et les aristocrates ont-ils seulement vingt hommes décidés à les défendre? non. Eh bien! nous en avons trois cents payés pour les frapper ; la foule viendra voir , et c'est là le peuple.

ROBERSPIERRE

Sans doute. Ensuite il est possible que quelques âmes énergiques se laissent enflammer au spectacle de la vengeance , et y prennent part.

DANTON

C'est possible : j'ai même coujpté là-dessus.

BILLAUD-VARENNES

Ne craignez rien y Mathieu ; Maillard m'a promis trois cents patriotes marseillais sur lesquels on peut compter.

PANIS

C'est une affaire de quelques mille francs.

DANTON

Manuel embarrasse ma route : c'est comme une charge que j'ai sur les épaules j mais, n'im-

porte, je le traînerai jusqu'au bout. Notre projet lui paraît dangereux ; il craint des victimes j il voudrait un jugement... comme si les Prussiens et Bouille feraient tant de façons pour nous couper la gorge.

ROBERSPIERRE

Que le peuple, par un sublime mouvement d'énergie , fasse reconnaître l'autorité de sa puissance ! mais. . .

DANTON

Mon cherRoberspierre, si vous connaissiez Manuel; c'est le plus sincère et le plus niais des révolutionnaires. Il croit que l'on change la face d'un empire en nageant entre deux eaux. Quand il est avec Pétion y c'est à désespérer de la France. Laissez-les faire , et je donne quinze jours à la révolution. N'ont-ils pas la simplicité de croire que vingt ou trente mille hommes guillottinés régénéreraient la France ? Les nigauds ! Mais rien qu'en prêtres, nous avons plus de quarante ou cinquante mille nécessités.

PANIS

Joignez à cela les couvents.

ROBERSl'IERRE.

Et les nobles.

Page 1