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Des essais des autres auteurs, nous devons retenir la possibilité de découvrir des lésions broncho-pulmonaires après inoculation du germe par voie péritonéale (Miss TUNNICLIFF, Miss STRANGEWAYS). Cette broncho-pneumcGuie expérimentale difficile à obtenir s’observe après inoculation massive de cultures virulentes à de très jeunes rats.
Tous ces faits expérimentaux démontrent que les rats présentent une certaine résistance vis-à-vis de l'infection streptobacillaire. Le rôle de l'animal dans la contamination de l’homme ne peut être expliqué que par la saprophytisme ;du germe dans le nasopharynx et la cavité buccale des rats bien portants, que nous envisagerons plus loin.
Le cobaye
Le cobaye offre une faible réceptivité à l’infection due au streptobacillus moniliformis.
ParkER et Hupson ont inoculé 13 cobayes par des voies diverses : intrapéritonéale, intratesticulaire, sous-cutanée, par os. Quelques-uns sont morts quelques jours ou dans les semaines qui ont suivi l’inoculation, principalement après inoculation intrapéritonéale. La culture du sang du cœur des animaux morts ne leur a pas permis de déceler le streptobacille.
Après inoculation intraarticulaire, Levaprrr et ses collaborateurs ont obtenu une arthrite localisée.
Nous avons obtenu des résultats. identiques :
Deux cobayes ont reçu 1/4 cc. de culture, l’un au niveau des deux articulations radio-carpiennes, l’autre au niveau des deux articulations tibio-tarsiennes. Les Symptômes d'arthrite aiguë sont survenus trois jours après et ont demeuré plusieurs semaines. Les cultures des exsudats obtenus par ponction le quinzième jour ont été positives. Les hémocultures pratiquées le quatrième jour sont demeurées stériles.
Le chat
Les expériences de LEvaprriI el de ses collaborateurs sur cet animal sont demeurées négatives. L’inoculation intraarticulaire est cependant suivie d’une arthrite localisée (LEvaADITI).
Le singe
LEVADITI, NICOLAU et PoiNcLoux, avec une souche d’origine humaine, ont inoculé deux macaques (macacus cynomolgus) et provoqué les troubles morbides suivants: « Des deux animaux ütilisés l’un infecté par voie veineuse fil seulement un peu de fièvre, l’autre inoculé dans un genou fit une arthrite avec gonflement et douleur (température à 40°) ».
Avec une souche isolée des Muridés, LevaDiTI, SELBIE et Mille ScHoEn ont obtenu des résultats à peu près identiques. L’inoculation intraarticulaire a été suivie d’une arthrite localisée sans retentissement général. L’injection intraveineuse a été bien supportée. Enfin un macacus cynomolgus inoculé par voie intraveineuse, intrapéritonéale et intraarticulaire est mort au bout de 72 heures. Les cultures du sang, des organes de l'articulation et de l'exsudat péritonéal se sont révélées positives.
Nous avons enregistré un échec en inoculant 1/2 cc. de culture dans une veine ‘d’un cercopithecus callithrix. Le singe n’a présenté aucun trouble morbide apparent et sa température est deimeurée normale.
La réceptivité du chimpanzé parait nulle.
Les bovidés
Parker et HUDSsON, en raison des circonstances épidémiologiques de la maladie de Haverhill ont inoculé des cultures de streptobacillus moniliformis à des bovidés.
Une vache ayant reçu des doses considérables de culture dans la veine jugulaire a présenté une réaction fébrile passagère. Les cultures du sang sont demeurées négatives, sauf celles pratiquées le lendemain de l’inoculation. La recherche des agglutinines dans le sérum 10 et 20 jours après l’inoculation s’est révélée négative. Enfin des examens répétés du lait n’ont pas permis d’y déceler le germe. Des injections sous-cutanées répétées de très grosses quantités de culture n’entraînaient que quelques symptômes locaux au point d’inoculation.
Ces faits ont permis aux bactériologistes de Boston d’éliminer l’origine bovine de l'épidémie du Massachussets.
En somme, l'étude du pouvoir pathogène révèle une grande sensibilité de la souris vis-à-vis du streptobacillus moniliformis. L’'inoculation de ce germe détermine chez cet animal une maladie analogue à la maladie humaine par sa nature septicémique, par ses déterminations articulaires. Cette maladie expérimentale figure comme un rare exemple de similitude entre l’état morbide de l’homme et de l’animal.
Les autres espèces animales de laboratoire (lapin, rat blanc, cobaye, chat, simien) ne se prêtent pas au développement d’une maladie générale, sauf le lapin dans quelques cas. Par contre l’inoculation du germe dans une ou plusieurs articulations de ces animaux entraîne des symptômes d’arthrite aiguë localisée : tuméfaction, rougeur, chaleur. Cette arthrite est fréquemment persistante.
La présence du streptobacille dans l'articulation plusieurs semaines après l’inoculation montre que la cavité synoviale articulaire est particulièrement favorable à la pullulation du germe. On comprend, dès lors, la ténacité des symptômes articulaires dans la maladie humaine. Le germe disséminé dans les articulations pendant la période septicémique de la maladie, va y évoluer pour son propre compte pendant des semaines, voire des mois, expliquant la longue persistance des manifestations articulaires pendant la convalescence de la maladie.