‹ Les septembriseursChapitre 73 sur 300 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

ntrCHESNE.

Si tous les écrivassiers, tous les auteurs étaient enfermés avec lui, ce qu'on aurait de mieux à faire serait de faire sauter la barraque.

• RETOU.

C'est donc un auteur?

DUCHESNE

Eh^ oui j c'est lui qui a fait le Diable amoureux.

GARDEMBAS.

Cet imbécile, qui croit encore au diable. Fanatique !

(Ils saisissent M. Gazolte).

MADEMOISELLE CAZOTTE

O messieurs! grâce pour un vieillard j il n'a fait aucun mal.

C'est un aristocrate.

MADEMOISELLE CAZOTTE

Non, monsieur, il est pauvre,* il passait sa vie à faire du bien; c'est le plus doux des hommes. Messieurs, voyez cette tête vénérable, ces cheveux blancs; pouvez-vous croire qu'un tel homme puisse faire du mal? à quatre-vinj^tsans! Peut-être

certaines personnes auront-elles abusé de la franchise de son caractère pour le compromettre; mais il aime le peuple; il m'apprenait à aimer les pauvres.

RETOU.

On m'a toujours dit que les auteurs étaient de mauvais mâtins.

MADEMOISELLE CAZOTTE

Les sots le disent; mais je suis bien sûre que vous, messieurs, vous ne le croyez pas.

RETOU.

Au fait, elle a raison; Voltaire, par exemple, c'est un auteur, et cependant,...

DUCHESNE

Et J.-J. Rousseau, foutre!

GARDEMBAS.

Et Piron ; un vrai sans-culotte.

RETOU.

C'est possible que votre përe, quoique auteur, ne soit pas un scélérat. Mais pourquoi l'a-t-on dénoncé?

MADEMOISELLE CAZOTTE

Monsieur, je suis assurée que si vous remontiez à

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