SCÈNE XV
la source des dénonciations portées contre lui, vous verriez qu'elles ont été faites , non pas par de véritables patriotes , mais par de lâches journalistes, jaloux de sa réputation d'auteur.
RETOU.
Vous vous trompez, petite^ c'est le journal V Ami du peuple qui l'a dénoncé. ^
DUCHESNE
Voyons, voyons , il faut en finir; emmenons-le ; on s'expliquera dans la cour.
(11 veut emmener M. Cazotte. ) MADEMOISELLE CAZOTTE , se jetant à genoux.
Pardon, monsieur, pardon Ayez pitié de moi.
On m'a dit que vous étiezpère.... Songez àla douleur qu'éprouverait votre fille, si elle était condamnée à vous voir périr sous ses yeux. Ah î si elle était ici, elle joindrait ses prières aux miennes j car ma cause est celle de toutes les filles. Mais , si mon malheur ne peut vous attendrir, que j'obtienne de vous la grâce de mourir avant mon përe. (Elle se relève avec dignité. ) Frappcz-moi la première.
( Tandis que les égorgeurs hésitent sur ce qu'ils doivent faire la porte
s'ouvre. )
BERTRAND
Camarades î camarades ! il y a de la chair fraîche,- on vient d'amener quarante prisonniers. Arrivez ! arrivez ! on a besoin de vous.
TOUS LES ÉGORGE URS , couraut vers la porte.
Bravo ! bravo 1 A l'ouvrage !
UN HOMME CONFONDU PARMI LES ÉGORGEURS, bas à mademoiselle Cazolte.
Mademoiselle, sortez avec nous, profitez du tumulte, nous vous sauverons.
MADEMOISELLE CAZOTTE
Mon père , ne perdons pas un instant, suivezmoi , le peuple nous sauvera.
(Elle entraîne son père à la suite des égorgeurs et sort au milieu d'eux. Bertrand ferme la porte , et la prison rentre dans les ténèbres. La lueur des torches et des feux qui brillent dans la rue, éclaire de temps à autre les voûtes de la chapelle. On entend les cris des mourants et les coups de leurs bourreaux.)