‹ Les Septicémies À StaphylocoquesChapitre 11 sur 19 · LÉO · texte numérisé non relu

LÉO

3° Les INJECTIONS INTRA-VEINEUSES D’ALCOOL A 33 % présentent de nombreux inconvénients.

L'injection est douloureuse, l’endoveine irritée se sclérose. Les résultats ne paraissent pas dans la majorité des cas aussi concluants que semblent le penser les auteurs qui préconisent cette thérapeutique.

4 LE CARBONE INTRA-VEINEUX préconisé par Goghlin a été appliqué sur une large échelle chez lPhomme. Cette méthode inoffensive (aucune douleur, aucune irritation) qui se pratique comme la plus banale des intraveineuses a donné des résultats satisfaisants dans les staphylococcémies;

5° LA CHIMIOTHÉRAPIE PAR LES DÉRIVÉS DE L'ACRIDINE surtout la trypaflavine a été vantée par les Allemands. L’injection se fait par voie intraveineuse.

Le Professeur Lemierre qui l’a utilisée n’en a obtenu que des résultats inconstants. D’autre part, ce produit est nocif pour le rein.

6° LE MERCUROCHROME, autre antiseptique extrait des matières colorantes a été préconisé par Hugh H. Young (de Baltimore). Il aurait donné quelques résultats dans les staphylococcémies.

7° LA THÉRAPEUTIQUE PAR LE CHOC soit par les métaux colloïdaux, soit au moyen de toute autre substance ne détermine que des abaissements passagers de la température et une fatigue supplémentaire pour le patient.

D’autre part, elles ne sont pas sans danger et, par conséquent, à proscrire dans les staphylococcémies

Lo

s’accompagnant d’endocardite et de défaillance cardiaque.

8° L’HÉMOTHÉRAPIE.

La transfusion de petites quantités de sang a été employée avec des effets bienfaisants dans les staphylococcémies chroniques.

L’immuno-transfusion a été imaginée par A. Wright et Colebrook. Ces auteurs pensent qu’il convient d’introduire dans l’organisme du malade des leucocytes plus aptes que les siens à lutter contre les microbes. Le procédé qu’ils préconisent pour cela consiste à transfuser au patient le sang d’un donneur ayant reçu douze à dix-huit heures auparavant une injection sous-cutanée d’un vaccin préparé avec le microbe infectant.

Tzanck a eu avec cette méthode des résultats beaucoup moins nets que ceux qu’il a constatés par exemple dans les streptococcémies.

Personnellement le Professeur Lemierre n’a eu a enregistrer que des échecs avec l'emploi de l’immunotransfusion.

Il. — Méthodes thérapeutiques spécifiques

I. — LA VACCINOTHÉRAPIE semble sans effet dans les staphylococcémies bien qu'ayant à son actif de nombreux succès dans le traitement des staphylococcies cutanées.

2. — LE BACTÉRIOPHAGE constitue un principe qui jouit de la propriété de lyser certaines bactéries.

NC or

Ii a été utilisé par Davioud en 1929 pour le traitement d’une staphylococcémie à hémoculture positive avec un plein succès thérapeutique. Depuis ont été publiées les observations de Gosset, Brulé et Sauvé, Récamier, Sobieski, Ameuille et Lejard, ayant abouti à la guérison mais cette thérapeutique associée ou non à l’immuno-transfusion n’a pas empêché de nombreux échecs et à l’inconvénient de provoquer un choc très violent.

3. — LA SÉROTHÉRAPIE. — À diverses reprises plusieurs auteurs ont employé du sérum pour combattre les septicémies. En réalité l’immunisation que confère le sérum est vraiment peu importante et ce moyen thérapeutique ne devra être employé qu’associé à J’anatoxine.

4. — L’ANATOXINE STAPHYLOCOCCIQUE DE RAMON. — Dernière venue, la méthode utilisant l’anatoxine staphylococcique a fait naître de grandes espérances dans le traitement des staphylococcies à la suite des essais heureux de Robert Debré et de ses collaborateurs en 1935.

Cest à F.-M. Burnet (1929) que nous devons la première transformation de la toxine staphylococcique, provenant des semences de staphylocoques sélectionnés, en son dérivé anatoxique.

Elle est obtenue d’après le principe général de préparations des anatoxines mis en lumière pour la première fois par M. G. Ramon, en 1922, à propos de lanatoxine diphtérique, en soumettant le bouillon staphylococcique préalablement filtré à l’action d’une

minime proportion de formol (3 cmc. 5 par litre) et d’une chaleur modérée (39° à 40°) pendant une douzaine de jours.

En pratique, d’ailleurs, on reste guidé dans l’appréciation des deux facteurs : durée d’incubation et quantité de formol par la recherche de deux propriétés fondamentales que doit présenter l’anatoxine :

linnocuité, la valeur antigène intrinsèque.

I — L'INNOCUITÉ de l’anatoxine staphylococcique ne doit pas être relative mais absolue.

L’anatoxine staphylococcique doit donc :

— avoir perdu toute capacité de produire l’hémolyse, même à dose massive;

— avoir perdu tout pouvoir de provoquer une réaction quand on l’injecte à grande dose (1/3 de cmc. par exemple) dans la peau d’un lapin;

— avoir perdu tout pouvoir léthal.

II. — L’innocuité ne suffit pas à caractériser l’anatoxine. Elle comporte dans son principe celle de VALEUR ANTIGÈNE INTRINSÈQUE. La valeur antigène de l’anatoxine est exprimée, exactement comme celle de la toxine, en fonction de l’unité antitoxique. Elle correspond à la quantité d’unités antitoxiques capables de faire apparaître la floculation initiale dans 1 cmc. d’anatoxine.

Dans le dosage de l’anatoxine on peut joindre à la réaction de floculation la recherche du pouvoir de combinaison de l’anatoxine vis-à-vis de l’antitoxine.

Innocuité, pouvoir antigène sont les deux caractéristiques principales de l’anatoxine staphylococcique et de toutes les anatoxines en général.

RÔLE DE L’ANATOXINE.

G. Ramon et ses élèves attribuent le rôle principal de l’anatoxine non pas à une stimulation directe des fonctions de défense de l’organisme mais exclusivement à la production de l’antitoxine spécifique.

Cette opinion fut confirmée par les expériences de H. Bonnet, Tieffry et Montefiore qui démontrèrent que le sérum des sujets atteints d'affection staphylococciques dévie le complément en présence de toxine spécifique alors qu’il ne le dévie guère en présence du microbe.

Ils ont conclu que c’est bien la toxine le véritable élément « pathogène et antigène essentiel ». Certains auteurs cependant n’ont pas reconnu le rôle de l’antitoxine spécifique comme agent primordial dans les guérisons obtenues par l’anatoxithérapie.

Forssmann, par exemple, ne croit pas à sa spécificité et pense qu’un anticorps de « nature indéterminée » entre en jeu.

Pour Tzanck et Nélés, l’anatoxine agirait par ses protéines non spécifiques comme « agent protéinothérapique ».

Page 1