‹ Les Septicémies À StaphylocoquesChapitre 7 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le staphylocoque est susceptible de pénétrer dans le sang et d’y provoquer des septicémies mais leur fréquence est assez difficile à déterminer.

Sittman estime qu’elles constituent le tiers environ des septicémies les plus souvent observées venant immédiatement après les septicémies à streptocoques.

Elles jouissent d’une réputation légitime de gravité. Presque toujours leur pronostic est fatal.

Nous avons eu l’occasion de voir, à la fin de nos études médicales, une malade atteinte de staphylococcémie grave rebelle à toute thérapeutique antiinfectieuse classique, traitée avec succès, semble-t-il par l’anatoxine staphylococcique.

Nous nous proposons de rapporter son observation.

Nous avons, en outre, recueilli dans la littérature médicale parue depuis 1935, quelques observations de septicémies à staphylocoques traitées par le sérum antitoxique staphylococcique ou l’anatoxine staphylococcique ou par ces deux méthodes combinées. Nous rappellerons la pathogénie et la symptomatologie des staphylococcémies. Nous étudierons rapi-

dement les nombreuses thérapeutiques antérieurement employées avec des résultats des plus décevants et nous terminerons en relatant quelques cas heureux de guérison dus vraisemblablement à l’action de lanatoxine staphylococcique associée ou non au sé-

rum.

Historique

Les premiers cas de septicémies à staphylocoques ont été publiés vers la fin du xix:° siècle; telles sont les observations de Roux et Lannois, en 1890. Ils rapportèrent dans la Revue de Médecine un cas de septicémie mortelle suraiguë où l’hémoculture pendant la vie et après la mort mettait en évidence le staphylococcus pyogènes aureus.

Jouannic, insiste dans sa thèse sur l’extrême gravité des septicémies à staphylocoques.

Mercier, en 1901, étudie les métastases infectieuses.

Depuis, de nombreuses publications ont été faites.

En 1904, Raoult et Barthélemy montrent la possibilité de septicémies à staphylocoques survenues au cours des maladies infectieuses.

En 1908, Decourtieux, distingue dans les septicémies à staphylocoques, celles qui ne. s’accompagnent pas de localisations secondaires et celles qui se compliquent de métastases infectieuses.

En 1910, Lemierre et Bénard publient un cas de septicémie staphylococcique post-abortum.

En 1912, Pecquegnot, étudie les staphylococcémies primitive sans étiologie décelable.

En 1923, Massari et Rachet, Fargy et Marchal ont publié deux cas de septicémies à staphylocoques.

En 1924, Matignon, relate un cas de septicémie à staphylocoque avec début méningé.

En 1926, Giroire, étudie deux formes de septicémie à staphylocoques : une forme endocarditique, une forme érysipélatoïde. Toutes deux, formes rapidement mortelles.

En 1927, rapports de Arloing, Dufourt et Langeron au Congrès Français de Médecine sur « ia séméiologie de l’état septicémique ».

Lemeland, en 1928, à la Société d’obstétrique et de gynécologie, étudie les septicémies puerpérales à staphylocoques et il insiste sur leur extrême gravité.

Carnot, en 1932, dans le Paris Médical, étudie le mal de Pott staphylococcique de l’adulte.

Sauvé, en 1934, à la Société Nationale de Chirurgie étudie la séméiologie des septicémies chirurgicales à staphylocoques et leur traitement chirurgical.

Mané, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, expose un cas de septicémie à staphylocoques post abortum ayant évolué vers la guérison.

Villaret, Bezançon et Fauvert publient un cas de septicémie à staphylocoques guéri par abcès de fixation. Un cas de guérison a été également signalé par Cadenat, et Funck-Brentano, à la suite de transfusions sanguines.

SLI

Cependant, la plupart des auteurs souligne l’extrême gravité des septicémies.

Il faudra attendre 1935, pour en arriver à une pério-

de de thérapeutique rationnelle des septicémies à staphylocoques.

Etiologie et pathogénie des infections staphylococcémiques

Saprophyte banal de nos téguments, le staphylocoque vit à la surface de notre épiderme et dans l’orifice des canaux excréteurs des glandes cutanées.

Il saura profiter de tous les petits accidents locaux superficiels, de toutes les défaillances de l’état général pour renoncer à ses habitudes de commensal inoffensif et pour devenir un redoutable agresseur. Toute lésion cutanée où se multiplie le staphylocoque est un danger pour un sujet bien portant par ailleurs; elle devient plus menaçante encore pour les surmenés, les débilités, les cachectiques, pour ceux qui sont porteurs d’une tare organique quelconque et à ce sujet nous mentionnerons plus spécialement les diabétiques.

Il en résulte qu’un des points de départ les plus fréquents des staphylococcémies est représenté par les furoncles et les anthrax.

Mercier, a trouvé 15 fois sur 25 le furoncle à l’origine des staphylococcémies.

Toute prolongation de la température après un anthrax après un furoncle ou une poussée de furonculose

LR NES

doit nous faire craindre la possibilité d’une staphylococcémie.

La constatation dans le sang d’un staphylocoque au cours d’un état infectieux mal défini ou l'apparition d’une suppuration profonde à staphylocoques doit amener le médecin à rechercher le point de départ cutané de l'infection.

A l’origine des staphylococcémies, parmi les infections cutanées ou sous-cutanées, il nous faut citer encore, les panaris, les abcès superficiels, les éruptions cutanées, les plaies superficielles ou profondes.

Le staphylocoque vit également en saprophyte à la surface des muqueuses de nos cavités naturelles. De là, il peut partir aussi pour envahir la circulation mais ce point de départ est plus rare que le point de départ cutané.

Le staphylocoque peut être, bien que rarement, l’agent d'infections générales succédant à l’accouchement normal mais surtout aux avortements provoqués (MM. Lemierre et Bénard, Mondor).

La muqueuse intestinale altérée peut servir de point de pénétration au staphylocoque.

Dans certains cas de blessures graves, la lésion osseuse peut être le point de départ de l'infection sanguine.

Lorsque l'issue du staphylocoque hors de la lésion originelle est massive, lorsque les décharges sont subintrantes, la septicémie tue en quelques jours sans que le staphylocoque ait eu le temps d’engendrer des

Page 1