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simultanément deux races de souris : des « Simpson Marsch albino » (race S) et des « Little dilute brown » (race R). L’épizootie débutait chez les premières en février 1932, et ce n’était qu’au mois de décembre 1932 qu’elle atteignait une hauteur comparable parmi les secondes. Le lot des souris appartenant à la race S était composé de 650 souris, et en 4 mois 414 souris mouraient de l'infection streptobacillaire. La mortalité était moins élevée parmi les souris de la race R, n’atteignant que 61 souris sur 300, bien que les deux lots de souris fussent en libre communication. Les traits essentiels de la maladie chez les souris de la race S étaient une tuméfaction des pattes et la présence de pus caséeux dans les articulations. La mort survenait en 10 à 14 jours après les premiers signes de maladie. Quelques souris présentaient une maladie d’allure plus aiguë et mouraient en 1 à 3 jours, sans déterminations articulaires. Chez les souris de la race R, la tuméfaction des pattes était très rare, mais des foyers infectieux étaient néanmoins découverts dans les articulations à l’autopsie. Les « paralysies » étaient fréquentes et observées exclusivement chez les souris de la race R.
L'origine de cette épizootie n’était pas découverte. Dans les années précédentes, aucune maladie semblable n’avait été observée dans l'élevage.
MACKkIE, VAN RooYEN et GiLroY ont rapproché l’épizootie observée d’une autre épizootie relatée par TyYZZER (1), due au bacillus piliformis décrit par l’auteur. et qui se présente sous Paspect d’une mince bactérie polymorphe, Gram négatif, non mobile et très pathogène pour la souris. L’épizootie observée par TyzzER frappait 173 souris d’un même élevage et parmi celles-ci 144 appartenaient à la race « japanese waltzing ». Le symptôme principal de la maladie épizootique était la diarrhée. à
Diagnostic
L’infection spontanée de la souris peut être confondue avec d’autres maladies de cet animal présentant des symptômes identiques.
(1) Tyzzer, J. Méd. Resp. XXXVIII, 307, 1917-1918.
POOT —
L'ECTROMÉLIE décrite par MARCHAL (2) revêt, selon Mac GAUGHEY et WHITEHEAD (*), deux aspects. La forme chronique se caractérise par une tuméfaction d’une ou plusieurs pattes relevant d’un œdème sous-cutané, puis, ultérieurement, par une gangrène d’un orteil ou d’un pied. Dans sa forme aiguë l’ectromélie évolue en quelques heures vers la mort sans tuméfaction des pattes. La présence de corps inclus dans les lésions cutanées et dans les viscères permet de reconnaître cette affection.
L'INFECTION A BACILLUS MURISEPTICUS, décrite par Way- SON (#) chez la souris des champs, peut également simuler la septicémie streptobacillaire. Ses principaux symptômes en sont : la conjonctivite avec occlusion des fentes palpébrales et la paralysie des pattes postérieures. Par contre, il n’existe pas de tuméfaction des pattes.
UNE INFECTION DES SOURIS A BACILLE DE PREITZ-NOCARD peut également en imposer pour une polyarthrite streptobacillaire. Chez une dizaine de souris de l'élevage de souris du laboratoire de l'Hôpital Claude-Bernard, nous avons observé une affection caractérisée par une tuméfaction d’une ou plusieurs pattes. Au début, le dos des pattes était le siège d’un œdème rouge vif des téguments. La patte augmentait considérablement de volume, se cyanosait, se couvrait de pustulettes, dont la rupture donnait issue à du pus et était suivie de la formation de croûtes jaunâtres. L’autopsie de la souris révélait que la patte tuméfiée était le siège d’une infiltration purulente diffuse, dont il était difficile de préciser le point de départ articulaire ou sous-cutané. Les organes étaient congestionnés, la rate augmentée de volume. Enfin on constatait une hypertrophie très marquée des ganglions lymphatiques. Nous avons pu éliminer chez ces souris le diagnostic d’infection streptobacillaire par l’examen bactériologique des exsudats purulents sous-cutanés, qui nous ont révélé de façon constante que le germe en cause était un bâtonnet Gram positif présentant les caractères morpholo-
(2) MARCHAL, Proc. Royal Soc. B. CIX, 360, 1932
(3) Mac GAUGHEY et WHITEHEAD : Outbreads of infectious ectromelia in laboratory and wild mice, Journal of Pathology and Bacterio!ogy, XXXVII, 254, 1933.
(4) Wayson. U.S. A. Publ. Heth. Reps. 42, 1457, 1927.
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giques et culturaux du bacille de PreiTz-Nocarp. Les cultures du cœur en bouillon ordinaire et en bouillon ascite demeuraient stériles.
La connaissance de ces quelques affections pouvant simuler la maladie spontanée de la souris démontre la nécessité d'assurer le diagnostic par des examens bactériologiques.
Sur la souris vivante, les examens directs d’un frottis de pus d’arthrite, du contenu d’une phlyctène cutanée, d’un exsudat conjonctival montrent, à côté de nombreux polynucléaires plus ou moins altérés, Ja présence de grêles bâtonnets Gram négatifs. La culture en bouillon ascite de ces exsudats pathologiques permet d'obtenir des croissances macroscopiquement caractéristiques, dont le polymorphisme des éléments à l’étalement sur lame ne laisse aucun doute sur l'identité du germe. Après la mort de l'animal, les cultures du sang du cœur, du tissu hépatique, de la pulpe splénique, du parenchyme rénal, du tissu ganglionnaire du névraxe révèlent en 24 à 48 heures la présence du streptobacille moniliforme et démontrent que la maladie spontanée de la souris, comme la maladie humaine, est une septicémie au cours de laquelle l’atteinte des jointures ne fait que confirmer le curieux arthrotropisme du germe.
Rôle de le souris malade comme réservoir de virus
Cette connaissance d’une infection spontanée des souris démontre que l’animal malade constitue un réservoir de virus du streptobacillus moniliformis. Cet habitat du germe ne peut cependant pas représenter une grande source de contamination pour l’homme. La fréquence de l'infection spontanée de la souris n’est sans doute pas considérable. Si cet habitat du germe peut expliquer la transmission de l’infection dans certaines circonstances — l'observation de Levapiri, NicOLAU et PoixcLoux en fait foi — il ne peut être invoqué à l’origine de la plupart des cas, et en particulier des grandes épidémies.
Le saprophytisme du streptobacillus moniliformis dans l’organisme des rats nous paraît beaucoup plus apte à jouer le grand rôle dans la transmission de l'infection à l’homme.
B. -- LE SAPROPHYTISME DU STREPTOBACILLUS MONILIFORMIS DANS L'ORGANISME DES RATS
C’est à l’étude de ce saprophytisme que nous nous sommes particulièrement attachés au cours de nos investigations expérimentales.
Le rôle du rat comme vecteur du sfreptobacillus moniliformis avait d’ailleurs fait l’objet de deux travaux importants. En 1916, Miss TUNNICLIFF (5) avait isolé de rats atteints de bronchopneumonie un « streptothrix semblable à celui de la fièvre par morsure de rat ». Plus récemment, en 1933, Miss STRANGEWAYS avait montré que le streptobacillus moniliformis était un germe saprophyte du naso-pharynx et de la cavité buccale des rats normaux. Aussi, avant d’exposer les résultats de nos recherches, il nous paraît indispensable de résumer les constatations de ces expérimentateurs qui ont eu le grand mérite de révéler l’importance du rôle du rat dans la transmission à l’homme de l'infection streptobacillaire.